
Certain(e)s d'entres vous, je le sais, pensent que Nicolas et Ségolène, c'est bonnet blanc et blanc bonnet. Eh bien je ne suis pas de cet avis. S'il est vrai que, face à un événement important, il y a de grandes chances pour que l'un et l'autre prendraient "grosso modo" le même type de mesures, la philisophe qui sous-tend leur action est diamétralement opposée sur bien des points.
Prenons un exemple au hasard : les impôts.
C'est un sujet sur lequel il y a une vraie divergence. Tout le monde a envie de solidarité, donc une approche humaniste va justifier toute une mesure de soutien aux plus défavorisés, et cet argent, on va le trouver où ? En mettant plus d'impôts. D'un autre côté, trop d'impôt tue l'impôt. Plus on monte les impôts, plus on charge la barque des entreprises, qui créent les richesses et qui créent l'emploi.
Le gros problème est donc de mettre le curseur au bon endroit, entre un système "à l'américaine" ultra-libérale avec très peu d'impôts et donc très peu de chômage, mais aussi très peu de solidarité d'état, et un système "collectiviste" égalitariste où, dans une usine, tout le monde gagne la même chose, de l'ouvrier au directeur. On peut noter que dans dans une économie ultra-libérale, tout est possible, et que dans une économie égalitaire, il n'y a pas de riches.
Donc, où mettre le curseur ? Je ne sais pas, mais, ce qui est évident, c'est que le curseur est actuellement trop à gauche, avec 44% de taux de prélèvements obligatoires sur le PIB.
Alors, sur ce sujet, que proposent Nicolas et
Pimprenelle Ségolène ?
Nicolas, lui, il propose de poursuivre de continuer ce qu'avait comencé à faire Jacques Chirac, c'est à dire de redescendre le curseur vers 40%. Moins d'impôts, donc plus d'emploi, donc moins de nécessité de solidarité pour le chomage, donc moins de nécessité d'impôts, etc ... C'est ce qu'on appelle "un cercle vertueux".
Du côté de Ségolène, la situation est un peu plus compliquée. Son compagnon, qui est incidemment le Premier Secrétaire du PS n'aime pas les riches. Il l'a dit clairement sur France 2, comme vous pouvez le voir ci-dessous :
Donc, déjà, déclarer haut et fort qu'on n'aime pas les riches, c'est évidemment démagogique, limite populiste, mais en plus, quand soi-même on paye l'ISF et qu'on a bien pris soin de monter
une SCI pour gérer son patrimoine immobilier, reconnaissez que ça fait désordre ...
Et puis, en plus, quand il déclare qu'il n'aime pas les riches, il met la barre assez bas, puisque le 11 janvier, il a déclaré qu'il allait supprimer sur les baisses d'impôts pour les revenus supérieurs à 4000 Euros par mois. Bon, vous me direz, il n'a fait que reprendre ce qui est écrit noir sur blanc dans le "projet socialiste" pour la présidentielle qui prévoit explicitement de revenir
"sur toutes les baisses d'impôts accordées depuis 2002 aux haus revenus". Quand on n'aime pas les riches et qu'on est démago, quoi de plus normal, après tout. Mais ça n'a pas plu à sa compagne, Marie-Ségolène, et donc lors de la présentation des voeux du PS à la presse, François Hollande a fait une déclaration assez confuse, comme quoi ce serait les foyers fiscaux dont chacun des membres aurait un revenu supérieur à 4000 Euros net par mois, soit 8000 Euros pour un couple marié, 10000 Euros avec un enfant, etc ...
Peu importe. Bonnet blanc, blanc bonnet ?
D'un côté, Nicolas veut remettre le curseur vers un peu moins d'impôts et un peu plus de liberté, tout en maintenant une vraie solidarité sociale.
De l'autre côté, le PS veut continuer à charger la mule et à nous enfoncer plus encore, ce qui va créer plus de chômage, et donc nécessiter encore plus d'impôts, etc ... C'est ce qu'on appelle un cercle vicieux.
Entre les deux, je ne sais pas vous, mais moi, je préfère Nicolas.
Pour en savoir plus :
1.
Fiscalité: les déclarations de François Hollande relancent la polémique (Yahoo news)
2.
Le débat sur la fiscalité témoigne de la difficulté à définir qui sont les "riches" en France (Le Monde)
3.
Les astuces fiscales du couple Hollande-Royal dévoilées (La Tribune de Genève)
Crédit dessin : DelizeLibellés : politique, Royal, élections présidentielles 2007