Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

mardi 13 octobre 2009

Le Syndrome du Titanic

Samedi, je suis allé voir le film de Nicolas Hulot "Le Syndrome du Titanic". Ca a été une grande claque. J'avais déjà été voir "La vérité qui dérange", d'Al Gore et "Home", de Yann Arthus-Bertrand. Mais là, c'est différent. Les images sont simples, brutales, s'installent dans la longueur, et vous pénètrent de leur intolérable beauté.

Trois scènes de ce film sont restées gravées dans ma mémoire.



La première se situe en Namibie. On y voit quatre magnifiques jeunes femmes Himba pousser des caddies pour faire leurs courses dans un supermarché Spar de la ville voisine à leur village. Elles sont là, très belles, dans leur tenue traditionnelle. Puis elles passent à la caisse devant une caissière qui ressemble comme une goutte d'eau à celle de votre supermarché habituel. Le contraste est saisissant. Le plan suivant montre ces quatre femmes retourner au village à pied, le long de la route, portant un sac de riz ou de farine sur la tête ou sous le bras. Puis, on les voit de retour dans leur village. Et, à un moment, leur regard se tourne vers nous. Elles nous regarde longuement sans rien dire. Alors la camera se retourne, et on peut voir alors ce qu'elles regardaient : une douzaine de touristes gras, en chemise bariolée et short à mi-cuisse, l'appareil photo braqué sur elles. Le dernier plan montre la main d'un touriste qui glisse quelques billets de banque dans une main Himba.

Silence.

On est en train de les tuer, tout simplement ...



La scène suivante se passe à Los Angelès. On voit une femme aux yeux bleus qui lit un livre. Derrière elle, couché sur quelque chose, son chat somnole. Cette femme tourne les pages de son livre. Puis elle nous parle. "J'ai dû quitte ma maison. Je ne savais pas où aller. Ca a été très brutal et très difficile à vivre. Je pensais que cela allait être provisoire" La caméra montre un plan large : la dame est en fait installée dans une Volvo blanche familiale. Il y a des paquets sur le toit de la voiture et un peu partout. Elle vit dans sa voiture ... Puis elle dit : "Cela fait vingt trois ans et demi que ça dure ..."

Silence.



La troisième scène se passe à Kowloon, la banlieue nord de Hong Kong. On y voit des vieux chinois finir leur jours dans des cages. Oui, vous avez bien lu. Le seul lieu de vie qu'il leur reste, c'est une cage en fer ...

Silence.

Dans ce film, Nicolas Hulot fait un constat dramatique, sans complaisance ni exagération. Et il confesse qu'il n'a pas la solution.

Le seul reproche que je ferais à ce film, c'est qu'il n'a pas osé parler ouvertement du vrai problème qui est à l'origine de tout ça : la surpopulation planétaire. En 1800, la population de la planète s'élevait à 1 milliard de personnes. Là il n'y avait aucun problème d'écologie, d'environnement ou de surpopulation planétaire. Alors, évidemment, comment revenir à 1 milliard ? Je ne sais pas. Je n'ai pas la réponse à cette question. Mais 9 milliards en 2050, je ne pense pas que ça va être possible ...

Pour en savoir plus :
1. Le Syndrome du Titanic (site officiel)
2. Fondation Nicolas Hulot (site officiel)
3. Intolérable beauté (Gaïa)
4. Population mondiale (Wikipédia)

Crédit photos : Le Syndrome du Titanic

15 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Bonjour,
je pense que le problème de la survie de l'espèce humaine est tout simplement sa surpopulation. Au cours d'un déplacement professionnel au Bangladesh, j'y ai vu une marée humaine angoissante. Des milliers de personnes qui marchent et se déplacent jour et nuit: j'ai eu peur! Imaginez sur 3 fois la surface de Rhône Alpes avec 140 millions d'habitants, 1000 habitants/km² soit 10 fois plus que la France! Je crois que le vrai problème est là...Si on ajoute l'Inde, l'Afrique, la Chine, brrr!

mardi, 13 octobre, 2009  
Blogger Bruno du grand sud est said...

mouais, la Belgique a 2 fois la population au km2 que la Chine. vous avez dit surpopulation?
Quant au film il nous dit qu'il y aurait des sans-abris de par le monde!
heureusement pas de ça chez nous.

mardi, 13 octobre, 2009  
Anonymous Cédric said...

