Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

vendredi 29 juillet 2005

L'IRA dépose les armes



l'IRA vient d'annoncer qu'elle cessait toute action armée. D'ailleurs, en réaction immédiate, l'armée Anglaise a commencé le démantèlement des "watchtowers" en Irlande du Nord.

Comme quoi on n'est jamais à l'abri d'une bonne nouvelle !

C'est la fin d'une guerre civile, due à l'opression de l'occupant Anglais (et protestant) sur la population locale Irlandaise (et catholique).

Tout a commencé au XII° siècle quand le roi d'Angleterre Henri II conquiert l'Irlande. Cette domination est très mal vécue par le peuple Irlandais. Ca s'aggrave en 1541 quand Henri VIII étend la réforme protestante de force à l'Irlande catholique. Après des révoltes impitoyablement réprimées, c'est l'arrivée des colons protestants au XVII° et XVIII° siècle dans une Irlande écrasée et dépeuplée par les dernières luttes.

Puis en 1782, les mesures de rigueur contre les catholiques furent adoucies et le parlement de Londres reconnaît l'indépendance du Royaume d'Irlande. Mais cette indépendance sera de courte durée. Malgré l'opposition générale du pays, l'union est votée le 15 décembre 1800 et il n'y a plus de parlement à Dublin, et les 100 députés représentant l'Irlande siègeront à Londres.

Devant l'échec de l'action parlementaire et suite aux famines à répétitions et à l'exode des Irlandais vers les Etats-Unis, le Sinn Fein fut créé en 1900 réclamant la formation immédiate d'un parlement national Irlandais. Suite aux insurrections de Pâques 1916 (les Paques Sanglantes), l'IRA est fondée en 1919, organisation paramilitaire proche du Sinn Fein. Sa stratégie de guérilla aboutit au traité d'indépendance de 1921, mais qui laissa l'Ulster (Irlande du Nord) sous contrôle Anglais.

Ensuite, le combat continuera, très violent, jusqu'à nos jours. En 1972, une marche pacifique pour l'égalite des droits des catholiques et protestants en Irlande du Nord se terminera dans un bain de sang à Londonderry : 14 manifestants non-violents tués par l'armée Anglaise. C'est le "Bloody Sunday".

Aujourd'hui enfin, les catholiques Irlandais oppressés par les Protestants Anglais sur leur propre terre décident de déposer les armes. J'espère que les Anglais sauront prendre cette opportunité de conclure la paix en Irlande du Nord, après 800 ans d'occupation !

Pour en savoir plus :
1. L'IRA annonce son adieu aux armes (Le Figaro)
2. Paix irlandaise (Le Monde)
3. IRA says armed campaign is over (BBC news)
4. Conflit nord-irlandais (Wikipedia)
5. Insurrection de Pâques 1916 (Wikipedia)
6. Armée républicaine irlandaise (Wikipedia)
7. Bloody Sunday (1972) (Wikipedia)

Crédit photo : BBC news

6 Comments:

Blogger Patrick said...

Hum... C'est très encourageant, cette nouvelle. Il y en a eu de similaires dans le passé, espérons que ce sera "pour de vrai" cette fois-ci...

Quelques gouttes de sang irlandais coulent dans mes veines, ainsi que quelques gouttes de sang anglais et aussi écossais - rassurez-vous, il y a aussi du bon et sain sang français... Mon premier séjour en Irlande remonte à 1957, et plusieurs séjours ont suivi (touristiques et d'affaires -notamment à Belfast).

Du coup, mon point de vue ne peut être aussi "one-sided" que ne l'est cet article. En particulier, l'histoire de la conquête et de la domination par les Britanniques (qui apparaît aujourd'hui très blâmable) doit être vue dans le contexte de l'époque. Les Anglais ne faisaient là que ce que tous les pays "impérialistes" faisaient dans leurs conquêtes et colonies... France, Espagne, Portugal, et même Belgique n'étaient pas en reste !

Ayant travaillé 3 ans en Angleterre, j'ai souvent entendu le propos "Let them have it" (laissons tomber l'Irlande du Nord). L'ennui, c'est que la majorité de la population d'Irlande du Nord est favorable à l'Angleterre, et que l'économie d'Irlande du Nord est extrêmement dépendante de l'Angleterre. C'est un peu comme si nous disions : "Laissons tomber la Corse" sous prétexte qu'il y a quelques indépendantistes violents qui posent des bombes...

Et le problème est encore plus compliqué par par le fait religieux - mais qui, comme souvent, est plus un prétexte qu'un vrai problème...

Encore une fois, la paix en Irlande du Nord est très souhaitable. Espérons !

vendredi, 29 juillet, 2005  
Blogger Patrick said...

