Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

jeudi 1 mai 2008

Mai 68

Cartier Bresson rue de Vaugirard Mai 68

"Il est interdit d'interdire", "Sous les pavés, la plage", on écrivait plein de trucs marrants sur les murs, en mai 68.

J'avais tout juste vingt ans en 68, j'étais en pension en taupe à Saint Etienne, et je passais les concours des grandes écoles. Autant vous dire que, les barricades, je n'en n'ai pas vues beaucoup. Il a juste fallu forcer un piquet de grève pour rentrer dans la salle où on faisait passer les épreuves. Alors, vu que j'étais deuxième ligne de rugby, on n'a pas eu trop de mal.

Non, moi, ce ne sont pas tant les "zévénements" qui m'ont marqué, c'est surtout le foisonnement de créativité et d'idées qui a surgit à cette époque là. Tout devenait possible. On avait fait sauter tous les verrous, il n'y avait plus qu'à inventer un futur radieux. On pouvait imaginer ...

Les maisons seraient dessinées par Roger Dean. On vivrait d'amour et d'eau fraîche, dans un univers où l'écologie serait la règle. Si on avait oublié comment faire, on sortait son Massacrier.

C'était un beau rêve.

C'était il y a quarante ans ...

Aujourd'hui, ça serait plutôt le malaise :

le malaise.jpg


Pour en savoir plus :
1. Mai 68 : les murs ont la parole (increvables anarchistes)
2. Mai 68 (le Yéti)
3. Savoir revivre (Jacques Massacrier)
4. Peace and love (Chez Luc)
5. L'imaginaire de Roger Dean (Chez Luc)

Crédit photo : Henri Cartier-Bresson (rue de Vaugirard)
Crédit image : Reiser (couverture d'Hara-Kiri Hebdo du 20 octobre 1969)

4 Comments:

Blogger Jack said...

Et bien moi je trouve que Massacrier avait juste 40 ans d'avance et qu'il est dommage que l'on continue de nous parler de points de croissance au lieu d'apprendre à nous contenter de moins.
Cela va être d'autant plus dur pour la génération de jeunes qui ont 20 ans cette année et il ne s'agit plus de rêve mais de la vraie vie des 40 prochaines années.
Dommage qu'aussitôt Mai 68 on ait continué de faire juste comme avant : on à perdu 40 ans que l'on aurait pu passer à trouver d'autres rapports de l'homme à son environnement, ça va être d'autant plus difficile qu'il ne reste plus de temps.
Non là ...c'est juste que j'ai écouté Philippe et suis allé entendre JM Jacovici à l’ESPCI .
Et que cela m’a rappelé que tout ce que dit ce monsieur était déjà vrai en 1968. (1973 premier choc pétrolier, souvenez vous)

Mais bon, je suppose qu’on va continuer de rêver.

PS : Luc deuxième ligne de rugby...non mais sans blague ?.

jeudi, 01 mai, 2008  
Blogger Patrick said...

Jack, ce que tu dis au sujet de la croissance me semble juste.

Aujourd'hui encore, à entendre nos dirigeants, il faut croître (aller chercher le point de croissance qui nous manque avec les dents)... Même l'écologie est considérée comme un moteur de croissance (J-L. Boorlo prétend que les mesures du Grenelle (celui de 2007 - pas celui de 1968) vont amener 0,8% de croisssance à la France !

Erreur complète de diagnostic et évidemment prescription inapproprié. La fuite en avant continue !

vendredi, 02 mai, 2008  
Blogger Patrick said...

Voici une belle occasion de faire une petite mise au point.

En 1968, j'avais 20 ans. Pile poil en âge d'être un "soixante huitard" - et étudiant de surcroît. En gros, il y avait disons 8 millions de jeunes potentiellement concernés (ceux qui avaient entre 15 et 25 ans). Et on peut dire que 100 000 jeunes ont effectivement pris part peu ou prou au mouvement, soit environ 1% des jeunes potentiellement concernés. D'autres ont vécu ça en spectateurs plus ou moins sympathisants ou opposants.

Il me semble qu'on veut faire croire que toute cette classe d'âge a "joui sans entraves", et est donc responsable de tout un tas de mauvaises choses qui nous arrivent aujourd'hui.

Ben non. Ce n'est pas comme ça que ça s'est passé. Pour ma part, je n'ai en cette période pas manqué une seule heure de cours - et mes profs non plus évidemment. Et quand j'ai passé un concours dans une salle d'examen rue Gay Lussac le matin du 10 mai 1968, j'ai dû me lever très tôt pour traverser Paris à pied, escalader les barricades et me protéger des relents de gaz lacrimogènes pour m'y rendre.

Je faisais partie des 99% de jeunes qui ont vu passer mai '68, mais qui n'en ont pas été acteurs.

C'est juste un fait. Rétrospectivement, je suis très heureux que cette adaptation tumultueuse à un monde qui avait changé se soit faite rapidement et sans effusion de sang. Et les bénéfices de cette adaptation ont, de mon point de vue, très largement compensé les erreurs ou excès que d'aucun fustigent bêtement (suivez mon regard)...

vendredi, 02 mai, 2008  
Blogger Luc said...

@ Jack : "Luc deuxième ligne de rugby...non mais sans blague ?"

Si si, je confirme ! Ca te la coupe, hein ?

@ Patrick : Bien d'accord avec toi ! :-)

lundi, 05 mai, 2008  

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