Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

lundi 30 octobre 2006

Ce beau paysage…



...n’existe plus.


Je crains que ce sujet ne rencontre pas une approbation unanime et enthousiaste. Mais voilà, je me lance quand même.

La vague écologique est paradoxalement en train d’avoir un impact désastreux sur l’environnement de nos campagnes. Le site de l’image est (ou devrais-je dire était) à quelques kilomètres du second site naturel le plus visité de France : la Pointe du Raz – le premier site naturel visité étant la vallée de Chamonix.

Si un tel saccage environnemental avait une justification économique, peut-être pourrais-je m’y résoudre. Mais en réalité, cette plantation d’engins dans nos campagnes n’a aucun sens. La France a opté pour une production d’énergie électrique à base de nucléaire qui lui donne une énergie abondante et à faible coût, et sans création de dépendance à tel ou tel pays producteur « instable ». L’essentiel du minerai vient du Canada, et il y a d’autres sources possibles. Les possibilités hydroélectriques sont complètement exploitées (fournissant 17 % de notre électricité), et l’appoint lors des périodes de forte consommation provient de quelques centrales thermiques (3 % de notre consommation). La question énergétique en France est réglée, de façon économique et « écologique » tout au moins au sens de la production de CO2.

Tel n’est évidemment pas le cas de certains autres pays qui n’ont pas fait ces choix. Par exemple, l’Italie doit produire l’essentiel de son électricité à partir de pétrole de charbon ou de gaz russe, et importer le complément (20%)… de la France ! Que l’Italie doive vite trouver des solutions à ses problèmes énergétiques se conçoit bien. Et s’il leur plaît de gâcher leurs paysages avec des champs d‘éoliennes, plutôt que de construire des centrales nucléaires, libre à eux.

En revanche, en France, il n’y a aucune justification ni technique ni économique ni écologique à la création d’un parc éolien, sauf – et je crains que ce soit la vraie raison – à tromper la population. Clairement, le nucléaire a eu mauvaise presse, et sa critique est facile. Ouvrez une brochure d’EDF : elle montre un champ d’éolienne, et surtout pas une centrale nucléaire qui produit pourtant 80 % de l’énergie que nous consommons. Les éoliennes, c’est finalement de la poudre aux yeux pour masquer ce que les gens ne veulent pas voir, et qui pourtant fait leur quotidien.

Jamais la technologie éolienne ne pourra ne serait-ce que compléter la production nucléaire française sans qu’il en résulte un désastre environnemental majeur.

Et, pour corser l’affaire, nous devons payer sur notre facture d’électricité le surcoût de l’éolien à travers une Taxe spécialement inventée à cet effet, pudiquement nommée « CSPE contribution au service public d’électricité » en janvier 2003, et qui a déjà augmenté de 36 % (excusez du peu) - regardez bien votre dernière facture, cette taxe apparaît en plus de votre consommation.

Les Suisses, initialement en faveur de l’éolien, sont en train de faire marche arrière, en constatant les dégâts environnementaux sur leurs crêtes.

Personnellement, je serais en faveur de consacrer la totalité des sommes investies dans l’éolien pour sur-hyper-sécuriser les centrales nucléaires existantes, et accélérer la construction des centrales de nouvelle génération EPR – et de génération future à neutrons rapides qui règleront le problème des déchets.

Si je suis tant remonté contre les éoliennes, c’est entre autres parce que, il y a quelques années, j’avais travaillé sur un projet qui visait à supprimer les hideux châteaux d’eau qui polluent le paysage de nos campagnes (en les remplaçant par des réservoirs sous terrains comme dans nombre d’autres pays). J’avais alors tout un catalogue de photos de châteaux d’eau tous plus hideux les uns que les autres pour illustrer mon dossier. Mais une circonstance imprévue est arrivée : avec le développement des réseaux de téléphonie mobile, lesdits châteaux ont trouvé des vertus nouvelles en tant que supports d’antennes relais, les sociétés de téléphonie payant des redevances de location pour installer leurs antennes. Du coup, plus personne ne s’est plaint de leur caractère disgracieux (sauf les riverains), et les châteaux sont encore là pour un bon bout de temps… Les éoliennes, c’est pareil. C’est laid, mais ça rapporte aux municipalités (et aux propriétaires privés), et donc on "oublie" la pollution visuelle.

Pour ce qui est de la production de « Pétrole vert », très en vogue en ce moment, je crains aussi un très lourd impact environnemental (monocultures intensives, déforestation accrue, etc.), mais au moins, ici, des justifications économiques et politiques existent (prix du pétrole, épuisement des réserves, dépendance vis à vis des pays producteurs).

Alors, va pour le colza ou le tournesol, mais de grâce, arrêtons cette bêtise des éoliennes en France.

Crédit photo : ADEME ( ! )

53 Comments:

Blogger Paul said...

Quelques remarques amicales mais némanmoins polémiques (vous vous y attendienz, hein !):
- les photos ici données sont du pur Photoshop. Ce n'est pas un avant / après, mais un joli trucage. Preuve : les nuages qui sont exactement les mêmes. On aimerait avoir la source.
Ces éoliennes me semblent en effet un peu sudimensionnées, et bien plus voyantes que nature.

- sur l'esthétique : je conçois que vous les trouviez laides. Moi ce n'est pas le cas, je suis toujours ravi de traverser des champs d'éoliennes.
(J'aime bien aussi les chateaux d'eau aussi, et les usines abandonnées, et les raffineries, même si ce n'est pas écolo !)
En revanche je ne goûte guère la poésie des centrales nucléaires et des milliers de kilomètres de lignes à haute tension qu'elles générent.

De toute façon imaginer un paysage vierge de toute trace humaine est illusoire.
Evidemment je ne suis pas pour mettre des éoliennes n'importe où, mais là je ne vois pas le pb.

- sur le fond : qualifier le nucléaire de "propre" est tout de même gonflé. Et ce n'est pas en intégrant à la recherche les dérisoires sommes affectées aux éoliennes qu'on y remédiera !

Le nucléaire est juste un moyen de se défausser de nos problèmes sur les générations futures. Qui assurera la sécurité de ces sites dans 100, 200, 1000 ans ? La société sera-t-elle encore capable techniquement et financièrement de gérer les sites et les déchets ?

Pour finir, en ce qui concerne l'indépendance énrgétique du nuclaire, c'est également un leurre. 100% de l'uranium est importé, notamment du Niger, où il est d'ailleurs exploité dans des conditions sanitaires scanleuses.
Je vous invite à lire ceci :
http://www.dissident-media.org/infonucleaire/niger.html


Amicalement.

lundi, 30 octobre, 2006  
Blogger Paul said...

Oups, je viens de voir la source des photos en relisant votre message : Ademe. J'aimerais bien savoir ce que c'est précisément, tout de même : un projet ?

lundi, 30 octobre, 2006  
Blogger Patrick said...

@Paul : La photo du champ d'éoliennes est réelle, "empruntée" au site de l'ADEME... Je l'ai en effet "photoshopée" pour ENLEVER les éoliennes et restituer le paysage antérieur que j'ai connu il y a deux ans. Par ailleurs, habitant à environ 8 km du site en question et passant là tous les mardi vers 10h55 (je prend des cours de russe au village à côté), je puis attester que c'est vraiment comme ça. Incidemment, plusieurs éoliennes ont été endomagées lors du coup de vent d'il y a dix jours...

Pour le reste, je suis content que le débat soit ouvert !

Pour l'aspect visuel des éoliennes, j'étais un peu comme vous. Quand il y a un champ ça ou là, c'est plus une curiosité qu'une gêne. Mais quand, comme dans certaines campagnes en allemagne, il y en a à perte de vue, ça devient franchement laid...

