Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

vendredi 24 juin 2005

Que la justice soit rendue sereinement

J’ai déjà eu l’occasion a diverses reprises de dénoncer les incursions de l’exécutif dans le judiciaire.
Incursions que je réprouve avec vigueur, car la démocratie est installée sur 3 pieds :
Le pouvoir législatif, judiciaire et exécutif.
Si l’un de ces 3 se trouve subordonné à l’un des 2 autres l’édifice devient très instable.
L’exécutif s’était déjà permis d’émettre des avis sur le jugement de Juppé.
Notre Président se permet également de réclamer souvent « des châtiments exemplaires »
Maintenant notre ministre de l’intérieur réclame des sanctions contre un juge d’exécution des peines.
Savons nous la peine que doit être ce boulot justement, statuer sur la remise en liberté, les remises de peine : Chacune de ces décisions est un risque pour le justiciable et pour la société. Dans une carrière de juge et quels que soient les systèmes mis en place, comment se prémunir contre les pervers ?
Combien de bonnes décisions sont-elles à opposer à cette mauvaise ?
Facile de faire « l’expert » une fois que le mal est fait : c’est indigne d’un homme politique qui prétend à la plus haute charge de l’état.
Il vient de sombrer dans la plus basse des démagogies, c’est très dommageable pour son crédit qui était immense.
Mais la justice n’est pas toujours irréprochable, presque toujours trop lente : 2 ans aprés le rachat de Péchiney par Alcan, surgissent des soupçons de déli d’initié. Tout ce temps est-il nécessaire pour analyser ces transactions ? A moins que ce ne soit le temps nécessaire pour mettre à l’abri le pactole ? Ou bien encore que quelque commission promise et non versée n’ait déchiré l’omerta?
Si des réformes sont à faire, c'est dans cette direction.
Tout comme il est urgent de débouter ceux qui prennent les tribunaux pour la loterie nationale en réclamant des sommes colossales, tout comme dans les tribunaux américains, seulement parce que les justiciables ont les moyens de les payer. Cette justice là fait changer la société dans le mauvais sens, ces juges là sont à blamer.

Dans Justice, il y a juste il faudra s'en souvenir.

8 Comments:

Blogger Luc said...

Le fait :
Nicolas Sarkozy a déclaré que le juge qui a remis en liberté conditionnelle le meurtrier présumé de Nelly Crémel doit "payer" pour sa "faute"

Les commentaires :
Oui, t'as raison. Je pense que "l'homme politique qui prétend à la plus haute charge de l’état" y est allé un peu fort. En voulant trop piquer des voix à l'extrême droite, il risque d'en perdre au centre.

Sur le fond. D'abord c'est vrai, que les trois pouvoirs, législatif, judiciaire et exécutif, doivent être séparés. Dans l'idéal. Dans la réalité, c'est moins simple. Des exemples : Le gouvernement par ordonnance, ça met pas un peu le législatif de côté ? Aux U.S. la base de Guantanamo est complètement hors contrôle légal et judiciaire. Le juge qui oblige DSK à démissionner pour arriver en fin de course à un non-lieu, c'est pas un peu de l'abus de pouvoir du judiciaire ? Bref, dans les fait, ça se mélange un peu les pinceaux, et les abus ne viennent pas exclusivement de l'éxécutif, loin de là.

Tout ceci étant dit, les juges posent quand même un problème de fond. Ou bien ils sont inattaquables, et alors il vaut mieux qu'ils aient l'infaillibilité du Pape. Ou bien, ils sont des êtres humains come les autres, et alors, ils font des erreurs. Je sais bien qu'ils prennent leur temps et donc, vu le termps qu'ils mettent, il ne devrait y avoir qu'un minimum, d'erreur. Mais il y en a quand même. Alors la question est : quand un juge fait une erreur, qu'est-ce qui se passe ?

Le vrai problème est là, je pense.

La justice française se dit infaillible et refuse obstinément de reconnaître ses erreurs. L'affaire Seznec, il aura fallu attendre 80 ans pour reconnaître qu'il y avait eu erreur judiciaire ! C'est pas hallucinant ça ?

Alors, là, un meutrier est remis en liberté par un juge, et direct il trucide une jeune femme qui fait du jogging. Y a pas une connerie de faite, quelque part ? (je sais, le problème des remises en liberté est un vrai problème, pas simple du tout, et qu'on ne peut pas traiter d'un trait de plume).

