Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

dimanche 27 janvier 2008

Jacques Attali remet son rapport sur la libération de la croissance française

Attali

Jacques Attali a remis cette semaine à Nicolas Sarkozy le Rapport de la Commission pour la libération de la croissance française qu'il présidé.

Ce rapport liste 300 mesures qu'il serait indispensable d'appliquer pour libérer l'économie de notre pays, prisonnière d'un réseau inextricable de contraintes résultant d'un amoncellement de lois contradictoires dans lequel plus personne n'arrive à s'y retrouver.

Je ne suis pas un farouche partisan de la croissance pour la croissance, loin de là. Mais vu la situation où nous nous trouvons, il serait urgent que Nicolas Sarkozy s'attelle à la tâche, et surtout, qu'il ne se décourage pas !

S'il réussit dans son quinquennat à faire appliquer les conclusions du Grenelle de l'Environnement et les conclusions du rapport Attali, on pourra lui tirer un grand coup de chapeau !

Pour en savoir plus :
1. Libération de la Croissance Française (site officiel)
2. Rapport de la Commission pour la libération de la croissance française (fichier .pdf)

Crédit photo : Gonzalo Fuentes

15 Comments:

Blogger Philippe.Piriac said...

J'ai eu l'occasion d'écouter Jacques Attali sur LCP lors de son audition à la Commission Economique de l'Assemblée nationale pilotée par Patrick Ollier.
C'était plutôt surréaliste de voir des élus de terrain "converser" avec Jacques Attali qui était en "grande forme".

J'ai vu qu'il fait le tour des autres commissions ( notamment les affaires sociales et les Finances)
( mardi 29/01 18h notamment)

Je ne sais si ces auditions seront retransmises elles aussi sur LCP mais si oui et que vous le pouviez, écoutez ces auditions.
( Elles sont généralement retransmises en fin de soirée)

Ca vaut le temps et largement la star académy

dimanche, 27 janvier, 2008  
Blogger Patrick said...

Pas de problème. Super-Sarko a promis au lancement du rapport qu'il en appliquerai toutes les mesures.

Au fait, c'est pas 300 mesures, c'est 316 - et à faire tambour battant (toutes les 316 mesures doivent être lancées avant juin 2009).

Et parmi les mesures, il y en a de précises (genre "Proposer des locaux dans les ZEP aux associations des habitants du quartier" - proposition 159), mais il y en a qui sont de vagues généralités (du genre "Mieux organiser avec les entreprises de la région des bourses d'emploi et de stages - décision 15 "). Est-ce bien sérieux ?

Mais il semble que Super-Sarko s'est peut-être un peu avancé vite, non ? Déjà, le coup des départements, il rechigne, semble-t-il...

Et puis il semble que M. Attali fait fi des représentants du peuple... Le Parlement ne semble pas avoir son mot à dire... Doit-on dans la foulée supprimer le Parlement ?

La question est : est-ce que tout cela est possible ? Et tout ça finalement pour obtenir le fameux point de croissance que Super-Sarko promettait d'aller nous chercher tout seul ! Et le point, on l'aurait seulement en 2012 d'après le rapport Attali ! Finalement, Nicolas doit se rendre compte que ce n'était pas si facile, d'obtenir ce point de croissance...

Ses fanfaronnades lui retomberont l'une après l'autre sur le bec...

Vite, qu'il se marie, afin de détourner l'attention !

dimanche, 27 janvier, 2008  
Blogger Jack said...

Alors : Il y a la question du rapporteur « Jacques Attali » j’entends fuser les critiques sur son rôle de conseiller de Mitterrand : pas crédible, etc...
Moi je pense qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et refusent de voir leurs erreurs. (Personnellement il y a même une époque où j’ai voté Duclos, c’est dire... ne pas tenir compte de ce que l’histoire nous a appris c’est de l’entêtement)
Il y a aussi une autre question, plus sérieuse celle là, à quoi sert le gouvernement s’il faut demander à une commission, non gouvernementale, non parlementaire d’élaborer un programme ?
Je réponds que cette commission est composée d’experts (pas d’imbéciles comme l’a si bien indiqué Jacques Attali, sur Europe1) et que le gouvernement est là pour conduire la réforme et le parlement pour la mettre sous forme de loi.
Je n’en suis qu’à la page 55 du rapport, tout ce qui est écrit sur l’éducation nationale m’apparait intelligent, mais il risque de falloir plus qu’un rapport pour faire bouger le mammouth, pourtant il FAUT qu’il bouge, c’est la cause principale de la « maladie » dont souffre ce pays.
Il y a aussi une autre chose qui me plait bien dans la méthode : on regarde ailleurs, si d’autres pays n’auraient pas eu des problèmes similaires et si par hasard ils n’auraient pas déjà des solutions qui fonctionnent : ce n’est pas con et surtout c’est nouveau. En France, on n’aime pas les solutions qui viennent d’ailleurs et du coup on a tendance à réinventer l’eau chaude.
Il est vrai aussi que ce qui fonctionne au Danemark n’est pas forcément transposable à Marseille : ce n’est pas exactement le même état d’esprit, et il ne faut pas oublier d’en tenir compte, si vous voyez ce que je veux dire...
Le civisme n’est pas une spécialité méridionale, ça doit pouvoir s’apprendre à l’école, mais c’est plus facile si c’est aussi la norme des parents, voyez vous ?

