Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

jeudi 22 janvier 2009

La Société Générale a fait 2 milliards d'euros de bénéfice net en 2008



Les autres banques ne sont, semble-t-il, pas en reste. Je ne doute pas qu’il y ait une logique comptable qui explique ça. Mais ne trouvez-vous pas qu’il y a une certaine indécence doublée d’arrogance à aller pleurer à l’Elysée pour demander des sous (et pas quelques-uns) quand on affiche de tels profits ? J’ai essayé d’expliquer ladite logique comptable à mon épouse. Mais au bout de dix minutes, j’ai dû renoncer. On ne peut pas justifier l’injustifiable…

Le monde de la finance est devenu non pas un casino mais un tripot peuplé de banksters et d'escrocs. Vraiment, il y a des coups de pieds dans le derrière qui se perdent !

30 Comments:

Blogger Luc said...

Bon, alors, j'explique :

(1) L'état n'a pas fait de chèque à la Société Générale. Il a juste annoncé qu'il couvrait ses dettes jusqu'à un certain niveau. C'est un peu comme le papa qui se déclare caution de sa fille étudiante, pour qu'elle puisse louer un logement. Il est caution, mais ça ne veut pas dire forcément qu'il va payer. Juste ça donne confiance.

(2) Le résultat net c'est une chose, la trésorerie, c'en est une autre. Mais là, d'accord, c'est un peu long à expliquer, surtout à des profanes.

(3) Si tu avais cité tes sources, on aurait eu l'info complète : "La Société Générale a annoncé qu'elle tablait sur un résultat net à l'équilibre au quatrième trimestre et de 2 milliards d'euros sur l'ensemble de l'année 2008." (Source : AFP) Ceci veut dire quand même que la SocGen n'a fait aucun bénéfice au cours du quatrième trimestre 2008, ce que tu t'es bien gardé de préciser.

Donc, "Le monde de la finance est devenu un tripot peuplé de banksters et d'escrocs ?" Je ne sais pas, mais c'est effectivement ce qu'il est de bon ton de dire dans les dîners en ville, ces temps-ci ...

jeudi, 22 janvier, 2009  
Blogger Patrick said...

Non, Luc. Là, il s'agit de prêter de l'argent aux banques pour reconstituer leurs fonds propres. C'est à dire pour reconstituer le "trésor" qui leur permet de prêter (au ratio de un euro de fond propre leur permet environ 10 euros de prêt). S'ils ont besoin de les reconstituer, c'est qu'il l'ont dilapidé !

Il ne s'agit en aucune manière d'une caution virtuelle, comme l'explique bien cet article de "Les Echos"...

Perso, je trouve qu'une bonne partie de ces profits seraient bien utilisés à reconstituer lesdits fonds propres. Ceci étant dit, n'étant pas financier (Dieu m'en préserve), je ne sais pas si c'est possible...

jeudi, 22 janvier, 2009  
Blogger Patrick said...

En fait, les banques sont tenues de respecter le ratio de solvabilité McDonough (anciennement ratio Cooke), qui veut que (en simplifiant un peu) la banque tienne dans ses coffres 8 % des sommes octroyées en crédit à leur clients.

La situation doit être telle que la plupart des banques françaises sont en infraction avec ce règlement, et si leurs fonds propres ne sont pas reconstitués, elles doivent se déclarer insolvables et c'est le sort de Merryl Lynch qui leur est réservé...

Donc les 10 milliards que nous allons leur donner-prêter, c'est du vrai argent sonnant et trébuchant (pas juste une caution) qui ne sera pas disponible pour autre chose...

jeudi, 22 janvier, 2009  
Blogger Patrick said...

En plus, ça explique pourquoi les banques ne prêtent plus : vu l'état de leurs fonds propres, elles n'ont plus le droit de prêter !

Ce n'est que lorsque l'Etat (vous et nous) aura donné-prêté des milliards aux banques pour reconstituer leurs fonds propres qu'elles auront à nouveau le droit de prêter à leurs clients emprunteurs.

Donc, je persiste : afficher des profits dans ces circonstances, c'est obscène.

jeudi, 22 janvier, 2009  
Blogger Jack said...

Bien sûr que c'est possible : connais-tu quelque chose d'impossible dans ce domaine?
A propos des fameux bonus, tu peux être tranquille, ils trouverons là aussi le moyen de les empocher...plus tard...
Note bien que si tu as acheté des actions de la générale l'année dernière au moment où nous parlons tu as perdu 60% de ta mise, donc un peu de dividendes mettrait du beurre dans tes épinards!

jeudi, 22 janvier, 2009  
Blogger Patrick said...

Et pour bien enfoncer le clou, les fonds propres, en gros, c'est l'argent des déposants (Livrets, comptes, etc.). C'est cet argent là qu'ils ont dilapidé. Et c'est l'Etat qui va devoir renflouer !

