Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

lundi 14 janvier 2008

Touche pas à ma plaque !

Plaque.jpg

Le 1er janvier 2009, le système de numérotation des plaques d'immatriculation françaises va changer. Chaque véhicule aura un numéro "à vie", du style de celui que vous voyez ci-dessus, et dans lequel le numéro du département aura disparu. A gauche, le logo de l'Union Européenne. Puis une suite de 7 caractères maximum, avec dans l'ordre 2 lettres, 3 chiffres et à nouveau 2 lettres. Puis, à droite une zone facultative avec un petit emblème, et, en dessous, par exemple, le numéro du département, tellement petit qu'il sera en fait illisible.

On va donc assister à la disparition du numéro du département dans la plaque d'immatriculation.

Ceci veut dire, par exemple, plus de voiture 75 rayées à Marseille, plus de jeux avec les gosses sur la route des vacances basées sur les plaques des voitures, plus de possibilité de reconnaître les "pays" quand on arrive au terrain de camping, etc ...

C'est tout un pan de notre histoire qui disparaît d'un coup ! Alors, un certain nombre de départements viennent déjà de rentrer en résistance :

- L'Ardèche (07) : Le mois dernier, le conseil général de l'Ardèche a pris une délibération, votée à l'unanimité, pour que le numéro du département (07) puisse continuer à figurer sur les plaques. « Le 7, c'est un chiffre porte-bonheur pour l'Ardèche. Il fait partie de nos vies. C'est un élément de notre identité. Si on ne fait plus de différence entre les Ardéchois et nos voisins drômois (26), il n'y aura plus d'engueulades sympathiques sur les routes. »
- L'Aude (11) : En Languedoc-Roussillon, la région n'a pas laissé le choix à ses cinq départements. La partie droite de la plaque d'immatriculation sera exclusivement réservée au logo régional. Les conseils généraux devront donc réfléchir à un subterfuge pour afficher eux aussi leur identité. Le conseil général de l'Aude a déjà sa petite idée en tête. Les élus audois planchent déjà sur un marquage extérieur et gratuit du numéro 11 sur les véhicules neufs.
- La Gironde (33) : Dès le 26 octobre, une motion a été votée par les conseillers généraux PS, PC et CPNT pour que « l'identité du département de la Gironde soit clairement affichée sur toutes les plaques des véhicules immatriculés, à compter du 1er janvier 2009, par l'apposition obligatoire du numéro 33 et du logo du conseil général. »
- Le Pas-de-Calais (62) : « Le 62, c'est nous ! Ce numéro fait partie de notre patrimoine. Sur l'autoroute, lorsqu'on arrive dans un terrain de camping, sur un parking... on regarde toujours les gens qui sont là ! » explique Dominique Dupilet, président du conseil général du Pas-de-Calais.
- La Vendée (85) : « On va maintenir l'ancien système de numérotation avec le logo du département, on est en discussion avec les concessionnaires et les garagistes pour apposer sur les nouvelles plaques d'immatriculation un autocollant avec le numéro et le logo du département. », a déclaré Philippe de Villiers, le président du conseil général de Vendée, qui entre en résistance.

Moi, je vais regretter le numéro des département sur les plaques des voitures. Et vous ?

Pour en savoir plus :
1. Plaque d'immatriculation française (Wikipédia)
2. Nouvelles plaques d’immatriculation : Touche pas à mon département ! (France Soir)
3. Touchez pas à nos plaques ! (Le Parisien)

Crédit photo : JFZ

Libellés :

14 Comments:

Blogger Patrick said...

On pourrait aussi mettre les blasons, ça serait plus joli, non ? Par exemple, pour moi, ça donnerait ceci.

lundi, 14 janvier, 2008  
Blogger Véronique S said...

c'est vrai que c'est une perte d'identité supplémentaire mais le côté pratique, c'est que pour quelqu'un qui déménage souvent (comme moi...), il n'y aura plus de carte grise à changer tout le temps. L'idée de Patrick est sympa, ce serait une nouvelle façon de découvrir les richesses patrimoniales.

mardi, 15 janvier, 2008  
Blogger Betty said...