Patrick : qu’il subsiste quelques généralités dans ce rapport est exact, mais il faut tout de même laisser un peu de travail aux chambres et au gouvernement, non ?
Et lorsque tu dis que la France n’est pas réformable si facilement, tu enfonces des portes ouvertes, si c’était si facile, les prédécesseurs l’auraient fait au lieu de « faignasser ». Sarkozy, n’a jamais dit que ce serait facile, par contre il a dit que nous n’avions plus le choix, ce n’est pas tout à fait la même chose.
Comme nous avons beaucoup trop attendu, nous n’avons plus trop le temps de finasser, il y a urgence.

Supprimer les départements, je pense que c’est une très bonne idée, et je ne comprends pas les réticences du président : voici justement un sujet qui mérite que nous regardions chez nos voisins.(et de préférence, là où ça marche...)

dimanche, 27 janvier, 2008  
Blogger Patrick said...

Je vais me tuyauter un peu plus sur cette histoire de départements. Mais, à première vue, n'est-ce pas simplement le retour du balancier de la décentralisation ? D'une certaine manière, n'est-ce pas là une proposition de recentralisation au niveau des régions ?

En ce moment, je suis en rapport avec Mme la Conseillère Générale sur certains dossiers. Je constate qu'elle est parfaitement au courant des dossiers. Le conseil Général du Finistère est à Quimper (40 km). En sera-t-il de même si tout se retrouve centralisé à Rennes (340 km) ?

J'entend dire aussi qu'il faut donner plus d'importance aux Communautés de Communes. Là aussi, n'est-ce pas tout simplement un retour en arrière alors que la tendance était de tout faire supporter aux Maires ? Ceci étant, mon expérience locale va nettement en faveur des Communautés de Communes. Donc, là, pas d'objection : vive les Communautés de Communes !

mardi, 29 janvier, 2008  
Blogger Jack said...

Patrick, tu as raison, sauf que dans décentralisation, il y a dé = préfixe privatif, ce qui signifie moins de pouvoir central et plus de pouvoir en région. On a donc crée de nouveaux pouvoirs sans retirer les anciens, dans ces conditions il eut mieux valu s'abstenir.
Pour ce faire une idée de l'efficacité de notre organisation politique et administrative, peut-être suffit-il de comparer le nombre de nos niveaux à celui de nos camarades d'Europe.

mardi, 29 janvier, 2008  
Blogger Patrick said...

Au fait, Luc, on te sens un peu mal à l'aise sur ce coup-là... Nicolas veut aller "chercher la croissance avec les dents". Bon. Et Attali propose une révolution pour y arriver... On va même faire fi de toute précaution 'qui freine la croissance) !

Mais si c'est ça, alors on ne peut pas en même temps espérer s'occuper de la planète...

Croissance sans limite et respect de notre planète peuvent-ils faire bon ménage ? Bush dit oui (c'est la technologie qui sauvera la planète - inutile de signer le protocole de Kyoto)... Sarko semble s'engager dans la même voie...

Décidément, sa fameuse poignée de main avec Bush en septembre 2006 était lourde de sens !

mercredi, 30 janvier, 2008  
Blogger Luc said...

@ Patrick : "Croissance sans limite et respect de notre planète peuvent-ils faire bon ménage ?"

Ben non, évidemment !

Ceci dit, collectivisme et respect de notre planète ne font pas non plus bon ménage. On l'a bien vu dans toutes les réalisations soviétiques (Tchernobyl, le barrage d'Assouan, la mer d'Aral, etc ...)

Bon.

En tous cas, je pense que les mesures du rapport Attali vont généralement dans le bon sens en ce qui concerne la libération de l'économie de la France.

Et d'ailleurs, juste une question : peux-tu m'en citer une seule qui soit incompatible avec le Grenelle de l'Environnement ?