D'accord pour les sommes dérisoires consacrées aux éoliennes. Et je souhaite qu'elles restent dérisoires. Mais même avec des sommes dérisoires, on peut saccager l'environnement !

Le nucléaire "propre", c'est la conséquence de la récente focalisation sur le CO2... Tout ce qui ne produit pas de CO2 a maintenant le label "propre". Bien entendu, la question des déchets n'est pas bien solutionnée à l'heure actuelle, mais les pistes se multiplient (centrales à neutrons rapides qui "mangent" les déchets des centrales actuelles). Personnellement, j'ai grande confiance dans le solutionnement de ce problème à moyen terme - ce qui implique de conserver les déchets dans des lieux accessibles pour les "consommer" plus tard.

Quand à la source du minerai d'uranium, je croyais aussi auparavant que l'Afrique était notre principal fournisseur ("justifiant" ainsi notre politique africaine). Mais il semble bien que le Canada soit notre premier fournisseur (en réalité, AREVA implanté au Canada). Mais je n'ai pas réussi à trouver de chiffres (secret d'état ?).

Bon, ben c'est bien, le débat est ouvert !

lundi, 30 octobre, 2006  
Blogger Patrick said...

@Paul : si vous êtes amateur de chateaux d'eau...

Bon, d'accord, il y en a de moins laids.

Mais si vous vous êtes déjà promené dans la campagne anglaise, vous n'avez vu nulle part un chateau d'eau, et les anglais trouvent ça très bien... Moi aussi.

lundi, 30 octobre, 2006  
Blogger Jack said...

Patrick :

Je ne suis pas un grand électricien mais j’ai 2 remarques :

1-Les éoliennes, je trouve cela beaucoup plus joli qu’une centrale nucléaire, esthétiquement parlant donc.
Même si certains enfants les prennent pour la fabrique de nuage, ce qui ne manque pas de poésie.
Bon mais les gouts et les couleurs...
Tu admettras que les éoliennes sont tout de même plus jolies que tes vilains château d'eau.
2-Pourquoi, diable faut-il opposer les éoliennes et les centrales nucléaires : les unes ne remplaceront jamais les autres, on le sait bien.
Par contre elles peuvent surement baisser le besoin en centrales thermiques d’appoint pendant les périodes de surconsommation qui coïncident certainement avec les périodes ventées. Je vois bien la centrale thermique d’Aramon dont la cheminée ne fume que quelques jours par an.

mardi, 31 octobre, 2006  
Blogger Betty said...

Je n'adhére pas au tout Nucléaire, mais je suis en même temps d'accord avec Patrick - je n'arrive pas à trouver jolie une éolienne. Désolé !! et une éolienne ça fait du bruit. Franchement si on devait installer une éolienne à coté de chez moi je serais furieuse. (Soyez honnête posez vous la question) Alors que faire ? et bien je ne sais pas ! En plus en France, on "disperse", on "soupoudre" le territoire d'énormes éoliennes comme si ça allait les diluer !! - il me semble que dans d'autre pays il est plutot question de "champs d'éoliennes" toute les unes à coté des autres - c'est laid mais c'est concentré.

Pour ce qui du Nucléaire,
Patrick, je comprends bien ton point de vue et je pense que le nucléaire pourrait etre une bonne solution. LE JOUR OU L'ON AURA MAITRISE LE PROBLEME DES DECHETS (Radioactif pendant combien de temps déjà ?) Mais ce qui me géne dans le nucléaire d'aujourd'hui c'est que j'ai l'impression que l'on a mit la charrue avant les boeufs : on produit et on verra bien après pour les déchets et accessoirement la sécurité. Ca a (ou aura) des conséquences lourdes (tchernobyl mais aussi toute les autres qui promettent...). On ne peut pas etre écolo et pro nucléaire AUJOURD'HUI. Mais je serais très d'accord pour réfléchir sérieusement au probléme, si c'est pour parler recyclage des déchets et maitrise de la sécurité PARTOUT DANS LE MONDE. Sinon j'ai vraiment l'impression d'avoir donné les allumettes et la mêche à une bande de sales gosses.

@Jack : et les oiseaux ils vivent ça comment les éoliennes ? j'ai du mal à trouver de l'info sur le sujet.

mardi, 31 octobre, 2006  
Blogger Patrick said...

Jack, le problème, c'est que les centrales nucléaires, il y en a 58 en France, alors que les éoliennes se comptent par milliers (et bientôt par dizaines de milliers si on n'y prend pas garde).

En 1981, à quelques kilomètres du champ d'éoliennes représenté sur mon image, le projet de centrale nucléaire de Plogoff (à quelques kilomètres de la Pointe du Raz) a été stoppé par Mitterrand (une de ses 101 promesses électorales). Très bien, car vraiment, ce n'était pas une très bonne idée de mettre une centrale sur un site à si fort potentiel touristique. Mais maintenant, on risque de noyer toute la région sous des champs d'éoliennes (chaque municipalité veut son champ, et surtout les taxes qui en découlent). Je ne suis pas sûr qu'on y gagne au change...

Encore une fois, un champ d'éoliennes qui pousse quelque part, ça devient une curiosité sympathique, et on a l'impression de faire de la bonne écologie, et on se dit que le gouvernement fait bien les choses. Mais quand on se trouve en face de 1 000 éoliennes, après un moment de stupeur, on se dit, "quelle horreur, mais comment peut-on laisser faire cela !". En tous cas, c'est ce que j'ai ressenti dans certaines campagnes allemandes où on ne peut plus poser son regard sans voir des éoliennes...

Bon, Jack, je sens que je ne te convaincrai pas avec des arguments techniques ou esthétiques. Alors je vais jouer sur une corde sensible : les champs d'éoliennes sont de véritables hachoirs à oiseaux migrateurs !

mardi, 31 octobre, 2006  
Blogger Luc said...

@ Patrick : l'intérêt des éoliennes, c'est que c'est localisé. Ca fournit de l'électricité pour le voisinage immédiat. Les 58 méga centrales nucléaires super centralisées, il faut ensuite promener leur électricité sur tout le territoire ...

Ta photo de campagne allemande me plaît beaucoup, car il y a en arrière plan de magnifiques pylones à haute tension.

D'où la question : que trouves-tu le plus décoratif, les éoliennes ou les lignes à haute tension ?

Hé hé hé ...

mardi, 31 octobre, 2006  
Blogger Patrick said...

Luc, désolé de te contredire, mais l'idée que l'énergie générée par les éoliennes est "locale" est fausse. Du fait de l'injection de ladite énergie dans le réseau général et de l'interconnexion totale du réseau français - et même européen, l'énergie d'une éolienne bretonne alimente tout autant Strasbourg ou Milan que le village voisin...

Les éoliennes ont besoin d'un réseau de transport d'énergie, et les pylônes qu'on voit sur la photo en Allemagne servent - aussi - à transporter l'électricité des éoliennes...

Bien entendu, je suis en faveur de l'enfouissement des réseaux de transport d'électricité, qui sont aussi disgracieux que les éoliennes. Mais au moins, c'est possible, alors que l'enfouissement des éoliennes, j'ai un doute ;-)

mardi, 31 octobre, 2006  
Blogger Paul said...

D'accord avec Luc à propose des lignes hautes tension, qui d'ailleurs ne sont pas elles même sans générer de problèmes au niveau de la santé et de l'environnement.

Je pourrais épiloguer sur les dangers du nucléaire, mais je suis sûr que vous avez déjà entendu cent fois ce débat, et internet ne manque pas de lieus pour s'informer plus sur le sujet.

J'aimerais revenir de façon plus approfondie sur la question du paysage, qui était le point de départ de cette intéressante discussion.

Je l'a déjà écrit, les éoliennes, même "en masse", ne me dérangent pas, je les trouve même jolies. Mais je conçois très bien que ce ne soit pas le cas de tout le monde.

