Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

mercredi 29 mars 2006

A propos des couilles de Villepin



D'après le Canard Enchainé, Dominique Galouzeau de Villepin aurait déclaré le 14 mars, au cours du petit déjeuner hebdomadaire des dirigeants de la majorité, à propos du CPE : "Je ne ferais pas comme Balladur avec le CIP. Moi, j'ai des couilles et j'irai jusqu'au bout! " Et il aurait rajouté avec un gentil mouvement de menton : "C'est comme durant la guerre de 14-18, dans les tranchées. Il faut tenir et ne rien lâcher."

Ca c'est un vrai problème : dès qu'un mec met ses couilles en jeu, il perd un peu le sens de la mesure et du pragmatisme. On rentre dans une logique chargée de testostérone qui laisse en général assez peu de place au dialogue ou à la négociation.

Et c'est vrai que le CPE, c'est plutôt une bonne idée (je trouve), mais sur ce coup là, Villepin a eu autant de jugeotte que quand il a conseillé à Jacques Chirac la dissolution de 1997, avec le brillant succès que l'on sait.

Que la France ait un besoin cruel de réformes, c'est l'évidence même. Mais on est en République, et on ne décrète pas des mesures sociales aussi importantes que celles-là à coup de 49-3 !

Même pour montrer qu'on a des couilles !

Pour en savoir plus :
1. Villepin comme en 14 ! (La terrasse des audiences au moment de l'adieu)
2. Dominique de Villepin (Wikipedia)

Crédit photo : AFP/Sentoo

9 Comments:

Blogger Luc said...

Apparemment, de Villepin a un sérieux problème de testostérone. En effet, si l'on en croit le dernier livre de Giesbert, de Villepin aurait dit : «La France a envie qu'on la prenne. Ça la démange dans le bassin. Celui qui l'emportera à la prochaine élection, ce ne sera pas un permanent de la politique, mais un saisonnier, un chenapan, un maraudeur.»

Je tiens donc à informer les services du Premier Ministre que mon bassin ne me démange pas, et que me faire "prendre" par le Premier Ministre ne rentre pas dans mes fantasmes ...

jeudi, 30 mars, 2006  
Blogger Patrick said...

Pour différentes raisons, je n'aime pas le bonhomme, surtout pour sa qualité de mauvais gourou de Nuclear Jacques. Mais, dans l'affaire de la CGM, j'ai dû lui reconnaître une capacité à la fermeté, capacité qui avait beaucoup manqué à son prédécesseur... Un Premier ministre "qui en a", c'est nécessaire. Mais là, il a vraiment fait fort en créant lui-même tout seul les conditions d'un affrontement national dont l'issue est pour le moins incertaine. Aux dernières nouvelles, il aurait réussi à convaincre son adepte (Nuclear Jacques) de le suivre encore une (dernière) fois. A mon avis, c'est un jeu de quitte ou double, il a choisi double et il pourrait tout perdre - entraînant dans sa chute tout le gouvernement... et peut-être même son principal adepte...

Situation vraiment très préoccupante, si vous voulez mon avis...

En se forçant à positiver, on peut peut-être entrevoir dans cette crise une prise de conscience générale (y compris au sein des syndicats) que les choses ne peuvent plus rester en l'état. Cette crise débouchera peut-être sur une modernisation de nos lois du travail qui mettra la France en meilleure posture au moins vis-à-vis de nos voisins...

jeudi, 30 mars, 2006  
Blogger Jack said...

Luc,
Cà n’est pas bien du tout, ton soutien à ta majorité n’est pas indéfectible, un peu à la Sarkozy...
Admettons pendant quelques temps que le CPE ait une quelconque utilité, et puisqu’on est dans les hypothèses, le premier ministre c’est toi, pour quelques temps aussi.
Tu le fais adopter comment ton CPE à la graisse de cabestan, aux français, tu laisses les socialistes déposer des rafales d’amendements à l’assemblée ?
Tu le vends aux 12 syndicats « représentatifs » ?
T’as beau être premier ministre, tes journées ont 24h comme celles des autres.

