Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

lundi 29 avril 2013

La teneur en CO2 de l'atmosphère au plus haut depuis 3 millions d'années



La teneur en CO2 de l'atmosphère de notre planète est sur le point d'atteindre 400 ppm pour la première fois depuis 3 millions d'années.

La teneur en CO2 mesurée quotidiennement à l'observatoire Mauna Loa d'Hawaï a atteint 399,72 ppm jeudi dernier, et quelques lectures horaires ont dépassé 400 ppm.

La dernière fois que la teneur en CO2 est montée à 400 ppm, c'était au Plioscène, il y a 3 millions d'années. Les températures s'élevèrent de 3 ou 4 degrés, et le niveau des océans étaient 5 à 40 mètrres plus haut qu'aujourd'hui.

A ce rythme, ont devrait dépasser 450 ppm d'ici quelques années. Au delà, le risque d'avoir une augmentation globale des températures de 4 à 5 degrés devient quasiment inévitable.

Cela fait treize années que je parle du réchauffement climatique sur mes blogs. J'ai l'impression de prêcher dans le désert. Là, maintenant je me borne à constater les faits. Au lecteur d'en tirer les conclusions.

Pour en savoir plus :
1. As CO2 Approaches Symbolic Milestone, Scripps Launches Daily Keeling Curve Update (Scripps Institution of Oceanography)
2. Greenhouse gas levels highest in 3m years (The Sydney Morning Herald)

Crédit image : University of California, San Diego

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samedi 29 janvier 2011

La planète du Petit Prince



Cette extraordinaire photo a été prise par Chris Kotsiopoulos au Cap Sounion en Grèce. La prise de vue a duré une trentaine d'heure et a eu lieu du 30 au 31 décembre 2010. La méthodologie utilisée est détaillée ici.

En haut de l'image, au Nord, on peut voir les étoiles tourner autour de l'Etoile Polaire. En bas de l'image, au Sud, on peut voir le trajet du Soleil dans le ciel. Cette photo exceptionnelle fait penser irrésistiblement à la planète du Petit Prince. Vous pouvez cliquer sur l'image pour la voir en grand format.

Chris Kotsiopoulos est un remarquable photographe, et son site Greek Sky fait rêver ...

Pour en savoir plus :
1. 24 hour shot! (GreekSky)
2. 24 hour shot! (Greek Sky Forum)
3. Night and Day above Almost Planet Sounio (Astronomy Picture of the Day)

Crédit photo : Chris Kotsiopoulos

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dimanche 19 décembre 2010

Les ours blancs ont perdu la bataille face aux brise-glaces



Suite au fiasco de Copenhague, la conférence de Cancun a fait un flop.

Le réchauffement planétaire risque d'attendre + 4°C d'ici 2060. La planète continue de se réchauffer inexorablement. La banquise continue de disparaître. Le passage du Nord-Ouest va s'ouvrir régulièrement chaque été. Le 10 août 2007, le Canada a annoncé la création d'un port en eaux profondes à Nanisivik au nord de l'île de Baffin, pour les besoins de ravitaillement.

Les ours ont définitivement perdu la bataille face aux brise-glaces.

Pour en savoir plus :
1. Convention-cadre sur les changements climatiques (UN FCCC)
2. Climate change scientists warn of 4C global temperature rise (The Guardian)
3. A propos du fiasco de Copenhague (Chez Luc)
4. A propos de la disparition des ours polaires (Chez Luc)
5. Le passage du Nord-Ouest est ouvert (Chez Luc)
6. Passage du Nord-Ouest (Wikipédia)

Crédit photo : Michael Nolan

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samedi 5 décembre 2009

The Copenhagen Diagnosis



L'ensemble des glaces polaires et des glaciers du monde fondent à vitesse croissante. En Arctique la disparition de la banquise s'accélère, et le niveau des mers monte plus rapidement que prévu. Ces conclusions proviennent d'une nouvelle synthèse scientifique rédigée par des climatologues mondialement reconnus.

Dans un rapport spécial, intitulé Diagnostic de Copenhague (The Copenhagen Diagnosis), 26 chercheurs, dont beaucoup ont participé à la rédaction des rapports du GIEC, concluent que les projections publiées dans le 4ème rapport du GIEC (2007) étaient en deçà de ce que nous observons aujourd'hui. De nombreuses manifestations du changement climatique se produisent en effet actuellement soit à la vitesse maximale prévue il y a seulement quelques années, soit à un rythme supérieur.

Ce rapport indique clairement que, sans un effort significatif de modération des émissions de gaz à effet de serre, le réchauffement global d'ici la fin du 21ème siècle se situerait dans la partie haute des hypothèses les plus pessimistes.

'The Copenhagen Diagnosis', qui a été rédigé au cours de cette dernière année, documente les découvertes récentes clés dans le domaine du changement climatique depuis la publication du 4ème rapport du GIEC en 2007.

Parmi les nouvelles découvertes publiées depuis 2007

- Les mesures satellitaires et in situ mettent en évidence que les calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique perdent toutes deux de plus en plus de masse, contribuant à une accélération de la montée du niveau des mers.

- En Arctique, la banquise a reculé au-delà de ce qui avait été prévu par les modèles climatiques. Par exemple, l'étendue de glace de mer ayant fondu au cours des étés 2007 à 2009 était de 40% supérieure à la projection moyenne prévue par les modèles dans le dernier rapport du GIEC.

- Le niveau de la mer a monté de plus de 5 centimètres au cours des 15 dernières années. C’est une élévation de 80% supérieure à celle des projections de l'avant-dernier rapport du GIEC en 2001. C'est bien plus que ce qui avait été prévu. Au-delà de 2100, le niveau de la mer pourrait s'élever de plusieurs mètres pendant quelques siècles.

- En 2008 les émissions de dioxyde de carbone par les combustions fossiles ont été d'environ 40% supérieures à celles de 1990. Si les émissions n'augmentent pas au-delà des taux actuels, le monde aura quand même émis, d'ici 20 ans, la quantité globale de gaz à effet de serre qu'il faudrait ne pas dépasser pour limiter le réchauffement global à 2 °C.

