Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

jeudi 3 avril 2008

La première hydrolienne française installée à Bénodet

Sabella D03.jpg


Sabella D03 a été présentée à Bénodet le 28 mars. Cette hydrolienne mesure 3 m de diamètre pour une hauteur de 5,5 m.

Elle sera immergée en avril, à l’embouchure de la rivière Odet, à une profondeur de 19 m durant 4 à 6 mois pour tester le flux de courant maritime passant par le rotor (à faible vitesse de rotation de 10 à 15 tr/mn), l’énergie électrique produite, et bien sûr l’incidence sur le milieu marin.

Cette première hydrolienne prototype fait partie du projet Marénergie qui va installer une batterie de 5 hydroliennes de 10 m de diamètre chacune permettant de produire 1 MW (cinq fois 200 kW).

Marenergie.jpg


Voici qui va contenter Patrick : encore mieux que les éoliennes. Ca ne défigure pas le paysage, et ça marche à chaque marée, donc même quand il n'y a pas de vent, et tant que la Terre tournera autour du Soleil ...

Pour en savoir plus :
1. Sabella D03, première hydrolienne immergée française, testée en avril dans l’Odet (Brest ouvert)
2. Energies marines. La Bretagne veut prendre de l'avance (Le Télégramme de Brest)
3. Le premier prototype d'hydrolienne française sera testé à Benodet (Actu environnement)
4. Marénergie : domestiquer la puissance des marées (Pôle Mer Bretagne)
5. Marénergie : Sabella (HydroHelix)

Crédit photos : Claude Pringent et HydroHelix

11 Comments:

Blogger Patrick said...

Ca y est, elle est immergée. Mais ce n'est qu'une petite machine d'expérimentation... Si ça marche, les promoteurs estiment que les côtes françaises présentent de nombreux "spots" convenables (dont le raz de Sein) qui permettraient à terme de produire 5% de l'énergie électrique consommée en France. Et là, la production est parfaitement prévisible, non soumise aux aléas climatiques... Seul bémol : il s'agit surtout du courant des marées, et lors de l'étale, les hydroliennes ne produiront pas - il faudra compenser (peut-être avec nos barrages hydroélectriques le jour - ces derniers étant "rechargés" la nuit grâce à l'électricité nucléaire)

J'espère que cette idée s'avèrera bonne, qu'on ne découvrira pas d'effets pervers (sur la faune marine, notamment), et que l'idée deviendra vite une réalité concrête.

A bas les éoliennes, vive les hydroliennes...

jeudi, 03 avril, 2008  
Blogger Jack said...

Il y a longtemps que nous avons des marées, des hélices et des alternateurs (ou des dynamos) : pourquoi diable n'a-t-on pas testé cette idée avant.
Au lieu de cela on a construit une usine marée motrice dans l'embouchure de la Rance et puis plus rien.
J'avoue ne pas très bien comprendre?
Ou est la nouvelle avancée technologique permettant de projeter cette machine, maintenant?

vendredi, 04 avril, 2008  
Blogger Nicolas said...

Bonjour,

peut-être qu'un frein au déploiement de ces technos seraient les coûts opérationnels ? S'il y a lieu de réparer, il faut tout de même plonger.

vendredi, 04 avril, 2008  
Blogger Patrick said...

Jack et Nicolas posent des bonnes questions. C'est pourquoi on fait une machine expérimentale, qui permettra de vérifier la pertinence de l'idée.

Je sais qu'on est capable maintenant de faire des machines tournantes de très haute fiabilité, et étanches, essentiellement grâce à des usinages extrêmement précis, et à des techniques d'équilibrage nouvelles. Pour l'étanchéité, la mise en surpression de l'intérieur de l'alternateur contribue à la chose. Le temps moyen de bon fonctionnement de telles machines atteint les 100 ans... Par ailleurs, on peut imaginer des structures qui permettent de treuiller une machine en panne (pas besoin de plonger ou juste pour détacher l'hydrolienne et accrocher le filin).

Il y a aussi les avancées de l'électronique de grande puissance. De telles machines n'ont évidemment pas une vitesse de rotation constante, et la tension délivrée a une fréquence variable : impossible de coupler ça au réseau directement. Il faut donc convertir la puissance alternative en courant continu et ensuite synthétiser du courant alternatif 50 Hz synchrone avec le secteur. Ces techniques n'étaient pas disponibles il y a 20 ans - l'industrie des éoliennes a d'ailleurs contribué à leur développement.

Donc, la convergence des technologies sous-marines, de machines tournantes très fiables et de l'électronique de grande puissance est peut-être ce qui rend la chose possible aujourd'hui - mais aujourd'hui seulement...

vendredi, 04 avril, 2008  
Blogger Jack said...

