Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

mercredi 4 janvier 2006

Histoires de murs

Le 13 août 1961 commençait la construction du mur de Berlin, en pleine guerre froide, sous les yeux consternés du monde entier.


Crédit photo : Wikipedia

Le 9 novembre 1989, c'était la chute du mur de Berlin. C'était un signal fort d'ouverture du monde à la liberté. Ce jour a été vécu dans le monde entier comme un jour de paix d'espoir en l'avenir de l'humanité.

Cet espoir aura été de courte durée. Dès 1994, Israel se construisit une barrière de 52 kilomètres le long de la bande de Gaza, suivi en 1995 par la construction pharaonique d'un mur de séparation entre Israël et la cis-Jordanie.


Crédit photo : Wikipedia

J'ai pu contempler ce mur de 8 mètres de haut de mes propres yeux lors d'un voyage en Israël en janvier 2005. Je confirme : c'est bien comme ça !

Eh bien, ce mur de la honte a dû inspirer les américains. En effet, le 16 décembre 2005, la Chambre des Représentants des Etats-Unis d'Amérique a voté à 260 voix pour et 159 voix contre la construction d'un mur de 5 mètres de haut le long de la frontière mexicaine. La première tranche sera de 1100 kilomètres. Ce sera en fait une extension des portions de mur existantes, comme celle de Tijuana, que vous pouvez admirer ci-dessous :


Crédit photo : Latin American Studies

Comme a dit le Républicain Tom Tancredo : "Le plus beau cadeau de Noël pour le peuple Américain seraient des photos de béton en train de couler."

Ben voyons !

Donc, les riches s'enferment dans des murs de béton en Israël et aux Etats-Unis. Au Japon, c'est pas la peine : c'est une île.

Et nous, en Europe ?


Crédit photo : BBC news

Pas de soucis. On renforce notre dispositif dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla au Maroc. On rajoute des radars, des caméras infra-rouges, des fils de détection et des diffuseurs automatiques de gaz lacrimogène.

Vous pouvez dormir tranquille, les pauvres ne pourront plus passer par là ...

Pour en savoir plus :
1. Berlin Wall (Wikipedia)
2. Israeli West Bank barrier (Wikipedia)
3. US House votes to wall up Mexico border (Yahoo news)
4. House approves Mexico-US fence ! (Mich news)
5. Mexico fumes over U.S. border fence plan (Chicago Tribune)
6. Opinions split on proposed border fence. Many in Mexico and some in U.S. against House plan (SFGate)
7. Environmentalists to Appeal US Border Fence Ruling (Planet Ark)
8. EU outposts turn into fortresses (BBC news)
9. Spain reinforces enclave borders (BBC news)

20 Comments:

Blogger Jack said...

Je vous invite à voir le film qui reçut les palmes d’or à Cannes Trois enterrements : formidable film sur la frontière mexico-texane.
Il en dit plus long que des discours sur le mépris dans lequel sont tenus ces « pouilleux » venus du sud.
Allez voir çà, ce film ne vous laissera pas indifférent.

mercredi, 04 janvier, 2006  
Blogger Jack said...

Une petite remarque : il y a une différence assez importante entre le mur de Berlin et tous les autres.
Le mur de Berlin fut construit par les communistes craignant la contamination idéologique. (un mur de pauvres pour se protéger des riches, en quelque sorte)
Tous les autres sont des murs de riches pour tenir les pauvres à l’écart.
On pourrait se demander s’il y a un rapport entre la disparition du mur de Berlin et la naissance des autres.
C’est ce que suggère ton post Luc ?

mercredi, 04 janvier, 2006  
Blogger Luc said...

Heu ... Bonne remarque.

Effectivement, je n'avais pas vu ça comme ça.

Mais à la réflexion, on peut dire que la chute du mur de Berlin marque la victoire du capitalisme triomphant sur le communisme. Et comme le capitalisme débridé en question génère des écarts Nord-Sud insupportables, il devient à présent "nécessaire" de construire des murs autour des nations riches. Et je mets Israël dans le lot des pays riches, par comparaison avec les pays limitrophes.

