Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

dimanche 28 août 2005

Le singe nu



Ce week-end, le zoo de Londres a eu l'excellente idée de présenter au public l'animal le plus dangereux de la planète : l'homme. C'est un grand singe nu, qui a complètement oublié qu'il était un animal, vivant dans la nature avec les autres animaux avec lesquels il partage les ressources naturelles.

C'est une initiative de la Société zoologique de Londres (ZSL) qui veut rappeler "l'appartenance de l'homme au genre animal" et "que sa prolifération est un véritable fléau pour les autres espèces".

Des représentants de l'espèces humaine (des volontaires séléctionnés sur concours) sont présentés au public en maillot de bain sur lesquels ont été épinglées des feuilles de vigne. Certains jouent au hula hoop, d'autres font des signes de la main au public. A côté du "rocher aux hommes", un panneau informe les visiteurs à propos de cette espèce : sa nourriture, son habitat, la répartition de sa population dans le monde et ses menaces.

Cette espèce est présentée côte à côte avec ses voisins, des autres primates qui mangent des bananes, pour rappeler l'appartenance de l'homme au règne animal. Les gardiens du zoo leur donne à tous à boire et à manger. La seule différence avec les autres pensionnaires du zoo c'est que eux, ils rentrent passer la nuit chez eux ...

Voilà une vraie bonne initiative, je trouve. J'ai toujours gardé en tête que nous étions du règne animal. De temps en temps, quand je m'ennuie, dans une gare par exemple, je m'amuse à regarder la foule. Ce n'est pas vraiment la foule que je regarde, mais un troupeau de grand singes nus, affublés de vêtements, qui déambulent, somnolent, grimacent, se crient dessus ... Il n'y a rien de méprisant dans ce regard, bien au contraire, c'est un regard affectueux, qui va bien au delà des apparences, et qui voit le grand singe nu qui est un peu égaré, qui a perdu une bonne partie de ses repères, et qui ne sait plus trop où il va.

Pas la peine d'aller à Londres ce week-end, le zoo, c'est tous les jours en permanence autour de nous. Il suffit simplement d'ouvrir les yeux !

Pour en savoir plus :
1. The Human Zoo (London Zoo)
2. Les nouveaux pensionnaires du zoo de Londres sont des humains (AFP)
3. Humans Are Ones on Display at London Zoo (Associated Press)

Crédit photo : Stephen Hird pour Reuters

5 Comments:

Blogger Patrick said...

Allez, juste pour apporter un brin de contradiction :

Je pense que le directeur de ce zoo est un peu obnubilé par ses chers animaux au point de ne pas reconnaître que l’homme a quitté depuis environ 50 000 ans le règne animal (époque à laquelle on situe l’apparition de la communication symbolique), et a formé un règne à part, sans doute aussi différent du règne animal que sont différents les règnes animaux et végétaux – ou que sont différents les règnes minéraux et végétaux.

S’il est vrai que nous avons conservé une « coquille » animale, les attributs qui nous caractérisent nous différencient absolument des animaux. Par exemple, nous nous sommes libérés des lois fondamentales qui régissaient la vie jusqu’alors – l’évolution en est un exemple puisque notre enveloppe de chair n’évoluera plus en fonction des lois de Darwin *, et que notre esprit évolue en spirale ascendante par la transmission et l’accumulation de l’acquis (rien à voir avec ce qui se passe chez les animaux). Autres exemples : nous savons asservir les autres règnes (minéral, végétal et animal) selon notre volonté (production de métaux, agriculture, élevage) ; nous nous libérons même de l’habitat qui nous a vu naître pour envahir les contrées les plus inhospitalières – et bientôt nous nous libérerons de notre terre originelle. Et les autres exemples pullulent…

Ce n’est pas la « coquille » qui importe, mais bien ce qu’elle recèle…

Non, décidément, c’est le directeur du zoo qu’il faudrait exposer à la risée des visiteurs !

* La médecine et l’assistance sociale s’opposant évidemment à la sélection naturelle génératrice d'évolution.

dimanche, 28 août, 2005  
Blogger Jack said...

Moi, je trouve l'idée intéressante, sauf que je les aurais laissé en complet-veston, voir avec un chapeau melon, je les aurait aussi pourvus d'un ordinateur mulitimédia et WiFi, avec liaison Internet au fond de la grotte.
Pour ne pas qu'ils s'ennuient et donnent une image plus conforme à leur réelle activité.
Tel que je les vois vétus sur la photo en compagnie de femelles trés mignones, çà va vite tourner aux scènes de sexe. Et avec tous les enfants qui viennent au Zoo, ce n'est pas convenable.

lundi, 29 août, 2005  
Blogger Aurélie said...

Assez d'accord avec Jack: l'Homme reste un animal même s'il a quitté ses grottes et ses silex. Un portable, un costard et une voiture ne rendent pas les gens moins animaux de même que l'on peut faire preuve d'humanité en mourrant de faim dans un quelconque bidonville.

mardi, 30 août, 2005  
Blogger Patrick said...

On dirait que je suis le seul être évolué parmi une bande d'animaux ;-)

Ceci étant, je remarque comme Jack que le comité de sélection des spécimens féminins a eu bon goût ! Après tout, je retournerai bien quelques instants au stade animal pour passer quelques instants dans la grotte avec l'une d'entre elle ! (genre : "moi, Tarzan, toi Jane")

mardi, 30 août, 2005  
Blogger Luc said...

@ Patrick : Je vois se réveiller la "bête" qui someille en toi !

Hé hé hé ...

mardi, 30 août, 2005  

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