Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

jeudi 10 juillet 2008

Ségolène Royal nous la joue parano



Comme on le sait, le problème actuel de Ségolène Royal c'est d'exister médiatiquement. Elle comme elle n'a rien à proposer sur le plan politique (son silence sur les grand sujets du moment est assourdissant) elle y va de ses petites phrases assassines. Du genre "Nicolas Sarkozy n'a été absolument pour rien dans cette libération" à propos d'Ingrid Bétancourt ...

Sa dernière sortie en date a eu lieu au vingt heures de France 2, suite au cambriolage de son appartement le 27 juin dernier : "J'observe que la semaine dernière, le lendemain où j'ai dit qu'il fallait mettre fin à la mainmise du clan Sarkozy sur la France, mon domicile a été mis à sac (...) Je fais un rapport entre les deux." Alors, David Pujadas lui demande s'il s'agit d'"une forme d'accusation formulée contre le pouvoir en place". Et elle répond : "C'est une drôle de coïncidence. Et c'est la seconde fois (que cet appartement est fouillé, ndlr), la première a eu lieu pendant la campagne présidentielle".

Elle accuse tout bonnement "le clan Sarkozy" d'avoir mis à sac son appartement. Rien que ça.

Et aujourd'hui, sur RTL, elle en remet une couche.

"Je suis sans doute suivie puisque que les policiers eux-mêmes ont trouvé très étrange qu'entre 08h30 et 10h30 le soir de la mise à sac (de mon appartement), il y a cette intervention très professionnelle dans un temps très court et à un moment où il n'y a pas de cambriolage car il y a beaucoup d'allers et venues", a expliqué Ségolène Royal. "Alors en effet, soit je suis écoutée, soit je suis suivie depuis mon lieu de travail jusqu'à mon domicile, c'est une évidence."

Vous avez compris : la "contribution" de Ségolène Royal au PS est tellement intéressante qu'elle mobilise "le clan Sarkozy" tout entier ! On ne veut rien rater de ses faits et gestes !

Alors, me direz-vous, à quel jeu joue-t-elle ? Est-ce une "gaffitude", comme le titre Libération, ou est-ce voulu ? Eh bien, je ne sais pas vraiment, mais ce qui est sûr, c'est qu'elle cherche à tout prix à faire parler d'elle.

Et j'ai bien dit à tout prix.

Rappelons d'abord que François Mitterrand a été son mentor et son tuteur politique. Il est un modèle du genre en manoeuvres politiques et coups tordus divers et variés.

Rappelons ensuite que François Mitterrand a simulé un faux attentat sur sa personne, en 1959. Je cite : "Dans la nuit du 15 au 16 octobre 1959, après avoir pris un verre à la brasserie Lipp, François Mitterrand, sénateur de la Nièvre décide de rentrer chez lui, rue Guynemer, vers minuit trente. François Mitterrand, selon sa version, suspecte une autre voiture de le suivre, arrête sa 403 au niveau de l'avenue de l'Observatoire, et se réfugie derrière un buisson. Sa voiture est alors criblée de balles. Le lendemain de l'affaire, les journaux relatent l'histoire en faisant l'éloge de Mitterrand, qui n'aurait dû son salut qu'à sa rapidité de réaction.
Une semaine plus tard, le 21 octobre, le journal Rivarol publie un témoignage de Robert Pesquet, ancien résistant, ancien député gaulliste, proche de l'extrême droite, déclare qu'il est l'auteur de ce qui serait un faux attentat, et qui aurait été commandité par François Mitterrand en personne, dans le but de regagner les faveurs de l'opinion publique."


Alors, pour faire parler d'elle, Ségolène Royal se serait-elle en fait inspirée des méthodes de son mentor ?

L'avenir le dira ...

Pour en savoir plus :
1. Royal fait "un rapport" entre ses attaques anti-Sarkozy et la fouille de son domicile (AFP)
2. Ségolène Royal se dit "sans doute suivie" ou "écoutée" (AFP)
3. Attentat de l'Observatoire (Wikipédia)

Crédit photo : Libération

15 Comments:

Blogger Jack said...