En attendant, je me sens plutôt à l'aise, sur ce coup-là. :-)

mercredi, 30 janvier, 2008  
Blogger Patrick said...

"Peux-tu m'en citer une seule qui soit incompatible avec le Grenelle de l'Environnement", me demandes Luc...

Alors, voyons voir...

Que dire de la décision 89 de développer MASSIVEMENT les recherches en matière d'OGM pour évaluer leur inocuité... Une façon alambiquée de dire qu'on doit se lancer à corps perdu dans les OGM...

Ou encore de la recommandation d'abroger l'article 5 de la Charte de l'Environnement de 2004 (c'est à dire le "principe de précaution") - pages 91 et 92 du rapport... En d'autres termes, allons-y gaiement, polluons sans vergogne, nos enfants payeront les pots cassés...

D'ailleurs, puisqu'on ne devra plus prendre de précautions, plantons des OGM à tout va, on verra bien s'il y a des dégâts après !

Pas très "Grenelle" tout ça, si ?

Nicolas a demandé à Attali comment s'y prendre pour lancer la France dans une croissance effreinée. Attali lui a répondu. Mais on ne lui a pas demandé de faire dans l'écologie ni même dans le "durable" !

Bon, alors, quand est-ce qu'ils se marient, pour faire diversion ?

mercredi, 30 janvier, 2008  
Blogger Patrick said...

Il y a aussi la décison 85 relative au maintien du rythme de construction des centrales nucléaires, qui ne me semble pas très "Grenelle" non plus.

Les lecteurs assidus de ce Blog savent néanmoins que je suis tout à fait en faveur de cette orientation, ainsi que le la décision 86 qui vise à maintenir le rôle de l'état dans le nucléaire. J'irai même plus loin : non à la privatisation du nucléaire civil (pour des raisons de sécurité).

Personnellement, j'aurais aimé lire une décision 86 bis qui augmenterait massivement les investissements en matière de sécurisation des centrales nucléaires existantes, pour que le risque infinitésimal d'un nouveau Tchernobyl soit encore réduit...

jeudi, 31 janvier, 2008  
Blogger Luc said...

@ Patrick : Passons en revue les décisions que tu as sélectionnées :

Décision 89 : Développer massivement les recherches en matière d’OGM pour évaluer leur innocuité.
Faire ce qu'il faut pour déterminer si oui ou non les OGM posent problème à l'environnement me paraît tout à fait souhaitable dans le cadre du Grenelle de l'Environnement !

Objectif : Repenser le principe de précaution : La nécessité de la protection est incontestable. Elle est établie et reconnue par les textes européens. (...) En vertu de ce texte constitutionnel modifié en 2005, l’administration est supposée être en
mesure de suivre l’ensemble des recherches scientifiques, ce qui paraît peu réaliste. Ne pouvant le faire, l’administration recourra donc très souvent à l’interdiction, solution la plus certaine juridiquement, la plus confortable administrativement, et la plus pénalisante pour notre croissance. (...) Dans la réalité française, le principe de précaution conduit à des situations d’indécision qui sont pénalisantes pour les industriels et, de manière générale, pour l’investissement à long terme. (...) En conséquence, il semble opportun d’abroger, ou à défaut de préciser très strictement la portée de l’article 5 de la Charte de l’environnement de 2004.

C'est vrai que "le principe de précaution" a été en France une bonne excuse pour tout bloquer dans pas mal de domaines, alors que, dans le même temps, on autorise tout et n'importe quoi dans d'autres domaines pour lesquels il y a des lobbys puissants. Qu'il faille abroger, ou à défaut de préciser très strictement la portée de l’article 5 de la Charte de l’environnement de 2004 me paraît une mesure de bon sens. J'ai bien dit "la portée de l'article", pas le principe de précaution lui-même, qui n'est à aucun moment remis en cause en tant que principe. Et tu noteras au passage qu'il s'agit là d'un "objectif" et pas d'une "décision".

Décision 85 : Maintenir le rôle du nucléaire et le rythme de construction de centrales.
Rappelle-moi : c'est écrit où dans le Grenelle de l'Environnement qu'il faut arrêter de construire des centrales nucléaires ? Sur ce sujet ils ont simplement conclu à un constat de désaccord : "Certains contributeurs proposent l'arrêt de l'EPR et l'arrêt de la recherche sur le réacteur de 4ème génération, en vue de réduire le parc nucléaire. D'autres proposent de s'appuyer sur l'énergie électronucléaire pour maintenir un portefeuille énergétique faiblement émetteur de dioxyde de carbone, en menant à bien les programmes de l’EPR et du réacteur de 4e génération. "

Donc, on voit que des 3 points que tu as soulevés, aucun ne vient en contradiction avec les conclusions du Grenelle de l'Environnement. Tout bien comme j'avais dit !

