Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

lundi 17 novembre 2008

Congrès PS de Reims : anatomie d'un naufrage



Le 75ème congrès du Parti Socialiste c'est soldé par un échec retentissant. En effet, à l'issue de ce congrès :
- il n'y a pas de ligne politique.
- il n'y a pas de programme.
- il n'y a pas de leader.

Du jamais vu.

Le 6 novembre, six candidats avaient soumis des textes à l'approbation des militants socialistes, les fameuses "motions". Et, à la surprise générale (et à celle de Delanoë en particulier), c'est celle de Ségolène Royal qui est arrivée (de peu) en tête, avec 29 % des voix, suivie de près par celle de Bertrand Delanoë (25% des voix), puis par celle de Martine Aubry (24% des voix) et enfin celle de Benoît Hamon (18% des voix).

Le congrès de Reims s'est alors transformé en tournoi de catch à quatre. Aucun des quatre n'a pu se mettre d'accord avec les autres, ils ont tous bien harangué la foule sans qu'aucun sujet politique ne soit abordé. Pendant tout le week-end, pas un mot sur la crise majeure que le monde est en train de traverser. Par contre, gros débat pour savoir s'il faut ou non s'allier avec Bayrou ...

Ségolène Royal, arrivée en tête à la surprise générale a continué sur sa nouvelle ligne : le style madone - gourou - télé évangéliste. On se souvient de son show au Zénith le 27 septembre 2008 où elle fait scander à la foule "fra-ter-ni-té". Là, elle en a remis une couche, elle a appelé les dirigeants socialistes à "se soigner". Et puis, elle a cité Jaurès, sans le dire, et sous les sifflets de la foule médusée : « Nous sommes le socialisme, levons-nous, vertu et courage, car nous rallumerons tous les soleils, toutes les étoiles du ciel, nous sommes les socialistes, il reste tant à faire, alors faisons-le, nous sommes les socialistes, tous ensemble ». Jean Jaurès, voici une citation résolument tournée vers un désir d'avenir !!!

Donc, je résume : les chefs ayant été totalement incapable de mener le débat, ils s'en remettent aux militants, qui vont re-voter cette semaine pour l'un des trois candidats restant en lice : Aubry la mère des 35 heures, Hamon le gauchiste qui veut tailler des croupières à Besancenot, ou Royal l'illuminée crypto-évangéliste.

Vous voteriez quoi, vous ?

Pour en savoir plus :
1. PS: chronique d'un échec (Le Nouvel Obs)
2. Le PS français sombre dans le tout à l’ego (Le Tribune de Genève)
3. Le "bûcher des vanités" socialistes inspire la presse européenne (Le Monde)
4. PS : ils sont devenus fous (Le Figaro)
5. Le show de Royal devant Bertrand, Martine et François (Le Point)
6. Et débuta la guerre des trois (Libération)

Crédit photo : France Info

14 Comments:

Blogger Luc said...

La direction du PS n'arrive pas à gérer le parti. T'imagines, s'ils avaient à gérer la France ?

lundi, 17 novembre, 2008  
Blogger Jack said...

Pour Rocard, que je viens d'entendre sur Europe...
Sauf que :
1-je ne vote pas au congrès du PS, car je ne suis pas au PS.
2-Il n'est pas candidat.

Le parti socialiste vient de démontrer au monde qu'il n'est pas une alternative crédible, au moment où, justement, le libéralisme économique débridé démontre ses faiblesses (je site Rocard) : dommage c'est mieux lorsqu'on dispose d'un large choix pour voter.

Vous observerez que le PS a réussi au moins une chose avec ce congrès : faire parler de lui.
Pas si mal ?

lundi, 17 novembre, 2008  
Blogger Patrick said...

Moi qui n'ai jamais voté socialiste, je trouve tout ça extrêmement inquiétant. C'est quasiment la moitié des français qui se retrouvent sans espoir. Comme je l'ai déjà dit, une démocratie sans opposition, ce n'est plus une démocratie. On ne va quand même pas laisser glisser la France vers un régime de parti unique et de Présidence à vie "à l'Africaine" ?

On verra ce qui se passera dans les prochaines semaines. Mais je ne suis pas loin de rejoindre le point de vue de J.F. Kahn : le PS devrait se saborder afin que, rapidement, se recompose une opposition crédible d'ici à 2012.

lundi, 17 novembre, 2008  
Blogger Patrick said...

T'imagines, s'ils avaient à gérer la France ?

