Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

dimanche 15 mars 2009

La France va rejoindre le commandement intégré de l’OTAN



Notre président a décidé de nous faire rejoindre le commandement intégré de l’OTAN, sans que le peuple ou ses représentants puissent librement confirmer ou infirmer cette orientation. Pourtant, son programme en 557 propositions ne mentionnait nullement cette intention. En l'élisant, les français ne lui ont donc pas donné "mandat" pour faire ça. Certes, il ne fallait pas être grand clerc pour deviner sa fascination pour tout ce qui est outre-Atlantique.

On nous dit que tout ça n’est pas bien grave, car on y est déjà, dans l’OTAN.

Personnellement, je n’ai jamais été américanophobe, pas plus que je ne suis russophobe ou islamophobe – ni même sinophobe. L’idée que nous nous affichions clairement comme amis des Etats-Unis d’Amérique me convient donc très bien.

Amis – mais pas vassaux.

L’idée que nous soyons intimement liés aux USA en matière de politique extérieure ne me plait pas du tout. Que nos ennemis nous soient désignés par le complexe militaro-industriel nord-américain (celui-là même qui a « fabriqué » la guerre en Irak pour faire consommer ses armes) ne me plait pas du tout.

Le général de Gaulle, par sa stature et sa compréhension du sujet - et pour cause ! - avait réussi à donner à la France ce statut d’amis mais pas vassaux. Alliés, mais pas alignés. Avec l’OTAN, mais libres de nos choix stratégiques.

Le monde entier va prendre acte de ce mouvement d'allégeance aux USA. Je perçois bien ce que ça apporte aux USA. Je ne perçois pas ce que ça apporte à la France.

21 Comments:

Blogger Bruno du grand sud est said...

Je ne sais quoi penser de ce "machin" .
Je regarde donc la liste des pays membres.
Toutes les grandes démocraties de ce monde y sont présentes.
J'ai la faiblesse de penser que ces nations ont leur libre arbitre.
Pour preuve,l'Allemagne, qui a refusé fermement la croisade irakienne.
On peut donc être membre et intelligent à la fois.
C'est rassurant je trouve.

lundi, 16 mars, 2009  
Blogger Patrick said...

Bruno : en 1960, De Gaulle avait traité de "machin" l'ONU. Il avait sans doute ses raisons, mais notre présence active à l'ONU en tant que membre du Conseil de Sécurité, à égalité avec les Etas-Unis, le Royaume-Uni, la Chine et la Russie, ne me semble pas poser problème...

Mais l'OTAN, c'est autre chose...

La politique, c'est l'art de désigner ses ennemis. Là, on va nous dire qui sont nos ennemis, et ça, je n'aime pas ça du tout. Je trouve qu'on est assez grands pour qu'on se les désigne tout seuls...

lundi, 16 mars, 2009  
Blogger Patrick said...

Au fait, on essaye de nous embrouiller en citant le cas de l'Allemagne lors de la seconde guerre du Golfe.

Mais dans cette guerre, ce n'est pas l'OTAN qui a été engagée, mais une coalition de 49 pays, dont la plupart ne participent pas à l'OTAN. Ce sont (par ordre alphabétique) : l'Afghanistan, l'Albanie, l'Angola, l'Australie, l'Azerbaïdjan, la Bulgarie, la Colombie, la Corée du Sud, le Costa Rica, le Danemark, la République dominicaine, le Salvador, l'Érythrée, l'Espagne, l'Estonie, les États-Unis, l'Éthiopie, la Géorgie, le Honduras, la Hongrie, l'Italie, l'Islande, le Japon, le Koweït, Lituanie, la République de Macédoine, les Îles Marshall, la Micronésie, la Mongolie, le Nicaragua, l'Ouganda, l'Ouzbékistan, les Palaos, le Panama, les Philippines, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, le Rwanda, Singapour, la Slovaquie, la République tchèque, le Royaume-Uni, les Tonga, la Turquie, l'Ukraine.

L'argument qu'on nous sert est donc mensonger. L'Allemagne a refusé de se joindre à la coalition, tout comme la France, la Russie et la Chine, mais il n'était pas question d'un engagement de l'OTAN. Rappelons à ce sujet que l'ONU n'avait pas donné son accord pour cette intervention, et que les Etats-Unis sont passé outre en constituant cette coalition...

lundi, 16 mars, 2009  
Blogger Bruno du grand sud est said...

le clin d'oeil au général n'a échappé à personne mais moi "le petit trouffion du grand sud est" je parle bien de l'otan.
notre défence militaire est juste suffisante et ce par sa dissuasion nucléaire, mais notre capacité à nous projeter hors de nos frontières pour protéger nos intérêts ou ressortissants est quasiment nulle, surtout depuis notre unique porte-avions est encore à quai pour réparations.
nous n'avons pas le choix ni n'avons les moyens de nos ambitions.
encore une fois unissons nous et faisons confiance à ces grandes (très grandes)nations qui composent l'otan.

lundi, 16 mars, 2009  
Blogger Patrick said...