Ce rapport conclut que les émissions globales doivent diminuer rapidement au cours des cinq à dix prochaines années si nous souhaitons que le monde ait une chance raisonnable d'éviter les impacts les plus dramatiques du changement climatique. Pour stabiliser le climat, ce rapport préconise que les émissions de dioxyde de carbone et autres gaz à effet de serre à longue durée de vie doivent atteindre un seuil quasiment nul d'ici la fin de ce siècle.


(source : Communiqué de presse)

Pour ceux qui lisent l'anglais, lisez The Copenhagen Diagnosis, tout y est !

Pour en savoir plus :
1. The Copenhagen Diagnosis (lecture directe en ligne)
2. The Copenhagen Diagnosis

Crédit image : The Copenhagen Diagnosis

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mercredi 2 décembre 2009

Changement climatique : les 4 "bombes à retardement"

Le réchauffement climatique s'accélère, on le sait. Mais, en plus, il y a quatre phénomènes qui vont créer de véritables basculement brutaux dans le climat de notre planète, pas du tout progressifs. Mais alors pas du tout. Passons-les en revue. Et, vous allez voir, on est dans le concret, là !

1. La disparition de la banquise arctique



Regardez bien la photo ci-dessus qui a été prise en 2007 par le satellite AMSR-E de la NASA. La banquise est d'un blanc brillant, et l'océan arctique est noir (bleu-noir).

Il est donc évident que, plus il y a de banquise, moins elle va fondre, parce que toute la lumière sera réfléchie vers le ciel. Par contre, moins il y a de banquise, plus il y a d'eau noire, et plus elle va "chauffer". En effet, un corps noir absorbe beaucoup plus de chaleur qu'un corps blanc. Et je vous rappelle qu'au delà du cercle arctique, en été, le soleil ne se couche jamais.

En 2006, on avait prévu la disparition totale de la banquise arctique l'été d'ici 2040. En fait, elle disparaît beaucoup plus rapidement que prévu. Et cela augmente d'autant la température de l'océan Arctique, et donc de la planète.

On en est déjà à commencer à exploiter le passage du Nord-Ouest !

2. La disparition de la calotte glaciaire du Groenland



La calotte glaciaire du Groenland est en train de fondre, on le sait. Et on peut le voir en constatant, comme sur la photo ci-dessus, l'apparition de véritables "fleuves" à la surface de cette calotte glaciaire.

Mais il y a plus grave.

On vient de se rendre compte qu'en fait, ces fleuves s'engouffrent sous la calotte glaciaire, et coulent vers l'océan directement sur le substrat rocheux. Les glaces reposent donc sur des rivières souterraines qui l'entraînent vers la mer beaucoup plus vite que prévu, comme indiqué ci-dessous :



Et, par endroits, on constate que les glaciers du Groenland glissent vers la mer deux fois plus vite qu'avant. Un "processus d'avalanche" risque de précipiter le mouvement beaucoup plus rapidement que prévu.

Pour info, si la totalité des glaces du Groenland fondait, le niveau des océans s'élèverait de sept mètres ! Oui, vous avez bien lu ! J'ai un bon copain qui a sa maison en Bretagne au bord de l'eau. Sept mètres de plus ... (Quant à Venise, je ne vous en parle même pas)

3. La fonte du permafrost



Le permafrost, c'est le sol qui est gelé, et ce depuis la dernière glaciation, il y a quinze mille ans. En Sibérie, ce sol gelé a commencé à fondre massivement depuis plusieurs années. Le problème, c'est que, en fondant, il libère dans l'atmosphère des gigatonnes de méthane qui y étaient emprisonnées.

Quand on sait que le pouvoir d'effet de serre d'un kg de méthane est 23 fois plus élevé que celui d'un kg de CO2, on réalise rapidement que toute la Sibérie qui lâche dans l'atmosphère de telles quantités de méthane d'un coup, ça va créer un effet d'avalanche brutal sur le réchauffement de l'atmosphère !

4. La disparition des puits de CO2



Un peu plus de la moitié du CO2 généré par l'espèce humaine est absorbée par la forêt vierge et par les océans. La déforestation massive d'une part et la pollution massive des océans d'autre part, va réduire très fortement la capacité de la planète à absorber le CO2 excédentaire. Ce qui bien sûr ne va faire qu'accélérer la vitesse de réchauffement climatique.

Cet article était juste pour vous rappeler combien la Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique qui va se dérouler à Copenhague du 7 au 18 décembre était importante, et que ce n'était pas juste des élucubrations de scientifiques frustrés qui veulent se faire mousser ...

Tck Tck Tck ...

Pour en savoir plus :
1. Climate 'time bombs' stoke scientists' fears (AFP)
2. La banquise arctique va disparaître l'été d'ici 2040 (Gaïa - décembre 2006)
3. Le Groenland perd 100 milliards de tonnes de glace par an (Gaïa - octobre 2006)
4. La fonte du permafrost va libérer des quantités massives de méthane dans l'atmosphère (Gaïa - septembre 2006)
5. Le Grand Vortex de Déchets du Pacifique Nord (Chez Luc)

Crédit photos : NASA, climateboom

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dimanche 15 novembre 2009

Notre belle planète bleue vue de Rosetta



La photo que vous pouvez admirer ci-dessus a été prise jeudi dernier par la sonde européenne Rosetta, alors qu'elle survolait une dernière fois la planète Terre, avant de partir vers son rendez-vous avec la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko en 2014.

La partie éclairée en bas est le Pôle Sud.

Quand on contemple cette image pendant un petit moment, on réalise à quel point notre planète bleue est magnifique, et combien elle est fragile, perdue dans l'immensité de l'espace ...

(Vous pouvez cliquer sur l'image pour la voir en grand format.)

Pour en savoir plus :
1. Rosetta sees a living planet (ESA)
2. Swirling clouds over the South Pacific (ESA)
3. Comet Hunter’s Last Look at Earth Is Haunting (Wired Science)

Crédit photo : ESA

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mercredi 1 juillet 2009

Grosse chaleur


lien direct vers l'image grand format


Là, c'est la grosse chaleur. Carrément la canicule.

Et, cet après-midi, sur le plateau d'Albion, c'était le grand jeu. Les nuages s'élevaient à plus de dix mille mètres, dans des volutes impressionnantes. Un spectacle extraordinaire vu d'Aubignan. Mais à Sault, en dessous, ça devait être plutôt menaçant !

Vous pouvez cliquer sur l'image pour voir le spectacle sur grand écran !

