Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

samedi 25 février 2006

L'Irak sombre dans la guerre civile



Cette fois-ci on y est.

Le 22 février, des assaillants portant des uniformes font exploser deux bombes dans le mausolée chiite d'Askariya (la "Mosquée d'Or") située à Samarra, à 125 km au nord de Bagdad. Centre de pèlerinage, le mausolée de Samarra abrite les tombes des dixième et onzième imams, Ali al-Hadi (827-868) et Hassan al-Askari (845-872). Il voisine avec la mosquée de Mohammed al-Mahdi, l'imam caché, douzième et dernier imam chiite, dont le retour est attendu par les croyants. Pour les fidèles, l'effondrement de l'édifice est le signe de la rupture des équilibres. Il ne peut être puni que par le sang et la mort. C'est que le mausolée est sur le plan symbolique l'équivalent de La Mecque pour l'ensemble des musulmans du monde ou du dôme de la mosquée du Rocher à Jérusalemn pour les Palestiniens.

Du coup, et par représailles, les chiites ont lancé des attaques de représailles contre des douzaines de mosquées sunnites. Les affrontements entre chiites et sunnites ont provoqué une série d’exactions, en majorité contre les mosquées sunnites. Des heurts qui ont fait 130 morts : quatre-vingts personnes assassinées par balle ont été transportées à la morgue de Baghdad, et 47 ont été retrouvées gisant au bord de la route, à Naharwan, au sud-est de Baghdad. Par ailleurs, une explosion à la bombe au centre de Baaqouba, à 60 km au nord-est de Baghdad, a fait 16 morts, dont huit civils et 21 blessés. A Bassorah, les exactions ont fait 25 morts, dont onze sunnites égyptiens et saoudiens enlevés et tués. Trois mosquées ont été brûlées à Baghdad.

Et ce n'est que le début.

Depuis l'invasion Anglo-Américaine de mars 2003, l'Irak sombre dans l'insécurité et la destruction. Et maintenant, la guerre civile. Il ne manquait plus que ça. Bravo, Monsieur George W. Bush ! Pourtant, il ne pourra pas dire qu'on ne l'avait pas prévenu !

Pour en savoir plus :
1. L'Irak sombre dans la guerre civile (Libération)
2. L’Irak au bord de la guerre civile (algerie-dz.com)
3. L'Irak s'enfonce dans la guerre civile (Le Figaro)
4. Iraq's civil war nightmare (BBC news)
5. Bush Ignored Warnings Of Iraqi Civil War (Think Porgress)

Crédit photo : Khalid Mohammed, Hameed Rasheed

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3 Comments:

Blogger Jack said...

Est-ce Bush le responsable de ce qui se produit en Irak, ou bien quelque chose qu’il devait savoir et qui néanmoins préexistait.
En d’autres termes les américains ont-ils déclenché cette haine ?
Certes non, ils ont juste négligé une réalité, la démocratie ne se décrète pas.
C’est un lent travail qui doit pétrir tout un peuple : regardons notre histoire.
Nous sommes en démocratie depuis la fin du 19ième avec une révolution qui date de 1789 et qui puise son inspiration bien plus loin encore.
Sans oublier que nous pouvons replonger en dictature à tout moment et que la République marche en permanence au bord du précipice.
Existe-t-il un seul exemple où la démocratie fonctionne importée de l’extérieur : voir l’ensemble du continent africain.
Souhaitons que ce ne soit pas la Saint-Barthélemy en Irak, si c’est le cas, et que leur histoire est calquée sur la notre, il faudra encore quelques siècles pour en faire une démocratie.
Il aurait sans doute été plus simple de renverser Saddam et de le remplacer par un autre, mais cette méthode bien rodée par la CIA à l’époque de la guerre froide était dépassée, il s’agissait de faire tourner le complexe militaro-industriel des EU et de montrer au monde la toute puissance et la détermination de l’Amérique triomphante.
Et si la cause réelle de la guerre en Irak était la disparition des russes de la scène internationale, le déséquilibre des forces...et la démonstration de la faiblesse de l’Europe.

dimanche, 26 février, 2006  
Blogger Luc said...

Evidemment que c'est Bush le responsable de ce qui se passe en Irak. Tout le monde le savait que le proche Orient était une poudrière. Toute le monde le savait que l'Irak ne restait uni que par l'emprise de Saddam.

La destruction violente et quotidienne de la société Irakienne par les forces Américaines n'a fait qu'exacerber les tension inter-confessionnelles. Une force d'occupation qui fait subir ça au peuple occupé, ça ne contribue pas à la coexistence pacifique entre les communautés.

Si l'Irak sombre dans la guerre civile, c'est bien parce que son fragile équilibre a été foutu par terre par cet enfoiré de Bush !

Pour plus de détails sur le quotidien des Irakiens sous la domination de Bush, voir ici.

dimanche, 26 février, 2006  
Blogger Philippe Piriac said...

Pour prolonger ton hypothèse du déséquilibre des forces,
une autre hypothèse de travail n'est elle pas :
Et si la raison de tout cela est la montée relative transitoire de l'économique au détriment du politique et du militaire:

L'inde et la Chine ont tout ce qu'il faut pour faire prévaloir leur force économique leur rapport de force , sans faire la guerre. elles peuvent devenir des superpuissances, sans recours à la force ( en tous cas pour l'instant):il suffit qu'elles qu'elles fassent tourner le commerce mondial pour être respectées ( y compris d'ailleurs en achetant du matériel militaire..)

L'Europe n'arrive pas à s'unir pour faire prévaloir sa force économique et n'a ni les moyens politiques ni militaires de compenser. elle ne s'est jamais équipée pour etre une "superpuissance"

Face à la montée des deux puissantes émergentes ( Chine et Inde) et une autre en moratoire ( Europe) , Les USA se sentent obligés de jouer de façon exponentielle les leviers de la superpuissance (économique, politique, militaire) pour tenter de faire perdurer une position de leader mondial menacé. Mais cela maintiendra t il cette position ou cela retardera t il l'échéance du déclin?

Finalement tout le monde laisse faire parce qu'il ne veut ou ne peut pas faire autrement.( au delà, de gesticulations théatrales à l'ONU)

Il y aurait donc deux états stables

- La Chine, l'Inde et L'Europe deviennent elles aussi des superpuissances

- Les USA renoncent à en etre une au nom du principe qu'ils n'en n'ont plus besoin. ( notamment parce qu'ils ont les ressources énergétiques dont ils ont besoin: nucléaire, schistes bitumineux et Biocarburants.)

Je crois malheureusemement que seule la premmière hypothèse est pertinente. et que donc que tant que la Chine, l'Inde et l'Europe ne seront pas montés en "super puissance", tout le monde laissera faire à la fois parce seuls les USA font le ménage (éventuellement éteignent les incendies dont ils sont éventuellement parties prenantes) et parce que cela "épuisent" une partie de leur énergie pendant que les baby puissance grandissentt tranquillement a coté
( et on reparlera d'egal à égal dans 20 ans...)

dimanche, 26 février, 2006  

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