Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

mercredi 22 mars 2006

Tolérer la tolérance



Ma génération, c'était "Peace and Love". Notre idéal de vie, c'était liberté, paix et amour. Aujourd'hui, il me semble qu'on soit bien loin de tout ça ...

Liberté. "Il est interdit d'interdire" Aujourd'hui, c'est le règne du politiquement correct. On ne tolère plus de liberté nulle part. Sans remettre sur le tapis l'affaire des caricatures de Mahomet, citons quand même cette navrante histoire où une fresque peinte par Amador Castaner pour la foire aux vins de Saint-Amand-Montrond a dû être masquée à la demande du curé de la commune au prétexte qu'elle représente une scène de la messe avec des personnages aux pommettes rougies par la boisson attendant la communion, dont une femme au décolleté avantageux. Cachez ce sein que je ne saurais voir ! Brueghel, Rabelais, Dubout et Frédéric Dard doivent se retourner dans leurs tombes !

Paix. Cette liberté était fondée sur des valeurs de non-violence. Aujourd'hui, la violence est omniprésente dans notre société. Des jeunes femmes se font cracher dessus par des jeunes voyoux dans les autobus parisiens. Ces jeunes voyous ne sont qu'une minorité, me direz-vous. Peut-être, mais cette minorité est de plus en plus visible !

Amour. Où est l'amour ? De plus en plus, on voit autour de nous des réflexes de haine. Les jeunes ont "la haine", comme disait Mathieu Kassovitz dans son film. "Avoir la haine", c'est même passé dans le langage courant. On vit actuellement dans le règne de la haine et de l'intolérance.

Face à ce défi sociétal, les Pays-Bas, le pays le plus en pointe en ce qui concerne la tolérance et les libertés individuelles, a passé une loi innovante sur l'immigration. Depuis mercredi dernier, les personnes désirant s'installer aux Pays-Bas pour plus de trois mois sont tenues de réussir un nouveau test appelé "test d'intégration civique". Et ils ont inclu dans le pack de préparation pour cet examen oral un DVD ("Venir aux Pays-Bas") évoquant plusieurs aspects de la vie aux Pays-Bas et en particulier les manifestations de l'esprit libéral qui caractérise la société néerlandaise. On y retrouve, entre autres, une scène où deux homosexuels s'embrassent, mais aussi une séquence montrant une femme en tenue d'Eve en train de bronzer sur une plage. Pour les autorités des Pays-Bas, il est question de préparer les candidats à un séjour temporaire dans ce pays et à accepter de vivre dans une société libérale. Evidemment ça choque les musulmans candidats à l'immigration, mais ça évitera peut-être que des néérlandais se fassent tuer simplement parce qu'ils sont libres, à l'image du cinéaste Theo Van Gogh assassiné en novembre 2004 par un islamiste. Ne seront admis aux Pays Bas que les musulmans qui supporteront la liberté de ce pays. Peut-être un brin excessif, mais ça se défend.

Si notre société n'est plus capable de tolérer la tolérance, alors c'est la porte grande ouverte à toutes les intolérances, puis ensuite à tous les fascismes ...

Pour en savoir plus :
1. Peace and love (Chez Luc)
2. On ne rigole pas avec Mahomet ! (Chez Luc)
3. Une fresque pour une foire aux vins provoque la colère de l'Eglise (La Croix)
4. Pays-Bas : Dissuasion par film DVD (Aujourd'hui Le Maroc)
5. Les Pays-Bas bloquent l’immigration musulmane (bladi.net)

Crédit illustration : the Beatles.com

1 Comments:

Blogger igna said...

Si je ne me trompe, en France aussi on avait proposé un test de ce genre, il y a quelque temps. Et il n'y a pas si longtemps, on a parlé d'immigration choisie. Le passage qui m'a le plus touchée : "aider par exemple les jeunes ayant accompli leur doctorat en France à renter au pays pour contribuer à son essor". C'est trop beau, j'ai failli pleurer. Bon, on m'a dit, "ce n'est pas de toi qu'on parlait". Effectivement, je suis blanche et chrétienne.
De plus, ce test est cher (350 euros) et dispensé dans la langue de la personne qui le passe, ce qui me semble pas tout a fait intégratoire.
Psychologiquement parlant, voila les implications bien connues de par les recherches dans ce domaine : le frein du prix (exclusion par l'accès) et le choc des images auxquels on n'est pas habitué dans la langue maternelle (exclusion par l'hypersensibilisation).
Les "lois innovantes sur l'immigration", moi ca me fait peur.
Malheureusement pour moi, je n'ai pas de solution à proposer.

vendredi, 24 mars, 2006  

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