Crédit photo : Luc

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vendredi 15 mai 2009

Des légumes et du plastique...

Vous avez du remarquer dans certaines contrée les collines brillent sous le soleil, comme un miroir.
Les champs sont couverts de films polyéthylène et seul subsiste un trou d’où émerge la plante cultivée.
Cette technique de culture a des avantages non négligeables pour l’agriculteur qui l’adopte :
1-le désherbage n’est plus qu’un mauvais souvenir, on parle de stérilisation...
2-L’économie d’eau est considérable dans nos contrées chaudes, c’est un plus.
3-L’effet de serre sur le sol améliore la croissance.
4-Mise en place facile... tous les ans
Que des avantages quoi !

Mais comme toujours lorsqu’on ne regarde que les avantages sans mesurer les inconvénients et que de plus les inconvénients ne sont pas supportés par ceux qui profitent des avantages, on fait des calculs de polichinelle.

Depuis quelques années, le monde à pris la mesure de l’impact de ces plastiques sur l’environnement, si bien que nombre de grandes surfaces ne donnent plus de sachets et/ou les factures.
Dans les pays très ventés comme la Provence, ces sachets s’accumulent sur les clôtures, les haies et les arbres donnant à voir un spectacle triste et affligeant. De nombreux animaux avalent ce plastique et meurent d’occlusion intestinale.

Bref c’est moche, ça tue, ça met des siècles à se décomposer et par-dessus le marché c’est fait avec du pétrole.

Voici ce que cela donne dans le lit d’un joli torrent : le Cavalon, qui descend jusqu’en Durance entre Luberon et plateau de Vaucluse (Parc Naturel)



Le législateur qui n’est jamais en peine de solution toutes faites a donc légiféré, il est désormais interdit de rejeter ces hectares de plastique à la décharge ordinaire et interdit de les brûler : ça pue et dégage des gaz toxiques...

On consultera avec intérêt le site de l’ADEME, qui évoque la création de filière de recyclage, mais tout le problème réside dans la récolte du film et son acheminement aux sites de traitement/recyclage, à mon avis, sans obligation des distributeurs des films neufs à organiser la collecte des films usagés, pas de solution viable.

En attendant que font nos braves paysans, peu enclins à changer cette technique si commode, et bien ils les jettent à la rivière, ou en font de gros tas qui attendent qui sais quoi, mal dissimulés, le long d’une haie de cyprès.

Il serait temps de faire quelque chose, je vois plusieurs pistes.
Obliger les producteurs à reprendre et recycler ces films, (si c’est possible).
Interdire ces films et les remplacer par une version biodégradable que les agriculteurs pourraient enfuir.
Utiliser de la vraie paille... ?

Au fait cette technique de culture donne-t-elle droit à l’appellation « agriculture biologique » ?
On voit proliférer les rayons bios et je commence à douter, et penser que ce label est devenu trop tendance et traqué par les « marketeurs » pour être vraiment « DD ». Mais ça c’est mon côté soupçonneux.

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vendredi 31 octobre 2008

L’hippopotame et le philosophe.




















Je suis tombé sur un livre de Théodore Monod, un receuil, en fait, de ses causeries sur Radio Dakar en1941. Causeries rapidement interrompues car censurées par le régime de Vichy, censure que T. Monod jugea vite insupportable. La justification de ce receuil nait de la nécessité de publier ces textes sans la censure...
T Monod est un sage, un phare du XXième siécle et je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager une de ces émissions Intitulée : PLAIDOYER POUR L’ÊTRE ViVANT .

Je balance entre l'admiration devant la modernité de ce texte, sa pertinence toujours actuelle, et la déception devant le peu de chemin parcouru depuis 1941. (Voire la détérioration de la situation, partout dans le monde et plus encore en Afrique)

Je vous laisse juge :