Et ce faisant, les banques annoncent des profits ? On est en plein cauchemar ! Pincez-moi, que je me réveille !

A propos, pour illustrer la transparence bancaire, je vous mets au défit de trouver le montant des fonds propres des grandes banques françaises. Ca semble être un secret bien gardé... En fait, nous déposons notre argent chez des gens qui ne disent pas ce qu'ils représentent.

Il fut un temps où une grande banque disait "Votre argent m'intéresse" : ça avait le mérite d'être clair !

vendredi, 23 janvier, 2009  
Blogger Patrick said...

Lorsque Nicolas Sarkozy déclarait devant le Medef le jeudi 30 août 2008 : "La pénalisation de notre droit des affaires est une grave erreur, je veux y mettre un terme", le message a été compris 5/5 par les participants (au nombre desquels nos chers banquiers, très certainement).

En clair, ça voulait dire "allez-y franco, les p'tits gars, je vous couvre".

Maintenant, c'est déjà le temps de passer à la caisse...

vendredi, 23 janvier, 2009  
Blogger Patrick said...

En résumé, les banquiers disent "les profits, c'est pour nous, les pertes, c'est pour l'Etat". Hallucinant. Et on gobe ça ? Et Nicolas passe à la caisse ? On croit rêver !

Ca doit être ça, le libéralisme !

Gaffe, parce qu'un jour, les gens ne l'accepteront plus...

mercredi, 28 janvier, 2009  
Blogger Patrick said...

J'ai entendu Nathalie Arthaud, la nouvelle Arlette Laguiller, invitée sur un plateau télé consacré aux bonus des dirigeants, dire (transcription de mémoire) :

"Arrêtez de me bassiner avec les bonus des dirigeants, ça ne m'intéresse pas, c'est de la poudre aux yeux pour nous endormir. Dites-moi plutôt où sont allés les 10 milliards que l'Etat a déjà fourni aux banques, et où iront les 10 autres milliards..."

N'a-t-elle pas un peu raison ?

mercredi, 28 janvier, 2009  
Blogger Luc said...

@ Patrick : "Donc les 10 milliards que nous allons leur donner-prêter, c'est du vrai argent sonnant et trébuchant (pas juste une caution) qui ne sera pas disponible pour autre chose..."

Quand tu dis "donner-prêter", c'est évidemment de la mauvaise foi tendancieuse comme d'hab.

La vérité, c'est celle-ci : les 10,5 milliards d'euros sont prêtés aux banques, qui vont devoir verser un taux d'intérêt de 8% par an à l'état, jusqu'à ce qu'elles aient tout remboursé ! (source : France: le nouveau prêt de 10,5 milliards d'euros aux banques d'ici à fin mars - AFP)

Ce qui fait que, au passage, l'état a déjà perçu plus de 380 millions d'euros d'intérêt, ce qui est, avouons-le, une bonne affaire pour les caisses de l'état, et donc pour le contribuable. (source : Aide aux banques: 380 millions d'intérêts déjà perçus par l'Etat - AFP)

Alors, au lieu de raconter n'importe quoi, reconnaissons que prêter aux banques à 8% par an, c'est une super bonne affaire pour l'état, et que c'est super bien joué de la part du gouvernement ...

mercredi, 28 janvier, 2009  
Blogger Patrick said...

Le "donné/prêté", c'est un peu tendancieux, certes, mais c'est à terme qu'on saura si ça a été un prêt ou un don ou un peu des deux. Les effacements de dettes, ou les transformations de dettes en autre chose, ça arrive. Donc on verra dans dix ou quinze ans - au fait, les prêts, c'est sur combien d'années ? Mystère et boule de gomme, semble-t-il...

Que Christine Lagarde et François Fillon essayent de noyer le poisson en expliquant que l'état a déjà gagné 380 millions en avançant 10 milliards, c'est un peu pathétique, je trouve...

En attendant, pour revenir à nos moutons, la SG a gagné 2 milliards en 2008 - et ça, on me racontera ce qu'on veut, dans le contexte actuel, ce n'est pas "lisible"...

mercredi, 28 janvier, 2009  
Blogger Jack said...

Moi, il y a autre chose que je ne saisis pas bien, j'ai un compte à la SG et quelques "liquidités", jamais ils ne m'ont proposé de m'emprunter de l'argent à 8 du cent, ni à court ni à long terme.
Tout ça manque pour le moins de lisibilité comme dit Pat...c'est sans doute que nous n'avons pas fait les bonnes écoles!

mercredi, 28 janvier, 2009  
Blogger Patrick said...