Bruno, tu as raison, la France n'a pas la capacité d'entretenir une défense digne de ce nom. Mais plutôt que de verser dans la facilité de l'OTAN, peut-être devrait-on se préoccuper de défense européenne (qui, elle, pourrait faire un accord avec les USA - mais alors d'égal à égal)...

Les intérêts économiques et politiques des USA (qui est évidemment le premier contributeur financier à l'OTAN) pourraient ne pas toujours coincider avec ceux de l'europe...

Quand à nos capacités de projection, elles sont en effet bien maigres alors que nous sommes la dernière puissance à détenir des colonies (oups, je veux dire des DOM-TOM)... Mais peut-on raisonnablement penser que l'OTAN nous aidera lorsque notre Guyane Française sera envahie par je ne sais qui ?

lundi, 16 mars, 2009  
Blogger Patrick said...

Tiens, Bruno, en parlant de la défense de nos territoires excentrés, il me revient à l'esprit l'épisode des Malouines (Falklands), où l'OTAN n'a pas levé un petit doigt pour aider les Anglais à défendre leur dépendance, me semble-t-il...

Donc, quand il s'agit d'aller guerroyer pour l'intérêt des ricains, tout le monde est prié d'y aller. Mais quand ce sont les intérêts des autres pays membres qui sont en jeu, ces derniers sont priés de se démerder eux-mêmes...

Donc, quand le complexe militaro-industriel américain aura convaincu les dirigeants de leur pays d'aller guerroyer pour consommer quelques milliers de missiles et d'avions - euh, disons, en Corée du Nord, on sera tous priés de fournir avec enthousiasme de la chair à canon...

Mais quand le Général Alcazar (à moins que ce ne soit le Colonel Tapioca) fera main basse sur la Guyane française, on devra se démerder tout seuls...

mardi, 17 mars, 2009  
Blogger Jack said...

Nous avions cédé les Malouines à l'Argentine, s'était l'une des missions de Monsieur de Bougainville, dans son voyage autour du monde. Les argentins ne tentaient pas autre chose que récupérer leur bien : la neutralité américaine était de mise. Mauvais exemple Patrick.

mardi, 17 mars, 2009  
Blogger Jack said...

Pour revenir au sujet, si vous le voulez bien, je vais m’en tenir au tangible. Nous étions encore enfants lorsque De Gaulle fut rappelé au pouvoir par les français. En ce temps là notre beau pays était truffé de bases américaines, souvent nous croisions des véhicules de l’armée américaine sur nos routes et les avions de l’US Air Force vrombissaient dans le ciel de France. Pour être encore plus précis, je vivais entre deux bases importantes l’une était celle d’Etain et l’autre celle de Toul Rosières. Les militaires américains appréciaient beaucoup les petites françaises, qui elles mêmes se voyaient déjà partir avec eux vers ce qui semblait être le paradis américain. Tout cela se terminait souvent avec un « polichinelle dans le tiroir » après l’évaporation du vaillant soldat, rapatrié daredare.
Bref, les français ont oublié que De Gaulle nous a évité le statut de vaincu qui nous était réservé par nos libérateurs en même temps que les ex puissances de l’axe et leur alliés fascistes.
De même ceux qui ont voyagé un peu en Europe après le départ des troupes américaines de notre territoire, on observé que l’Allemagne, l’Italie accueillent toujours ces bases américaines. En méditerranée, j’ai pu observer la VI ième flotte à Taormina, dans la baie du Pirée et même passer à proximité de la base de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins dans l’archipel de la Magdalena au nord de la Sardaigne. Toutes ces armes sont sous contrôle américains et sont hors du contrôle des pays qui les accueillent.
Il ne s’agit pas d’occupation, mais l’Europe est visiblement un « jardin américain ».
Alors, notre retour dans le commandement de l’OTAN signifie-t-il que nous reverrons des bases et des militaires américains sur notre sol ? Je ne le pense pas. Mais je ne pense pas non plus qu’en s’alignant sur les autres, nous contribuerons réellement à restituer un peu de souveraineté à l’Europe, si dépourvue de crédibilité au plan militaire, face à la machine de guerre américaine. Nous sommes et restons un vassal des USA, c’est un fait.
Faut-il rappeler que le conflit Yougoslave fut réglé par les américains, opérant depuis la base d’Aviano en Italie du Nord, lumineuse démonstration de notre impuissance et de notre totale dépendance des USA.

mardi, 17 mars, 2009  
Blogger Patrick said...

