Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

samedi 12 janvier 2008

La France ne cultivera pas d'OGM en 2008

MON 810.jpg

Le gouvernement français a décidé hier soir d'activer la clause de sauvegarde sur la culture du maïs OGM MON810.

L'Autriche a invoqué cette clause en 1999 pour le maïs MON 810 de Monsanto, qui avait été autorisé en Europe en 1998. Les nouvelles recherches apparues dans la littérature scientifique depuis cette date ont conduit la Hongrie et la Grèce à recourir, elles aussi, en 2005, à la clause de sauvegarde pour ce même maïs. L'Allemagne l'a également invoquée mais, après avoir obtenu de Monsanto un système de surveillance des cultures, elle l'a retirée en décembre 20

Rappelons que la culture du maîs OGM en plein champ a été autorisée en France en 1997 suite à la décision de Dominique Voynet (Les Verts), Ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement du gouvernement de Lionel Jospin (PS). Suite à cette décision, il y a actuellement en France 22.000 hectares de maïs OGM MON810, principalement dans le sud-ouest et par 2.000 agriculteurs. Mais ceci ne représente quand même que 0,75% des 2,8 millions d'hectares de maïs cultivés dans l'Hexagone. La France est le deuxième pays d'Europe à cultiver du maïs transgénique, derrière l'Espagne, qui en cultive 75000 hectares.

Enfin, ce n'est pas trop tôt. Il aura fallu attendre le Grenelle de l'Environnement pour commencer à réparer les dégâts écologiques des décisions des Verts et du PS en 1997 ...

Pour en savoir plus :
1. Avis sur la dissémination du maïs MON810 sur le territoire français (Grenelle Environnement)
2. Maïs OGM : la France déclenche la procédure de suspension (AFP)
3. Les OGM sont de plus en plus mal acceptés en Europe (Le Monde)
4. Les OGM sont ils dangereux pour la santé ? L'étude qui accuse (Gaïa)

Crédit illustration : AFP

9 Comments:

Blogger Julien said...

Luc ? Et tu crois que FNSEA a gentillement accepter cela ?

Il faut ragarder autrement les choses pour comprendre que chaque 'bonne chose' à sa contrepartie sombre : http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=187

samedi, 12 janvier, 2008  
Blogger Luc said...

@ julien : Merci pour ton lien Longue vie aux OGM !. J'ai été le lire, et je n'ai pas saisi le "côté sombre" de la Force.

Il est où le problème ? En clair ?

samedi, 12 janvier, 2008  
Blogger Jack said...

Pourquoi, sur ce sujet ne trouve-t-on pas d’information claire sur les risques des OGM, comparés aux cultures classiques utilisant les batteries de produits chimiques autorisés. Pourquoi la presse nous abreuve-t-elle d’opinions sans arguments et non de faits.
N’y a-t-il donc aucun journaliste capable de nous expliquer les enjeux, les risques dans un français accessible aux non bac + 8 en biologie.
Personnellement je ne comprends rien à la note scientifique trouvée sur le lien N°1, et vous ?
On oppose souvent la « nature » aux « produits de synthèses » en feignant d’ignorer que la nature recèle depuis toujours des plantes « naturellement » extrêmement toxiques. La pharmacopée utilise bon nombre d’entre elles depuis des siècles. La « nature » n’est ni bonne ni mauvaise, c’est ce que nous en faisons qui est bon ou mauvais pour nous ou pour les autres espèces.
On oublie aussi que nous ne cessons de tordre la « nature » depuis que nous avons cessé d’être des chasseurs-cueilleurs, en procédant par erreurs successives.
Tout cela pour dire que oui nous devons être d’autant plus prudents que nous avons massifié les méthodes, les procédures et les produits et que donc le moindre impact négatif joue comme jamais aux échelles planétaires.
Que du fait de ces échelles, les enjeux économiques sont colossaux et assez puissants pour acheter les consciences les mieux forgées...
Y aurait-il un journaliste scientifique honnête capable d’éclairer notre lanterne, ou sommes nous trop bêtes pour comprendre ?
A moins que plus personne ne soit capable d’avoir une vue d’ensemble sur la question ?

samedi, 12 janvier, 2008  
Blogger Patrick said...

Quand des intérêts économiques très importants sont en jeu, il faut s'attendre à de la désinformation, pas à de l'information.

Je ne suis résolument contre les OGM parce que :

- J'estime qu'on ne maîtrise pas la problématique et les conséquences à moyen - long terme (côté apprenti sorcier de jouer avec les gênes du vivant).

- J'estime qu'il est dangereux de mettre un pan entier de l'agriculture française entre les mains d'une société américaine (Monsanto).