Vous reprendrez bien un peu de clafoutis ?

jeudi, 31 janvier, 2008  
Blogger Patrick said...

On entend beaucoup dire que le "principe de précaution" a pour "tout bloqué dans pas mal de domaines". Luc le dis lui-même.

Euh, au fait, ça a bloqué quoi, au juste ?

dimanche, 03 février, 2008  
Blogger Patrick said...

Bon. Personne ne répond ? Alors, ça n'a pas dû bloquer grand chose, finalement...

mardi, 05 février, 2008  
Blogger Jack said...

A propos du principe de précaution, Patrick, mon attention fut attirée ce WE par un article du
Figaro assez consternant pour qui s’intéresse un peu à la science des statistiques.
C’est à présent un peu loin dans mes souvenirs, mais j’ai retenu, qu’il fallait une bonne dose d’humilité pour accepter de ne pas tirer de conclusions, lorsque les chiffres n’autorisent pas de conclure. Humilité dont beaucoup de nos contemporains restent dépourvus.
Que dit cet article si l’on s’en tient aux chiffres qu’il cite.
0.43% de 27363 soit 120 personnes ont des pensées morbides après avoir pris ce médicament.
Contre 0.22% des 16029 malades traités avec un placébo soit 35 personnes.

Ensuite, il indique que l’on déplore 4 suicides parmi la population traitée et aucun dans la population sous placebo.
On observe que le taux mondial de suicide est exactement celui de la population traitée soit 145 pour 1 million.
Les gars qui tirent des conclusions avec de telles données sont très forts.

Moi, j’ai plutôt envie de tirer comme conclusion qu’il faut mettre toute la planète sous placébo, on empêchera ainsi tout suicide à l’échelle planétaire...


L’article, qui n’est pas signé ne donne pas d’info sur le médicament incriminé.

Je dis que si le principe de précaution doit s’appliquer avec des bases aussi faibles, alors oui, il y a de quoi tout immobiliser et nous transformer tous en statue de sel.

mardi, 05 février, 2008  
Blogger Patrick said...

"Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques", a dit Mark Twain...

Et, de Alfred Sauvy : "Dans toute statistique, l'inexactitude du nombre est compensée par la précision des décimales".

mercredi, 06 février, 2008  
Blogger Patrick said...

Je lis dans la presse :

"Dès cette année, des essais de cultures OGM seront réalisés en plein champ. Le ministre de l’Agriculture a pris tout le monde de court, en l’annonçant aux sénateurs, lors de l’examen du projet de loi sur les OGM.

Le débat sur les OGM avait à peine commencé, au Sénat — et il promettait d’être animé — que Michel Barnier mettait les pieds dans le plat. Le ministre de l’Agriculture a annoncé la reprise des essais de cultures en plein champ, et ce, dès cette année.
“A cette fin, j’ai obtenu que par décret une commission d’évaluation des demandes d’autorisation d’essais en plein champ soit mise en place. Cette commission nous permettra d’autoriser dès 2008 des essais en champs dans des conditions sécurisées.”

On est très loin de ce qui avait été convenu lors du Grenelle de l’environnement.
"

Bah, encore des journaleux qui n'ont rien compris, sans doute !

Sur le fond, je crois qu'il y a beaucoup de gens (et particulièrement nos ministres et députés) qui ne voient pas trop la différence entre amélioration des semences par voie de sélection (technique qui ne présente guère de risque), et création d'organismes génétiquement modifiés (ce pour quoi j'ai la plus grande réserve).

Et puis il y a cette grande menace de voir l'agriculture mondiale tomber dans les mains d'un groupe industriel américain (Monsanto). La réponse que nous semblons prendre, c'est de développer la recherche pour développer notre propre industrie OGM et concurrencer Monsato.

C'est un peu comme de dire : Philip Morris fait des cigarettes, ils vont investir le marché mondial, on va donc les concurrencer en fabricant nos propres cigarettes. C'est ce qu'on a fait pendant cent ans avant de venir à la raison : se débarasser de la Seita et combattre le tabac.

Comme la tendance est de faire fi de toute précaution, allons-y gaiement, jouons aux apprentis sorciers, et si nos enfants en pâtissent, ils se démerderont pour corriger nos erreurs, nous on ne sera plus là...

jeudi, 07 février, 2008  

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