Jack, d'un autre côté, on a de quoi accueillir quelques cow-boys dans quelques-unes de nos casernes abandonnées. Ca redonnerait un peu de vie à certaines villes de garnison sinistrées. Et Nicolas pourrait leur rendre visite en cheval, Ray Ban et santiag pour faire comme là-bas ;-)

mardi, 17 mars, 2009  
Blogger Bruno du grand sud est said...

pour reprendre ce caillou sans intérêt que sont les Malouines, les britanniques n'ont attendu personne.
Ce gros conflit a d'ailleurs fais moins de morts que la route .
Une chose est sure c'est que les américains défendront d'abord leurs intérêts, comme nous le ferions tous.
Quand ils ont débarqué en 44 c'était plus pour stopper la progression Russe que libérer l'Europe.
A cette époque nous étions beaucoup moins regardant aux GI qui se faisaient massacrer sur nos plages.
A choisir il valait mieux une présence américaine hypocrite avec des bases éparses qu'un pacte de Varsovie fraternel.

mardi, 17 mars, 2009  
Blogger Patrick said...

Quand Dwight Eisenhower, « Ike », avertissait ses compatriotes le 17 janvier 1961 des dangers d'une trop grosse influence des industriels liées au Département de la Défense des États-Unis, il savait de quoi il parlait.

Extrait : "Dans les conseils du gouvernement, nous devons prendre garde à l'acquisition d'une influence illégitime, qu'elle soit recherchée ou non, par le complexe militaro-industriel. Le risque d'un développement désastreux d'un pouvoir usurpé existe et persistera."

Cette industrie américaine n'est pas vraiment une industrie de défense, mais bien une industrie d'offensive. Elle a besoin de guerres pour consommer ses produits. L'idéal, pour elle, ce sont des guerres qui consomment des tas de missiles, de chars et d'avions de fabrication américaine, mais le moins possible de GIs. En revanche, que ces guerres consomment des européens, c'est pas grave. D'ou leur vif intérêt pour l'OTAN...

Le budget de la défense américaine a été d'environ 670 milliards de dollars en 2008. Lorsque les américains se retireront d'Irak, où ouvriront-ils un nouveau front pour consommer leurs armes - en nous invitant évidemment à participer ?

mardi, 17 mars, 2009  
Blogger Jack said...

Bruno,
Tiens tiens, les braves Gi's nous défendant du "péril rouge", c'est donc cela qui justifie la présence toujours actuelle des bases américaines en Europe?

Très loin de moi l'idée de sous estimer le sacrifice des pauvres types que l'on a envoyé se faire hacher sur les plages de Normandie, il ne faut pas tout mélanger: ils sont morts sous les balles allemandes et aussi de l'incompétence de leur commandement (comme c'est généralement le cas en temps de guerre)
Quant aux Malouines, renseignes toi, tous ces petits cailloux disséminés sur les vastes océans sont très loin d'être sans intérêt. Ils sont au contraire essentiels pour mener efficacement la guerre du renseignement qui fait actuellement toujours rage.

mardi, 17 mars, 2009  
Blogger Patrick said...

Jack, à propos de "péril rouge", j'ai lu dans un très récent article dans "Scientific American" la mention d'un certain poison qui serait actuellement produit par les soviétiques. Il y a donc des gens, outre Atlantique, qui n'ont pas encore percuté sur le fait que l'Union Soviétique n'existe plus depuis près de 20 ans ! Ils considèrent encore les russes comme leurs plus grand ennemi ! D'où la necessité impérieuse de l'OTAN pour se prémunir de cette insupportable menace !

mardi, 17 mars, 2009  
Blogger Bruno du grand sud est said...

Quand on voit ce qu'un Bush a pu apporter comme chaos tout en étant bridé par sa Constitution ,que doit-on craindre d'un équivalent russe ou chinois qui serait seul maître de toutes les décisions?
Dans ce contexte de grande quiétude ,il est sage de montrer nos gros muscles et nos grosses boules et tant pis si on aime pas tous les copains de la tablée.

Quant à nos cailloux disséminés de par le globe je serai prêt à payer un impôt supplémentaire une fois pour toute, à tout volontaire qui voudrait bien les annexer en commençant par la Guadeloupe et la Corse et tant pis pour les précieux renseignements qu'ils nous rapportent.

mardi, 17 mars, 2009  
Blogger Jack said...