@ Luc

C'est un problème que j'avais évoqué dans un de tes articles récemmment. Peut être faudrat-il compter sur le phénomène d'auto-régulation lié aux manques de ressources.
Autrement dit, la loi du plus fort.
Je pense que, pour certains pays, la course a commencé depuis longtemps pour être en tête d'affiche et ne pas faire partie des plus faibles.

mardi, 13 octobre, 2009  
Blogger Jack said...

La surpopulation : mon dada!
Dans Home, YAB y fait plus qu'une franche allusion. Mais c'est vrai que beaucoup de militants écologiques évitent cette question, comme s'il s'agissait d'un tabou.
Pour ne pas choquez les croyants de toutes sortes, pour qui la consigne : croissez et multipliez est encore et toujours de rigueur?
Même si nous savons tous que le retour à un nombre d'humains "plus humain", ne garantirait nullement une société plus humaine.
Que dire de la sacrosainte croissance, sans laquelle nos économistes sont incapables d'imaginer l'avenir?
Quant à la Chine, même si ce pays est loin de constituer une référence, il faut bien reconnaitre qu'il est à peu prés le seul à pratiquer une politique de dénatalité dure pour la population et drastique.
La dénatalité des pays riches étant plus le résultat d'une recherche effrénée de confort qu'un véritable politique nationale. Les autres se reproduisent comme des lemmings

mardi, 13 octobre, 2009  
Blogger Padraig said...

Il semble que Nicolas Hulot, décidément fort influençable, se soit fait mettre le grappin par les altermondialistes. Mais toujours la même méthode de culpabilisation et d'épouvante.

Bah, je n'irai pas voir ce film. Je préfère "Le petit Nicolas" (celui de Goscinny, évidemment).

jeudi, 15 octobre, 2009  
Blogger Padraig said...

Il semble que le syndrome du Titanic ait frappé le film de Nicolas Hulot. 190 000 entrés au box-office, une vraie misère, là où "Le Petit Nicolas" caracole à 2 800 000 entrées... Bref, pour le coup, ce film est un véritable naufrage...

La manipulation mentale du réchauffement climatique ne fait plus recette - et encore moins lorsqu'elle se mâtine d'altermondialisme... En plus, en période de crise, on a davantage envie de se divertir que d'entendre que la fin du monde est proche ! Très mauvais timing, M. Hulot !

mercredi, 28 octobre, 2009  
Blogger Jack said...

Marrant, l'état d'esprit que tu décris là : c'est l'orchestre du Titanic, justement, c'est le titre du film...

mercredi, 28 octobre, 2009  
Blogger Padraig said...

Oui... A noter tout de même qu'à l'époque du Titanic, l'océan atlantique était strié de paquebots de tous genres (anglais, français, américains, allemands, etc.) qui reliaient le vieux continent au nouveau. Le naufrage du Titanic est un regrettable accident, mais la norme, c'était des passages sans histoires. Le Titanic de la "White Star" avait lui-même deux "sister ships", Britannic et Olympic, ce dernier ayant fait la ligne jusqu'en 1935, avec la réputation de "the old reliable", et commandé un temps par le capitaine James Herbert Haddock qui inspira Hergé...

Donc, quand on parle du Titanic, on se focalise sur l'exception, le sensationnel. Mais La vérité est ailleurs...

mercredi, 28 octobre, 2009  
Blogger Padraig said...

Il y a eu aussi le naufrage du "Empress of Ireland" de la Canadian Pacific Railway Company, en mai 1914 (1 012 morts dans l'embouchure du Saint Laurent suite à une collision avec un cargo).

Mais on l'a oublié, car le déclenchement de la Grande Guerre a monopolisé l'attention des médias...

Je me demande si on a jamais fait de statistique sur la sûreté des voyages transatlantiques sur ce genre de paquebots... Une traversée sur ces monstres des mers était sans doute plus sûre que de prendre sa voiture le matin pour aller au boulot...

