Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

jeudi 9 mars 2006

Donnedieu de Vabres pédale dans la semoule



Tout commence le 21 décembre. Contre l'avis du gouvernement, les députés avaient voté, dans le cadre de l'article premier, deux amendements identiques du PS et de l'UMP légalisant le téléchargement pour usage privé, moyennant une contribution forfaitaire payée par les internautes pour les auteurs. Ces amendements ouvraient la voie à la licence globale. Du coup, Donnedieu de Vabres, pris à contrepeid, avait décidé de suspendre les débats, et de représenter le projet de loi après les fêtes. C'est à dire maintenant.

Coup de théâtre, lundi soir, Donnedieu de Vabres décide de retirer l'article du projet de loi, pour copuper l'herbe sous le pied à toute tentative de remettre sur le tapis la licence globale.

Se rendant compte un peu tardivement que l'usage de l'article 84 du règlement de l'Assemblée nationale, stipulant que «les projets de loi peuvent être retirés par le gouvernement à tout moment jusqu'à leur adoption définitive par le Parlement» présentait un risque d'inconstitutionnalité, Donnedieu de Vabres réintroduit l'article premier mercredi soir, en plein débat. Re-coup de théâtre qui tient du portnawak (ça, ça doit plaire à Lola !)

Bon, tout ça c'est du n'importe quoi. Rappellons tout de même que, chaque fois que vous achetez un CD vierge pour graver un disque, vous payez déjà une taxe forfaitaire pour payer les droits d'auteur. Et, comme je l'écrivais déjà en février 2005, la situation ubuesque est la suivante : tu as un copain à côté de chez toi qui a un morceau qui t'intéresse.
- Tu vas chez lui avec un CD vierge, tu copies, tu rentres chez toi : tu es en règle avec la loi.
- Tu te connectes par Internet en peer to peer, tu télécharges : tu vas au tribunal.

Alors ils disent : oui, mais depuis 3 ans, on constate une chute de 30 % dans la vente des CD musicaux. Ah oui ?

Eh bien je vais vous raconter une petite histoire. Le 20 juillet 2003, je vais aux arènes de Nîmes assister au concert de Massive Attack. Le samedi suivante, tout content, je vais à Cultura m'acheter le CD "100th Window" de Massive Attack. Dans la voiture, je glisse le CD que je viens de déballer dans mon lecteur : "disc error" ! Je regarde de plus près, et je remarque le logo "Copy Protected". (C'était le tout début des CD avec protection anti-copie). Furieux, je reporte donc CD à Cultura et je me le fais rembourser. Et je leur demande : "C'est quoi ce truc ?". Ils me répondent : "Oui, on sait, vous n'êtes pas le seul !". Furax je m'en vais en leur lançant : "Vous n'êtes pas près de me revoir ..."

Et c'est depuis ce jour (il y a trois ans, donc ...) que je n'achète pratiquement plus de CD musicaux. Et je ne suis pas le seul ...

Cherchez l'erreur ...

Pour en savoir plus :
1. Couacs à l'Assemblée sur les droits d'auteur (Libération)
2. Donnedieu de Vabres défend la CFII (Le Nouvel Obs)
3. Partager la musique (Chez Luc)
4. David Byrne: boycott DRM (BoingBoing)

Crédit photo : AP

1 Comments:

Blogger Patrick said...

Cette histoire me rappelle l'époque où le gouvernement luttait contre les "radios libres" (Radio Caroline émettait depuis un cargo désaffecté amarré dans l'embouchure de la Tamise)...

Je pense que les lois doivent accompagner et encadrer le développement sociétal et technologique, mais en aucun cas le réprimer...

Le téléchargement est un fait. C'est stupide de prétendre l'interdire. D'un autre côté, les artistes doivent recevoir leur juste rémunération. Le modèle économique des maisons de disque doit donc s'adapter à la réalité sociétale et technologique - mais pas le contraire !

Quand on s'achète un iPod (ou autre) en France, on paye une taxe à la SACEM pour compenser les titres téléchargés qu'on est suspecté d'y mettre. Et maintenant, il serait interdit de télécharger ce pour quoi on a déjà payé à travers la taxe ! ! !

Même les sociétés qui utilisent des CD pour stocker leurs données informatiques payent une taxe à la SACEM ! Vous trouvez ça normal ? Moi, je trouve ça grotesque.

Comme tu dis, Luc, ils pédalent dans la semoule, au gouvernement...

vendredi, 10 mars, 2006  

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