Ceci dit, qu'est ce que "défigurer un paysage" ? Les paysages sont, en tout cas sur 95% de notre pays, profondément marqués par l'homme.

Dans la photo "vierge d'éoliennes" (au passage bravo pour la retouche invisible, vive le mac !), que voit-on ? Des champs, un village, des bosquets - en aucun cas une nature vierge. Et en ce qui me concerne, je ne trouve pas que ce soit spécialement un beau paysage, digne d'être "préservé" de toute nouveauté.

Tout à fait d'accord pour préserver des sites exceptionnels et naturels comme la pointe du raz, l'Aubrac, les calanques; etc... D'accord aussi pour ne pas faire n'importe quoi n'importe où. Mais dans la plupart des cas, je crois que les éoliennes se fondent dans le paysage bien plus qu'elles ne choquent, et que c'est surtout leur nouveauté qui les rend plus visibles que routes, champs, poteaux électriques et bâtiments.

mardi, 31 octobre, 2006  
Blogger Betty said...

@ Paul : ok pour préserver les sites remarquables et ne pas faire n'importe quoi n'importe ou. Alors on est d'accord avec Patrick car la photo en question (ou tu ne vois que qq bosquets et champs) c'est à deux pas de la pointe du Raz !!!...
Vu du Menez-Hom on a un point de vue sur la pointe Bretonne absolument grandiose. Des éoliennes là-dedans si ça reste anecdotique pour alimenter une zone un peu "isolée" et préserver la dites zones des lignes hautes tension ok, sinon c'est du saccage...

mardi, 31 octobre, 2006  
Blogger Patrick said...

Betty, je t’aime ! Et doublement.

D’une part parce que tu compatis à mon émoi relatif à l’invasion des éoliennes, et d’autre part parce que tu me tends une perche inespérée pour ce qui est du "nucléaire vert".

Pour ce qui est du bruit des éoliennes, franchement, j’en ai fait l’expérience encore ce matin en assistant au redémarrage d’une éolienne suite aux dégâts de la tempête d’il y a une dizaines de jours, le bruit n’est pas très grand même au pied du pylône. On entend guère qu’un chuintement au passage des pales. C’est au moins vrai pour les sons audibles, mais ça ne m’étonnerai pas qu’il y ait production d’infrasons aux conséquences douteuses. Et dès qu’on s’éloigne disons d’une centaines de mètres, on n’entend plus rien. Non, la vraie pollution est visuelle, environnementale. Le raisonnement de Luc et de Paul est un peu de dire : vu qu’il y a déjà des pylônes électriques, c’est pas grave d’y ajouter des éoliennes. Mon point de vue est : ni pylônes ni éoliennes - ni châteaux d'eau pleins d'antennes.

Pour ce qui est du « nucléaire vert », tu as écrit « On ne peut pas etre écolo et pro nucléaire AUJOURD'HUI ». Ah, merci Betty, de me donner ici l’occasion de citer LE grand maître du sujet. J’ai cité James Lovelock, scientifique anglais reconnu et renommé et auteur de "l’hypothèse Gaïa" (devenue maintenant la "théorie Gaïa"). James est d’une certaine manière un des pères de l’écologie moderne. Le magazine scientifique New Scientist l’a décrit comme « l’un des grands penseurs de notre époque », et comme « one of the environmental movement’s most influencial figures ». Sa pensée « planétaire » a certainement contribué à l’émergence des concepts aujourd’hui largement admis comme celui que la terre n’a que des capacités limités à supporter ses hôtes, malgré des mécanismes de régulation fort efficaces. Ou encore à celui du « développement durable » (sustainable development). Dans son dernier ouvrage « The revenge of Gaïa », daté de 2005 et que j’ai actuellement sous les yeux, James se définit comme un vert parmi les verts. Dans ce livre, il consacre le plus grand chapitre (41 pages) à « Sources of energy ». Or, ces 41 pages sont un vibrant plaidoyer POUR le nucléaire et CONTRE l’éolien. Etonnant, non ? C’est d’ailleurs ce qui m’a fait acheter le livre car je n’en croyais pas mes yeux en le feuilletant chez le libraire.

Pour le nucléaire, je cite : « My strong pleas for nuclear energy come from a growing sense that we have little time left in which to install a reliable and secure supply of electricity… » ou encore “I was astounded that (the Paul Sherrer Institute in Switzerland) found nuclear energy to be the safest of all large-scale energy sources” ou encore “many of my friends among environmentalists are surprised at the strength of my support for nuclear energy and seem to think that I have recently changed my mind. This is quite untrue…” . La question des risques est passée en revue, tout comme celle des déchets. En conclusion, il appelle de ses voeux une relance énergique du nucléaire pour subvenir proprement aux besoins de la planète. Je ne peux pas vous résumer un livre aussi dense en quelques lignes, lisez vous-mêmes le livre (pas sûr qu’il soit encore traduit en français).

Sur la question des éoliennes, James estime que le désastre environnemental qu’elle entraînent serait tolérable « en serrant les dents » si au moins elles pouvaient générer une part significative de l’énergie requise pour un pays comme l’angleterre, ce qui n’est pas le cas. Il cite Niels Gram, de la Fédération des industries Danoises « In green terms, windmills are a mistake and economically make no sense. Many of us thought wind was the 100 per cent solution for the future but we are wrong. In fact, taking all energy needs into account it is only a 3 per cent solution.”

Au passage on apprend aussi que le gaz naturel, c’est pas super du tout, parce qu’environ 4 % du méthane extrait part directement dans l’atmosphère en raison des fuites sur toute la ligne de transport, et que ces 4 % contribuent MASSIVEMENT aux gaz à effet de serre, bien plus que si on brûlait du charbon pour produire la même énergie…

En réalité, c’est la lecture de ce livre qui m’a encouragé à écrire ce post sur les éoliennes – non que j’ai eu besoin de Lovelock pour m’ouvrir les yeux à ce sujet, mais ça m’a fait penser que je n’avais peut-être pas tout à fait tord.

Encore merci à Betty de m’avoir tendu la perche !

mardi, 31 octobre, 2006  
Blogger Patrick said...

Pour Paul qui est en faveur de la préservation de la Pointe du Raz, j'ai entouré le site en question sur la photo. Certes, c'est à quelques kilomètres. L'ennui, c'est que les autres communes du coin veulent eux aussi leur champ d'éoliennes et surtout la manne de taxes qui en découle. Si on n'y met pas le holà, on se retrouvera vite comme en Allemagne, Pointe du Raz ou pas Pointe du Raz... Et en plus, il faudra renforcer les pylônes électriques pour transporter tout ça... Un désastre en perspective, vous dis-je !

mardi, 31 octobre, 2006  
Blogger Patrick said...

Je vous propose de ponctuer ce débat animé par un petit clin d'oeil...

mardi, 31 octobre, 2006  
Blogger Paul said...

Patrick :
Non, non , je ne dis pas "puisqu'il y a des pylones, c'est pas grave de saccager un peu plus". Je dis : l'idée que ce paysage était "naturel" avant, et "saccagé" ensuite est plus que discutable.
Et même si c'est près de la pointe du raz, ce n'est pas un paysage particulièrement remarquable, je persiste !

En ce qui concerne le bouquin de Lovelock, le moins qu'on puisse dire est qu'il a suscité de vives réactions d'autres scientifiques et d'écologistes à sa sortie.