"Les vieux prophètes d’Israël, dont le message demeure, près vingt-cinq siècles, singulièrement actuel annonçaient une ère bienheureuse où les créatures, enfin réconciliées, vivraient en paix, le loup habitant avec l’agneau, la panthère avec le chevreau, le lion oubliant ses
griffes, la vipère son venin, l’homme désapprenant la guerre.
Les temps messianiques ne sont pas venus, la cité éternelle n’est encore qu’une chaude espérance, mais la notion de la solidarité foncière qui nous unit au monde animal éveille en nous un vibrant écho. L’homme, toujours modeste, se croyait seul, sans commune mesure avec le reste des créatures offertes à son insensible domination. Et voici qu’il découvre sa propre origine plongeant droit au cœur d’une animalité soumise (tout comme lui) à la maladie, à la douleur, à la crainte, peut-être aux terreurs de l’agonie.
Frère attardé, soit. Mais frère. De celui-ci qu’avons- nous fait, nous les aînés et supposés, peut-être, à ce titre, plus “raisonnables” ?
Lorsqu’au printemps 19l3, le Dr Albert Schweitzer, qui est aujourd’hui l’un de ces hommes qui empêchent quand même de désespérer tout à fait de l’humanité, regagna le bord après une escale à Dakar, il fut accueilli par cet avertissement “Si vous ne pouvez supporter de voir maltraiter les animaux, ne venez pas en Afrique, car vous y verrez souvent d’horribles choses en ce domaine. Certes le continent noir n’a pas le monopole des souffrances inutiles et lâches infligées à l’animal sans défense. Les pays dits “civilisés” n’ont-ils pas aujourd’hui encore leurs scandaleuses cruautés, leurs courses de taureaux, leurs combats de coqs, leurs pinsons ou leurs ramiers aveuglés, leurs chasses à courre, leurs tirs aux pigeons, et, bien souvent, des méthodes d’abattage encore imparfaites ? Le fait n’est que trop certain, mais c’est l’Afrique qui nous intéresse ici,
Il faudrait y vivre les veux fermés pour ignorer que le sort de l’animal y est, dans l’ensemble, misérable ou, ce qui revient d’ailleurs au même, que l’être humain y fait preuve trop souvent d’une entière insensibilité.
Ce n’est pas pourtant par méchanceté proprement dite, intentionnelle, que l’indigène ira dépecer vivante une tortue, coudre la bouche d’une hyène ou éventrer un chien. Il s’agit de pratiques : alimentaire dans le premier cas, traditionnelle dans le second, thérapeutique dans le troisième, que l’on a toujours vues en usage, et qu’on continuera à employer, sans se poser la moindre question. Manque total d’imagination entraînant une complète absence de pitié, celle-ci fonction de celle-là, et “sympathie” vraie au sens étymologique du mot.
La pitié n’est pas naturelle. Elle était sans doute inconnue de l’homme préhistorique, elle l’est certainement de l’enfant, incapable d’imaginer que l’insecte qu’il s’apprête à torturer en souriant, et sans songer le moins du monde à mal faire, pourrait être autre chose qu’une minuscule et divertissante mécanique, créée tout exprès pour lui sertir de jouet. La pitié est une conquête de la conscience, conquête laborieuse, inachevée et perpétuellement a recommencer. Le préjugé commun de nos contemporains, un peu honteux quand même sans l’avouer, cherche discréditer la pitié, pour se dispenser d’avoir à la pratiquer, en la qualifiant de “sensiblerie”. Eprouver quelque scrupule à l’endroit de l’animal, ne serait-ce pas pour un homme frôler le ridicule ? Si l’on veut, mais préférons alors le “ridicule” (entre guillemets) d’un Bouddha ou d’un saint François d’Assise au cruel “bon sens” — toujours entre guillemets — de Mr X...
A l’égard de l’animal domestique, notre responsabilité est accrue puisque ces êtres, artificiellement séparés de leur milieu naturel, dépendent entièrement de nous qui sommes, ou devrions être, leur providence vivante. La sommes-nous ? Allons le demander ensemble à ces chevaux squelettiques, à ceux que torturent des mors d’un modèle barbare ou des éperons démesurés, à ces ânes dont les plaies saignantes n’interrompent pas le profitable labeur, à ceux que l’on massacrait, il y a quelques mois, au coupe-coupe, dans un poste lointain, à ces chameaux aux blessures rongées sept cents kilomètres durant par les lourdes barres du sel saharien, aux chiens abandonnés, capturés et mis à mort par des procédés trop souvent brutaux, à ces nichées de chats qu’au lieu de supprimer sans douleur nous laissons périr de misère dans les rues, à ces tourterelles sanglantes aux ailes brisées qu’a quelques kilomètres de Dakar des garnements offrent aux passants, à ces oiseaux attachés et livrés aux jeux cruels des enfants, à ceux qui périront en grand nombre, en Afrique, sur mer et à l’arrivée, entassés pour l’exportation dans des cages, souvent trop petites, à ces pintades à ces volailles amarrées et transportées en bouquets, ficelées comme s’il s’agissait d’insensibles fagots. L’animal domestique est ainsi traité, on peut imaginer le respect que l’homme aura de la vie sauvage et libre. On sait que beaucoup d’espèces animales ont déjà disparu devant notre activité destructrice, décuplée, bien entendu, depuis la vulgarisation de l’arme à feu. Il est de ces vandalismes qui sont tout récents et ne font pas honneur à l’esprit de prévoyance de nos contemporains. C’est ainsi qu’ont été exterminés la Vache marine en 1780, le Grand Pingouin en 1844, le Dronte en 1679, le Cheval Tarpan en 1866, l’Aurochs vers 1627, etc. « La grandeur de la perte subie par la science et même par l’économie humaine découlant de ces massacres insensés ne peut encore être évaluée », écrivait un professeur d’université en 1937.
Si bien des espèces sont d’ores et déjà définitivement détruites, un beaucoup plus grand nombre est menacé. Au train dont nous nous acharnons a cette inintelligente besogne, avant longtemps viendra le jour ou l’on ne parlera plus qu’au passé de plusieurs espèces de Baleines, de quelques autres Mammifères marins, d’une série d’Ongulés dont plusieurs sont africains, de certains Oiseaux, Reptiles ou Insectes inoffensifs. De nombreuses plantes sont dans le même cas.
On dira que ces faits sont inévitables. Singulier aveu. Remarquons d’abord qu’il est bien rare que l’animal ou le primitif détruisent par simple joie, pour “s’amuser”, comme le fait si volontiers le civilisé, en dehors de toute nécessité alimentaire ou défensive, sans autre prétexte que de s’affirmer le roi de la création et si possible, de se faire photographier, dans une pose héroïque, carabine au poing, au milieu de ses victimes. Outre les destructions inutiles, il reste, il est vrai, celles qu’entraînent, automatiquement, les progrès de l’occupation du sol et du défrichement.
Comprenons-nous bien. Si vraiment l’homme est raisonnable, comme il l’affirme, c’est le lieu d’en administrer la preuve. Il n’est pas question de renoncer à telle ligne télégraphique parce qu’elle risque de désobliger les girafes. Mais si l’homme en occupant tel territoire doit par là même l’interdire aux girafes, qu’il assure ailleurs à celles-ci — la place ne manque pas — une zone où elles puissent continuer à prospérer à l’abri des lignes télégraphiques, des sagaies, des feux et des fusils Lebel.
La question dépasse d’ailleurs celle de l’existence de quelques espèces animales auxquelles des âmes sensibles, égarées en un siècle d’airain, ou des savants fanatiques voudraient épargner une trop rapide destruction. La faune n’est pas seule en cause. La couverture végétale en particulier la forêt, attaquée sans répit par le fer et par le feu, diminue d’année en année. Sait-on, par exemple, qu’à Madagascar la superficie de la forêt primitive, en trente années, est tombée de vingt-cinq à deux millions et demi d’hectares
Et l’on comprendra peut-être toute la gravité de faits de ce genre si l’on songe que sur d’immenses territoires la destruction du couvert végétal primitif entraîne sa dégradation définitive, le processus étant souvent irréversible sur un sol privé d’humus, exposé dès lors au soleil et aux vents, au ruissellement, à tous les ravages de l’érosion, la végétation originelle ne se reconstruira plus. Et c’est la perte irréparable d’espèces dont beaucoup, méconnues aujourd’hui, auraient pu se révéler un jour du plus haut intérêt quant à leur utilisation. Avons-nous le droit de gaspiller ainsi un capital élaboré au cours de siècles innombrables, légué par la nature, et dont nous demeurons responsables vis-à-vis de nos successeurs
A l’honneur de l’humanité, il faut dire que déjà un certain mouvement de protestation se dessine. Timide encore, certes, et qui se heurte à bien des indifférences, parfois à bien des sarcasmes, Mais qui existe. La Belgique, l’Angleterre, les Pays-Bas, les Etats-Unis ont déjà fait un effort considérable pour assurer à des lambeaux de nature primitive et vierge une protection efficace. Des voix se sont élevées en France pour réclamer des mesures analogues . On veut espérer quelles seront écoutées et que le nécessaire sera fait, et fait à temps. Des parcs nationaux, comme le parc Kruger au Transvaal, le Parc National Albert au Congo belge, le parc de la Kagera au Ruanda oriental, et également des réserves naturelles intégrales (quelque chose de très différent, par définition, et de la réserve forestière et de la réserve de chasse) devront un jour assurer à quelques coins au moins de nature intacte, en Afrique française, une protection efficace. Quant à celle des animaux menacés d’extermination, il faut sans doute la demander à une législation rigoureuse et rigoureusement appliquée.
Il faut aussi, il faut surtout la demander à un changement de mentalité, d’attitude, je dirais presque de philosophie. Rien de moins. La rigueur des lois ne sera plus nécessaire le jour où la conscience d’un homme, enfin humanisé, lui interdira toute destruction inutile, le jour où il refusera d’infliger pour s’amuser’ une souffrance gratuite, le jour où, las du massacre, il préférera au fusil les jumelles du naturaliste ou l’appareil photographique du curieux, le jour où, se découvrant enfin solidaire du reste des créatures et des autres animaux, il aura appris le respect de la vie.
Chimère ? En êtes-vous bien sûrs ? Chimère sur le méridien zéro peut-être, au moins aujourd’hui. Mais voulez-vous que nous ouvrions ensemble la règle des moines taoïstes chinois ? Qu’exige-t-elle de ces hommes qui tout de même ne sont pas des anges et appartiennent à la même espèce zoologique que vous et moi ? Ecoutez : « Tu n’écraseras intentionnellement ni insectes, ni fourmis — Tu n’effrayeras ni ne chasseras les oiseaux qui couvent — Tu ne te serviras ni d’hameçons, ni de flèches pour t’en faire un amusement — Tu ne cueilleras ni n’arracheras sans raison les fleurs ou l’herbe — Tu n’abattras point d’arbre par plaisir — Tu ne tireras point de leur terrier les animaux hivernant sous terre — Tu ne verseras point d’eau bouillante sur le sol pour faire périr des insectes ou les fourmis »
Est-il besoin de rien ajouter ? Puisse le sourire de cette divine Pitié éclairer un jour le monde entier, jusqu’au méridien zéro inclusivement, bien entendu "