Là Bruno, je te sens un peu énervé à propos de l'agitation qui règnent dans "nos territoires périphériques", je serais également enclin à les abandonner au sort peu enviables de leurs voisins locaux...
Mais il faudra aussi accepter une autre vague de retour d'expatriés pleins de l'amertume que procure les pertes de privilèges...

mercredi, 18 mars, 2009  
Blogger Patrick said...

Bruno, tu évoques la possible agressivité des russes ou des chinois.

Rappelons tout de même que depuis une quinzaine d'années, ce sont des armes occidentales qui ont été consommées sur les théatres de Bosnie, de l'Irak et de l'Afganistan - pour la bonne cause "bien entendu". Pas des armes russes ou chinoises...

A la lumière de cette constatation, si on fait l'effort intellectuel de se mettre à la place d'un russe ou d'un chinois, on peut comprendre qu'ils nous voient comme étant extrèmement agressifs, et qu'il convient pour eux de se protéger d'une possible agression de la part de l'occident...

mercredi, 18 mars, 2009  
Blogger Bruno du grand sud est said...

Américains et Russes sont les 2 grands champions, en alternance, des ventes d'armes,c'est bien le diable si on ne trouve pas une mine papillon ou une cartouche russe par ci par là quand même.
On pourrait demander à un Tchétchène,un enfant Afghan avec des moignons ou un Tibétain ce qu'ils pensent de la non violence russe ou chinoise
Ce qui m'inquiète ce n'est pas tant l'agressivité de ces pays mais le fait qu'ils soient puissamment armés et sans contre pouvoir digne de ce nom.
depuis 1933 nous avons fait de gros progrès dans la destruction de masse à distance.
Dans cet éden, un autre visionnaire pourrait apporter un peu de concret à nos scénarios les plus délirants.

mercredi, 18 mars, 2009  
Blogger Patrick said...

En Tchétchènie, c'est davantage des jeunes russes qui sont "consommés" que des armes (en tout cas des armes "lourdes"), me semble-t-il... Ce qui ne justifie en rien l'intervention en question, bien entendu... Quand aux Chinois, ils embêtent certes les bonzes Tibétains, mais à ma connaissance, aucune arme lourde n'est consommée là-bas...

Nous (l'occident), quand on va quelque part, c'est avec missiles de croisière, des porte avions, des chars et avions en grand nombre, etc.

Il y a une petite nuance, non ?

Bon, enfin, tout ça c'est du verbiage, notre président a décidé que nous allions réintégrer le commandemnt intégré de l'OTAN, et il s'est arrangé pour que personne ne l'en empèche. C'est comme ça, la nouvelle démocratie à la Française...

mercredi, 18 mars, 2009  
Blogger Patrick said...

Bon, donc notre président a eu ce qu'il voulait, on est "à la vie à la mort" avec les ricains.

Américains qui, soit dit en passant, ne se précipitent guère pour nous féliciter : Obama ne viendra même pas vraiment en France le 3 avril (le cimetière militaire de Colleville est territoire Américain) - et il se garde bien de venir serrer la louche de Nicolas à l'Elysée...

Donc, c'est quoi, le prochain conflit vers lequel le complexe militaro-industriel américain va nous lancer tous, la fleur au fusil ?

jeudi, 26 mars, 2009  
Blogger Patrick said...

J'ai le vague sentiment que le Président Obama va laisser passer un peu de temps avant de venir officiellement en France. Il y a "certaines amitiés" qui, lorsqu'elles sont affichées ostensiblement, laissent des séquelles...

dimanche, 29 mars, 2009  
Blogger Padraig said...

Voilà. Donc, en mars 2009, pour se mettre bien avec Obama et pour faire Atlantiste, Nicolas fait rentrer la France dans l'OTAN.

Résultat : Obama nous traite comme des nains, et maintenant qu'il a décidé de renforcer la pression en Afganistan, nous sommes priés de fournir de la chair à canon sans discuter.

Sur le fond, j'espère qu'Obama n'est pas en train de lancer l'Amérique (et ses alliés) dans un nouveau Vietnam... J'espère de tout coeur que son plan va fonctionner, et vite. Mais j'ai un vague (très gros) doute.

Ah, pourquoi s'est-on mis en tête de chasser les russes d'Afganistan ? A l'époque ils avaient presque réussi à pacifier le pays et à y faire régner un peu d'ordre et de liberté. Les femmes étaient éduquées et libre de s'habiller comme elles voulaient. Mais non, les russes, c'étaient forcément des méchants et il fallait les déloger en armant les talibans. Franchement, la diplomatie internationale a été nulle de chez nul, dans cette affaire...

Et nos soldats vont en payer le prix...

jeudi, 03 décembre, 2009  

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