A Luc, ta générosité te perdra : "le problème de Ségolène est d'exister..." . Là tu l'aides bien je trouve et tu démontres en même temps que son système fonctionne, on en parle...

jeudi, 10 juillet, 2008  
Blogger Patrick said...

Ce qui est bien possible, néanmoins, c'est que quelqu'un qui n'aime pas Ségolène applique cette méthode de mini cambriolages développée par la Stasi en Allemagne de l'Est pour déstabiliser les gens *... Son ex, peut-être ? Un déséquilibré ? Ou un concurrent politique de son propre camp ? Ou un adversaire politique d'en face ? La police tirera peut-être ça au clair - ou pas...

* Il faut avoir subi un cambriolage, même de peu d'importance, pour comprendre en quoi l'effet psychologique sur la victime peut être dévastateur...

jeudi, 10 juillet, 2008  
Anonymous Sacagroins said...

Je me permet de rappeler pour info qu'en ce qui concerne le faux attentat de l'observatoire, il n'existe aucune certitude de l'implication de Mitterand dans sa préparation.
Pesquet ayant régulièrement changé sa version des faits, la question reste toujours posée de savoir si le mitraillage a été mis en scène par les rivaux politiques de tonton afin de lui faire perdre toute crédibilité ou par l'intéressé lui même.

vendredi, 11 juillet, 2008  
Blogger Paul said...

J'ajouterais que "Robert Pesquet explique ainsi, notamment dans un entretien inclus dans un documentaire de Joël Calmettes diffusé le 16 décembre 2005 sur la chaîne française France 3, qu'il fut le seul instigateur de ce coup d'éclat destiné à éveiller l'opinion française sur la question algérienne et à discréditer Mitterrand qui avait cessé de soutenir l'Algérie française après la démission du gouvernement Mollet en 1957."
Je n'ai pas spécialement de sympathie pour Mitterrand mais cette histoire du faux attentat est tellement rebattue...

samedi, 12 juillet, 2008  
Blogger Paul said...

J'oubliais de citer ma source, wikipedia.

samedi, 12 juillet, 2008  
Blogger Luc said...

"C'est une drôle de coïncidence. Et c'est la seconde fois (que cet appartement est fouillé, ndlr), la première a eu lieu pendant la campagne présidentielle"

L'auteur du premier cambriolage de 2006 a été identifié. C'est une jeune Yougoslave de 23 ans, qui est venu la cambrioler "en pleine campagne présidentielle" ...

(Source : Le Nouvel Obs)

dimanche, 13 juillet, 2008  
Blogger Patrick said...

Si on en crois le Nouvel Obs, l'appartement de Ségo a été "visité" trois fois. Ca fait un peu beaucoup, non ? Je me demande si ses voisins ont subi le même désagrément ?

Une fois, c'est la faute à pas de chance. Deux fois, c'est une malchance inouie. Trois fois, c'est... (complétez vous même).

Que l'auteur du premier cambriolage soit une jeune yougoslave ne change rien à l'affaire. La question est de savoir si elle a choisi cet appartement au hasard, ou si "quelqu'un" lui a indiqué d'aller spécialement là ? Généralement, les cambrioleurs agissent en fonction de dires d'indicateurs. Qui lui a "indiqué" cet appartement-là ?

mardi, 15 juillet, 2008  
Blogger Luc said...

@ Patrick : Et on peut même se poser la question : qui a "indiqué" cet appartement à l'indicateur ?

Hein ?

mercredi, 16 juillet, 2008  
Blogger Patrick said...

Tu as raison, Luc. Ce n'est donc que lorsqu'on saura les réponses à ces questions qu'on pourra juger de la parano de Ségo.

mercredi, 16 juillet, 2008  
Blogger Patrick said...

Libération a mis la photo de Ségo sous le titre "La gaffitude".