Theodore Monod : L’hippopotame et le philosophe.

Vous apprécierez forcément, n'hésitez pas à commenter.
A propos de la Photo qui illustre ce billet, elle fut prise au zoo de la Barben en 2007...

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lundi 19 mai 2008

2007 : deuxième année la plus chaude jamais observée


lien direct vers YouTube


Sur la vidéo ci-dessus, vous pouvez voir l'évolution de la température de surface de notre planète depuis 1884 jusqu'à 2007.

Le Goddard Institute for Space Studies de la NASA a confirmé que 2007 avait été la deuxième année la plus chaude jamais observée, ex-aequo avec 1998, 2005 restant provisoirement en première place.

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Le graphique ci-dessus affiche la température du globe, en écart par rapport à la température moyenne observée sur la période 1950-1980.

Les 8 années les plus chaudes ont toutes été observées depuis 1998.
Les 14 années les plus chaudes ont toutes été observées depuis 1990.

Et il se trouve encore des gens pour prétendre que le réchauffement climatique n'existe pas ...

Pour en savoir plus :
1. 2007 Was Tied as Earth's Second-Warmest Year (NASA Goddard Institute for Space Studies)
2. vidéo .mpeg officielle (NASA Goddard Institute for Space Studies)
3. Réchauffement (Gaïa - Bulletin de santé)

Crédit image : NASA Goddard Institute for Space Studies

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mardi 13 mai 2008

Le volcan Chaitén se réveille au bout de 9500 ans

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Le volcan Chaitén, au Chili, vient de se réveiller après un sommeil de neuf mille cinq cents ans.

C'est un fait connu et bien documenté que des orages de foudre se déclenchent directement au dessus des volcans en éruption.

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Cependant, les scientifiques ne sont pas encore tombé d'accord pour expliquer un tel phénomène.

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(vous pouvez cliquer sur les images pour les voir en plus grand)

Pour en savoir plus :
1. Chili: à Futaleufu, on vit sous la cendre et la menace du volcan Chaiten (AFP)
2. Chaitén (Wikipedia)
3. Amazing pictures: The lightning storm that engulfed an erupting volcano (Daily Mail)
4. Tormenta eléctrica en erupción del volcán Chaitén. Evening of May 3, 2008. (flickr)

Crédit photos : Mario Mendoza, Carlos Gutierrez

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jeudi 28 février 2008

Tara, la goélette polaire, revient à Lorient

Tara

Voulant réitérer l'exploit de l'explorateur norvégien Fridtjof Nansen à la fin du XIXe siècle, qui à bord du Fram réussit la première dérive arctique de l'histoire en 3 ans, le voilier polaire français Tara a fait le même trajet arctique en deux fois moins de temps en rentrant dans les glaces au niveau de Tiski, en Sibérie, le 3 septembre 2006, pour arriver face au au Spitzberg le 23 janvier 2008. Pendant tout ce temps il a été pris dans les glaces et a dérivé dans la banquise polaire, multipliant les mesures scientifiques sur le réchauffement climatique et son impact sur l'arctique.

La route du Tara.jpg

Jean-Claude Gascard, directeur de recherche au CNRS et coordinateur du programme européen Damoclès, dont Tara est le support polaire, explique pourquoi 1,5 million de km2 de banquise - la superficie de l'Espagne, l'Allemagne et la France réunies - ne se sont pas renouvelés entre 2006 et 2007 : « Il s'agit de l'albédo. Plus la glace fond, plus l'océan se réchauffe en absorbant l'énergie solaire qui n'est plus renvoyée par la surface blanche de la banquise. Ce qui la fait fondre davantage encore, et ainsi de suite. Il y a un effet d'emballement qui, soupçonne-t-on, a pris le pas sur l'effet de serre. »

Samedi dernier, Tara a fait un retour triomphal à Lorient, son port d'attache. Ils étaient des milliers, sur terre et sur mer, pour accueillir la grande goélette, toutes voiles dehors, traçant son sillage dans la rade, depuis l'île de Groix. Plus de 3 000 admirateurs se massaient sur les quais de l'avant-port pour applaudir les 20 « glacionautes » de l'expédition.

