Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

vendredi 15 mai 2009

Des légumes et du plastique...

Vous avez du remarquer dans certaines contrée les collines brillent sous le soleil, comme un miroir.
Les champs sont couverts de films polyéthylène et seul subsiste un trou d’où émerge la plante cultivée.
Cette technique de culture a des avantages non négligeables pour l’agriculteur qui l’adopte :
1-le désherbage n’est plus qu’un mauvais souvenir, on parle de stérilisation...
2-L’économie d’eau est considérable dans nos contrées chaudes, c’est un plus.
3-L’effet de serre sur le sol améliore la croissance.
4-Mise en place facile... tous les ans
Que des avantages quoi !

Mais comme toujours lorsqu’on ne regarde que les avantages sans mesurer les inconvénients et que de plus les inconvénients ne sont pas supportés par ceux qui profitent des avantages, on fait des calculs de polichinelle.

Depuis quelques années, le monde à pris la mesure de l’impact de ces plastiques sur l’environnement, si bien que nombre de grandes surfaces ne donnent plus de sachets et/ou les factures.
Dans les pays très ventés comme la Provence, ces sachets s’accumulent sur les clôtures, les haies et les arbres donnant à voir un spectacle triste et affligeant. De nombreux animaux avalent ce plastique et meurent d’occlusion intestinale.

Bref c’est moche, ça tue, ça met des siècles à se décomposer et par-dessus le marché c’est fait avec du pétrole.

Voici ce que cela donne dans le lit d’un joli torrent : le Cavalon, qui descend jusqu’en Durance entre Luberon et plateau de Vaucluse (Parc Naturel)



Le législateur qui n’est jamais en peine de solution toutes faites a donc légiféré, il est désormais interdit de rejeter ces hectares de plastique à la décharge ordinaire et interdit de les brûler : ça pue et dégage des gaz toxiques...

On consultera avec intérêt le site de l’ADEME, qui évoque la création de filière de recyclage, mais tout le problème réside dans la récolte du film et son acheminement aux sites de traitement/recyclage, à mon avis, sans obligation des distributeurs des films neufs à organiser la collecte des films usagés, pas de solution viable.

En attendant que font nos braves paysans, peu enclins à changer cette technique si commode, et bien ils les jettent à la rivière, ou en font de gros tas qui attendent qui sais quoi, mal dissimulés, le long d’une haie de cyprès.

Il serait temps de faire quelque chose, je vois plusieurs pistes.
Obliger les producteurs à reprendre et recycler ces films, (si c’est possible).
Interdire ces films et les remplacer par une version biodégradable que les agriculteurs pourraient enfuir.
Utiliser de la vraie paille... ?

Au fait cette technique de culture donne-t-elle droit à l’appellation « agriculture biologique » ?
On voit proliférer les rayons bios et je commence à douter, et penser que ce label est devenu trop tendance et traqué par les « marketeurs » pour être vraiment « DD ». Mais ça c’est mon côté soupçonneux.

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11 Comments:

Blogger Patrick said...

"ce label « agriculture biologique » est devenu trop tendance et est traqué par les marketeurs"

Jack, comment peux-tu imaginer une chose pareille ?

Note bien, Danone avait vite flaîré l'aubaine lorsqu'il avait lançé son yaourt BIO - qui n'avait strictement rien de "bio"... Bon, il a été condamné à changer le nom en "Activia", mais dans l'intervalle, il s'est mis des sous dans les poches...

En ce moment, il y a deux aubaines pour l'industrie alimentaire :
1/ le bio (ou prétendu tel) et
2/ l'alicament (prétendu soigner tout y compris la goutte - mais pas la bêtise du consommateur).

A nous de ne pas tomber dans le panneau !

vendredi, 15 mai, 2009  
Blogger Patrick said...

Ne pourrait-on pas faire des films plastiques mangeables, ce qui éviterait la tâche fastidieuse de faire poussser des légumes, et qui règlerait la question de "comment se débarasser des films plastiques"...

