Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

mardi 11 octobre 2005

La catastrophe du Granier



Il avait plu durant tout l'automne, sans discontinuer. La terre était gorgée d'eau, et la montagne aussi.

En cette nuit du 24 novembre 1248, tout le monde reste chez soi. Les habitants se serrent bien au chaud dans leurs maisons dans les villages de Saint André, Murs et Myans. Ces villages sont situés au pied de la masse imposante du Granier qui se dresse dans la nuit à 1933 mètres d'altitude. Cette montagne gigantesque est l'extrémité nord du massif de la Chartreuse. Elle domine de toute sa masse le confin du Grésivaudau, au carrefour des vallées qui mènent à Chambéry d'un côté, et à Albertville de l'autre.

Et puis, vers minuit, un bruit gigantesque résonne dans toute la vallée. Toute la montagne se détache du massif de la Chartreuse et bascule d'un coup dans la vallée, emportant tout sur son passage.

Saint André, comme Murs sont ensevelis sous 500 millions de mètres cubes de roches et de boue. La coulée s'étend jusqu'à Myans, mais s'arrête devant l'église de Myans, protégée sans doute par sa vierge noire, (visible toujours aujourd'hui).

Depuis ce jour, le Granier présente la falaise abrupte que vous pouvez voir ci-dessus, comme coupée au couteau. Vous savez, quand à la fin du repas, la maîtresse de maison coupe la bûche en disant "Mais vous n'allez pas me laissez ça, quand même !" Je ne sais pas pourquoi, samedi dernier, le Mont Granier m'a fait penser à un gigantesque vacherin dont les Dieux se seraient coupé une tranche (1248, c'est l'année où Saint Louis est parti à Jérusalem pour la 7ème croisade, l'avant dernière ...).

Pour en savoir plus :
1. La catastrophe du Mont Granier (Savoie) en 1248.
2. L'écroulement du Granier (1248)

Crédit photo : Luc

3 Comments:

Blogger Jack said...

Curieuse coïncidence : je songeais à faire un post sur la digue du Vajon (le film : la folie des hommes avec Auteil et Serrault).
Autre affreuse histoire de montagnes qui s'effondrent...

mardi, 11 octobre, 2005  
Blogger Philippe Piriac said...

Déjà, à l'époque tout foutait le camp... et peut etre qu'il n'y avait déjà plus de saisons...

Calamitas...

mercredi, 12 octobre, 2005  
Blogger Patrick said...

Voilà encore une catastrophe à mettre au crédit du réchauffement climatique : la période de l'an 900 à 1300 semble avoir bénéficié d'un climat plutôt chaud (+ 6 °C par rapport aux périodes précédentes et suivantes) - ce qui par ailleurs a généré une augmentation de la taille de nos ancètres à cette époque (meilleure alimentation) - ils ont rapetissés ensuite jusqu'à la période moderne...

mercredi, 12 octobre, 2005  

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