Luc, je relève dans l"article du monde que tu cites : " Pour leur part, les Etats-Unis, qui comptent une très forte communauté irlandaise, ont été sous le démocrate Bill Clinton, et depuis le deuxième mandat du républicain George W Bush, des acteurs discrets, mais essentiels. "

Voilà de quoi te réconcilier avec "W" ;-)

dimanche, 31 juillet, 2005  
Blogger Jack said...

Patrick,
Ta justification de la politique coloniale de l’Angleterre, vis à vis de l’Irlande est tirée par les cheveux…Ils ont certes fait comme tout le monde, je ne suis pas sûr que tout le monde ait opprimé ses conquêtes coloniales avec la même dureté, et surtout si prés de chez soi, le canal de Bristol est assez étroit.
Pour le reste je suis de ton avis.

dimanche, 31 juillet, 2005  
Blogger Luc said...

Si on veut fair des parralèle, je pense que le sentiments des Irlandais vis à vis de l'Ulster ça doit se rapprocher des sentiments des Français vis à vis de l'Alsace et la Lorraine : on ne laissera pas tomber tant qu'on n'aura pas réunifié la France.

Quant aux sentiments des Anglais vis à vis de l'Ulster, terre étrangère, de l'autre côté de l'eau, avec une religion différente, et où ils ont établi des colons... Le parallèle le plus pertinent vis à vis de ce comportement colonial, c'est peut-être les Français et l'Algérie ... Je pense. Non ? Ca vous choque, comme comparison ? Réfléchissez-y un peu.

dimanche, 31 juillet, 2005  
Blogger Patrick said...

Ca m'amuse comme en France on voue encore un culte assez marqué pour l'Empereur Napoléon qui a passé le plus clair de sa vie à guerroyer et à massacrer tout autour de lui. Demandez donc aux Espagnols ce qu'ils pensent de Napoléon. Et les Russes se souviennent encore de la campagne de Russie... On ne en France retiens que les ors de l'Empire et les fastes de Napoléon, et on met pudiquement sous le tapis ce qu'il en a coûté aux peuples qu'il a pillé et massacré... Non, vraiment, on n'est pas en position de donner des leçons de bonne conduite à qui que ce soit...

Bon, ça ne justifie en rien une mauvaise attitude des anglais envers les Irlandais. Mais, encore une fois, dans le contexte de l'époque*, je ne pense pas que leur attitude ait été "hors norme". Il y a un seul point sur lequel leur attitude m'apparaît très critiquable, même replacée dans l'époque. Et ce point a échappé à Luc qui ne l'a pas cité ! C'est l'épisode de la Grande Famine, de 1845 à 1851, due à une maladie de la pomme de terre (la brunissure), qui a affamé et tué environ 1 000 000 d'irlandais, et qui en a poussé 1 500 000 autres vers l'Amérique. Il semble que les Anglais n'aient pas fait grand chose pour les aider, alors qu'ils en avaient (dit-on) la capacité. Les anglais n'aiment pas du tout aborder cet épisode honteuse de leur histoire...

* "Contexte de l'époque" : ne doutons pas un seul instant que les générations futures verrons notre temps comme une époque barbare, injuste et violente. Hier, on exécutait des condamnés à la peine de mort. Aujourd'hui, on trouve ça barbare. Demain, on jugera barbare le fait d'avoir enfermé des condamnés dans des prisons sordides pour de longues périodes. On jugera peut-être barbare le fait de maintenir en vie des malades qui aspirent au repos éternel. On jugera peut-être barbare le fait d'avoir laissé naître des enfants handicapés... Ce qui est "barbare" est étroitement dépendant du contexte historique...

Juger l'histoire à l'aulne de la société d'aujourd'hui peut être très trompeur...

dimanche, 31 juillet, 2005  
Blogger Jack said...

Patrick,
C’est bien de cette dureté là dont je parle dans mon dernier commentaire, il ne m’apparaît pas qu’aucun des colonisateurs de l’époque ait laissé crevé de faim les peuples qu’ils avaient asservis. (c’est depuis que les colons sont partis qu’ils crèvent de faim… )
Circonstance aggravante, comme je l’ai aussi rappelé, c’est à leur porte, quasi sous leurs yeux, que ce désastre est arrivé …
J’ai découvert tout cela lors de notre petit tour en Irlande l’année passée, où nous avons soigneusement évité l’Ulster.
Les Anglais ont raison d’avoir honte encore aujourd’hui, car ce comportement était « hors normes » même à cette époque pour reprendre tes termes.
Quant aux boucheries Napoléoniennes on est bien d’accord, mais je ne vois pas le rapport ? c’est à cause de la Corse ?

dimanche, 31 juillet, 2005  

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