Ne se seraient-ils pas trompés de photo, car la bourde monstrueuse de Nicolas décidant pour les irlandais qu'ils seront reconviés à voter est de tout autre conséquence !

à Carla : tu ne pourrais pas dire à ton Jules de se taire, de temps en temps ?

vendredi, 18 juillet, 2008  
Blogger Patrick said...

On a eu le French Doctor (et on en était assez fiers). Maintenant, on a le French Gaffeur - mais là, on préfèrerait plus de retenue...

dimanche, 20 juillet, 2008  
Blogger Patrick said...

Je viens de papoter avec un haut responsable de la DGA (Direction Générale de l'Armement). Il me raconte comment les militaires ont vécu (et vivent encore) le "bande d'amateurs" lancé par Nicolas à leur intention. Un affront irréparable (surtout dans cette période où l'armée va être amputée de 54 000 postes). Je pense qu'en d'autre lieux, on aurait eu un putch militaire...

Nicolas, s'il te plaît, ne dis pas des bêtises à tort et à travers, ça pourrait un jour te faire beaucoup de tort.

Alors, en matière de gaffitude, qui est le champion ?

jeudi, 31 juillet, 2008  
Blogger Jack said...

Ah Patrick, nous avons des militaires professionnels (le contraire des amateurs)...alors ils doivent avoir l'habitude de l'amateurisme des politiques en matière militaire, ne crois-tu pas?

Et puis bon, le professionnalisme des militaires depuis la ligne Maginot a une tendance à me faire sourire et des "cagades" du même genre, les professionnels de la guerre les collectionnent, et c'est heureux lorsque ça ne coute QUE de l'argent.

dimanche, 03 août, 2008  
Blogger Patrick said...

Je ne prend pas parti pour ou contre les militaires, mais c'est sans doute une des profession où il y a un certain "code d'honneur". C'est un peu paradoxal : on est prêt à tuer, mais on respecte. A l'inverse, le "code d'honneur" des politiques est assez limité : on se traite de noms d'oiseaux sans la moindre retenue !

Donc, pour ces militaires qui ont choisi cette carrière - à la manière d'un Philippe Leclerc de Hauteclocque par exemple - et qui croient au respect et à l'honneur, se faire traiter d'amateur est certainement la pire des insultes.

Ce qualificatif était-ce bien nécessaire ?

P.S. : très bien, ton nouvel avatar !

dimanche, 03 août, 2008  
Blogger Patrick said...

Ah ! La gaffitude de Ségolène...

A tout prendre, des gaffes, c'est pas bien grave. Des erreurs profondes de jugement et de diagnostic, ça l'est davantage.

Nicolas nous avait promis 3 % de croissance. Evidemment sans aucun fondement - ça tenait de l'incantation. Là, on est en septembre 2008, et on parle de 1 % (et encore, avec prudence). C'est 1/3 de l'objectif. Or le budget a été construit sur la base de 3 %. C'est pas une gaffe, ça, c'est une faute grave - un désastre. Un DG qui ferait ça dans une grossse boîte, on lui montrerait illico la porte de sortie...

Je ne reproche pas le 1 % à Nicolas, il n'y peut rien. La faute, c'est de penser que dans un pays comme la France, on peut aller chercher à court terme de la croissance "avec les dents", comme si on était isolés du monde. Et aller serrer les mains des dictateurs n'y fait rien ! Ce qu'un gouvernement peut faire, c'est reengineerer le pays pour le mettre en meilleure forme pour l'avenir. C'est ce que Nicolas essaye de faire. Mais les résultats seront visibles dans 5 ou 10 ans, pas avant... Et ça se comptera en dizièmes de points... Mais on sera toujours très dépendants de la conjoucture mondiale - qu'on ne maîtrise aucunement.

Il ne fallait pas promettre bêtement 3 %, c'était démagogique et maintenant ça nous coûte cher.

mardi, 16 septembre, 2008  

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