Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

mercredi 8 mars 2006

CPE : vraie fausse solution.

Ce soir tout le monde compte ses troupes et ses chances, tous s’agitent autour d’un non sujet. Le CPE s’il est une réponse à un besoin, n’est surement pas la solution au chômage massif des jeunes.

Suffit-il d’inventer un nouveau contrat de travail précaire pour créer le moindre emploi ?

Aujourd’hui les débuts de nombreux jeunes sont précaires.

Même l’administration montre l’exemple, demandez aux vacataires de l’enseignement.

L’industrie et les emplois industriels fondent comme neige au soleil, aucune embauche sauf dans les pays où la main d’œuvre coûte le 1/50 iéme de l’Europe occidentale. On transfert en douceur des productions, on baisse progressivement les effectifs au fur et à mesure des départs à la retraite.

Si remplacement il ya : c’est stagiaires, intérimaires, CDD et autres formules précaires.

Pour un emploi créé dans l’industrie aujourd’hui en Europe de l’Ouest (car ce n’est pas seulement la France) combien sont détruits.

Alors il y a les PME, les artisans, le tertiaire, me direz vous !

Bien, les PME, les artisans, le tertiaire çà existe aussi parce qu’il existe une industrie. L’économie pour fonctionner à besoin de tout le monde, je ne crois pas que quelques paysans, 15 millions de fonctionnaires, quelques milliers de caissières et acheteurs dans les grandes surfaces, et le tourisme fassent tourner la machine France.

Quelques éléments de réfléxion :

Un container coute moins cher pour venir de Pékin à Marseille que pour descendre de Paris à Marseille par la route.

Les chinois songent au « container perdu » car le déséquilibre est énorme entre importation et exportation, cela représente des navires entiers de containers vides.

Les ports de la cote ouest des USA sont complètement saturés par les arrivées de marchandises orientales.

Dans 10 ans toute l’industrie consommatrice de MO sera dans les pays sous-développés.

Alors pour créer des emplois en France il faut plus qu’un CPE, il faut aussi payer les Français comme des roumains. (ou qu’un français produise comme 10 roumains). Achetez donc des « loganes » ...

Et là, peut-être verrons nous revenir l’industrie, à condition aussi de supprimer les droits syndicaux, qui pourraient effrayer certains investisseurs.

Mais à se prix là, ont peut tout juste acheter de quoi manger.

Qui va bien pouvoir acheter tous ces objets : les retraités de l’industrie ?

La vérité sur le CPE, est que notre patronat trouve qu’il subsiste encore trop de limites à la précarité actuelle, le législateur ayant mis quelques bornes à l’emploie des stagiaires, au recours à l’intérim, à la durée des CDD et au nombre de renouvellements possibles. On souhaite donc repousser ces bornes, pour encore plus de « flexibilité ».

J’attends que quelqu’un m’explique par quel tour de magie ce CPE va créer des emplois, dans un contexte de concurrence mondiale sur les coûts de MO et de libre échange effréné.

Il faudra aussi, qu’ils grattent à l’œil.

15 Comments:

Blogger Betty said...

Je vous invite à écouter sur le site de France Culture la Chronique du jeudi 02/03/06 d'Olivier Pastré intitulée : Et si on se faisait racheter par la chine ? http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/matins/fiche.php?diffusion_id=39037

Pour résumer :les pays émergeants vont finir par utiliser leur épargne pour racheter notre industrie - l'avenir est donc : plus d'industrie en Europe !

Je me pose la question : peut on lutter ? faut il lutter ?.. apprendre le chinois ?....

PS : je ne sais pas faire mieux pour mettre un lien... désolée ! Luc si tu veux bien le faire pour moi, merci !!

jeudi, 09 mars, 2006  
Blogger Luc said...

Voici le lien de Betty : France Culture.

jeudi, 09 mars, 2006  
Blogger Luc said...

Les Danois ne sont pas payés comme des Roumains, et pourtant ils ont un taux de chomage deux fois inférieur au nôtre. Pourquoi ? Parce que là bas, le chef d'entreprise est libre d'embaucher et de licencier à sa guise. Il est donc beaucoup plus prêt à prendre des risques.

CQFD

jeudi, 09 mars, 2006  
Blogger Luc said...

La réussite n'a rien à voir avec l'éducation, le niveau social, la couleur de peau ou la religion. Ca a à voir avec l'ambition et l'envie de se battre.

Une nation d'assistés et de planqués est condamnée. Quand, dans un pays, l'ambition suprême est de devenir fonctionnaire, il y a du souci à se faire.

