Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

mardi 8 juin 2010

La marée noire de Deepwater Horizon risque d'atteindre la côte Est des Etats-Unis


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Le 20 avril 2010, la plateforme de forage off-shore Deepwater Horizon, de la British Petroleum, a explosé. Elle était en train de réaliser un forage à 5500 mètres de profondeur, le fond de la mer étant à 1500 mètres à cet endroit là.

Le résultat c'est que, depuis cette date, du pétrole brut s'échappe en continu de ce forage, à 1500 mètres de profondeur, avec un débit qu'on a du mal à estimer, mais qui doit être compris entre 1900 et 16000 mètres cubes par jour. Pour l'instant, BP n'a réussi qu'à réduire de moitié ce débit. Il pense arriver à tout arrêter courant août, quand les deux forages de soulagement en cours de réalisation auront atteint leur destination.

L'University Corporation for Atmospheric Research a fait une simulation pour voir jusqu'où allait s'étendre la marée noire du Deepwater Horizon. C'est la vidéo que vous pouvez voir ci-dessus. Il y a une image par jour, du jour 0 au jour 132.

Comme vous pouvez le constater, la marée noire va s'étendre sur toute la Floride, mais aussi la Géorgie, la Caroline du Sud et la Caroline du Nord. Et, Cancun au Mexique devrait également être touchée. Bref, les plages les plus magnifiques de tout le continent Nord-Américain vont être touchées.

Malheureusement, les conséquences de ce désastre écologique de dimensions planétaires ne vont pas se limiter à des plages de rêve ...



Au delà de l'indignation et de l'écoeurement, il y a quoi ?

Pour en savoir plus :
1. Ocean currents likely to carry oil along Atlantic coast (UCAR)
2. La nappe de pétrole pourrait souiller la côte Est américaine (Le Figaro)
3. Deepwater Horizon drilling rig explosion (Wikipedia)
4. Deepwater Horizon oil spill (Wikipedia)
5. British Petroleum (site officiel)

Crédit vidéo : ncarucar
Crédit photo : Sean Gardner

14 Comments:

Blogger Padraig said...

J'avais pourtant envoyé la solution à BP. En résumé : forer une douzaine de trous de 50 m de profondeur sur une circonférence de 50 m de rayon autour du puit, introduire une torpilles sous-marine (conventionnelle) dans chaque puit, mettre les 12 torpilles à feu simultanément. Après la déflagration, le puit se trouvera étranglé. Problème réglé.

Mais voilà, on ne m'écoute pas...

mardi, 08 juin, 2010  
Blogger Padraig said...

Bon, faudrait pas que le gulf-stream (si, si, il est toujours actif) ramène tout ça sur nos côtes européennes...

mardi, 08 juin, 2010  
Blogger Bruno du grand sud est said...

Mouais, pour prouver que le Gulf stream est toujours en action, ils auraient pu trouver un marqueur plus écologique.
Sinon Alerte à Malibu c'est bien de l'autre côté?

mardi, 08 juin, 2010  
Blogger Jack said...

Un peu trop facile de s'indigner devant la photo de ce pélican tout mazouté! C'est oublier un peu vite que toi Luc, toi Pad, moi et tous les autres sommes responsables. Lorsque nous allons à la pompe on ne se pose pas la question du comment cela est possible? On fait semblant de ne pas savoir que des gens risquent leur vie pour que nous puissions faire rouler nos bagnoles et que des ingénieurs prennent des risques dans le même but, vous savez bien que seul ceux qui osent avancent et que pour aller chercher le pétrole toujours plus loin, il faut prendre toujours plus de risque.
Si cet énorme désastre pouvait enfin faire comprendre aux gros cons qui roulent en Hummer ou en Pickup V12 pour aller chez MacDo, et qui justement habitent en majorité ce beau pays dont les côtes seront souillées à mort: cette catastrophe aurait au moins servi à quelque chose.
Hélas ce ne sera pas le cas, si ça avait du se produire ce se serait déjà produit.

mercredi, 09 juin, 2010  
Blogger Luc said...

@ Jack : si tu cherches les responsables, pour moi, c'est clairement l'administration Bush qui a décidé que les systèmes de sécurité n'étaient pas nécessaires parce que trop coûteux :

Industry critics cite the lack of the remote control as a sign U.S. drilling policy has been too lax. "What we see, going back two decades, is an oil industry that has had way too much sway with federal regulations," said Dan McLaughlin, a spokesman for Democratic Florida Sen. Bill Nelson. "We are seeing our worst nightmare coming true."

U.S. regulators have considered mandating the use of remote-control acoustic switches or other back-up equipment at least since 2000. After a drilling ship accidentally released oil, the Minerals Management Service issued a safety notice that said a back-up system is "an essential component of a deepwater drilling system."

The industry argued against the acoustic systems. A 2001 report from the International Association of Drilling Contractors said "significant doubts remain in regard to the ability of this type of system to provide a reliable emergency back-up control system during an actual well flowing incident."

By 2003, U.S. regulators decided remote-controlled safeguards needed more study. A report commissioned by the Minerals Management Service said "acoustic systems are not recommended because they tend to be very costly."

A spokesman for the agency, Nicholas Pardi, said the decision not to require the device came, in part, after the agency took a survey that found most rigs already had back-up systems of some kind. Those systems include the unmanned submarines BP has been using to try to close the seabed valve.


Source : Leaking Oil Well Lacked Safeguard Device (The Wall Street Journal)

mercredi, 09 juin, 2010  
Blogger Jack said...