Ceci dit, il est évident qu'on ne peut pas faéire l'impasse sur la question de l'effet de serre et qu'en l'état actuel des choses on ne va pas se passer rapidement du nucléaire en France.
Mais de toute façon, il faudra faire des choix douloureux : et entre le nuclaire avec les menaces très graves qu'il fait peser sur les génération futures, et les énergies renouvelables comme l'éolien et le solaire qui ont, c'est vrai,un impact sur le paysage, je choisis les secondes. Avec de toute façon un crédo : économiser, économiser, économiser !
Repenser le modèle de croissance et de consommation est sans doute le plus important.

mardi, 31 octobre, 2006  
Blogger Patrick said...

Luc, ce que tu disais au sujet du caractère "local" de l'énergie éolienne est véhiculé par les producteurs eux-mêmes pour rendre leur forfait plus "sympathique".

Aujourd'hui-même, on nous annonce : ""EDF Energies nouvelles, filiale d'EDF spécialisée sur les énergies renouvelables, a annoncé mardi l'inauguration du parc éolien de Lou Paou en Lozère. Réalisé pour le compte de tiers par EDF Energies Nouvelles, leader de l'éolien en France, le parc de Lou Paou comporte 7 éoliennes totalisant une puissance installée de 14 MW. La production annuelle estimée est de 35 millions de kWh, correspondant à l'équivalent de la consommation annuelle d'électricité de 14 000 habitants, soit la population de la ville de Mende, située à 10 Km du parc.""

On laisse ainsi croire que ce champ va alimenter la ville proche de Mende. Ce n'est pas vrai, pour deux raisons.

- D'abord, parce que du fait de l'interconnexion, cette énergie va partout en France et même en Europe.
- Ensuite, parce que les chiffres donnés sont toujours "hors chauffage" (mais bien sûr on omet de le préciser). Que cette énergie de 14 MW puisse éclairer 14 000 foyers, soit. Mais certainement pas les chauffer, or le chauffage est évidemment le poste le plus important de la dépense énergétique domestique. 14 MW pour 14 000 habitants, ça fait 1 kW par habitant, juste de quoi se faire cuire un oeuf à la lueur d'une ampoule de 25 W ! Et pour les jours sans vent, les habitants de Mende seront priés de gober l'oeuf tout cru !

Tout ça est de la poudre aux yeux. Arrêtons la mascarade.

mardi, 31 octobre, 2006  
Blogger Patrick said...

Paul, j'apprécie vos points de vue mesurés. Les miens sont certainement un peu tendancieux, car je me bat contre des idées tellement ancrées dans le subconscient collectif qu'il me faut quelque peu forcer le trait pour déclencher une réaction...

Mais je suis persuadé qu'à la suite de notre présent débat, la prochaine fois que vous "contemplerez" un champ d'éoliennes, vous le verrez d'un oeil un peu différent - et un jour, qui sait, d'un oeil critique ?

mardi, 31 octobre, 2006  
Blogger Luc said...

@Patrick : "Pour Paul qui est en faveur de la préservation de la Pointe du Raz, j'ai entouré le site en question sur la photo."

Euh ... je m'excuse de vous demander pardon, mais ce que tu as entouré en jaune, là, sur la photo, c'est pas la pointe du Raz, c'est la pointe de Kermeur. Je sais, c'est pas très loin, mais la pointe du Raz est invisible depuis Goulien ... et vice-versa.

Je précise ça à l'attention de ceux qui ne connaissent pas le coin. :-)

mardi, 31 octobre, 2006  
Blogger Luc said...

@ Patrick : Excellent, ton "petit clin d'oeil" ! :-)

mardi, 31 octobre, 2006  
Blogger Patrick said...

Bravo, Luc, en y regardant de plus près, c'est bien la Pointe de Kermeur... qui est à environ 5 km de la Pointe du Raz. Encore bravo, on ne te la fait pas !

mardi, 31 octobre, 2006  
Blogger Jack said...

En phase avec Paul, j'aimerais ajouter de l’eau à son moulin.
La Provence est aussi le pays des moulins justement, et un programme de restauration est en cours. La commune de Boulbon a restauré l'un d'entre eux et on le fait fonctionner régulièrement pour la plus grande joie des touristes.
Je rappellerai aussi celui de Daudet à Fontvielle ...
Il y a déjà longtemps que l’homme change le paysage... avec des machines.
Mais ni les éoliennes ni le moulin de Daudet de font courir de risque aux générations futures et ces temps-ci çà n’est tout de même pas négligeable.
Si notre descendance trouve çà trop laid, elle pourra toujours les démonter avec les lignes à haute tension et les châteaux d’eau, çà engage tout de même moins le futur de la planète que l’effet de serre ou le danger nucléaire.

Il faut un peu hiérarchiser tout cela et comme le rappelle Paul, la priorité des priorités reste d’apprendre à ne pas jeter l’énergie par les fenêtres, et çà dépend d’abord de nous ! et on peut commencer tout de suite.
J'éteins le PC et je me mets sous la couette

mardi, 31 octobre, 2006  
Blogger Patrick said...

Ah, je savais bien que la tâche serait difficile… Un certain Alonso Quichano, plus connu sous le nom de Don Quichotte de la Manche s’y était déjà essayé, et s’est couvert de ridicule (même si on peut lire dans son histoire le fait qu’un individu peut avoir raison contre une société toute entière)…

Alors, pour Jack, et les autres, je continue ma croisade : je comprends son argument. Mais alors, il faut militer résolument contre le nucléaire, car en ayant ET le nucléaire ET les éoliennes, on a tout mauvais… Si les éoliennes permettaient réellement d’éliminer le risque nucléaire, on pourrait, comme l’écrit James Lovelock, « serrer les dents » et accepter que nos campagnes soient défigurées, et commencer dare-dare à démanteler nos centrales. L’ennui, c’est que ça n’est pas possible. Le nucléaire est là, et il est vital pour notre économie. Les éoliennes ne font que rajouter des nuisances, sans en enlever…

La réalité est là : tout en inaugurant de façon très médiatisée de nouveaux champs d'éoliennes ça et là pour endormir le bon peuple, on lance (discrètement) le chantier d'une centrale nucléaire EPR à Flamanville - et c'est très bien parce que sinon, on se les gèlera dans quelques temps et nos TGV ne pourront plus circuler...

mercredi, 01 novembre, 2006  
Blogger Patrick said...

Bon, et puis j’aimerai qu’un pro-éolien m’explique pourquoi on éprouve le besoin de mentir à la population lors de la présentation de la chose, comme hier pour le champ de Lou Paou en Lozère. Je rappelle le communiqué :

« La production annuelle estimée est de 35 millions de kWh, correspondant à l'équivalent de la consommation annuelle d'électricité de 14 000 habitants, soit la population de la ville de Mende, située à 10 Km du parc ».

Alors que la vérité exigerait d’écrire :

« La production annuelle estimée est de 35 millions de kWh qui sera injecté dans le réseau national, contribuant ainsi pour 0,0065 % à la production d’électricité en France »…

Rendez-vous compte : il faudrait 20 000 parcs semblables soit environ 150 000 éoliennes pour satisfaire aux besoins en électricité de la France ! ! !

Je vous invite à lire cette intéressante étude sur la question, qui pose finalement la question : « Vaut-il la peine de construire 5 000 éoliennes (voire 17 140), de dépenser d'énormes sommes d'argent, de gâcher l'environnement de sites souvent admirables et de consommer de grandes surfaces, pour économiser 2,4 % (voire 8,2 %) de combustible nucléaire ? »

mercredi, 01 novembre, 2006  
Blogger Luc said...

@ Patrick : On croirait entendre Arlette : "On vous ment, on vous spolie ..." Hé hé hé ...

Bon, les éoliennes c'est du simple bon sens.

Comme je l'ai dit, c'est pour de la fourniture d'énergie au niveau local. Pas de lignes à haute tension, rien de tout ça. (Si j'ai faux, va faire un saut à Goulien me faire une belle photo de la ligne à haute tension qui part de là ...)