Quand, dans un pays, réussir est suspect et criticable, on part avec une inversion des valeurs.

Le débat sur le CPE ... Si t'es un bon, t'as rien à craindre. Pas plus sur le plan local que sur le plan international, d'ailleurs. Tu t'en sortiras toujours.

Bien sûr, la solidarité nationale exige qu'on aide les mauvais à s'en sortir. Mais il ne faut pas décourager les bons non plus.

Je trouve.

jeudi, 09 mars, 2006  
Blogger Jack said...

Luc,
OK, çà c’est ton crédo libéral.
Je ne voudrais pas jouer le rabat-joie, mais où est le rapport avec le post.
Je demande le lien qu’il y a avec la concurrence à 50 contre 1 et le CPE.
Tu réponds que les Français, sont rien que des fainéants (çà se pourrait aussi), mais où est le rapport avec mon billet.
Moi je parle de la « foire » mondiale de la main d’œuvre pas chère où chacun vient faire son marché sans se soucier des conséquences, pour l’économie nationale. Mais national a-t-il encore un sens en économie, c’est comme « patriotisme économique » faut être gonflé pour mettre ces deux mots l’un à côté de l’autre.
Avec le temps, je suis devenu plus libéral, mais Luc lorsqu’on est l’auteur de Gaïa et que tu dénonces, à raison, très régulièrement les méfaits de l’anarchie mondiale sur l’environnement, il faut aussi admettre les méfaits du « libre échange » sans régulation sur nos économies.
Dire que l’excès de protection, les 35 heures, le manque d’ambition de nos concitoyens est la cause du marasme économique dans lequel nous nous trouvons est un peu court, car c’est loin d’expliquer toute la fonte de l’emploi industriel.
Il y a des données objectives qui demandent, que dis-je ? Qui exigent des réponses plus opérantes que l’invective.
Le « libre échange » est très souvent un marché de dupes lorsqu’on y regarde de plus prés, il manque singulièrement de réciprocité.
L’OMC est tout sauf un organisme de justice, tout y est négociable avec les seuls rapports de force pour toute régulation.
Nous commerçons sans vergognes avec des pays, sans lois sociales, polluants la planète comme des cochons tout en montant continuellement nos standards de qualité à la fois sociaux et environnementaux sur notre territoire : le manque de cohérence ne gène guère nos financiers qui s’intéressent uniquement au chiffre en bas à droite et ne veulent surtout pas savoir comment on les obtient.
Cette schizophrénie pétrie de cynisme fait le lit de toutes les révoltes à venir.
Progressivement se mettent en place les conditions qui on précédé 1789.
Qui sème le vent...

@Betty : à propos de se faire acheter par la Chine.
J’avais déjà proposé dans un précédent post de vendre un département français à la Pologne, pour facilité les échanges avec les contrées pas chères et contribuer en même temps à résorber le déficit abyssal du budget de l’état. On a bien acheté le comté de Nice et la Corse aux Italiens, vendu la Louisiane...

vendredi, 10 mars, 2006  
Blogger Patrick said...

mouais... Je doute que le CPE crée le moindre emploi. Ce n'est pas le code du travail qui crée de l'emploi, c'est évidemment la croissance.

Ceci étant, notre code du travail n'est plus adapté à la réalité du monde. Il fut un temps où lorsqu'on entrait dans une entreprise, c'était le plus souvent "pour la vie", et le CDI correspondait bien à cet environnement. Maintenant, on bouge, on change, on évolue. Les entreprises elles-mêmes bougent, changent, évoluent. Il faut bien évidemment que le code du travail s'adapte à cette nouvelle réalité - d'où la nécessité du CPE - et même au delà...

Mais le CPE ne créera rien par lui-même...

Bien entendu, dans un an ou deux, on "massagera" les statistiques pour prouver que ça a créé des emplois ou que ça n'en pas pas créé, selon le bord politique qu'on défendra - et donc on ne saura jamais vraiment ce qu'il en sera devenu...

En revanche, le CPE menace sérieusement de faire un chômeur de plus, si De Villepin est "sorti" par la rue et les étudiants !

vendredi, 10 mars, 2006  
Blogger Luc said...