On entendrait alors dans les dîners mondains :

Vous reprendrez bien une petite feuille de plastique ? Non, vraiment ? Même un peu de cette excellente vinaigrette à l'huile de vidange ?

vendredi, 15 mai, 2009  
Blogger Jack said...

Tu ajoutes aussi la ligne dont rêve toutes les femmes (et maintenant les mecs aussi) et tu tiens tous les ressorts de la consommation alimentaire de nos jours.
Quant à moi, je recherche toujours ce qui est bon, je sais ça va me faire mourir...

vendredi, 15 mai, 2009  
Blogger Bruno du grand sud est said...

Lorsque l'on réchauffera ces bons légumes bio au micro onde,le plastique de la barquette assaisonnera le tout d'un peu de dioxine.
Bon appétit.

samedi, 16 mai, 2009  
Blogger Luc said...

Peut-être que c'est le plastique qui va finir par flinguer la planète ...

Déjà qu'il est en train de détruire l'océan pacifique ...

Lire :
1. Drowning in plastic: The Great Pacific Garbage Patch is twice the size of France (The Telegraph)
2. The Great Pacific Garbage Patch (Wikipedia)

samedi, 16 mai, 2009  
Blogger Patrick said...

"Drowning in plastic: The Great Pacific Garbage Patch is twice the size of France" écrit le journal anglais "The Telegraph"...

Ils auraient pu écrire "four times the size of the United Kingdom". Mais, non, ils préfèrent utiliser la France comme unité de mesure d'étendue de pollution...

C'est très insultant ! C'est un casus belli, ça, non ?

samedi, 16 mai, 2009  
Blogger Bruno du grand sud est said...

tout à fait d'accord!
boutons les dehors.
Qu'ils retournent un peu chez eux, ces Rouges, ces sujets, avec leur monnaie désuète et leurs maisons en Normandie.
Garbage toi même, non mais!

dimanche, 17 mai, 2009  
Anonymous Anonyme said...

Bonjour,
La revue Geo avait qualifié le Calavon de rivière la plus polluée de France, notamment par les rejets des confiseries d'Apt, sans compter les décharges sauvages, et les prélèvements d'eau anonymes. Et ceci dans les années 1990. Emus, les notables locaux, la gauche caviar entre autres (qui y possède quelques belles résidences) avaient décidé de réagir, car ce n'était pas politiquement correct! Des études environnementales de protection ont été faites par un grand bureau d'études en 1998 et des directives conseillées. On voit la suite...

mardi, 19 mai, 2009  
Blogger Jack said...

Ce billet vise juste à montrer qu'au ministère de l'environnement, il y a encore beaucoup de grain à moudre et que ce n'est pas à coup de label Bio, que l'on va retrouver une agriculture plus respectueuse de l'environnement.

mardi, 19 mai, 2009  
Anonymous Grégoire said...

Merci pour ce billet Jack, qui hélas ne m'apprend rien. Je fais partie des gens qui ne vont plus se balader dans la nature sans emporter un sac poubelle dans leur poche, et je le remplis toujours facilement. C'est comme aller aux cèpes en automne, il y a un côté observation et recherche, mais avec une certitude de trouver... ;)

Mine de rien, il est probable que les chemins et les rivières du monde entier seraient propres si nous étions plus nombreux à ramasser les déchets des autres, au lieu de nous dire "ils sont nuls" en passant à côté. Le premier mouvement vers le sol est le plus difficile à faire, quand on voit le coin de nature qui n'est plus souillé, on est fier.

jeudi, 21 mai, 2009  
Blogger Jack said...

@Grégoire, merci pour ta leçon de civisme : je suis d'accord avec ton approche.
Mais il reste que pour mettre les tas de déchets dont je parle en sachets, il faut plus que des hommes de bonne volonté qui ramassent les ordures des autres.

jeudi, 21 mai, 2009  

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