Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

dimanche 18 janvier 2009

Dentrochronologie



Ces temps-ci j'ai du abattre quelques arbres, j'aime jouer au bucheron, c'est une saine activité, qui a le double mérite de chauffer à la coupe et dans la cheminée.
En même temps, voir tomber un arbre me sert toujours le cœur, il s'agit d'une vie qui s'effondre en un instant, bien qu'il ne s'agisse que d'une plante, on a un sentiment de respect à cet instant pour ce géant qui bascule lentement et s'effondre dans un grand craquement .

Celui-ci a une particularité qui vient renforcer ce sentiment, je lui ai compté les cernes et me suis aperçu que je venais d'abattre un conscrit : il est né la même année que moi!

Mais voici qui nous éloigne du titre de ce post : en cliquant sur la photo on accède au détail ou j'ai placé les décennies en 8 et il est possible de se rendre compte de l'extrême variabilité de la largeur des cernes : une par an. Le rapport entre la cerne maxi et mini est environ de 5.
La croissance de ce pin a donc varié de 1 à 5 en 64 ans.
Cette variabilité est bien entendu liée au climat qui influence directement le développement de l'arbre selon que les conditions de température et d'humidité lui sont favorables ou non.
Les étés 2001, 2002 et 2003 furent très favorables ainsi que les années 94 à 97, tandis que la décennie 78-88 fut particulièrement sévère.

Cela donne une idée de l'extrême variabilité du climat en un point précis du globe, et de la difficulté a produire une moyenne pour la terre dans son ensemble.
Par exemple la pluviométrie annuelle à Orange sur la période 1971-2008 varie de 415 à 1605 mm d'eau, soit un facteur 4.
C'est pourquoi les chiffres d'élévation de température qu'on jette en pâture au public n'ont guère de sens. Il est beaucoup plus parlant lorsqu'on veut démontrer le réchauffement de donner à voir la régression des glaces soit terrestres soit marines pour apporter des preuves tangibles, compréhensibles et incontestables du réchauffement.

11 Comments:

Blogger Patrick said...

Ah, ça, c'est pas mal ! Quelle coincidence que tu décides justement d'abattre un arbre qui est né en même temps que toi !

Ca serait intéressant de croiser tes mesures de cernes avec les données météorologiques de la région... Pas évident parce que, comme tu le dis, il y a la température et la pluviométrie - et sans doute aussi le taux d'humidité dans l'air, et l'ensoleillement... Et aussi peut-être l'influence des écoulements d'eau dans le sous-sol avoisinant, et des arbres voisins qui peuvent étouffer... Hum, ça se complique, cette histoire !

dimanche, 18 janvier, 2009  
Blogger Patrick said...

Au fait, ça va faire de belles flambées dans l'âtre au moins jusqu'à la fin de l'hiver. Bien. Mais avant que le dégagement de CO² qui va en résulter soit réabsorbé par le nouvel arbre que tu vas planter ce printemps, il faudra attendre 60 ans... Décidément, la logique "écologique" du "chauffons-nous au bois" m'échappe...

dimanche, 18 janvier, 2009  
Blogger Bruno du grand sud est said...

bon d'accord, tous les 100 ans on coupe un arbre du même age, de la même essence, au même endroit et on compare,faut tirer cette histoire de réchauffement au clair!

dimanche, 18 janvier, 2009  
Blogger Jack said...

Compliment pour ton nouveau chapeau, Patrick, tu ressembles à un ethnographe en vadrouille en Amérique du sud!
L'arbre, si je ne le coupe pas sera abattu un jour ou l'autre par la mistral et bouffé par les insectes xylophages et d'une manière ou d'une autre converti en CO2.
Lorsque je coupe et brule l'année suivante, j'accélère le processus et ce faisant on ne retrouvera l'état initial que lorsqu'un autre arbre (ou des)aura produit la même quantité de bois que celui-ci.
Entre temps il y a plus de CO2 dans l'atmosphère.
Le chauffage au bois n'est écologiquement neutre que si la masse de bois reste constante : ce qui est sans doute vrai en France globalement. Localement (dans mon jardin : ça n'est pas vrai )

lundi, 19 janvier, 2009  
Blogger Patrick said...

Jack, tu cites la régression des glaces terrestres comme bon indicateur d'un éventuel réchauffement climatique. Il se trouve que l'exemple le plus emblématique de la chose (les neiges du Kilimandjaro) n'est même pas un indicateur convainquant. Il a maintenant été démontré que les neiges en question ne fondent jamais, car la température au sommet du Kilimandjaro ne dépassent jamais zéro degrés. En revanche, le rayonnement solaire fait sublimer lesdites glaces (qui passent ainsi directement de la phase solide à la phase gazeuse). Une éventuelle régression des glaces découle donc de la conjonction d'un plus fort ensoleillement et de moins de précipitations (qui reconstituent le manteau neigeux). Se pose alors la question de savoir pourquoi il y a plus de soleil et moins de précipitations dans cette région. La réponse la plus couramment acceptée vise la désertification - celle-ci étant davantage due aux ravages de l'élevage qui a détruit la végétation avoisinnante qu'à un éventuel réchauffement : pas de végétation => pas d'humidité => pas de nuages => davantage de soleil et pas de neige sur le Kilimandjaro...