Oui et nos voitures roulent au lait de chèvre et nous n'y sommes pour rien du tout? Il est enfantin de forer à 1500 de profondeur!
Avec une réglementation moins laxiste on aurait évité ce désastre et tout ça c'est la faute à W.B. : ben voyons!

mercredi, 09 juin, 2010  
Blogger Padraig said...

Les grandes catastrophes arrivent à la suite d'une longue succession d'évènements improbables et imprévus. L'analyse de la catastrophe de Tchernobyl est édifiante à ce sujet. Tout comme l'analyse de la quasi catastrophe du réacteur de Forsmark (Suède) en 2006 - dans ce dernier cas, l'élément déclenchant premier fut un bête court-circuit, et une longue succession de choses immprévues s'en sont suivis...

La conception des réacteurs de type EPR prend en compte l'impossible : la fusion du coeur. Une coupelle empêche le coeur en fusion de s'enfoncer dans le sol. C'est ce qu'il faudrait faire pour les forages profonds : prendre en compte l'impossible.

Dans le cas de Deepwater Horizon, la sécurité de l'homme mort n'a pas fonctionné (fermeture automatique de la valve en cas de coupure des câbles de commande). Pourtant, il n'y a rien de plus sûr qu'une "sécurité de l'homme mort" puisque c'est l'absence de commande qui déclenche la mise en sécurité... C'est donc très probablement le mécanisme de la vanne qui est en cause (bloqué). Ou encore sa source d'énergie est naze. Dans ces conditions, une télécommande externe (acoustique) n'aurait sans doute pas non plus permis d'actionner la vanne (si elle est bloquée de chez bloquée, elle restera bloquée).

Ce sur quoi que les pétroliers devraient plancher, c'est justement ce cas-là : panne totale de la vanne. Faut-il doubler la vanne (sans doute électrique) par une vanne hydraulique par exemple ? Ou mieux, inventer un moyen de fermer le puit même si le pied de puit est complètement inopérant ou détruit. Mettre au point par exemple un moyen d'étrangler le puit par un dispositif explosif...

DeepWater Horizon sera peut-être le Tchernobyl de l'industrie pétrolière : cette catastrophe forcera cette industrie à inventer des solutions plus sûres - et qui prennent en compte l'impossible.

C'est d'ailleurs toujours comme ça : il faut au moins une grande catastrophe pour faire avancer les choses. Par exemple, ce sont les marées noires des naufrages de grands navires pétroliers à simple coque qui ont amené la généralisation des navires à double coque...

jeudi, 10 juin, 2010  
Blogger Luc said...

Les estimations viennent d'être revues à la hausse : il s'écoulerait en fait entre 20000 et 40000 barils par jour. (source : France 2)

Sachant qu'un baril fait 159 litres, et que la densité moyenne du brut nous donne 7,6 barils à la tonne (source : Wikipédia), cela nous donne une marée noire de 2600 à 5200 tonnes de pétrole brut par jour, soit de 78000 à 156000 tonnes par mois.

Alors, voyons :
- Mars 1967, Torrey Canyon : 120000 tonnes de pétrole brut.
- Mars 1978, Amoco Cadiz : 220000 tonnes de pétrole brut.
- Mars 1989, Exxon Valdez : 40000 tonnes de pétrole brut.
- Décembre 1999, Erika : 37000 tonnes de fuel lourd.

Vu que la plateforme Deepwater Horizon a explosé le 20 avril, ça fa bientôt faire 2 mois que ça dure.

Donc, c'est, aux choix :
- 2 Torrey Canyon
- 1,5 Amoco Cadiz
- 6 Exxon Valdez
- 4 Erika

... et ça encore continuer pendant au moins deux mois encore ...

samedi, 12 juin, 2010  
Blogger Luc said...

Pour ceux qui ont suivi les épisodes des tentatives diverses et variées de BP face aux désastre, voici un excellent petit clip vidéo : tumblr.tv (AxelDee)

samedi, 12 juin, 2010  
Blogger Padraig said...

Bon, alors, mes douze trous avec des torpilles dedans, ils y viennent ou pas ?

dimanche, 13 juin, 2010  
Blogger Jack said...

C'est ce soir à 20:00 (Washington time) qu'Obama va nous dire, depuis le bureau ovale, ce qu'il compte faire...
Peut-être va-t-il commencer à convaincre ses compatriotes de faire des économies d'énergie : il y a du pain sur la planche.

mardi, 15 juin, 2010  
Blogger Padraig said...

Oui, alors, ces torpilles, on les place ou on attend Noël prochain ?

vendredi, 25 juin, 2010  
Blogger Luc said...

Voici un excellent article du New York Times, qui retrace tous les efforts faits par BP pour tenter d'arrêter l'hémorragie, le tout illustré d'excellents dessins explicatifs : Methods That Have Been Tried to Stop the Leaking Oil.

mercredi, 14 juillet, 2010  
Blogger Padraig said...

Mais ça fuit toujours.

Les diagrammes du New York Times montrent qu'il y a environ 5 000 mètres de croute terrestres sous le plateau océanique avant de trouver la poche de pétrole. Ma suggestion d'étrangler le forage par explosifs disposés à faible profondeur (sous le plateau) en couronne autour du forage (disons à 100 mètres de profondeur) est parfaitemment valide. Evidemment, il faut calculer tout ça (doser les explosifs, choisir le bon rayon pour la couronne, et la bonne profondeur). Mais après l'explosion, c'est garanti sur facture : le puit sera bouché de chez bouché !

mercredi, 14 juillet, 2010  

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