Le pic national de consommation électrique, c'est vers le 21 décembre. Là, tout tourne à plein.

L'hiver, quand il fait froid, c'est dur de chauffer les maisons. Quand, en plus il y a du vent, t'as beau mettre l'isolation thermique que tu veux, les maisons tapies sur la lande bretonne, elles grelottent beaucoup plus que quand il n'y a pas de vent ... Donc, c'est quand il y a du vent l'hiver que tu as besoin d'un surcroit d'énergie.

Et là, (c'est magique !), quand il y a du vent, l'éolienne vient apporter l'énergie supplémentaire qui va bien. C'est pas beau, ça ?

Tu vois, c'est tout simple.

Et j'insiste bien sur le côté "supplémentaire" de l'énergie éolienne. Il n'est pas question (il n'a jamais été question) de fournir la totalité des besoin énergétiques de la France en éolien. Ca c'est juste un raisonnement absurde pour essayer de démonter cette excellente solution. Il est clair que le futur est dans les sources d'énergies renouvelables multiples et décentralisées.

J'insiste sur ces deux mots : multiples et décentralisées.

Il y en a un peu marre du Colbertisme à la française avec 58 méga centrales nucléaires servi par un réseau de ligne à haute tension hideux et qui consomme, excusez du peu, 16 TWh de pertes d'énergie par an ! Seize Téra-Watts heure !!!!!! Tu réalise un peu le gaspillage d'energie insensé qui est réalisé pour trimballer l'énergie électrique d'un bout à l'autre du territoire ?

Alors, encore une fois, un peu de bon sens : produisons à Mende l'électricité dont on a besoin à Mende, au lieu de la faire venir de Fessenheim !

Du bon sens, rien que du bon sens, je te dis ! :-)

mercredi, 01 novembre, 2006  
Blogger Patrick said...

Les arguments du style "c'est tout simple, c'est magique", ne peuvent rien contre les dures réalités.

Si tu crois VRAIMENT que le village de Goulien est alimenté par ses 8 éoliennes, renseignes-toi mieux, pour comprendre le système de l'interconnexion des réseaux. L’électricité des 8 éoliennes est vendu à EDF qui est forcé par la loi à l’acheter fort cher (plus cher que son prix de vente du KWh à l’usager !), et tout ça se trouve noyé dans le réseau général d’EDF… Et toi, Luc, et vous Paul, et toi Jack, vous payez pour l’électricité chère produite à Goulien grâce à la taxe CSPE que vous payez en plus du coût de votre électricité…

Maintenant, si tu souhaites contribuer à la tromperie générale, c'est une autre affaire, mais ça veut dire que tu as des intentions cachées. Elles sont peut-être respectables, mais moi je trouve que si elles sont respectables, elles ne devraient pas avoir besoin d'être maquillées...

Tu cites Arlette, qui curieusement est 100 % pro-nucléaire - on peut penser que le CE d'EDF alimente la caisse de son parti, mais bon... Pourtant, elle est du même avis que James Lovelock, ce qui devrait te laisser songeur...

Il y a juste un point sur lequel tu as un tout petit peu raison, c'est celui des pertes en ligne. Il est un fait que la Bretagne constitue un cas particulier, puisque aucune centrale nucléaire n'y est implantée. L'usine marée-motrice de la Rance ne produit pas grand chose, et il faut descendre à Nantes pour trouver une centrale thermique. La Bretagne doit "importer" l'essentiel de son électricité des autres régions de France. Malgré l'installation de lignes à très haute tension sur les tronçons de grande distance, les pertes par effet Joule sont importantes. Toute production d'électricité en Bretagne interconnectée avec le réseau général vient évidemment soulager les lignes à très haute tension, et ainsi réduire les pertes par effet Joule. Néanmoins, les malheureuses éoliennes de Goulien et leurs consoeurs vont avoir bien du mal à soulager les lignes à très haute tension qui alimentent la Bretagne... Le projet de centrale nucléaire à Plogoff devait précisément répondre à ce problème.

Toutefois, le cas de la Bretagne est unique en France, toutes les autres régions sont plutôt bien pourvues en centrales nucléaires, et les pertes dans le transport d'électricité sont ainsi réduites...

Au total, les pertes en France dues au réseau de transport sont de l'ordre de 2,5 % de la production nationale, un chiffre somme toute très raisonnable... C'est moins que les fuites d'eau dans les canalisations d'adduction d'eau (environ 3 %), ou que les fuites de gaz naturel vers l'atmosphère (environ 4 %)!

mercredi, 01 novembre, 2006  
Blogger Patrick said...

Luc, pour toi qui trépigne d'impatience pour avoir un champ d'éoliennes devant chez toi, j'ai fait un rapide montage pour qu'en attendant les vraies, tu puisses quand même profiter de la vue à venir... ;-)

mercredi, 01 novembre, 2006  
Blogger Patrick said...

A la réflexion, je crois pouvoir résumer mon point de vue : EN FRANCE, les éoliennes, c'est une solution à un problème qu'on a pas...

Evidemment, ailleurs, ça peut être différent, comme en Allemagne ou en Italie...

Je crains d'ailleurs que cette aberration nous soit imposée par l'Union Européenne, qui impose qu'à terme, 20 % de l'énergie en Europe provienne de sources renouvelables (et le nucléaire n'en fait pas partie). Ca ne m'étonnerai pas d'ailleurs que, une fois qu'on aura vraiment pris la mesure de la question, on décide d'encourager la relance du nucléaire en le passant parmi les sources "propres", et que du coup, la France n'ai plus besoin de planter des éoliennes pour être au quota... On peut toujours rêver...

Le rapport STERN qui vient de tomber devrait à mon sens encourager ce genre de décision...

mercredi, 01 novembre, 2006  
Blogger Lointaine said...

Juste pour en rajouter une couche, savez vous que les éoliennes s'arrêtent quand il y a une panne générale d'électricité ?? Je l'ai constaté moi-même il y a trois ans à Copenhague, lors de la fameuse grande panne qui a affecté tout le Sud de la Scandinavie à cause d'une erreur informatique un peu bizarre. Ma collègue danoise s'est lancée dans un grand discours pour nous expliquer que ces grands trucs on besoin d'eletriciter pour tourner et que tous les enfants apprennent cela à l'école. J'avoue j'ai encore du mal à y croire. Peut être se sont elles arrêté de tourner justement parce que je ne sait quel signal informatique demandait l'arrêt de toute production justement.

150000 éoliennes pour couvrir les besoins de la France, ce n'est pas tant que cela finalement. Pourquoi ne peut on pas les mettre au milieux de ma mer (comme en face de CPH by the way)? Cela ne dérangerai la vue de personne.

mercredi, 01 novembre, 2006  
Blogger Lointaine said...

oooops, je voulais dire "au milieu de La mer" evidement.

mercredi, 01 novembre, 2006  
Blogger Patrick said...

Lointaine a peut-être raison. Lors du démarrage d'une éolienne, je l'ai observé mardi dernier, elle commence par s'orienter dans le vent, évidemment grâce à des moteurs électriques. Puis l'inclinaison des pales est réglée, toujours avec des petits moteurs, puis ça démarre. Et je suspecte (sans en être sûr) que le moulin est démarré aussi en inversant le générateur, car il n'y avait guère de vent, et ça a démarré plutôt vite à mon sens... Donc, en cas de panne générale, tout ça ne peut pas se faire ! Mais, bon, c'est un détail.

Des éoliennes en mer au large, c'est moins pire sauf que ça doit coûter encore plus cher. Mais pourquoi pas, pour les pays qui en ont besoin - ce qui, permettez-moi d'insister, n'est pas le cas de la France...

mercredi, 01 novembre, 2006  
Blogger Patrick said...

