Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

lundi 11 septembre 2006

La Route de la Soie

En ce temps là, durant de longs mois, les produits les plus rares et les plus précieux voyageaient à dos de chameaux et autres quadrupèdes.
Ces précieuses marchandises faisaient la fortune d’une longue chaine de commerçants en passant de mains en mains dans des contrées inhospitalières pour arriver au moyen orient, puis en Europe dont Venise était une des principales et des dernières portes.
Comme dans tout commerce où ce « gavent » une foule d’intermédiaires les mieux « nourris » sont bien entendus les derniers de la chaine.
C’est de cette convoitise que sont nées les grandes explorations maritimes cherchant à contourner ces intermédiaires.
Savez vous que, quoi qu’on en dise, rien n’a changé.
Enfin presque rien : ce sont toujours les derniers de la chaine qui se gavent.
Ce sont toujours les Chinois qui bossent pour des clopinettes, alors qu’ils sont dominés par une classe politique dont l’objectif est le « bonheur du peuple ».
On note au passage que ces « communistes » là ne sont plus du tout les ennemis de nos « capitalistes » militants.
Par contre, les profiteurs ont perfectionné et rationalisé : ils exportent sans état d’âme et gratuitement, le savoir faire longuement mis au point par des générations de scientifiques et ingénieurs occidentaux.
Cette main d’œuvre à bas coût arrose le marché occidental de produits peu chers et de basse qualité : depuis Pâques j’ai déjà rapporté au magasin 3 lecteurs de DVX à 69€. Rien qu’en carburant et sans parler du temps perdu à brancher et débrancher, essayer et réessayer, et de l’énervement...cela devient vraiment très, très cher.
(Le tout dernier ne valait déjà plus que 59€.)
A l’époque de la route de la soie : la sériciculture était protégée par la peine de mort. Et les produits qui venaient de Chine étaient les plus prestigieux qui soient.
Le commerce d’aujourd’hui continue d’enrichir énormément les intermédiaires, (d’autant qu’ils sont moins nombreux), mais nous avons un plus :
Non content de détruire notre industrie, ils te fourguent de la daube...
J’ai oublié de vous donner le nom du magasin : il s’agit du plus grand d’entre eux !
On est très bien reçu au SAV, ils font des avoirs sans discuter : « Ah oui...de ceux là on nous en ramène pas mal... ».
Çà n’est pas cher et t’en as vraiment pour son argent !
Un grand nombre de produits sont maintenant exclusivement fabriqués en Chine (en gros tous les composants électroniques, PC TV, le textile, etc...) : à la prochaine révolution culturelle. On mettra combien de temps à produire tout çà ailleurs ?
Autrefois, sur les marchés nous avions des « camelots », qui vendaient ce que l’on a appelé de la « camelote » , genre vaisselle avec des défauts, gamin j’étais fasciné : ils pratiquaient les enchères descendantes en ajoutant de nouveaux articles à la pile et quand ils ne trouvaient pas preneurs cassaient carrément la vaisselle. A une époque où les gens manquaient de tout et détestaient le gâchis ce mode de vente avait l’effet d’un électrochoc et tout le monde se mettait à acheter à l’enchère suivante de peur de voir une affaire se rompre sur le sol.
Aujourd’hui tu achètes de la camelote sans le savoir et sans le spectacle.

7 Comments:

Blogger Betty said...

Mais le client veut du prix bas, encore plus bas toujours plus bas, alors il l'a ! le paradis de la grande distribution. La camelote accessible à tous : du MP3 à la chaussette en passant par le steak.
Pendant des années j'ai acheté du boeuf extra génialement délicieux mais effectivement 10 % + cher que la grande surface. Je gagnais peu et n'en mangeais qu'une seule fois par semaine. Puis un jour le dernier BON boucher de la ville a fermé faute de clients....
Perso, je vends du produit technique assez haut de de gamme et sans arrêt les clients demandent du prix bas : le service mais au prix le plus bas ! C'est nouveau, il y à 10 ans ce genre de demande était marginale. Dans ce domaine le produit pas cher finit par être très couteux. Mais ce n'est pas grave les clients veulent du prix - résultat mon chef développe un ersatz à prix bas lui aussi !
La ou ça se complique c'est quand le + cher est aussi merdique que le moins cher.....