Alors, c'est vrai que c'est toujours plus facile à dire à postériori, mais le fait demeure : il n'aurait pas fallu remettre en liberté ce tueur.

Donc, il y a eu au minimum défaillance du système judiciaire.

Alors, faut-il le dire ? (pas forcément en employant les termes de Sarkozy) Au faut-il ne rien dire, de peur d'entamer le prestige du système Judiciaire Français ?

Moi je dis qu'il faut en parler. En particulier parce que tous les Français pensent tout bas (à tort ou à raison) ce que Sarkozy a dit tout haut.

Un homme politique qui dit tout haut, dans une démocratie, ce que le peuple pense tout bas, c'est quoi ? Du populisme ?

C'est vrai que de nos jours où la chappe de plomb du "politiquement correct" s'est abbatue sur les discours publics, ça fait tout drôle.

samedi, 25 juin, 2005  
Blogger Jack said...

Luc,
Ce que les Français pensent tout bas, n’est pas forcément très propre, c’est pour çà que "tout bas" est le bon niveau d’expression.
Bien entendu que le juge s’est planté, que la justice est rendue par des hommes qui forcément font des erreurs de jugement, erreurs d’autant plus faciles à commettre qu’il s’agit d’humain.

Que ceux qui ne se sont jamais trompé sur les gens lui jettent la première pierre !

L’infaillibilité de la justice là dedans : bien, çà marche déjà assez mal comme çà.
C’est déjà assez compliqué et lent comme cela, appel, cassation… on rajoute encore un étage à la fusée ?
Tout le monde sait, à commencer par notre ministre de l’intérieur que la prison ne transforme pas les délinquants en citoyen modèle.
Il sait aussi qu’à parler sans cesse du droit des victimes, il fait du populisme.
« Coupons-lui donc la tête à ce fumier » : cela rendrait-il la vie aux victimes ? Non, par contre cela pourrait flater l’électorat de droite quelque part au-dessous de la ceinture. Tu as bien compris où je voulais en venir.

J’étais tout prêt à voter Sarko aux prochaines présidentielle, s’il persiste sur cette voie, il sera élu sans ma voix.

samedi, 25 juin, 2005  
Blogger Jack said...

Je sais, que dire du mal des juges c’est assez 68tard, çà fait penser à Brassens qui les maltraitait si bien ainsi que les cognes.
Ce que je retiens de cette actualité est l’exploitation que fait Sarko, d’un fait considéré isolément.
Alors que son rôle d’homme d’état est moins de chercher des boucs émissaires que de rechercher des solutions évitant justement la récidive considérée dans son ensemble.
L’augmentation continuelle de la population carcérale ne résolvant rien tout en étant sans doute la plus coûteuse pour la nation.

Il continue avec le dérapage suivant.
Le dénigrement de la magistrature, par les policiers et les gendarmes, qui lui reproche de libérer un peu trop facilement les délinquants que la police s’échine à attraper et un discours récurant dans les casernes et les commissariats.
Le ministre de l’intérieur se le serait-il approprié, voici qui va plaire à ses troupes et regonfler leur moral. Bien vu Monsieur le Ministre.

lundi, 27 juin, 2005  
Blogger Luc said...

En attendant, les juges, en ce moment, ils les accumulent, les conneries. A croire qu'ils le font exprès.

Voir : "L'erreur" d'un juge blanchit une quinzaine de malfrats, dont deux caïds présumés du milieu grenoblois et Polémique Sarkozy-Clément sur une "bourde" judiciaire.

mardi, 28 juin, 2005  
Blogger Jack said...

Si les enquêtes musclées chez le ministre des finances et jusqu'à Bercy, sont la réponse du berger à la bergère alors cette V iéme république commence vraiment à ressembler à l'anarchie et tous les pouvoirs, l’exécutif comme le judiciaire donnent dans le « n'importe quoi » C’est la zizanie.
Il y a comme une atmosphère de « sauve qui peut » la haut…

mercredi, 29 juin, 2005  
Blogger Luc said...

Oui, t'as raison. D'ailleurs, à la radio, ils disaient que c'était une "première", la perquisition dans le bureau de Thierry Breton à Bercy en son absence. Du jamais vu...

mercredi, 29 juin, 2005  
Blogger Patrick said...

Vous citez un certain Nicolas Sarkozy. Il vient de changer de nom : dorénavant, c'est : Nicolas Karchosy...

jeudi, 30 juin, 2005  
Blogger Luc said...

Hé hé, elle est bonne !

jeudi, 30 juin, 2005  

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