@ Jack : Oui, je sais, dire qu'on se base sur des valeurs du genre "que le meilleur gagne", ça peut être qualifié de "credo libéral". Moi, je suis resté sur les valeurs que j'ai apprises quand j'étais scout, et sur celles qu'expriment Rudyard Kipling dans Tu seras un homme, mon fils. Alors, on va sans doute me dire aujourd'hui de Kipling et Baden Powell étaient en fait des mecs d'extrême droite ... Mais bon, moi j'ai grandi avec ça.

Mon commentaire mentionnnant les Danois répondait à ton interrogation "J’attends que quelqu’un m’explique par quel tour de magie ce CPE va créer des emplois, dans un contexte de concurrence mondiale sur les coûts de MO et de libre échange effréné."

Ceci dit, tu as raison. Je pense que l'Occident a vécu ces derniers siècles en "pompant" de façon éhontée les ressources de la planète. Les "colonies". L'Empire Français. Tôt ou tard, il faudra bien payer la note auprès des peuples "qui ont bénéficié des bienfaits de la colonisation".

Et, quelque part, le fait que les Occidentaux surpuissants et surdominateurs puissent être concurrencés par plus faibles qu'eux est plutôt sympathique. Que le Français qui va au turbin dans sa BMW puisse être menacé par le chomiste Roumain qui roule en Logan, au plan humain et planétaire, c'est plutôt sympa. Il y a quelque part une certaine idée de justice sociale là derrière, non ?(Sacrebleu, je m'aperçois que je viens encore de justifier le libéralisme. Pas fait exprès, désolé)

samedi, 11 mars, 2006  
Blogger Philippe Piriac said...

Tant que les Chinois, les indiens, les africains n'auront pas généré par leur croissance économique croissante une classe moyenne chez eux, il me semble qu'on sera mal, très mal: nous serons perdants en tant que producteurs ( délocalisation de notre appareil industriel)

Avec une classe moyenne dans ces pays,leurs coûts augmenteront parce que eux aussi voudront des standards sociétaux corrects et nos
flux s'équilibreront

Entre temps nous avons trois pistes

1. Faire de l'hypervaleur ajoutée ( R&D,industrialisation, marques..) en souhaitant qu'elle nous soit achetée par l'extérieur, sans être copiée ( importance de la propriété intellectuelle, du leadership sur les idées et de l'éducation)

2.Faire en Europe des produits/services à fort contenu local non délocalisable ( services aux autochones, tourismes aux étrangers)

3. travailler sur l'érosion des rigidités de nos couts: flexibilité, érosion des rentes sociales, "incentivation" de la responsabilité et l'initiative individuelles
Le CPE est calé sur ce registre via la flexibilité

Il me semble cependant que:

1. on ne peut pas raisonnablement
-d'une part espérer transformer la France et l'Europe en un énorme bureau d'études ou un super Parc d'attraction touristique...
- d'autre part résorber par la flexibilité des écarts de couts salariaux aussi massifs (entre Pays pauvres et riches) par le CPE ou la croissance ( qui ne peut espérer tout résorber)


2. On peut alors prendre deux routes

2.1. Chacun pour soi. Cela consiste à se dire que tant qu'on vit soi, ca passe. En gros, chacun est responsable de son emploi en derniers recours. Le cas échéant, il se débrouille pour survivre quand il est chomeur ou précaire. Ca existe dans certains pays ( USA).On se dit que puisque l'équité existe, la solidarité n'est pas un dû.

Est ce viable en Europe?
Ce n'est pas parce qu'un pays est "équitable" qu'il n'y a pas des limites à cette inéquité! et ca finit toujours par péter.

Sauf à augmenter les couts de l'ordre...

2. Se dire que sous réserve que chacun se comporte de façon responsable, la solidarité est un levier, pour avancer sans couts de frictions sociaux trop importants.

C'est l'intéret de la société de d'aider le plus faible si chacun se comporte de façon responsable et lucide sur l'économie de ce monde. J'accepte ( via mes impots notamment) d'aider ceux qui en ont besoin parce que nous n'en sommes plus au stade ou ils profitent d'éventuels effets d'aubaine sociaux (corporatisme, passivité dans la recherche d'un emploi, abus des aides sociales)

Il me semble que c'est ce qui est pertinent en Europe.