Franchement ça me semble très très accessoire !! rien n'empechera les amoureux de leur région d'arborer de jolies autocollants aux couleurs du département de leur coeur !!

mardi, 15 janvier, 2008  
Blogger Jack said...

Nous sommes sur le point de reproduire ce que fit l’Italie il y a une dizaine d’année. Autrefois tout comme nous, et même mieux que nous, l’automobiliste italien arborait fièrement l’abrégé de sa province.
VE pour Venezia, FI pour Firenza etc...
Lorsque la numérotation nationale fut instituée, ce fut un véritable tollé. C’est que l’attachement de l’italien à sa province est bien plus fort que celui des français à leur département. Les provinces jouissent d’une plus grande autonomie politique et l’unité italienne est bien plus récente que la notre : on est d’abord milanais et italien ensuite.
La réponse de l’administration fut l’autorisation d’arborer à droite la province, ce qui contenta tout le monde.
Je vois que pour une fois nous tenons compte de l’expérience d’un pays voisin dans la gestion d’un changement, puisque l'idée est reprise.
Je suppose qu’il n’y a que des avantages à changer le système de numérotation, le seul inconvénient objectif est bien la perte d’une habitude.
Mais comme le dit si bien Brassens dans La ballade des gens qui sont nés quelque part « Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part»
... qui traduit bien ce que j'en pense.

mardi, 15 janvier, 2008  
Blogger Greg2007 said...

Je trouve que ce système est mieux.
Quand j'étais immatriculé 92 et que j'allais dans le Loiret, je me faisais traiter de connard de parisien et les gens me faisaient des crasses. Et maintenant que je suis immatriculé dans le 45, les parisiens me traitent de bouseux.
C'est à n'y rien comprendre.

Ce qui est marrant, c'est que je n'ai jamais cessé de voyager dans ma courte vie. Dommage que les apparences prévalent toujours.

@Betty: La même idée m'était venue à l'esprit, je suis tout à fait d'accord.
Là au moins on a le choix.

mercredi, 16 janvier, 2008  
Blogger Philippe.Piriac said...

Je m'interroge sur l'affichage du numéro de département

1. Pensez vous que le département soit une notion vraiment pérenne aussi bien administrativement que "culturellement"

Administrativement, le législateur se dit que nous avons trop de strates et envisage de faire sauter le département qui est un fruit de l'histoire ( le parcours d'un cheval dans la journée)

Culturellement, n'est on pas d'abord Provencaux ou Avignonais ( région, ville) avant d'etre vauclusien.( notion intermédiaire seconde?)

2. Autre solution le code postal : le département et la ville : version chiffrée du blason évloqué par Patrick

3. en fait en vous lisant ce que je comprends c'est que nous voyons dans ce numéro c'est une exhortation à l'autre de communiquer avec nous au nom d'une quelque chose de commun

Je me demande, si je ne vais pas
- mettre en bateau
- un numéro de téléphone
ou si seulement deux chiffres sont autorisés , demander à Luc d'appeler le blog "99" et adjoindre ce numéro sur ma plaque.
à la place de 44.


Un code de ralliement mille fois plus structurant que mon "voisin inconnu" de 50Km., ( et ce quelquesoit ma fréquence d'intervention sur ce blog ! :)

mercredi, 16 janvier, 2008  
Blogger Patrick said...

Philippe pose un peu le problème de la légitimité du "département" dans le monde moderne. J'ai au passage découvert cette histoire de distance parcourue à cheval en un jour ! J'ai cru entendre que notre gouvernement réfléchit aussi à donner plus d'importance à la région. Moi qui ai depuis peu un peu affaire aux choses départementales, je suis quand même bien content d'avoir juste à aller à Quimper (37 km) plutôt qu'à Rennes (250 km) pour aller voir telle ou telle autorité. Bien sûr, avec l'Internet, la visioconférence et tout, on aura moins besoin de se déplacer (en plus, il y a le TGV). Mais pour tout de suite, je suis encore en faveur de la maille départementale...

Je reviens sur mon idée des blasons. Je trouve par exemple que le blason de la Seine St Denis, c'est quand même mieux que le très méprisé "neuf-trois", ne trouvez-vous pas ?

Et puis moi, je préfère les images et les mots que les numéros. Comme c'était mieux, l'autoroute de l'Ouest plutôt que l'A13... Et que dire de l'autoroute du soleil devenue bêtement l'A6-A7.