A noter aussi que la baisse du pouvoir d'achat fait le bonheur de ses fabriquants de produits bas de gamme. Moins les gens on les moyens (dans nos sociétés de consommation) plus ils entassent trop heureux de pouvoir consommer... en promo ou dans les hards discount !!
Les classes privilégiées sont (en général) des consommateurs bcp moins névrotiques. Le haut de gamme et le très grand luxe mais avec sobriété et minimalisme !

lundi, 11 septembre, 2006  
Blogger Luc said...

@ Jack : Hé hé ... ben oui, c'est un fait. On ne peut même plus trouver un lecteur DiVX correct pour pouvoir se visionner tranquille des DVD piratés (qu'on a payé zéro Euro, donc ... imbattable !).

Vraiment ... tout fout le camp !

P.S. : le mien marche très bien. Il a été fabriqué en Indonésie.

lundi, 11 septembre, 2006  
Blogger Jack said...

@Luc : celle là je m'y attendais, tu parles.
Comme tu le sais et même si çà peut sembler faux cul, je ne télécharge rien de piraté : mais j'ai des amis qui me passent des DiVx en me disant: "tu vas voir, çà va te plaire" et j'ai horreur de devoir leur répondre: "désolé chais pas les lire".
Ce n’est pas chic.
Et puisque ce n’est pas légal, alors pourquoi on en vend alors?
Avec des raisonnements comme çà ils pourraient aussi bien te vendre une boite vide à 2 balles avec les boutons peints dessus!
Je te rassure l'Indonésie, c'est plein de chinois aussi.
@Betty :
Pareil pour moi, le nombre de crétins qui « achètent des prix » sans savoir ce qu’ils achètent, ni véritablement comprendre leur besoin va grandissant.
A force d’acheter pas cher çà peut coûter très, très gros.
Mais dans l’industrie ceux qui achètent et ceux qui utilisent n’étant pas les mêmes on peut tout se permettre et d’autant mieux que le chef des achats tournent très vite : impunité assurée.
Donc comme chez moi, je suis à la fois utilisateur, directeur financier responsable de l’exploitation & General Manager (co-manager, restons modeste), que j’ai un bel avoir à dépenser et que dans ce magasin on trouve aussi plein de choses à manger : je vais acheter du manger, qui viendra d’Europe ou de France, genre moutarde de Dijon et andouille de Vire. (En espérant ne pas me faire empoisonner).
Et les DiVx, ben je les regarderai sur mon PC, na !
Nous avons la chance d’avoir encore un excellent boucher au village et nous n’achetons la viande que chez lui, même si çà n’est pas souvent car on évite d’en manger à tous les repas...
Même source villageoise pour les fruits & légumes, et plus grosse dépense.
On déteste les grandes surfaces et visiblement elles nous le rendent bien...

lundi, 11 septembre, 2006  
Blogger Betty said...

@ Jack : oui mais pourquoi sommes nous une espèce en voie de disparition ?! je ne me l'explique pas.

mardi, 12 septembre, 2006  
Blogger Patrick said...

@Jack : On crois bien faire en achetant de la "moutarde de Dijon" ! En réalité, il y a belle lurette que la moutarde n'est plus cultivée dans nos régions, mais qu'elle est importée des pays de l'Est et du Canada ! "De Dijon" fait référence au procédé de fabrication, pas à la provenance géographique ! Ce serait plus honnête de marquer "méthode Dijonnaise", mais va dire ça aux producteurs !

mardi, 12 septembre, 2006  
Blogger Jack said...

@ Patrick : c'est comme les bergamotes de Nancy alors, faites à Nancy avec des ingrédients exotiques.
Le chocolat belge aussi...
Il me reste les calissons d'Aix, la pâte d'amande elle vient de Turquie peut-être?
Ah ce stade l'important et juste de ne pas se faire empoisonner.

mardi, 12 septembre, 2006  
Blogger Jack said...

@Betty :
Je ne crois pas que nous soyons une espèce en voie de disparition, mais des précurseurs : j’en veux pour preuve qu’on a cessé de construire de très grandes surfaces et que l’on voit fleurir un peu partout de petites supérettes à la campagne. Ce qui ne règle rien tant qu’ils continueront d’acheter la même m..., en gros et de faire crever leurs fournisseurs, sous le poids de douzaines de sortes de ristournes et autres pratiques honteuses.
Simplement on y rencontre des gens du coin avec qui on peut tailler une bavette, ce qui n’est déjà pas si mal.

mardi, 12 septembre, 2006  

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