En revanche, continuer la recherche de façon très contrôlée pour que, dans l'avenir, soit peut-être levé le doute sur le côté apprenti sorcier, je n'y suis pas opposé... Et pour développer une industrie OGM européenne qui ne mettra pas l'agriculture française et européenne entre les mains d'un état étranger...

dimanche, 13 janvier, 2008  
Blogger Luc said...

@ Jack : Voici quelques liens supplémentaires peut-être susceptibles d 'éclairer ta lanterne.

1. Dossier Scientifique : Les Organismes Génétiquement Modifiés (CNRS)
2. OGM : un tour d'horizon complet (Futura sciences)
3. Site interministériel sur les OGM
4. Organisme génétiquement modifié (Wikipédia)
5. Autorisation des OGM dans l'Union européenne (Wikipédia)
6. Les OGM : une clé pour l'avenir (si pro-OGM)

dimanche, 13 janvier, 2008  
Blogger Philippe.Piriac said...

Il me semble que le principe de précaution est évoqué quand
on ne connait pas l'impact du risque associés à ce que l'on envisage d'implémenter
et surtout qu'on ne sait pas raisonner juste tout simplement parce qu'on n'a meme d' idée suffisante des indicateurs qu'il faudrait suivre. ( c'est à dire que la mesure du risque n'est pas possible parce qu'on ne sait pas modéliser/formaliser l'analyse de risques)En substance, on ne peut donc pas prétendre à un instant t ( aujourdhui) qu'on saura couvrir le risque éventuel de demain

Face à cela, il y a trois approches me semble t il

1. ne rien faire ( approche: tout risque non analysable ressort dans de la boite de Pandore)

2. Avancer et apprendre en marchant en univers ouvert( approche "full positiviste; on se dit que le champ de connaissances futur et l'expérimentation permettront de faire face et qie soit on évitera l'occurence de la cata, soit on maîtrisera les conséquences

3. la meme chose que le 2, mais dans un environnement controlé ( reglementaire,espace d'expérimentation isolés, REx partagés,...)): on se dit le 2, mais on cantonne encore plus, de façon à cantonner l'impact de la catastrophe éventuelle.

Avec ce qui a été décidé ces jours ci , Il me semble qu'on vient de se dire qu'on passait du 2 ( trop hatif) au 3. Sage décision aujourd'hui

Reste maintenant à savoir comment on décidera que la phase expérimentale est terminée et qu'on saura éviter l'immobilisme du 1.
Ca ne va pas etre facile: En effet, dans le cas des végétaux, qui sont des organismes vivants en écosystèmes ouvert, j'ai du mal a voir qu'on pourra un jour prétendre qu'on connait tous les risques.
Se posera donc toujours la question de l'acceptation du "non zero risque".
Il est sage aujourd'hui me semble t il de faire jouer le principe de précaution.
Il serait raisonnable de s'interroger pour savoir comment on saura sire qu'on suffisamment appris pour ne plus travailler en système fermé.
Sinon on est parti pour un état stable en bocal expérimental

dimanche, 13 janvier, 2008  
Blogger Patrick said...

La compagnie Monsanto affirme que son maïs MON810 est absolument sans danger.

A ce propos, je rappelle que les compagnies de tabac n'en avaient strictement rien à faire que leur produit était cancérigène. Ils l'ont nié et dissimulé pendant des décennies. Ils ont même rajouté des saloperies dans leur daube pour rendre leurs clopes encore plus addictives (et nocives).

Surtout, ne faisons jamais confiance aux producteurs d'un produit pour juger de son innocuité.

mercredi, 16 janvier, 2008  
Blogger Paul said...

Ecrire que "la culture du maîs OGM en plein champ a été autorisée en France en 1997 suite à la décision de Dominique Voynet (Les Verts)" est carrément tordre le bras à la vérité.
Certe, Voynet faisait partie de ce gouvernement et elle n'est pas parvenue à empècher cette autorisation. Mais non seulement elle n'est pas à son origine, mais elle l'a combattu et est parvenue à limiter les dégats en interdisant d'autres cultures et en limitant cette autorisation à 3 ans. C'est Pierre Moscovici, alors ministre des affaires européennes, qui est à l'origine de ce texte.

jeudi, 17 janvier, 2008  
Blogger Luc said...

@ Paul : Merci de rectifier. Il n'en demeure pas moins vrai que la décision d'autoriser en France la culture du maïs OGM en plein champ a bien été prise par un gouvernement socialiste, avec Lionel Jospin à la tête et Dominiique Voynet (les Verts) Ministre de l'Ecologie.

On est bien d'accord ?

jeudi, 17 janvier, 2008  

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