Non, la France n’est guère gouvernable.
Je ne suis pas sur que les français soient prêts pour l’économie libérale, genre USA ou UK, ils ont enfin compris que c’est là que les mène ce gouvernement.
Ils n’ont cure que le reste du monde y soit déjà.
Mais le reste du monde était-ils allés aussi loin que nous ?
Le chemin à parcourir est bien plus ardu pour nous les français.

Il y une chose que je partage avec toi, avec « les couilles » on ne réfléchit pas beaucoup...mais je ne suis pas sur qu’un utérus fasse beaucoup mieux.

jeudi, 30 mars, 2006  
Blogger Luc said...

@ jack : Comment ça, mon soutien à "ma" majorité ? Mes tendances politiques sont basées sur les sensibilités suivantes : la liberté (droite), le courage (droite), la solidarité (gauche), l'humanisme (gauche), la responsabilité (droite), l'honnêteté (droite & gauche), la générosité (droite et gauche), l'habeas corpus (gauche), et l'honneur (droite).

Je reconnais avoir voté Chirac au second tour, comme 80% des Français. Mais je trouve que "il y a la manière". Et, plus ça va, moins les manières de ce Galouzeau de Villepin me conviennent. (Même s'il a raison à propos du CPE).

Tout simplement.

vendredi, 31 mars, 2006  
Blogger Patrick said...

Sur le sujet brûlant du CPE, je vous renvoie à un excellent article écrit par Michel GODET dans les Echos du 17 mars, article dont je me sens très proche, tant sur le diagnostic que sur la conclusion. Il se trouve que je connais ce Michel GODET, qui est Directeur du LIPSOR (Laboratoire d'Investigation en Prospective, Stratégie et Organisation), et titulaire de la Chaire de Prospective Industrielle au CNAM, et un des pères de la méthode des scénarios en prospective. Un type pas précisément idiot.

Au passage , cet article met à nu la polémique "Chômage des 16-25 ans : 24% ou 8% ?"

samedi, 01 avril, 2006  
Blogger Patrick said...

Je lis aussi dans Les Echos que la mobilisation anti-CPE n'est pas très vive dans les Grandes Ecoles. Je cite : « Certains étudiants s'engagent individuellement, mais il n'y a pas de mobilisation de l'école. Peut-être nos étudiants se sentent-ils privilégiés, car plus de la moitié décrochent un CDI ».

Mais j'ai l'impression que le réveil sera rude lorsque ces jeunes étudiants s'apercevront que pour eux, le CDI est mort et enterré. En effet, dès que le CPE sera en vigueur, ce serait une faute économique pour une entreprise quelle qu'en soit la taille que d'embaucher un jeune de moins de 26 ans en CDI, tout diplômé qu'il soit ! Il lui sera naturellement proposé un CPE. Et au terme de la "période de consolidation", le nouvel employé conservera son contrat de CPE, qui, n'en doutons pas, sera la cible d'aménagements nouveaux (toujours "en faveur des jeunes", bien entendu)...

Je n'aime pas cette façon de tromper les jeunes. Voilà, c'est dit.

samedi, 01 avril, 2006  
Blogger Philippe Piriac said...

Luc,

Je trouve que ta série d'équivalences (bijections? ..): ( liberté( droite, courage ( droite), honneur ( droite),générosité( gauche).. a quelque chose d'étonnant.


Plus je la regarde, plus ell me semble discutable dans les faits.

1. Certes, chaque coté se revendique plutot de certaines valeurs.
Jusque là tu as probablement raison dans "ces tropismes"

Cependant, la question à se poser est: quand on prend, dans ces camps tous ceux qui s'en revendiquet, est- on, à titre individuel dans la réalité des pratiques, la revendication "formelle", voire l'illusion à soi meme? (*)

(* merci Luc de comprendre que je ne pense pas à toi quand je raisonne)

Les psychanalistes disent que quand on demande à quelqu'un ses valeurs clés,sa première valeur citée indique une valeur réellement pratiquée, la deuxième ou la troisième un regret ( celle qu'on aimerait pratiquer, mais qu'on n'a pas la rigueur de s'appliquer pas à soi meme et que du coup, par bonne conscience ou pour se "refaire" on affiche haut et fort. ( un mécanisme de compensation en fait) etc...