Tara_080221.jpg

Betty y était. Elle nous raconte : "J'étais sur le quai pour accueillir Tara. C'était un moment très sympa avec beaucoup de joie et d'émotion. Il y a eu la présentation de l'équipage au grand complet (inclus le chien !) une petite synthèse de ses 500 jours de dérive sur la banquise. Une belle aventure humaine et scientifique. Nous avons eu la chance de voir le film du 1er hivernage suivit d'un petit débat avec les membres de l'équipage.
Pas de grandes révélations bien sûr, mais l'inquiétude de voir que la dérive s'est faite avec 6 mois d'avance (Tara était attendu à Lorient en Aout 2008 !). Le directeur de recherche nous a expliqué qu'il y avait beaucoup d'eau sur la banquise et que l'on estime désormais la disparition totale de la banquise en été à l'horizon 2015-2020 (alors qu'au départ de Tara les projections les plus pessimistes donnaient du 2050.......)
Alors j'ai pas bien tout retenu mais je sais qu'ils ont eu en été de très nombreux jours de températures positives et même de la pluie - que le ballon sonde à relevé à 2000 m d'altitudes des températures étonnantes (plus élevés que ce qu'ils attendaient mais je ne me souvient plus des températures données...). Enfin bon une foule d'informations qui seront vérifiées et publiées d'ici à l'automne prochain."


Et Betty conclut : "OK le monde ne changera pas demain et ce n'est pas la révolution écolo ... mais tout de même c'est en marche, c'est en marche ..."

Si j'avais été du côté de Lorient samedi dernier, j'aurais été aussi sur le quai, à Lorient, pour accueillir Tara.

Pour en savoir plus :
1. Tara Expéditions (site officiel)
2. Tara Arctic 2007-2008: The Great Arctic drift (Damocles)
3. Le voilier polaire Tara fait un retour triomphal à Lorient (AFP)
4. Tara : retour triomphal du voilier (Ouest France)
5. La banquise arctique va disparaître l'été d'ici 2040 (Gaïa)
6. La banquise arctique fond 10 à 15 fois plus vite qu'avant (Gaïa)

Crédit photos : G. Redvers, Tara Expéditions et Ouest France

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dimanche 17 février 2008

L’île de Pâques


Cet endroit est fascinant, il nous montre que les humains ne sont pas toujours en mesure de maitriser leurs démons et de s’arrêter avant qu’il ne soit trop tard. Les Pascuans sont la démonstration en modèle réduit de ce qui pourrait arriver à « l’île terre ».


C’est pourquoi, j’ai été ému de trouver dans le minuscule Jardin Botanique de Val Rahmeh à Menton un survivant de l’île de Pâques qui semble se porter à merveille, ce Sophora Toromiro est donc un miraculé, dont les gènes participent au repeuplement de son île d’origine.

Noble tâche que de rendre à cette île pelée sont aspect original.
Et qui donc réensemencera la terre quand nous l’aurons « toute consommée » ?

Voici l’épitaphe que nous avons pu lire sous son abondante ramure, le gaillard fait bien 25 mètres de haut.

« Le toromiro et la fonction conservatoire du jardin

L’île de Pâques découverte par le hollandais Roggeven, le dimanche de Pâques 1722, ne fut pas toujours l’île nue que l’on connaît aujourd’hui. Dans une formation boisée ouverte à palmiers - Paschalococos disperta? - et arbustes divers, le Sophora toromiro avait un statut particulier. C’est dans son bois dur et de couleur rouge que les pascuans sculptaient leurs statuettes et leurs objets cérémoniels.
En 1934, la mission Métraux- Lavachery photographie le dernier spécimen sur lequel Thor Heyerdahl prélèvera, en 1956 une branche porteuse de gousses. Les graines germent en Suède. En 1962 la disparition du toromiro de l’île de Pâques est une certitude.
Un programme international est élaboré avec pour objectif la réintroduction du toromiro dans son berceau d’origine. Avec ses toromiros Val Rahmeh participe à l’opération. »

Au XIXème la puissance de l’empire britannique dominait le monde, cette puissance a généré de colossales fortunes. Beaucoup de ces princes jetèrent leur dévolu sur une des régions les plus agréables d’Europe : la côte d’Azur. Ils y construisirent de somptueux palais et villas en créant de non moins somptueux jardins.

Lorsque l’on est très fortuné, on dispose de l’énorme liberté de dépenser sa fortune de mille et une manières. Lorsque je vagabonde dans ces jardins, peuplés d’essences venues de l’autre côté de la terre à l’époque de la marine à voile et à vapeur, je ne peux m’empêcher de songer à l’immensité des fortunes actuelles souvent dépensées de bien stupide manière. Car en ces temps obscurs, la fortune n’est pas toujours accompagnée de la culture comme c’était souvent le cas au XIXème, Il ne reste alors que la vanité.

Pour en savoir plus :
Toromiro (Wikipedia)
Crédit photo : L'ile de Pâques

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mercredi 30 janvier 2008

La houle dans les nuages


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Voici une vidéo pour relaxer, loin de la foule déchaînée.

Cette magnifique vidéo des ondulations d'une mer de nuage a été prise à La Palma, une des îles Canaries par Fernando Bullón. Le film est accéléré 30 fois (une image toutes les deux secondes).

J'ai toujours eu un côté contemplatif ...

Pour en savoir plus :
1. Videos time-lapse: El “mar de nubes” en movimiento. Parte I (Revista del Aficionado a la Meteorologia)

Crédit vidéo : Fernando Bullón via Fogonazos

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dimanche 20 janvier 2008

La disparition des abeilles


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Les abeilles disparaissent. Des colonies entières s'évanouissent dans la nature. On retrouve la ruche vide. Aucun cadavre d'abeille ni dans la ruche ni a proximité.

Ce phénomène très inquiétant porte un nom : le syndrome d’effondrement des colonies d'abeilles. A ce jour, personne ne comprend pourquoi ça arrive.