Mais cela suppose que chacun fasse , dans son rôle ce qu'il a à faire pour se comporter de façon responsable
- que les employeurs ne transforment une demande légitime de flexibilité en abus de position dominante
- que les citoyens acceptent de se dire ensemble ce qu'ils savent tous individuellement ( on ne peut vivre à crédit sur les générations futures, on a trop de fonctionnaires et ils devraient effectivement cotiser aux caisses chomages, etc..)
- que l'Etat et les syndicats parlent juste : le risque et l'initiative doivent être reconnus et rémunérés comme des valeurs: on a besoin d'entrepreneurs soutenus par leurs salariés ; arrêtons de confondre égalité avec égalitarisme, les rigidités corporatistes doivent etre combattus par les syndicats et le raisonnement économique complet doit être la règle( prise en compte de la réalité de l'économie de marché)

Les pays scandinaves et les néerlandais y parviennent en se concertant

Dans ce schéma, la solidarité entre ceux qui travaillent et les autres serait non plus une notion morale ( charitative) mais purement économique.
Une sorte d'effet d'échelle et un intérêt bien compris.

Dans cette économie là, celle du dépassement et de la responsabilité , on peut espérer tenir trente ans sans exploser en vol.
Sinon on est mal

En fait, ce n'est pas les chinois ou les Indiens qu'il faut craindre entre temps. C'est nous , nos rigidités et nos égoîsmes. Nos peurs en fait, notre manque de confiance en l'autre et en nous meme.

Reste donc à créer des règles de régulation/ évaluation qui promeuvent ces comportements de responsabilité et qu'enfin la solidarité apparaisse .

Reste àlors à définir les bons critères d'évaluation de nos politiques, syndicalistes et patrons et travailleurs.

samedi, 11 mars, 2006  
Blogger Jack said...

Philippe, je suis admiratif devant ton analyse, tu fais référence à 2 reprises à l’esprit qui anime les rapports sociaux dans les pays d’Europe du nord : le sens de la communauté et de l’intérêt collectif, y est plus développé que dans les pays latins peuplés d’individualistes.
La France est hélas un pays latin.
Je constate que nous sommes tous à peu prés d’accord sur le fait que le CPE, ne peut donner au mieux qu’une pichenette au chômage et qu’en aucun cas il ne constitue, même un début de solution au chômage.

Il faut sans doute réformer et simplifier le contrat de travail en France, et même en Europe pour harmoniser nos législations et simplifier une situation devenue inextricable : mais ne vendons pas cela comme une solution au chômage.

Par contre les emplois industriels sont très menacés en Europe.
Il reste qu’un peu de protectionnisme économique, même si c’est un tabou, dans le libéralisme ambiant, serait de mise pour éviter la casse totale de notre industrie, que nous pourrions payer fort cher, jusqu’à devenir une zone de sous-développement.
La propriété intellectuelle en Asie est une notion inconnue, on en parle beaucoup, ces derniers temps, mais dans les faits, à part quelques coups médiatiques, rien ne change.

Les sociétés multinationales comme celles que nous connaissons, participent activement à la destruction des emplois en Europe, le paradoxe est que les porteurs d’actions, pour la plus part vivent dans la même zone ...
Elles ont fait le choix délibéré de délocaliser l’activité industrielle en Asie ou dans les pays à bas salaire, sans ce préoccupé des friches industriels créés ici et du pillage technologique résultant là-bas.
Cela ressemble bien à de la schizophrénie collective.

La Norvège par exemple est un pays riche (hors CEE), qui subventionne largement son agriculture, pour pouvoir la garder tout simplement. Economiquement cultiver la terre dans ce pays froid est pourtant une absurdité. Les Norvégiens considèrent certainement, à raison, que la nourriture des norvégiens ne saurait dépendre exclusivement de l’étranger.

Retournez votre clavier, je parie qu’il est écrit dessus « made in China »

dimanche, 12 mars, 2006  
Blogger Luc said...

Sous mon clavier, il est écrit :
"designed in California, assembled in Malaysia"

A part ça, je suis d'accord avec Jack : bravo pour l'analyse de Philippe !

dimanche, 12 mars, 2006  
Blogger Philippe Piriac said...

Jack

Je pense que la solidarité n'apparait que quand on en est intrinsèquement convaincu de sa valeur économique et non pas morale

1. Poue ce qui concerne les multinationales américaines,les fonds de pension sont essentiellement américains. Les valeurs américaines sont celles de l'équité, qui , me semble t il trouve son fondement dans le principe de "grace"
Donc la base de la pensée économique américaine n'est pas d'être solidaire, mais d'aider ses membres à profiter "légitimement" de leur grace du moment, charge aux autres de construire la leur...
La solidarité n'est pas au bon niveau de maille

2. Les Norvégiens eux pratiquent en fait la solidarité plus collective en abondant leur agriculture:

Ils ont trouvé une réserve de pétrole au large de leurs cotes et ont décidé ( via leur parlement) d'en faire un actic public ( Statoil)
Le produit de cette rente sert à manifester à ceux qui ne peuvent contribuer par leurs compétences techniques et professionnelles à l'exploitation de cette rente qu'on attend quelque chose d'autre d'eux pour le service à la communauté, sur la bnase de leurs propres compétences.