Et je préfère le drapeau Bleu-Blanc-Rouge qu'un drap blanc sur lequel serait inscrit le mot "France" ou pire encore "33" (indicatif de pays)...

Donc, vive les blasons !

mercredi, 16 janvier, 2008  
Blogger Jack said...

A propos de départements, vous avez remarqué toutes ces transformations de routes nationales en route départementales. J'aimerais savoir quel est le con qui a jugé nécessaire de rebaptiser les routes à l'occasion de leur changement d'affectation budgétaires. Je ne vois pas bien où se trouve le gain, par contre on voit bien ce que ça coute et la confusion que cela sème.
C'est avec ce genre de crétinerie que l'on transforme une bonne idée, la régionalisation en catastrophe.
Nous n'avons plus les moyens de maintenir une administration aussi plétorique, doublonnant partout. Il faut donc simplifier en supprimant un niveau : le moins identitaire est bien le département et c'est aussi, sans doute le plus superflu...
Et je ne crois pas que la suppression de ce niveau oblige l'administration régionale à faire du centralisme administratif, il peut fort bien y avoir une antenne régionale à Quimper, s'il reste assez de monde autour de Quimper pour justifier son établissement.
On peut rationaliser sans devenir crétin, non ?

mardi, 22 janvier, 2008  
Blogger Touche pas à mon département said...

Bonjour,
nous avons lu avec intérêt sur votre site les différents échanges liés à la nouvelle loi sur les plaques d'immatriculation.
Découvrez notre nouveau site : http://www.touchepasamondepartement.fr qui a vu le jour en février 2008 et dont le but est d'apporter une solution au problème d'identité des départements...

lundi, 24 mars, 2008  
Blogger Philippe said...

Bonjour,

Pour remédier à la perte des numéros des départements sur les plaques en 2009, nous avons créé un site où nous proposons plus de 185 autocollants régionaux à acccoler sur les plaques
Venez les découvrir sur http://www.stickorama.fr

vendredi, 16 mai, 2008  
Blogger jaimemondepartement said...

pour sauver nos numeros d departement
il fallais réagir !!!
Je suis un jeune inventeur/créateur de la solution qu’il faut adopter pour garder ces numéros .Actuellement au chômage j’ai investi une somme importante pour déposer un brevet exclusif sur un autocollant qui vous permet d’afficher votre numéro de département sur votre véhicule au format de nos plaques actuelles pour une même visibilité avec un design sympa à prix réduit(a partir de 2,5€).
Si vous êtes fier de votre numéro de département comme beaucoup de français et que vous voulez le garder alors choisissez la solution
http://www.jaimemondepartement.com/

mardi, 20 mai, 2008  
Anonymous Anonyme said...

les blasons ça me dit rien franchement surtout quand on voit qu'on n'a pas été sollicité pour choisir le blason de la région...
Moi je vais boycotter les solutions "officielles" qui sont pas vraiment esthétiques.
J'ai fouillé le net et j'ai trouvé le site idéal pour ceux qui veulent arborer leur dept :
http://stickers-origines.com
Vous n'allez pas être déçus!!

samedi, 07 juin, 2008  
Anonymous Anonyme said...

Oui

tout ça c'est bien, mais comme les italiens, on va perdre un peu de notre identité, et de notre culture , et de la conaissance de notre pays, en abandonnant le département.

on va perdre aussi des jolis mots...le finistère...c'est un joli mot non ? que dire de la Marne, lorsque les futurs écoliers auront oublié que c'est une rivière ?

bien sûr, la chanson de Brassens..."les imbéciles heureux qui sont nés quelque part", mais Brassens aurait il aimé qu'on supprime le "finistère", l'endroit où finit la terre ? argumentation lue sur touchepasamaplaque.net, et que je trouve pertinente

dimanche, 14 septembre, 2008  
Anonymous Anonyme said...

C'est pourquoi, s'il y a une chose à supprimer, un échelon administratif à éliminer, ce serait plutôt la région, parceque la région, on y est aussi attaché, mais sa suppression administrative n'aurait pas autant de conséquences.

dimanche, 14 septembre, 2008  

Enregistrer un commentaire

<< Home