Construire un mur, c'est plutôt un aveu de faiblesse, non ?

mercredi, 04 janvier, 2006  
Blogger Jack said...

La construction d'un mur est comme une guerre, un constat d'échec en effet.

mercredi, 04 janvier, 2006  
Blogger Patrick said...

Moi qui n'y suis pas allé, je suis resté dans l'idée que le mur d'Israël a essentiellement pour rôle de protéger la population non pas de l'immigration clandestine mais des terroristes qui frappaient régulièrement la population du pays. Terrorisme qui semble d'ailleurs avoir décru là-bas ces derniers temps. Est-ce grâce au mur ou plutôt suite au décès de M. Arrafat ?

Quoi qu'il en soit, au sujet des murs de riches, je vous recommande de lire cette allégorie dérangeante...

mercredi, 04 janvier, 2006  
Blogger Jack said...

Excellente l'allégorie:
donc l'idée d'envoyer les riches en retraite chez les pauvres n'est pas si bête...
En plus dans ces pays, pas d'acharnement thérapeutique!

mercredi, 04 janvier, 2006  
Blogger Jack said...

Patrick,
Personne ne songe ici à laisser entrer tous les miséreux de la planète.
Par ailleurs la pluspart de ces gens ne souhaite pas abandonner leur pays.
Nous savons tous parfaitement qu'un peu d'aide, serait plus éfficasse que tous les murs de barbelés que nous pourrions construire.

mercredi, 04 janvier, 2006  
Blogger Vicnent 31415 said...

rassurez moi, vous avez bien des murs autours de votre maison ? conclure.

mercredi, 04 janvier, 2006  
Blogger Patrick said...

A propos d'aide aux pays pauvres, je suis récemment tombé sur un article surprenant qui relate les efforts du Conseil général de Vendée en faveur du Bénin. Une aide généreuse et ciblée, servie au plus près des besoins (et non pas au gouvernement), dont l'article révèle l'efficacité.

«Lutter contre l'immigration clandestine ne suffit pas. Il faut aussi traiter les problèmes à la source et oeuvrer pour le développement du continent noir. Or un département est beaucoup plus efficace qu'un ministère pour soutenir des actions de terrain. Grâce aux liens tissés avec nos interlocuteurs, nous évitons les écueils du gaspillage et de la corruption.»

Surprenant, surtout par le fait que c'est le Président du Conseil Général de Vendée, un certain Philippe De Villiers, qui parle ainsi !

Lire aussi ici

jeudi, 05 janvier, 2006  
Blogger Luc said...

@ Patrick : Très bien l'allégorie de Hubert Reeves. Elle donne effectivement à réfléchir. Ceci étant dit, je trouve la remarque de Jack très pertinente !

@ Vincent : J'ai effectivement un grillage autour de ma maison. C'est apparemment une tradition bien française (pavillons de banlieue avec murs agrémentés de tessons de bouteille ...). Si tu voyages à l'étranger, tu t'aperçois par exemple que, aux Etats-Unis, aucune maison n'a de clotûre. Elles sont même en général pas fermées à clef (on peut toujours rentrer par derrière, par la porte de la cuisine). En Hollande, si tu te promènes dans la rue, tu a en général une vue directe sur le salon des occupants, sans grille, ni rideau, ni volet. La maison "fortifiée", c'est un concept plutôt latin, je trouve. C'est vrai que, quand tu vas à Marrakech, là, c'est carrément les rues-prisons. Les maisons n'offrent au passant qu'une porte massive cloutée et un mur sans ouvertures. Tout se passe à l'intérieur.

Tout ça pour dire qu'il ne faut peut-être pas "conclure" trop vite sur le fait que j'aie ou pas des murs autour de mon jardin ...

jeudi, 05 janvier, 2006  
Blogger Luc said...

Le Mexique refuse la proposition US de construire un mur à la frontière.