Quand aux glaciers qui régressent et qui sont largement médiatisés, il semble qu'il y en ait un nombre équivalent qui augmentent - mais ceux-là sont pudiquement passés sous silence...

L'indicateur qui me convaincrait un tout petit peu serait une élévation constatée du niveau de la mer - mais ce paramètre me semble plus souvent présenté comme une conséquence (genre : si la température globale augmente d'un degré, alors le niveau des mers augmentera de 50 cm). Mais les indications dans l'autre sens (genre : on mesure une élévation de 5 mm donc ça chauffe de 0,2 °C, me semblent rares). Et même cela serait à prendre avec des pincettes : les océans sont très loin d'être un milieu homogène, et les continents eux-mêmes sont en mouvement incessant. Et, franchement, mesurer le niveau global des océans au millimètre près, ça me laisse rêveur : devant chez moi, le moindre souffle de vent fait changer le niveau moyen de l'eau (et une tempête peut le faire varier d'un bon mètre)...

Quand aux exemples d'érosion côtière présentées comme "preuves" du réchauffement et de l'élévation du niveau des mers, c'est tout simplement risible... Mais monsieur-tout-le-monde gobe ça sans sourciller, "puisque c'est marqué dans le journal" !

lundi, 19 janvier, 2009  
Blogger Patrick said...

Jack, je te remercie pour ton compliment au sujet de mon chapeau.

Loin de moi l'idée de critiquer l'usage que tu fais de ton bois vieillissant ! C'est en effet mieux que de le laisser pourrir ! Mais je prenais cette occasion pour constater que le chauffage au bois pour tous impliquerait que chaque foyer dispose d'une petite forêt d'une centaine d'arbres (soigneusement renouvelés) pour que le schéma soit écologiquement viable. Je me demande si la surface de la France serait suffisante pour contenir (20 millions de foyers x 100 arbres)= 2 milliards d'arbres... A voir...

Bon. Je viens de faire le calcul, ça tient (superficie de la France = 700 milliards de m²) donc les 2 milliards d'arbres ne consommeraient que, disons, 30 milliards de m². A mon avis, ça passe. Moralité : plantons des arbres !

lundi, 19 janvier, 2009  
Blogger Jack said...

Patrick : Il semble que déjà 15% des français se chauffent encore (ou déjà) au bois, en ce qui me concerne c'est plus un agrément qu'un réel moyen de chauffage.
Je ne me défends pas, mais je voulais juste signaler qu'il faut bien prendre en compte lorsqu'on parle de CO2 les flux entrant et sortant : tout déstokage de carbone contribuant à augmenter la production de CO2.

lundi, 19 janvier, 2009  
Blogger Patrick said...

En creusant un peu le sujet, j'ai découvert que la forêt française occupait 14,2 millions d'hectares. C'est plus de 20% de la superficie de la France. Les 30 milliards de m² dont je parlais, ça ne fait que 3 millions d'hectares ! Moralité, on est bons, chauffons-nous au bois (à condition de replanter) - et bravo, Jack, tu nous montres la voie !

A titre de comparaison (en millions d'hectares) :

Allemagne 10,7
Belgique 0,6
Espagne 8,4
France 14,2
Grande Bretagne 2,3
Italie 6,8
Suède 24,4

mardi, 20 janvier, 2009  
Blogger Véronique S said...

Effectivement, notre beau pays a su préserver ses forêts! Il paraît que nous en sommes à peu près au même point qu'au Moyen-Age et nous savons tous qu'il faut remercier de grands hommes de Notre Histoire au passage pour certains grands travaux de reforestation... Comme quoi, tout est possible, le meilleur comme le pire. Là, il s'agit du meilleur et c'est tant mieux!
Vive la Nature et qu'elle nous protège encore longtemps!
Et puis évidemment, en ce jour béni, God bless America! Viva Obama!
:-D

mardi, 20 janvier, 2009  
Blogger Luc said...

@ Jack : Très émouvant, cet article !

En tous cas, la coupe de cet arbre confirme la sécheresse exceptionnelle de l'été 1976. On avait été en vacances dans le Devon avec Patrick, et l'été avait été absolument superbe. Les anglais se souviennent encore de cet été paradisiaque !

mercredi, 21 janvier, 2009  
Blogger Patrick said...

Oui, Luc, c'est rigolo de remonter le temps en observant les cernes ! Mon année de naissance à moi a été particulièrement fertile, semble-t-il... Un bon cru, en quelque sorte !

mercredi, 21 janvier, 2009  

Enregistrer un commentaire

<< Home