Ce phénomène n'est pas nouveau. Il a été signalé localement dès 1896. Mais les disparitions ont pris de l'importance et ont commencer à se généraliser depuis la fin des années 1990. En 2007, le taux de ruches abandonnées ou presque désertées atteignait 70 % voire 80 % dans les régions et pays les plus touchés. Un quart du cheptel des ruchers des USA auraient disparu rien que durant l'hiver 2006-2007.

Le clip ci-dessus vient de sortir. Désolé, il est en anglais. Pour l'instant, la seule chose qui obnubile les journalistes français c'est Carla Bruni ou les déboires de Miss France.

Et pourtant, c'est grâce à l'abeille que sont pollinisés le riz, les pommiers, les amandiers, les avocatiers, les cerisiers, les oignons, les concombres, le coton, l'arachide, le melon, etc. Sans abeilles, tous ces fruits et légumes disparaissent.

Albert Einstein aurait déclaré : "Si l'abeille venait à disparaitre de la surface du globe, l'homme n'aurait plus que 5 années à vivre." Je suis assez d'accord avec lui. Si on ne réagit pas assez vite et assez fort, on est plutôt mal barrés ...

Pour en savoir plus :
1. Le syndrome d’effondrement des colonies d'abeilles (Gaïa)
2. The vanishing of the bees (site officiel)

Crédit vidéo : Hive Mentality Films via The Presurfer

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jeudi 17 janvier 2008

L'offrande ultime d'un palmier géant de Madagascar

Tahina spectabilis.jpg

Ca se passe dans une région reculée du nord ouest de Madagascar. Ce jour là, Xavier Metz se promenait autour de sa plantation de cajou avec sa famille quand il remarqua un palmier extravagant. Avec un tronc de dix-huit mètres de haut et des palmes de cinq mètres de diamètre, c'est le plus grand palmier jamais vu à Madagascar. Xavier Metz prit donc des photos et les envoya à John Dransfield, un chercheur du Royal Botanic Gardens, de Kew (Royaume Uni).

Arrivés sur place, les botanistes n'en croyaient pas leurs yeux. Il s'agissait d'une espèce de palmier totalement inconnue jusqu'à ce jour. Comment avaient-ils pu passer à côté d'une telle merveille ?

En effet, cet arbre ne fleurit qu'une fois dans sa vie, quand il arrive à maturité, au bout de cinquante à cent ans. Ce qui se passe alors est extraordinaire. La partie supérieure de l'arbre se divise pour donner naissance à une arborescence sur laquelle vont apparaître des centaines de petites fleurs parfumées.

palmflower2.jpg


Chaque fleur est capable d'être pollinisée et de donner un fruit. Et bientôt l'arbre dégouline de nectar et disparaît sous un nuage d'insectes et d'oiseaux.

Et puis, toutes les ressources vitales de l'arbre se trouvent absorbée par l'épanouissement des fruits, et alors l'arbre meurt, épuisé par cette offrande ultime qu'il a mis cent ans à préparer ...

On a d'abord pensé qu'il s'agissait d'un lointain cousin du Talipot palm qu'on trouve dans la partie sud de l'Inde et au Sri Lanka. Mais l'analyse ADN a montré qu'il s'agissait là non seulement d'une nouvelle espèce, mais même d'un nouveau genre à part entière.

Le lieu où se trouve cet arbre est gardé secret. Et, après recherches, on a recensé moins d'une centaine d'arbres de cette espèce inconnue jusqu'alors, ce qui pose un défi majeur de conservation ...

Les scientifiques lui ont donné le nom de "Tahina spectabilis", ce qui en malgache signifie "béni" ou "à protéger". C'est aussi un des prénoms d'Anne-Tahina Metz, la fille du découvreur de l'arbre.

Pour en savoir plus :
1. New Genus of Self-destructive Palm found in Madagascar (Royal Botanic Gardens, Kew)
2. Death by flowers: giant, suicidal palm has botanists stumped (World Science)
3. Giant Madagascan palm 'flowers itself to death' (New Scientist)
4. Un palmier suicidaire (Le Nouvel Obs)

Crédit photos : John Dransfield

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jeudi 6 décembre 2007

Spectaculaire éruption du Popocatépetl

Popocatepetl

Samedi dernier 1er décembre, le Popocatépetl a explosé 6 fois en 24 heures, en faisant jaillir de la vapeur d'eau et des cendres à plus de deux kilomètres de haut.

Le Popocatépetl est le deuxième sommet le plus haut du Mexique et culmine à 5426 mètres. Ce volcan, plus haut que le Mont Blanc, se situe à seulement 70 kilomètres au Sud-Est de Mexico, la capitale. Son nom signifie en aztèque "montagne en fumée".

Popocatepelt 2.jpg

Son nom se justifie pleinement quand on contemple cette photo où les cendres s'élèvent à 3000 mètres au dessus du volcan ...

Ce volcan est coutumier de ces éruptions automnales spectaculaires. Dès le 4 décembre, tout était rentré dans l'ordre, comme vous pouvez le constater sur le site du CENAPRED (Centro Nacional de Prevención de Desastres).

Pour en savoir plus :
1. Mexique : éruption du volcan de Popocatepetl (Xinhua)
2. Popocatépetl : Imagenes de los últimos días (CENAPRED)
3. Popocatépetl (Wikipedia)

Crédit photos : CENAPRED et Jose Castanares

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mercredi 21 novembre 2007

Le dernier ours blanc

Le dernier ours blanc

Je vous présente ci-dessus la photo du dernier ours polaire qui a pu être prise par un avion de reconnaissance avant que le dernier iceberg ne s'effondre sous lui, et qu'il périsse noyé dans l'immensité de l'Océan Arctique, libre de toute banquise. Cette photo a été prise le 26 août 2040.

Ce que je viens d'écrire, c'est le début de l'article que je publierai en septembre 2040, dans 33 ans, si rien ne change d'ici là.

Dans Gaïa, un de mes autres blogs, je publie régulièrement le bulletin de santé de notre belle planète qui a de la fièvre en ce moment. En effet, une espèce particulière appelée l'homo sapiens s'est mise à proliférer à la surface de la Terre, un peu comme un virus.

Alors, je peux vous dire que, depuis quelques années déjà, la fièvre monte. Et, donc, la banquise disparaît. Et les ours blancs aussi.