Pour les éoliennes-qui-ne-marchent-plus-quand-il-y-a-une-panne, en réalité, je pense qu'elles sont automatiquement mises hors service. Car lors d'une panne générale sur un réseau national (comme celle de 1978 en France ou en Italie en septembre 2003), c'est le réseau de transport qui est complètement disjoncté et indisponible. Les éoliennes ne peuvent donc plus verser leur énergie dans ce réseau. Il faut donc les arrêter, et les redémarrer lorsque le réseau de transport est rétabli.

jeudi, 02 novembre, 2006  
Blogger Patrick said...

En repassant aujourd’hui sur le site en question, j’ai pensé faire plaisir à ceux qui aiment les éoliennes ET les châteaux d’eau ET les lignes électriques. Sur cette photo, il y a la totale

Heureusement, sur le chemin du retour, j’ai découvert une petite chapelle désaffectée qui m’a remis des horreurs que j’avais vues précédemment…

Nota : J’ai utilisé la technique que Luc m’a fait découvrir ici, ce qui explique les pales multiples sur la photo, et les couleurs un peu étranges…

vendredi, 03 novembre, 2006  
Blogger Patrick said...

Au fait, pour Paul, je voudrais dire que je suis un grand admirateur des cathédrales de toutes les époques, y compris des temps modernes.

J'ai eu l'occasion de traverser le Pont de Millau - quelle splendeur... Avant son ouverture, j'ai visité le tunnel sous la manche - impressionnant... J'ai visité le Tokomac du JET en Angleterre - stupéfiant... L'aquarium de Chicago - merveilleux... La plus grosse centrale thermique d'Angleterre - médusant... La forge de feu Berliet - dantesque... La gare TGV et l'aéroport Saint Exupéry - superbe... Le laminoir à feuilles du Creusot - monumental... Et même l'usine de La Hague - imposant...

Mais tout ça a ou avait un sens... Ce qui, vous l'avez compris, ne m'apparait pas clairement dans le cas des éoliennes...

vendredi, 03 novembre, 2006  
Blogger Luc said...

@ Patrick : Tiens, viens voir Paris défiguré. Et va m'expliquer que ça a un sens ...

vendredi, 03 novembre, 2006  
Blogger Patrick said...

Ah, oui, la Tour Eiffel - élégante... J'avais oublié !

Oui, bon, elle ne sert plus à grand chose, sauf pendant l'exposition universelle de 1889, pour démontrer la grandeur de la France ! Enfin, elle attire des touristes, c'est bon pour notre balance commerciale !

Mais au fait, ne pourrait-on pas y installer trois ou quatre pales géantes, pour en faire une belle éolienne ? Ca serait très "tendance", non ?

samedi, 04 novembre, 2006  
Blogger Patrick said...

""L'importante panne d'électricité qui s'est produite samedi soir 4 novembre en Allemagne et qui a eu des conséquences sur toute l'Europe serait la conséquence d'une brutale chute des températures en Allemagne, qui a entraîné "une surchauffe" du réseau électrique allemand. En Belgique, plusieurs villes de Flandre et de Wallonie ont été touchées mais tout est rentré dans l'ordre. Bruxelles a pour sa part été épargnée et la panne a eu peu de conséquences sur le trafic ferroviaire. En Allemagne, plusieurs centaines de milliers d'habitants de Rhénanie-du-nord-Westphalie, notamment dans la région de Cologne, ont été plongés dans le noir pendant près d'une heure samedi soir à la suite d'une coupure de courant due à une insuffisante production d'électricité du réseau allemand. Des coupures de courant ont également affecté différentes régions de Bavière, du Bade-Wurtemberg et une partie de la Sarre, région frontalière de la France. Cette panne côté allemand a entraîné l'intervention du groupe public français EDF, qui a dû délester d'importantes capacités énergétiques pour rétablir le courant en Allemagne, ce qui, par contrecoup, a provoqué d'importantes coupures de courant en France, notamment à Paris. Les pannes allemandes ont également provoqué des coupures de courant dans plusieurs régions d'Italie.""

Contrairement à une idée reçue, grands froids ne s'accompagnent pas de grands vents, et c'est même plutôt le contraire... Il semble que la capacité thermique de l’Allemagne ne peut suppléer à une défaillance de leur capacité éolienne - et ils ont très peu de capacité hydraulique... L'Allemagne doit donc compter sur les capacités nucléaires et thermiques françaises en cas de grands froids... CQFD.

dimanche, 05 novembre, 2006  
Blogger Luc said...

@ Patrick : Moi, hier soir, le courant a été coupé vers 22 heures. On a allumé des bougies. Puis le courant est revenu 1 heure plus tard ...

Bravo, l'EDF !

Alors je te cite : "Des éoliennes en mer au large, c'est moins pire sauf que ça doit coûter encore plus cher. Mais pourquoi pas, pour les pays qui en ont besoin - ce qui, permettez-moi d'insister, n'est pas le cas de la France..."

Ah oui ? On a de la puissance en réserve en France ? C'est pas vraiment ce que j'ai pu constater hier soir ...

dimanche, 05 novembre, 2006  
Blogger Jack said...

Bon sur ce coup là, il faut donner raison à Patrick en Europe continentale les grands froids sont établis sous les grands anticyclones d’hiver et c’est vrai sous les anticyclones les éoliennes sont en panne, faute de vent. (C’est pareil en été et il ne faudra pas compter sur l’éolien pour faire tourner les climatiseurs)

Ce n’est pas le cas dans notre belle Provence, où froidure rime avec vent.

Je ne sais pas sur quel réseau vous êtes, mais moi je n’ai rien vu, pas la moindre saute de tension.

Luc : ce n’est pas parce que nous avons des centrales nucléaires que nous avons la vocation et la capacité à dépanner tous les pays d’Europe qui ont une politique énergétique désastreuse, inspirée par des écolos délirants. (je pense à l’Allemagne et l’Italie)
« Commune dénucléarizata » En Italie tu trouves çà sous le panneau de la ville ou du village : il signifie que le maire de la commune a décrété qu’aucune source radioactive n’est acceptée sur sa commune : si tu habites là et que tu choppe un cancer qui demande une radiothérapie, tu vas faire ta radiothérapie ailleurs.
C’est pareil pour l’électricité !
Patrick : personne n’a jamais dit que l’éolien pouvait constituer la ressource principale, « noch ein mal »

dimanche, 05 novembre, 2006  
Blogger Patrick said...

Luc, tu as dû mal lire...

C'est bien les éoliennes allemandes qui on failli hier soir, et EDF a dû venir à la rescousse pour éviter une catastrophe Européenne totale. Si l'allemagne avait une politique énergétique raisonnable, on n'aurait pas à jouer au Saint Bernard et à t'imposer une heure à la bougie...

Ca s'est passé un samedi. Si c'avait été un jour de semaine, je crains que ce soit toute l'Europe qui ait disjoncté... Mais, finalement, je souhaite qu'on ait bientôt deux ou trois pannes TOTALES en Europe. Ca rétablira la vérité des choses, et certains pays seront forcés de revenir au réalisme et lancer les programmes d'équipement correspondants...

"The answer, my friend, is NOT blowing in the wind"

dimanche, 05 novembre, 2006  
Blogger Patrick said...

Aujourd'hui, temps frisquet sur la France et pas de vent... Pas bon pour nos chères ( € € € ) éoliennes qui ne commencent à produire qu'à partir d'un vent de 4,5 m/s (16 km/h), et demandent des vents de 9 m/s (32 km/h pour donner leur pleine puissance...

J'espère que les Allemands ont mis toutes leurs centrales thermiques en branle (merci la pollution) pour tenter d'éviter un black-out généralisé en Europe lundi matin au démarrage des usines...