Je m'attendais bien à une explication de ta part Patrick. Cependant mes souvenirs assez lointains en électricité me souffle qu'un dynamo, qui produit du courant continue, le fait dés que son arbre tourne.
Et la dynamo est bien plus ancienne que l'alternateur, bien sûr il faut transformer ce courant continu en 50 HZ pour l'envoyer dans le réseau. Plus que des avancées technologiques, je pense qu'il manquait un peu de "pression économique".
C'est pourquoi, je crois qu'il serait temps de pousser le curseur du prix du carburant sur 2 € et au delà : ça mettrait en mouvement pas mal d'initiatives et permettrait d'investir dans les transports en commun.
Il vaudrait mieux avoir les solutions alternatives au pétrole avant que l'on ait épuisé la dernière goutte.
De son côté, la marée devrait encore fonctionner quelques millions d'années.
Comme d'habitude on ne bouge que lorsqu'on est acculé.
Pour ma part, je suis convaincu que la terre reçois bien plus d'énergie que celle dont nous aurions raisonnablement besoin, la question est simplement d'apprendre à se l'approprier intelligemment.
Notre dépendance au pétrole est la démonstration de notre tendance naturelle aux solutions de facilité: nous sommes un peu comme l'eau qui descend toujours des montagnes par la ligne de plus grande pente.

vendredi, 04 avril, 2008  
Blogger Patrick said...

Juste un point de détail : une dynamo utilise un commutateur (balais ou charbons) pour obtenir un courant pulsé unidirectionnel. Mais ce commutateur est un élément d'usure, et on préfère donc la technique de l'alternateur qui n'a pas de commutateur - mais qui génère un courant alternatif. On redresse alors ce courant avec des diodes puis on regénère un joli courant à 50 Hz bien régulé (on appelle ça un onduleur). Vive l'électronique de puissance !

Par ailleurs, plus encore que la pression économique, je pense que c'est la pression écologique qui agit ici... Car, objectivement, la solution la plus économique, c'est encore le nucléaire !

samedi, 05 avril, 2008  
Blogger Jack said...

Merci Patrick pour ce cours d'électricité appliquée.
Pour les centrales nucléaires on a bien compris, mais tu conviendras avec moi que cette solution n'est pas pérenne et que cela ne nuit pas de rechercher des solutions alternatives. Nous avons la chance sur nos côtes bretonnes de disposer d'un marnage important générant de puissants courants, c'est dommage de laisser perdre tous cette énergie. En attendant que nous soyons capable de maitriser la fusion, si cette filière de production d'énergie débouche un jour
?

dimanche, 06 avril, 2008  
Blogger Patrick said...

Oui, Jack, je suis d'accord avec ce que tu dis. C'est pourquoi je suis très en faveur de cette expérimentation d'hydroliennes, et que je souhaite qu'elle débouche sur une production réelle - même si elle restera marginale (les promoteurs parlent d'un potentiel de 5% de l'électricité consommée en France)...

dimanche, 06 avril, 2008  
Blogger Jack_3rror said...

Euuuh, c'est pas plutot "tant que la lune tourne autour de la terre" ?
A moins que le soleilo aie un effet puissant

;)

Bon aprèm et bonne continuation

mercredi, 09 avril, 2008  
Blogger Luc said...

@ Jack 3rror : T'as raison, il n'y a pas que le Soleil qui influence les marées, la Lune aussi ...

mercredi, 09 avril, 2008  
Blogger Jack said...

Oui mais faites gaffe les gars, la Lune s'éloigne de nous un peu plus tous les ans. Mais d'ici qu'elle ait quitté l'attraction terrestre on risque fort de ne plus faire partie du paysage.
Mais alors que vois-je dans les pages roses du figaro aujourd'hui, les Anglais ont planté une hélice Hydrolienne de 1.2 MW dans le détroit de Stangford Lough (Irlande du Nord)Leur système est plus gros et monté sur un mas coulissant permettant de sortir l"hélice pour la maintenance.( Seagen )
Inconvénient: danger pour la navigation.
Avantage: il faudra très certainement "caréner" l'hélice trés régulièrement pour un rendement maximum.
Lorsque j'avais un bateau j'étais étonné tous les ans de gagner 2 nœuds avec les mêmes réglages après avoir caréné.
Estimation de la production envisageable par les Seagen dans les tous les sites disponibles 35 GW, soit 7 % de la consommation française. Comme d'habitude le journaliste confond puissance et énergie...

samedi, 12 avril, 2008  

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