Que les choses soient claires. Je ne reproche pas au gouvernement de renflouer les fonds propres des banques (l'alternative est qu'elles soient déclarées en cessassion de payement, comme Merryl Linch, ce qui serait évidemment pire que tout). Le gouvernement a donc très bien fait.

En revanche, que dans le même temps, ces banques affichent des profits, là, non, franchement, la couleuvre est dure à avaler...

mercredi, 28 janvier, 2009  
Blogger Jack said...

Patrick, depuis quand les actionnaires doivent-ils payer les erreurs de gestion de la direction élue par les administrateurs représentants les actionnaires?
Les pauvres, déjà que le cours de bourse de leur action à fondu au 3/4...
Pareil pour les bonus avec lesquels on nous bassinent, alors qu'il sont une goutte d'eau par rapport aux dividendes distribués! Admets que le bonus du patron soit indexé sur un objectif d'augmentation du nombre de client et que cet objectif soit atteint : logiquement, si l'objectif est atteint le bonus doit être versé. D'ailleurs il y a bonus parce qu'il y a un bénéfice...
Ce bénéfice au lieu d'être encaissé pourrait être dédié à une augmentation de capital, il suffit pour cela que le conseil d'administration la vote...
Mais comme le gouvernement n'a pas jugé utile d'entrer au conseil, ils peuvent bien faire ce qu'ils veulent : youpi!

vendredi, 30 janvier, 2009  
Blogger Patrick said...

Apparemment, même Obama a trouvé que le pillage en règle de l'Amérique par les banquiers était une honte.

«C'est le summum de l'irresponsabilité», s'est-il écrié ce vendredi, en apprenant que 18,4 milliards de primes venaient d'être distribués par les banques de Wall Street à leurs employés.

Si Obama le dit...

Toutefois, traiter des gangsters d'irresponsables, c'est plutôt gentil, finalement.

En fait, c'est le Capital qui a pris le pouvoir, et qui prend en otage les gouvernements. Ces derniers n'ont pour seul choix de passer à la caisse !

Peut-être devrions-nous relire "Das Kapital" de Karl Marx pour avoir les clés de compréhension de ce qui se passe en ce moment !

vendredi, 30 janvier, 2009  
Blogger Luc said...

@ Patrick : "En attendant, pour revenir à nos moutons, la SG a gagné 2 milliards en 2008 - et ça, on me racontera ce qu'on veut, dans le contexte actuel, ce n'est pas "lisible"..."

T'as raison : une banque qui gagne des sous, on aura tout vu ! Si les banques et les entreprises se mettent à gagner de l'argent, où va la France, mon bon monsieur ? Hein ? Je vous le demande ...

En ce qui concerne la "lisibilité" des résultats de la SocGen, il suffit d'aller consulter ses rapports annuels pour avoir toutes les infos que tu veux.

Alors, voyons, concernant le résultat net, on trouve les chiffres suivants :

- Résultat net 2003 : 2,7 milliards d'euros
- Résultat net 2004 : 3,6 milliards d'euros
- Résultat net 2005 : 4,9 milliards d'euros
- Résultat net 2006 : 5,7 milliards d'euros
- Résultat net 2007 : 6,5 milliards - 4,9 milliards (Kerviel) = 1,6 milliards d'euros
- Résultat net 2008 : 2,0 milliards d'euros (selon la presse).

Alors, que après cinq années de croissance continue, les résultats s'effondrent brutalement à 2 milliards d'euros en 2008, en quoi ça te pose un problème ?

Tu peux expliquer ?

samedi, 31 janvier, 2009  
Blogger Patrick said...

Le "petit" problème, c'est que la Soc Gen, comme bien d'autres banques, est techniquement en état de cessation de payement, puisque leurs fonds propres sont descendus en dessous du ratio de solvabilité McDonough, ce qui oblige l'Etat (c'est à dire le contribuable) à passer à la caisse pour les renflouer...

samedi, 31 janvier, 2009  
Blogger Jack said...

En somme des milliers de milliards ce sont volatilisés et ce n'est la faute de personne et surtout pas des banques, donc Luc, l'état doit mettre la main à la poche pour remettre la machine en route, car les banques ne se font plus confiance entre elles. Ors, je te rappelle Luc que cette poche c'est aussi la tienne et la mienne, mais peu importe puisque cet argent est prêté au taux improbable de 8% qui va renflouer les caisses de Bercy.
Dis donc t'es sur qu'on doit vraiment croire tout ce qui se raconte?
Il ne reste plus qu'à nous convaincre qu'Obama est un dangereux communiste.

samedi, 31 janvier, 2009  
Blogger Luc said...

@ Patrick : le ratio McDonough, c'est juste un ratio parmi les quarante douze que les financiers ont pondu pour essayer d'évaluer une entreprise, rien de plus. Il a remplacé le ratio Cooke en 2005, parce qu'on pensait qu'il était plus performant ...