Donc, M. Hulot a choisi l'exception du Titanic pour nous annoncer l'apocalypse. Il me rappelle Philippulus, l'illuminé de "L'étoile mystérieuse", qui prédit la fin du monde en frappant sur un gong...

mercredi, 28 octobre, 2009  
Blogger Jack said...

Pad! Le syndrome du Titanic n'est pas une affaire de nombre de victimes.
La métaphore se rapporte à l'orchestre du Titanic, qui joua presque jusqu'à ce que le bateau sombre : ce que tu n'ignores sans doute pas.
Le Titanic c'est notre planète qui fonce à toute vitesse vers l'iceberg qui fera sombrer l'humanité, mais l'orchestre continue de jouer comme si de rien n'était.
Après nous le déluge.

mercredi, 28 octobre, 2009  
Blogger Padraig said...

Cette histoire de réchauffement climatique n'est que la reprise moderne de l'épisode du déluge :

Yahvé vit que la méchanceté de l'homme était grande sur la terre et que son cœur ne formait que de mauvais desseins à longueur de journée. Yahvé se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre et il s'affligea dans son cœur. Et Yahvé dit : Je vais effacer de la surface du sol les hommes que j'ai créés - et avec les hommes, les bestiaux, les bestioles et les oiseaux du ciel -, car je me repens de les avoir faits. Mais Noé avait trouvé grâce aux yeux de Yahvé...

Aujourd'hui, le prophète Hulot nous redit que l'homme est mauvais et qu'il faut le suivre pour être sauvés. Hulot se prend pour le Noé moderne !

jeudi, 29 octobre, 2009  
Blogger Padraig said...

Au sujet de l'orchestre du Titanic qui continua de jouer pendant le naufrage, il s'agissait évidemment d'une instruction du Commandant pour éviter la panique qui aurait empêché une évacuation en bon ordre. Ils ont sans doute contribué à ce qu'il y ait tout de même 700 rescapés de ce naufrage. De ce point de vue, les membres de l'orchestre (six anglais, un français et un belge) méritent tous notre admiration par leur sang froid et leur abnégation. Ils ne se sont arrêtés de jouer que juste avant la chute de la cheminée avant. Malgré qu'ils ne fassent pas partie de l'équipage, ils se sont comportés en héros. Tous ont péri.

Mais Nicolas Hulot préfère y voir un aveuglement. Et faire un film apocalyptique qui nous explique que nous sommes aveugles, tous responsables, et que la fin du monde est proche sauf si on suit ses préceptes. Ca s'appelle un faux prophète.

jeudi, 29 octobre, 2009  
Blogger Padraig said...

Et pour enfoncer le clou, ce sont évidemment les membres d'équipage qui ont payé le plus lourd tribu dans ce naufrage (près de 80% ont péri), en organisant l'abandon du navire et en restant à bord tant qu'il y avait des passagers à évacuer, et ce jusqu'à ce que le Commandant Edward John Smith ordonne "Maintenant, c'est chacun pour soi", tout en demandant aux membres d'équipage de se comporter en Britanniques "Be British". De fait, les canots pouvaient emporter 1 178 personnes, et une évacuation en bon ordre a permis d'embarquer environ 750 personnes. Pas si mal... Bien entendu, le Commandant Smith est toujours resté à bord - et a été noyé.

Seule fausse note : Le Président de la White Star Line, Bruce Ismay, qui s'est sauvé (dans un des derniers canots mis à l'eau, il est vrai).

Bon. Alors, il est où, l'aveuglement dénoncé par le faux prophète Hulot ?

jeudi, 29 octobre, 2009  
Blogger Jack said...

Trés drôle : je vais suivre ton conseil et écouter plutôt de la musique...

jeudi, 29 octobre, 2009  
Blogger Padraig said...

Ecoute-donc "Autumn" ("Songe d'Automne"), c'est la dernière musique jouée sur le Titanic, et c'est pile-poil la bonne saison !

jeudi, 29 octobre, 2009  

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