Mais ce n'est pas si grave, après tout. Vu qu'on a des photos, on pourra montrer à nos enfants à quoi ils ressemblaient, ces ours. Juste pour info, Arctique veut dire "avec des ours". Peut-être faudra-il renommer l'Océan Arctique en "Océan Antarctique", ce qui veut dire "océan sans ours" ?

Si vous vous sentez concernés, vous pouvez lire les articles listés ci-dessous sur ce sujet.

Sinon, en ce moment, il y a la Star Ac, les grèves, et le foot, qui a repris en Ligue 1.

Pour en savoir plus :
1. Les ours polaires sont menacés par le réchauffement climatique (Gaïa)
2. La banquise arctique va disparaître l'été d'ici 2040 (Gaïa)
3. La banquise arctique fond 10 à 15 fois plus vite qu'avant (Gaïa)
4. Le Groenland perd 100 milliards de tonnes de glace par an (Gaïa)
5. On peut arriver en bateau au Pôle Nord ! (Gaïa)
6. L'effondrement de la banquise d'Ayles (Gaïa)
7. Le passage du Nord-Ouest est ouvert (Gaïa)

Crédit photo : ukimagehost.com

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lundi 12 novembre 2007

Une très belle aurore boréale

Aurora borealis

Comme vous le savez, j'ai un faible pour les aurores boréales. Celle-ci, photographiées en juin 2007 par la mission STS-117 est particulièrement belle.

Notre belle planète bleue se pare parfois de rivières de lumière qui resplendissent dans l'espace. Ca fait rêver, je trouve.

Pour en savoir plus :
1. Aurora (Wikipedia)
2. STS-117 (Wikipedia)
3. 11 phenomenal images of earth (deputy-dog)
4. One day in space (Dark roasted blend)

Sur le même sujet :
1. Une aurore boréale vue de l'espace (Chez Luc - 8 novembre 2005)
2. Aurores boréales (Chez Luc - 1er février 2006)
3. Aurores boréales (Chez Luc - 9 octobre 2006)
4. Une aurore australe vue de l'espace (Chez Luc - 2 juillet 2007)

Crédit photo : NASA

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jeudi 8 novembre 2007

Les oiseaux de mon jardin

Allez, je vais vous faire profiter un peu de mes contemplations quotidiennes.

Je vous ai préparé une liste des 24 espèces que je vois le plus couramment, sauf pour la chouette que je vois très peu mais que j’entends presque chaque jour.

Accenteur mouchet : si on n’y prend pas garde on pourrait le prendre pour un moineau, son bec très fin révèle un vrai insectivore, tandis que le moineau avec son bec fort est un mangeur de graines

Fauvette à tête noire : c’est la plus fidèle, elle ne manque jamais de me laisser contempler son bain, la femelle porte une calotte marron. (Une calotte, pas une culotte, bande de vicieux)

Roitelet huppé : il ne tient pas en place tout comme son cousin à triple bandeau, c’est le plus léger d’entre tous, je me demande toujours comment il fait pour sortir par grand mistral.

Roitelet triple bandeau : muni d’une couronne d’or tout comme son cousin avec en pus un bandeau blanc, aussi léger que son cousin.

Troglodyte mignon : le plus discret, sa queue toujours bien dressée vers le ciel.

Pinsons des arbres : vrai granivore et mal nommé, on devrait l’appeler pinson « sous les arbres », car il est le plus souvent au sol, toujours en bandes.

Chardonneret élégant : autre vrai granivore, son bec fort explose une graine de tournesol en un tour de bec.

Verdier d’Europe : Carduelis chloris c’est son nom latin qui décrit le mieux sa couleur vert-jaune, c’est un autre bec fort.

Moineau domestique : curieusement je le vois assez rarement, sans doute le signe de ma « campagnitude » (c’est un oiseau urbain)

Mésange Bleue : en ce moment le bleu est un peu passé, il faudra attendre la mue pour retrouver un bleu plus net.

Mésange charbonnière : plus forte et plus ronde, plus mignonne aussi : elle prend une graine de tournesol, s’envole sur une branche elle la décortique patiemment en la tenant fermement avec sa patte sur une branche. Son bec d’insectivore est trop faible pour ouvrir la graine, elle y fait un trou... c’est plus long.

Mésange huppée : elle ne passe que rarement.

Rouge-gorge familier : lui porte bien son nom, toujours dans mes pattes quand je bouge des feuilles, de la terre ou du bois pour chercher les insectes que je dérange. Ses tic tic n’arrêtent pas en ce moment, il défend son territoire même l’hiver. C’est un querelleur. Lors de leur bataille territoriales il n’est parait-il pas rare qu’à force de se faire peur 2 individus meurent simultanément de crise cardiaque, hier j’ai trouvé l’un d’eux mort sans trace apparente de blessure : crise cardiaque ?

En voici un qui y met tout son cœur sur un toit non loin du moulin de Birlot sur l’île de Bréhat

Rouge-queue noir. : Plutôt visiteur de l’été.

Rouge-queue à front blanc : il est reparti en Afrique passé l’hiver au chaud, son retour signera l’arrivée du printemps, début Avril.

Grive musicienne : il en reste quelques unes que les chasseurs ont manquées, chez moi elles ne risquent rien.

Merle noir : cette année il s’est fait plus rare.

Rossignol Philomèle : on l’a aperçu ces jours-ci, il se tient généralement plus loin du village.

Geai des chênes : j’en ai un qui habite à l’année, comme les écureuils il cache des glands un peu partout et les oublie, devenant un auxiliaire important de la dissémination du chêne.

Tourterelle turque : toujours en couple, leur passage dans la mangeoire ne laisse pas grand-chose aux suivants.

Pie bavarde : visiteuse de l’été, toujours à plusieurs elle faisait reculer mes chats (quand j’avais encore des chats)

Corneille noire : toujours en bande à brailler autour des buses qui survolent régulièrement l’endroit.

Buse variable : un couple siffle régulièrement au dessus de nos têtes.

Faucon crécerelle : ce printemps une femelle cherchait visiblement un trou pour y faire son nid, elle a du le trouver ailleurs

Chouette Hulotte : nous berce de son chant presque tous les soirs.

Remerciement à Oiseaux net : une mine de renseignements ornithologiques et de photos pour tous ces liens.

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