Faites ce que dis, ne dites pas ce que je fais...


2: Je pousse le raisonnement un peu plus loin:

Qui sont ceux qui font progresser le plus une idée?

Ceux qui la professent( souvent au détriment des valeurs du camp d'en face)et souvent avec forte vocalise ( pour se rassurer)
- ou ceux , du camp d'en face, qui l'adoptent?

J'en arrive à me demander si, dans une période donnée ( quand un camp dirige), ce ne sont pas les valeurs du "camp d'en face" qui ne progressent pas le plus...;

et ce pour deux raisons

2.1 parce que le principe de réalité s'impose et amène les dirigeants à recaler le curseur à un niveau acceptable pour tous
( et notamment ceux d'en face)

2.2 parce que les tenants d'une idée du prosélytismes( souvent excessif) au principe de réalité( et alaignent plus leur vécu avec leur verbe.

Dans le cercle vertueux de la conversation productive, on passe au moins autant de temps à écouter l'autre dire ses valeurs et pratiques qu'a dire ses propres convictions.

Cela nous ramène au post du 8 mars 2006, ou nous avions déjà abordé ce thème sur le fonds

3. A ce sujet, je remarquer qu'en ce moment, dans la communication des politiques et des syndicalistes, le thème de la "réforme" est de plus en plus mis en avant qui ne dit rien d'autre que la nécessité de la conversatio productive

1. Diagnostic partagé
2. Ecoute des points de vue/débat
3. Décision
( LA CFDT portant le flambeau notamment)

Le fait d'être nommé au pouvoir n'exempt pas du devoir de s'assurer que les étapes 1&2 aient été réalisés pour passer à l'étape 3.
C'est probablement là que cette histoire de CPE a M..dé. Avoir raison seul, au prétéxte de ses c..illes ( cf celles D. Villepin mentionnées par le Canard enchainé) est tout simplement inutile et couteux

De l'autre coté, refuser toute augmentation de la flexibilité l'est tout autant.

Bref, par la réforme, il va falloir trouver une solution concrère pour développer la "flexi-sécurité".

Et Luc, à ce moment, tu verras, la responsabilité,la générosité, le courage, etc.. ne seront ni de gauche, ni de droite.
mais plutpot un très bel acquis commun et nous aurons réellement progressé.

Bon certes, il y a encore du chemin: Il nous faut au moins deux changements de camp
-Un vers la gauche pour faire diffuser les valeurs réputées de droite
-un vers la droite pour faire progresser les valerus réputée dde gauche

Sachant que chaque camp en prend généralement pour deux mandats, on en a pour (5+5)*2= 20 ans pour arriver à une France vraiment flexi- sécurisée.

Nos petits enfants en profiteront peut etre.

On leur doit bien d'essayer, vu que par ailleurs, on leur refile déjà ( et cela de façon certaine) pour le futur, nos déficits d'aujourd'hui.

samedi, 01 avril, 2006  
Blogger Luc said...

Une autre citation de Galouzeau de Villepin, publiée dans le livre de Franz-Olivier Giesbert "La tragédie du Président" et citée en première page du Canard Enchainé de ce mercredi 5 avril 2006 : "La France a l'air à la ramasse. Mais observez-la de près. Elle a les jambes écartées. Elle attend qu'on la baise : ça fait trop longtemps que personne ne l'a honorée !"

Tout en camaïëu, tout en demi-teinte. Quel poète, ce Dominique ...

dimanche, 09 avril, 2006  
Blogger Patrick said...

Pour l'instant, il semble que la mal baisée ait refusé les avances du Prince Charmant... Peut-être le Prince aurait-il dû enlever ses bottes avant de l'entreprendre...

Un peu de bromure dans le vin de Galouzeau, comme on faisait pour les troufions, ça serait pas une mauvaise action, je pense...

dimanche, 09 avril, 2006  

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