Ceci étant, tout ça ne m'a pas empêché de faire ma séance de natation, grâce aux bienfaits du Gulf Stream qui maintient la mer à 16 °C... Décidément, on devrait pouvoir en faire quelque chose, de toutes ces thermies que nous apporte gratuitement la mer...

dimanche, 05 novembre, 2006  
Anonymous Benoit said...

Mon seul commentaire concenrnant les problèmes d'insertion paysagère des éoliennes, tient en ces quelques chiffres:

France

- Poteaux moyenne et haute tension : 13 millions.
- Poteaux haute tension : 17 000.
- Poteaux très haute tension : 80 000.

source: http://www.quid.fr/2007/Energie/Electricite_En_France/2

En conclusion, lorsqu'il devient question d'un programe éolien de 5000 à 17 000 éoliennes, certains se découvrent une conscience paysagère pour défendre une énergie source de déchets de durée de vie se comptant en milliers d'années, et source de prolifération d'armes de destruction massive. De grace, gardons le sens des proportions !

samedi, 08 décembre, 2007  
Blogger Patrick said...

Bonne remarque, Benoit. Mais ce n'est pas parce que qu'il y a déjà d'ignobles pilones un peu partout que ça doit encourager à continuer ! Je suis évidemment en faveur de l'accélération de l'enfouissement (on dit "effacement") des réseaux de transport d'électricité. A noter que les 13 millions de poteaux basse et moyenne tension sont des poteaux de 5 à 10 mètres de hauteur. Les éoliennes modernes font plus de 80 mètres de hauteur, et certaines 120 mètres... Il y a une nuance...

Mais, encore une fois, si les éoliennes avaient un sens EN FRANCE METROPOLITAINE, je m'inclinerais. Mais, de fait, elles n'ont aucun sens, et ne font qu'entraîner des coûts supplémentaires, induire une pollution de l'atmosphère et abîmer les paysages.

Situation complètement différente pour la FRANCE D'OUTRE MER où là, la pertinence économique des éoliennes est évidente...

En revanche, Benoit, tu semble penser que 17 000 éoliennes vont permettre à la France de sortir du nucléaire ! Ce n'est évidemment pas le cas. Mieux vaudrait donc voir les choses en face et dépenser l'argent pour sur-sécuriser le nucléaire qui est là pour encore très, très longtemps...

lundi, 10 décembre, 2007  
Anonymous Anonyme said...

Impossible de sécuriser le nucléaire, contre un attentat de type 11 Septembre : un rapport confidentiel - défense français (divulgué suite à des fuites), admet à demi-mot que seul l'impact d'un avion militaire est gérable - pas celui d'un avion de ligne - : en d'autres mots, Tchernobyl II est inévitable, si quelques "fous d'Hallah" en décident ainsi ...

Avec le nucléaire, on est donc condamné à vivre avec une épée de Damoclès au dessus de la tête.

Qui, de plus, est capable d'affirmer que dans un à deux siècles la France, ou d'autre pays dotés de centrales nucléaires présenteront le même contexte qu'aujourd'hui en termes :

- de capacité technologique,

- de moyens financiers,

- de contre - pouvoirs démocratiques (déjà pas si brillants aujourd'hui), seuls moyens d'assurer une bonne application des règles de sécurité (associations type CRII-RAD, etc ...) ? Or on sait bien qu'un acteur unique, c'est à dire l'Etat et son pendant EDF, ne peuvent être à la fois juge et partie, et que de tels contre - pouvoirs sont indispensables,

- de paix, sans conflit avec une puissance ennemie (la Chine p. ex., suffisamment éloignée pour s'éviter les retombées, quoique ...) tentée de bombiner nos belles centrales pour nous faire taire définitivement, nous arrogants français ?

PERSONNE ! Ce serait tout simplement un PRECEDENT HISTORIQUE que d'avoir une aussi longue période de stabilité, il faudrait être bien naïf pour penser que les siècles à venir seront un long fleuve tranquille : du jamais vu en 5000 ans de civilisations !

Or les déchets, eux, seront toujours bien là (français, et étrangers stockés sur notre sol, comme les déchets dont les italiens ne veulent plus ....), pour quelques millénaires encore,

Enfin, le nucléaire ne présentera jamais plus de 3 à 5% de l'énergie produite mondialement, dixit l'AIEA, pourtant grande promotrice de cette énergie.

La chute d'une éolienne présente, quant à elle, un risque beaucoup plus limité ...

Toute raisons pour abandonner définitivement cette énergie ni sûre ni irremplacable.

Entre un panne du réseau et Tchernobyl II, le choix est vite fait, sauf à être ignorant de ce qu'est une pollution radioactive et de son horreur (mutations génétiques, etc ...),

Bien cordialement,

samedi, 22 décembre, 2007  
Blogger Jack said...

Bon résumons nous :
Le nucléaire est impossible à sécuriser à 100% compte tenu des dingues qui circulent en toute liberté.
L’éolien est incapable de satisfaire nos besoins.
Les centrales thermiques c’est cochon et ça fait plein de CO2.

Quelqu’un a une idée meilleure que retourner à l’âge des cavernes ?

samedi, 22 décembre, 2007  
Anonymous Benoit said...

La solution d'une satisfaction des besoins énergétiques de la France à l'aide d'éoliennes est réalisable, ci-dessous approche chiffrée :

Consommation finale d’électricité en 2006 (http://www.environnement.ccip.fr/energie/electricite/sources-production-electricite-francaise.htm) :

Résidentiel tertiaire 279 TWh
Agriculture 3 TWh
Industrie 125 TWh
Sidérurgie 11 TWh
Transports urbains et ferroviaires 12 TWh

TOTAL 430 TWh

(1 TWh = 1000 GWh = 1 000 000 MWh)

Energie "source" nécessaire en mode production éolien :
- 430 TWh × 22,8%* du temps annuel = 98 TWh consommés, pas de stockage, % rendement 80% = 123 TWh à produire,
- 430 TWh × 77,2% du temps annuel= 332 TWh consommés, stockage énergie nécessaire, % rendement stockage /restitution de 40% = 830 TWh à produire,

TOTAL = Energie "source" nécessaire = 952 TWh

Prod. annuelle d'1 éolienne de 2,0 MW : 2 MW × 8760 heures/an × 22,8%* du temps annuel = 3995 MWh = 0,0040 TWh
Nombre d'éoliennes de 2,0 MW nécessaires pour la production électrique française totale
952 TWh / 0,0040 TWh/éolienne = 238 437 éoliennes

Superficie de la France : 550 000 km2
-> soit 1 éolienne de 2,0 MW tous les 2,3 km2 en moyenne
Non compris la surface nécessaire pour les moyens de stockage de l'énergie

* ce chiffre de 22,8% est le pourcentage - équivalent du temps annuel (8760 h)de fonctionnement à pleine puissance d'une éolienne, fonction des conditions de vent moyennes sur l'année.

Quelques conclusions et remarques : cet exercice est théorique, il est hors de question de mettre tous ses oeufs dans le même panier, il faut donc jouer sur plusieurs tableaux :

- baisser la consommation énergétique de 30% (sans retourner à l'âge des cavernes): développer le concept de maison à basse consommation énergétique, isoleer l'ancien(50 kWh/m2/an, voire maison à énergie positive, contre 400 kWh/m2/an pour le parc global et 100 kWh/m2/an pour le neuf,

- revoir notre modèle individualiste de consommation / déplacements (personnes seules dans leur 4 × 4 à Paris dans les embouteillages est à mon avis une image assez parlante),

- viser 50 % d'éolien : 120 000 éoliennes (une tous les 4 km2 en moyenne sur l'ensemble du territoire), soit un peu plus que le nombre de pylônes THT en France, notre indépendance et notre sécurité (à tous les sens du terme) énergétiques, sont à ce prix (objectivement c'est moins vilain, demandez autour de vous, et pourtant entend on les détracteurs de l'éolien se plaindre des pylônes ?),

- et développer les autres formes d'énergies renouvelables (biomasse, solaire thermique, recherche en photovoltaïque pour le rendre plus compétitif, recherche dans les moyens de stockage de l'énergie...)