Le projet de loi, adopté par 239 voix contre 182, doit encore être examiné et éventuellement approuvé à partir de février prochain par le Sénat américain avant d'entrer en application.

jeudi, 05 janvier, 2006  
Blogger Vicnent 31415 said...

Certes
Donc en gros, sur 200 pays, qq uns bla bla bla...
Moi, à mon appart, il y a des murs (pour l'isolation visuelle, thermique, sonique), une porte pour entrer, avec une serrure dessus.
Un pays, c'est pareil. Dans une république, il y a des lois, des règles. Quand les gens s'obstinent inconsidéremment à vouloir rentrer, eh bien, il faut mettre une serrure. Même si leur demande, à ces gens là, sont plus que légitime. Et même si on fait pour le sud (trop peu à mon gout, mais c'est toujours la même question : peut on faire plus ?), ce n'est pas une raison pour qu'un pays devienne un terrain vague, où chacun peut se pointer en disant juste bonjour, et surtout profiter d'un système sans rien lui apporter. Un pays n'est pas une vache à lait.

vendredi, 06 janvier, 2006  
Blogger Lointaine said...

@Vincent: Un pays n'est pas une vache à lait ? Entièrement d'accord. Cessons donc de traire l'Afrique pour ses ressources naturelles et l'Asie pour ses ressources humaines.

Cessons de nous servir chez les autres. Notre bien être dépend en grande partie de ce qu'on leur pique. Après la colonisation, nous avons soudoyé des dirigeants fantoches pour continuer à nous servir. Nous critiquons la corruption alors que nous sommes les premiers corrupteurs. Un jour au Gabon, on m'a expliqué que la presque totalité de la région où je me trouvais, pratiquement que de la forêt sur des centaines de milliers d'hectares, appartenait à une entreprise privée française. J'ai eu honte.

Aujourd'hui Sarko veut leur piquer leurs cerveaux. Ben voyons ! Mes collègues étrangers en France étaient payés presque 2 fois moins pour le même boulot (d'ailleurs, après des années ils se sont enfin mis à faire grève il y a quelques semaine). Je ne suis plus en France, mais ils sont toujours très peu payés.

Ce n'est pas nous la vache à lait.

humm pardon je m'enflamme, je m'enflamme, je crois que j'ai besoin d'une bière. ;)

vendredi, 06 janvier, 2006  
Blogger Jack said...

Je voudrais dire deux mots des solutions américaines pour limiter l’immigration mexicaine tout en se faisant un max de blé. Vous construisez un bâtiment, vous y envoyez vos machines. On appelle çà une usine, sauf que l’entreprise américaine implantée au Mexique n’exploite pas les pauvres mexicains pour un salaire de misère, elle n’à même pas d’employés du tout. Elle pait un prestataire de service, mexicain, qui s’occupe de toute la « logistique ». Prestataire de service c’est le nouveau nom là-bas pour dire « négrier ». Ce genre de pratique est tout à fait légal au Mexique.
Quand ton pays crève de faim à côté d’un pays aussi riche, tu fais toutes les lois qu’il faut pour plaire à ton riche voisin, et pour qu’il puisse se servir en gardant les mains propres.
C’est un système qui va sûrement faire des petits ailleurs. Qu’elle différence avec une société américaine qui emploient des mexicains me direz vous ? Sur un plan juridique et communication, c’est totalement différent pour la dite société américaine. Elle n’est socialement responsable de rien et n’a pas d’employés dans les pays du tiers monde : l’actionnaire a la conscience tranquille et dort paisiblement.
A j’oubliais, pour les produits manufacturés, il n’y a pas de murs, mais des autoroutes.
La colonisation est toujours là, elle s’est juste modernisé.

vendredi, 20 janvier, 2006  
Blogger r@chid said...

oui
je suis contre ces murs car cela signifie qu'on veut plus de vous
barrez vous tout simplemant!
quant aux israeliens c'est eux apparemment qui ne cessent de s'introduire dans les terretoires palestiniennes et commettent un vrai génocide! quelle ironie!

samedi, 11 février, 2006  
Blogger Patrick said...