Curieusement, ils ne s'en sortent pas si mal puisque la majorité des Conseils Généraux (51) sont gouvernés par des gens qui s'affichent PS (contre 33 Conseils Généraux qui s'affichent UMP) ! Et au niveau local, ça ne génère pas des catastrophes, me semble-t-il !

lundi, 17 novembre, 2008  
Blogger jojo said...

Le programme de Martine Aubry, c'est de faire réapparaître le PS dans les manifestations.
C'est cette superbe idée qui lui a valu une standing ovation ce week end et qui fait rêver les troupes.
Moi ça me fout les boules.

En même temps, elle ose se comparer à Obama, dont le message principal a été d'aller au delà des rivalités partisanes et dont les premières nominations vont visiblement être de garder un républicain comme chef des armées et Hillary Clinton comme secrétaire d'Etat malgré le duel acharné de plusieurs mois.

mardi, 18 novembre, 2008  
Blogger Betty said...

Pour Hamon sans aucun doute, il est que les vieux SE CASSENT !!(ah ça fait du bien de hurler de temps en temps !!)

mardi, 18 novembre, 2008  
Blogger Luc said...

@ Betty : ça soulage,hein ?

;-)

mardi, 18 novembre, 2008  
Blogger Jack said...

Patrick : "ils ne s'en sortent pas si mal puisque la majorité des Conseils Généraux sont gouvernés...".

La gestion des conseils généraux consiste essentiellement à dépenser une dotation, c'est un boulot où les socialistes excellent généralement.

mardi, 18 novembre, 2008  
Blogger Patrick said...

Jack, tu as raison sur la question des Conseils Généraux. Mais on peut "bien" dépenser, ou gaspiller. En l'occurrence, dans ma région, j'ai le sentiment que les allocations sont correctement utilisées - malgré que le Conseil Général soit à gauche depuis longtemps...

mercredi, 19 novembre, 2008  
Blogger Jack said...

C'est juste que je souhaitais souligner la différence de degré en politique entre gouverner un pays et gérer une région ou une ville.
Bien sûr lorsque j'écris gouverner, j'inclus les deux chambres qui votent les lois de la République.

mercredi, 19 novembre, 2008  
Blogger Luc said...

Il y aura donc un deuxième tour entre Royal et Aubry.

Le résultat du vote d'hier soir est le suivant :
- Royal : 42,45% des voix.
- Aubry : 34,73%.
- Hamon : 22,83%.

On peu noter que :
- le taux de participation a été très faible,avec moins de 60% de votants.
- Delanoë avait demandé à ses électeurs de voter "massivement" Aubry. Seuls la moitié l'auront écouté.
- Hamon demande à ses électeurs de voter "massivement" Royal au second tour.

Alors, qui va l'emporter : le bouledogue lillois, ou Soeur Sourire ?

vendredi, 21 novembre, 2008  
Blogger Patrick said...

Pour l'élection d'Obama, le taux de participation aux élections de 64 % est qualifié de "historique". Pour Le PS, le taux de participation de 60% est qualifié de "très faible". On me dira : ah, oui, mais non, c'est pas pareil. Mouais...

Moi, je pense que c'est Ségo qui va gagner, mais ce sera une victoire à la Pyrrhus, où en fait tout le monde perd - et en premier lieu la démocratie en France...

vendredi, 21 novembre, 2008  
Blogger Jack said...

Luc :
Le "bouledogue" Lillois, c'est de toi? C'est vrai qu'elle est moins jolie que Ségolène et qu'elle est disons "très socialiste". Mais bon ça n'est pas très...galant(même si c'est assez ressemblant).
On aurait sans doute préféré son papa, mais lui non plus n'est pas candidat!

vendredi, 21 novembre, 2008  
Blogger Luc said...

@ Patrick : "Pour l'élection d'Obama, le taux de participation aux élections de 64 % est qualifié de "historique". Pour Le PS, le taux de participation de 60% est qualifié de "très faible". On me dira : ah, oui, mais non, c'est pas pareil. Mouais..."

Durant les trente dernières années, le taux de participation aux élections américaines a toujours été compris entre 54% et 61%. Donc 64% peut être objectivement qualifié de taux "historique".

Pour les élections interne au PS, je te rappelle que ceux qui votent sont des militants encartés. Si 40% des militants qui se sont engagés pour militer n'ont pas jugé bon d'aller déposer un bulletin dans l'urne, moi je trouve ça tout à fait significatif !

samedi, 22 novembre, 2008  

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