En gros le message est " Nous savons que des agriculteurs ne peuvent pas etre des ouvriers du pétrole. Nous préférons vous voir développer une économie agricole orientée Développement durable( maintien de l'environnement non urbain) plutot que de vous voir converger dans les banlieues et y devenir des chomeurs... et c'est notre intérêt bien compris d'avoir un paysage entretenu et de protéger notre indépendance alimentaire. Ceci a de la valeur, nous sommes prets à le payer."

en fait on est dans le schéma n°2 de mon analyse ( développement de valeur ajoutée locale) ( dans ce cas , cette valeur locale c'est le DD et la cohésion sociale.)


3. So what pour nous:
Tant qu'une zone ne comprend pas la valeur économique de la solidarité , il est incapable de faire ce qu'ont fait les Norvégiens.
DOnc ou bien on arrete, es latins , de jouer avec le système contre ses autres participants ( jeu à somme nulle), ou bien on se responsabilise. et alors, naturellement, on aboutira à un "patriotisme économique de fait".

Je suis d'accord avec toi que cela suppose effectivement qu'on dise aux importateurs (chinois,USA) qu'ils doivent nous vendre des produits à cout complet ( y cp couts de fin de vie: du type couts de non pollution)
Mais n'est ce pas ce que nous sommes en train de faire avec Kyoto? ( et ils y viendront tous)

4. Oui mais en attendant, les multinationales elles détruisent l'emploi?

De mon travail sur le DD, je constate que les systèmes de notation environnementale prennent progressivement une place aussi importante que les institution de cotation financière. Sur 10 ans, je ne serais donc pas étonné que ceci ait deux conséquences: faire monter le cout des pays producteurs low costs , mieux protéger les emplois locaux. et... amener les actionnaires des fonds de pension à penser plus collectif....

5. En somme, le Developpement durable serait enfin reconnu pour ce qu'il est : un levier économique et non pas une clause morale.

dimanche, 12 mars, 2006  
Blogger Philippe Piriac said...

Erratum: dans mon commentaire précédent il faut lire:

Tant qu'une zone ne comprend pas la valeur économique de la solidarité , il est incapable de faire ce qu'ont fait les Norvégiens.
DOnc ou bien on continue, es latins , de jouer individeullement avec le système contre ses autres participants ( jeu à somme nulle)et on ne va nulle part, ou bien on se responsabilise et alors là, naturellement, on aboutira à un "patriotisme économique de fait" ( et non pas de prêche et non viable)

dimanche, 12 mars, 2006  
Blogger Luc said...

Une fois de plus, je ne peux que m'incliner devant la pertinence de l'analyse de Philippe !

dimanche, 12 mars, 2006  
Blogger Philippe Piriac said...

Luc , tu es sympa
mais tu es trop modeste.

Il ne s'agit pas de s'incliner devant. Il faut s'appuyer sur.
et n'est ce pas ce que tu fais à travers ton site sur le DD?

Au fait les gars, ces idées, ce sont celles qui son mises en avant notre modeste échelle avec Wyseawig

Il va falloir que je m'y remette sur cet ouvrage un de ces 4 !

dimanche, 12 mars, 2006  
Blogger Jack said...

Philippe, je te remercie, mais je n’ai pas fait une seule ligne de morale, même si j’ai du mal à l’accepter, je suis parfaitement convaincu que le monde économique est totalement amoral (en dehors de ce champ là).
C’est bien les intérêts de la sphère occidentale qui me semblent menacée par la destruction inconsidérée de son industrie.
Les services aussi sont menacés, grâce aux télécom et par des pays comme l’Inde.
Dans 10 ans il sera bien tard pour réagir : je vais me lancer dans une parabole agricole comme je les aime.
Pour qu’un arbre donne des fruits il faut le tailler de temps en temps, nous nous sommes entrain de planter des arbres chez les autres et avons abandonnés les nôtres (la taille c’est trop compliqué !), dans 10 ans nos cerisiers aurons crevés et nous achèterons les cerises au prix que les autres auront décidé...et c’est nous qui avons « inventé » le cerisier !

dimanche, 12 mars, 2006  

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