DONC: c'est faisable, et ce n'est pas une élucubration d'écologiste. CQFD.

samedi, 22 décembre, 2007  
Blogger Patrick said...

Excellente démonstration de Benoit, qui explique en long, en large et en travers la solution à un problème que, EN FRANCE METROPOLITAINE, on n'a pas...

De mon point de vue, il faut dépenser cet argent à sur-sécuriser notre filière nucléaire, et intensifier la recherche sur les centrales de quatrième génération capables de consommer une partie des déchets des centrales actuelles - en attendant le Graal de l'énergie : la fusion (dont ITER à Cadarache est le centre mondial de recherche).

En revanche, des éoliennes en Corse, à Mayotte ou en Guadeloupe pour soulager la production thermique locale, ça, c'est très bien...

mercredi, 02 janvier, 2008  
Blogger Patrick said...

"anonyme" parle d'un Tchernobyl II. On ne peut jamais rien exclure, mais on peut travailler pour prévenir les risques.

Les centrales de type Tchernobyl ont une enceinte unique. Toutes les centrales en France (exceptée une, je crois, celle de Fessenheim), sont à double enceinte, précisément pour contenir le risque de diffusion des produits radio actifs dans l'atmosphère en cas de pépin.

Les centrales actuelles n'ont pas de protection contre la fusion du coeur. C'est l'objet des centrales de type EPR qui comportent un réceptacle à coeur fondu.

Les centrales actuelles sont construites "au dessus du sol". Les centrales de quatrième génération pourraient être partiellement enterrées, pour prévenir les risques d'aggression externe, et les risques sysmiques.

En prenant un peu de hauteur sur ce débat, reconnaissons que c'est la technologie qui a fait progresser notre civilisation depuis l'âge de pierre. L'idée de renoncer aux avancées technologiques est donc résolument rétrograde. Si on a des problèmes, cherchons et appliquons la réponse technologique. Si on n'a pas de problème, ne cherchons pas de solution à ce non-problème...

mercredi, 02 janvier, 2008  
Blogger Benoit said...

Ne cherchons pas de solution à ce non problème de temps de paix.

En temps de guerre, nos belles centrales seront autant de cibles offertes à n'importe quel assaillant doté d'une aviation à peu près digne de ce nom.

Mais ça, on y réfléchira en temps de guerre.

Et puis une guerre, c'est tellement improbable.

Les français - c'est plus fort qu'eux - resteront toujours les spécialistes des lignes Maginot en tous genres.

mercredi, 02 janvier, 2008  
Blogger Patrick said...

Ah, Benoit évoque la vulnérabilité des centrales nucléaires en temps de guerre. C'est une question qui mériterait un vrai débat. Sa recommandation est donc de sortir du nucléaire à très court terme. Ce qui veut dire rentrer à fond dans le thermique (et l'éolien pour profiter des 30 % de temps où il y a du vent).

Depuis 50 ans, on a traité le sujet de la guerre par la dissuasion - et force est de constater que ça n'a pas si mal marché... On est en train aussi de tordre le cou aux guerres intra-européennes grâce à l'Union Européenne (qui un jour unifiera aussi sa défense). Restent la menace de guerre transcontinentale (mais la dissuation n'est-elle pas une réponse encore valable) et maintenant les menaces terroristes (notamment intégrisme Islamique).

Faut-il donc modeler notre politique énergétique en fonction des excités d'Allah ? Qu'en pensez-vous ?

jeudi, 03 janvier, 2008  
Blogger Jack said...

Certainement pas Patrick, car le problème avec le terrorisme, est que c'est une guerre faite à un pays en paix : et qu'aucune parade n'existe contre cela, même en devenant complètement parano. Contre le terrorisme il faut appliquer les mêmes remèdes que la grippe : faire avec.
Protéger les sites nucléaires du terrorisme n'est pas mission impossible, me semble-t-il.

vendredi, 04 janvier, 2008  
Blogger Benoit said...

La sécurité maximale : une utopie rattrapée par les facteurs humains et societaux .. par l'exemple :

extrait de http://www.nuclinfo.com/t/2010404msn.htm

« Lettre au journal LE MONDE

Objet: V/article "Manque de rigueur dans la sûreté nucléaire" daté 30/3/01

Messieurs,

Un article du 30 mars 01 présente le bilan que l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dresse tous les ans au sujet des centrales situées en France. L'accent a été mis sur la vigilance et la nécessité de rigueur. A qui s'adresse cette recommandation? Tous doivent faire preuve de diligence, du simple salarié jusqu'au directeur de la sûreté. Cependant les protagonistes ne sont pas égaux face à leurs obligations. Pour éviter déboires et malentendus il y a lieu d'apporter des précisions.

La vigilance et la rigueur ont un coût, surtout si le traitement des problèmes implique l'immobilisation ou la modification des installations. Les objectifs de rentabilité font aussi l'objet de vigilance; le conflit entre la technique et la gestion est arbitré au sein des entreprises suivant des rapports de force qui ne sont pas forcément en faveur de la sûreté.

La personne qui côtoie et détecte les lacunes techniques a souvent le statut de salarié; en France ce statut est très vulnérable au plan professionnel; même dans le domaine des matériels classés au plus haut des exigences de sûreté nucléaire, rien ne peut empêcher l'employeur d'appliquer les procédures disciplinaires au lieu de celles techniques; le licenciement pour insuffisance professionnelle est une décision strictement unilatérale de l'employeur, sans parade pour le salarié; la discrétion est assurée par le secret professionnel qui expose le salarié à des peines de 10 mois de prison et 100 000 Fr (15 245 Euros) d'amende ... »

La suite sur http://www.nuclinfo.com/t/2010404msn.htm

Conclusion, comme on le voit, l'utopie n'est donc pas l'apanage de certains écologistes qui croient qu'on peut mettre une éolienne sur sa voiture pour avancer, mais aussi chez ceux qui croient que la technique a seule droit au chapitre dans le nucléaire ...

dimanche, 06 janvier, 2008  
Blogger Benoit said...

Le coût réel de l’éolien offshore est estimé actuellement à environ 1,6 million d’euros le MW en mer (raccordement au réseau compris). Cependant, comme la ressource éolienne est bien meilleure en mer qu’à terre et compte tenu du fait que les éoliennes offshore auront une durée de vie plus longue que celles situées à terre, grâce à la turbulence très faible en mer, nous obtenons finalement un coût moyen de l’électricité éolienne offshore d’environ 0,04 € par kWh (taux d’actualisation de 5 %, durée de vie de 25 ans, coûts d’exploitation et d’entretien de 0,01€). Ce coût du kWh éolien serait donc équivalent à celui de kWh nucléaire estimé par EDF.

(source : http://www.enerzine.com/430/L-eolien-offshore-un-enjeu-majeur-pour-la-France/participatif.html)

Est-il bien nécessaire de préciser : sans les risques inhérents à la technologie nucléaire : accident, attaque terroriste, guerre, prolifération, démantèlement, mines d’uranium polluantes ?

dimanche, 13 janvier, 2008  
Blogger Patrick said...

Enfin, on commence à prendre conscience des réalités :
Éoliennes :
miracle ou arnaque ?

Je répète, pour ceux qui auraient raté les épidodes précédents (ou suivants) :
EN FRANCE METROPOLITAINE, nous n'avons absolument aucun besoin d'éoliennes.

lundi, 11 février, 2008  

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