25 janvier 2008 : Afin de mettre fin à l'afflux incontrôlé de Palestiniens sur son territoire, l'Egypte a entrepris de colmater les brèches ouvertes mercredi plus tôt dans le "mur" de métal et de béton qui la sépare de la bande de Gaza.

Ah, bon, les Egyptiens aussi avaient érigé un mur de protection contre les Palestiniens ? ! ?

vendredi, 25 janvier, 2008  
Blogger Patrick said...

29 décembre 2008 : A l'occasion des sanglants évènements de cette fin d'année à Gaza, on découvre donc que début 2008, l'Egypte a commencé la construction d'un mur de ciment et de pierre le long de sa frontière avec la bande de Gaza, pour remplacer et renforcer l'ancien mur en tôle anciennement édifié par Israël pour se protéger des Egyptiens. Trois kilomètres étaient déjà construits en mars. L'Egypte cherche à éviter de revivre la situation de la fin du mois de janvier, où plusieurs milliers de Palestiniens étaient entrés illégalement dans le pays. Ce mur a sans doute été terminé maintenant (les infos sont très rares sur ce sujet "délicat"), ce qui a peut-être été un élément déclencheur des troubles actuels - mais encore une fois, c'est un mur Egyptien pour contenir les Palestiniens (Hamas) !

Décidément, les Palestiniens (Hamas) sont comme les Juifs : personne ne veut d'eux... Forts de ce point commun, peut-être devraient-ils enfin songer à s'entendre...

lundi, 29 décembre, 2008  
Blogger Luc said...

@ Patrick : Effectivement, j'ignorais l'existence de celui-là.

Il y a un mur entre Gaza et l'Egypte depuis plus de trois ans (voir : Two killed in chaos at Gaza-Egypt border wall - MSNBC janvier 2006).

Mais après les événements de janvier 2008 (voir : Gaza Exodus Threatening Repercussions on Egypt's Future - Defense Update janvier 2008), l'Egypte a lancé la construction d'un varitable mur, et pierre et en ciment (voir : Egypt building wall along sensitive Gaza border - Reuters mars 2008).

Ce coup là, les palestiniens de Gaza sont véritablement enfermés sur toutes leurs frontières par un mur haut comme ça. En fait, ils sont en prison dans leur petit territoire !

Et, dans ces conditions, les raids aériens israéliens, ça devient un peu du tir au pigeon, je trouve ...

Je pense que, quelque part, ça doit un peu énerver les palestiniens, non ?

lundi, 29 décembre, 2008  
Blogger Patrick said...

Les Palestiniens Hamas de Gaza font la seule chose qu'ils peuvent faire : harceler les Israéliens avec leurs roquettes bricolées jusqu'à ce qu'ils répliquent, ce qui en re-réaction provoque l'émoi de la communauté internationale.

S'ils n'envoyaient pas leurs roquettes bricolées, il n'y aurait pas de réplique, la communauté internationale ne réagirait pas et la question Palestinienne n'avancerait pas d'un ïota. Ce qui est dramatique, c'est que ce petit jeu coûte beaucoup de morts et de malheur...

Evidemment, le Hamas pourrait aussi entrer dans le rang et négocier avec Israël comme le fait discrètement le Fatah (laïc, en Cisjordanie)... Mais quand le fanatisme prend le pas sur la raison, il n'y a plus que la guerre...

lundi, 29 décembre, 2008  
Anonymous Anonyme said...

Bonjour à tous, moi je vois ca autrement, je vois plutot que sa enferme la cisjordanie tout colonisant avant les zones qui contienne les nappes phréatiques comme on peu le voir sur cette photo http://www.nationspresse.info/wp-content/uploads/2009/07/jpg_qi_28_mur_et_colonies_cisjordanie1231961756.jpg

mercredi, 01 juin, 2011  

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