Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

samedi 15 mars 2008

La goniométrie acoustique

Le Sceptre d'Ottokar.jpg


La première fois que j'ai lu Le Sceptre d'Ottokar, j'avais été très intrigué par le drôle d'engin utilisé par les syldaves pour surveiller l'arrivée éventuelle d'avions bordures.

Il faut dire qu'il y a eu une époque où les avions existaient, mais pas les radars modernes. La seule façon de détecter l'arrivée d'avions ennemis, c'était donc par l'écoute. Les différents pays se sont donc mis à inventer des systèmes permettant d'écouter les avions, ressemblant à des stéthoscopes bizarres et de grandes dimensions, comme ceux-ci :

Japanese war-tubas.jpg

Les drôles de tubas sur roues que vous voyez ci-dessus ont été mis au point par les japonais dans les années trente.

Mais, trente ans plus tard, en 1960, le radar avait été inventé et popularisé et ont s'est mis à en équiper la marine marchande. Et un inventeur français, Jean Auscher, s'est demandé ce qui arriverait sur les navires dont le radar était tombé en panne. Il fallait trouver une solution.

J'ai donc le plaisir de vous présenter le goniomètre acoustique portatif proposé par l'inventeur français Jean Auscher à la Foire aux Inventions de Bruxelles en 1960 :

Jean Auscher.jpg

Pour des raisons mal élucidées, cette superbe invention n'a pas eu le succès commercial espéré.

Pour en savoir plus :
1. Acoustic Radar (Douglas Self)
2. Amplifier Institute Failures (Douglas Self)

Crédit photos : Hergé et Douglas Self via The Presurfer

5 Comments:

Blogger Patrick said...

La seule raison possible, c'est qu'un inventeur français n'avait aucune chance dans une foire aux inventions en Belgique. S'il avait présenté ça en France, ça aurait révolutionné le monde !

samedi, 15 mars, 2008  
Blogger Patrick said...

Bien les tubas japonais... Mais ça devait être très directif, alors, comment savoir vers où diriger l'engin ? Car si on voit l'avion, pas besoin de gros tubas...

Je me demande si les Japs avaient vraiment bien réfléchi à l'utilisation de leur batteries de tubas...

samedi, 15 mars, 2008  
Blogger Luc said...

@ Patrick : Comme tu peux le lire dans Tintin et le voir sur l'image des tubas japonais, ce dispositif faisait partie d'un système de défense aérienne. Cela permettait de viser les avions la nuit, de suivre leur trajectoire dans l'obscurité, et de tirer dessus avec les canons anti-aériens qu'on voit à l'arrière-plan sur la photo et sur le dessin d'Hergé.

En fait, la question que je me pose est la suivante : tu portes des écouteurs reliés à ces immenses tubas. Ca doit quand même résonner fort là-dedans (c'est un peu le but, aussi ...).

Donc, que se passe-t-il quand tu as un canon anti-aérien de 88 qui tire un obus juste à côté de toi alors que tu as les écouteurs sur les oreilles ?

?!??? ...

dimanche, 16 mars, 2008  
Blogger Luc said...

Des systèmes de veille acoustique, les "grandes oreilles", ont été construites à Hythe, près de Greatstone dans le Kent dans les années trente. C'était pour avoir le temps de donner l'alerte en cas d'arrivée d'avions ennemis.

Ces extraordinaires structures en béton existent toujours.

Pour en savoir plus :
1. Britain's concrete ears to be saved by English Heritage.
2. Hythe Sound Mirrors

dimanche, 16 mars, 2008  
Blogger Patrick said...

Mouais... Je ne suis pas convaincu...

En cas d'attaque aérienne, les tubas sont sensés entendre à une dizaine de kilomètres de distance. C'est la nuit. On n'entend rien à l'oreille nue, et on ne voit rien. Où est-on sensé diriger les tubas ? On scrute inlassablement la voûte céleste ? On a alors toutes les chances de rater un avion qui arrive. Et quand bien même on tomberait dessus par hasard, sa poursuite serait bien hasardeuse... Et pas d'indication d'altitude, ce qui est crucial pour mettre en oeuvre la DCA...

Non, franchement, ces trucs n'ont sans doute jamais fonctionné...

mercredi, 19 mars, 2008  

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