Mais bon. Les fonds propres, c'est bien. Ce ratio permet de voir si la banque est plus fragile ou plus solide que les autres.

Alors, évidemment, dans la mesure où, dans tes fonds propres, tu as des valeurs cotées en bourse, la valeur de tes fonds propres prend une claque.

Je ne sais pas où tu as pêché tes "infos" sur le ratio McDonough de la SocGen (c'est sans doute une affirmation en l'air de plus), mais ce ratio n'est qu'un indicateur de solidité, c'est tout.

Donc, au pire, ça signifie simplement que la SocGen est fragilisée par la crise (bonjour le scoop !), mais ça ne veut évidemment pas dire qu'elle est "techniquement en état de cessation de payement".

C'est François Bérou qui a sorti ce truc la ?

dimanche, 01 février, 2009  
Blogger Patrick said...

Dans la mesure où la hauteur des fonds propres des banques est un sujet complètement opaque, on en est réduit à essayer de comprendre ce qui se passe par les indices externes. Si le gouvernement se propose de renflouer les fonds propres des banques, c'est qu'ils sont à un niveau cruellement bas - sinon, on se demande bien pourquoi ils le feraient !

Pas besoin de François Bayrou ou d'un autre pour comprendre ça : un peu de bon sens suffit !

Et, encore une fois, afficher des profits dans ces circonstances, c'est pour le moins illisible, pour ne pas dire obscène.

D'un autre côté, je comprends la motivation pour les banques à afficher des profits : il faut rémunérer les très gros actionnaires (genre fonds de pension), sans quoi ils fuiraient illico et sans le moindre état d'âme vers d'autres entreprises. C'est une situation insoluble - sauf à ce que l'état passe à la caisse - ce qu'il fait. Mais c'est obscène quand même.

dimanche, 01 février, 2009  
Blogger Patrick said...

Le ratio Mc Donough, ratio parmi quarante-douze, repris dans les accords de Bâle II, fait quand même l'objet d'une directive européenne depuis le 1er janvier 1993 (ratio de solvabilité européen) directive 89/647/CEE du 18 décembre 1989, traduite dans le droit français par le règlement 91-05 du Comité de la réglementation bancaire et financière et l'instruction 91-02 de la Commission Bancaire.

Les courageux pourront lire cet article qui explique les choses.

dimanche, 01 février, 2009  
Blogger Patrick said...

En fait, j'aimerai bien qu'on arrête de protéger des pratiques malhonnêtes et qu'on appelle les choses par leur nom.

Par exemple, lorsqu'un John Paulson qui a concocté des Hedge Funds pourris s'est mis 3,7 milliards de dollars dans sa poche personnelle en 2007, il ne faut pas le qualifier de héro de la finance, mais de bandit de grand chemin en col blanc. Et quand on apprend que Alan Greenspan, ex-patron de la Fed américaine, a rejoint ce bankster dans Paulson & Co en janvier 2008, ça donne une piètre image de la finance internationale !

dimanche, 01 février, 2009  
Blogger Patrick said...

Allez, je vais modérer un peu mes propos. J'ai évoqué l'état de "cessation de payement" des banques. J'aurais dû dire "état d'insolvabilité", dans la mesure où elles ont encore des fonds propres, mais à un niveau insuffisant au regard de la loi.

Pour qu'elles recommencent à prêter il faut d'abord renflouer leurs fonds propres à hauteur du ratio de Mc Donough, puis remettre de l'argent au pot pour augmenter leurs fonds propres de façon qu'elles se remettent à prêter. A ce moment, tout milliard apporté aux banques en fonds propres les autorisera à prêter 12 milliards à leurs clients.

dimanche, 01 février, 2009  
Blogger Patrick said...

Certains lecteurs attentifs auront sans doute perçu un soupçon de rage dans mes propos. C’est le cas. Je suis furieux d’avoir été manipulé et mené en bateau depuis 20 ans au bas mot. Pendant ces 20 dernières années, j’ai vu l’arrivée de tous les maux qu’on pointe aujourd’hui du doigt : abandon de la logique industrielle pour la logique financière ; hégémonie du cours de bourse sur tout autre indicateur ; stock-options réservés à l’élite dirigeante ; parachutes dorés ; salaire des dirigeants multiplié par 10 ; accélération de l’usage des paradis fiscaux pour les entreprises et leurs dirigeants…

Quand j’osais émettre un doute sur ces choses, j’étais rembarré d’un « tu ne comprends rien, tu es de la vieille génération » méprisant ou d’un « si on ne fait pas ça, on sera balayé par les autres » dogmatique. Quelque fois avec des arguments grotesques du genre « si on n’augmente pas énormément le salaire des dirigeants, ils partiront à l’étranger » - nota : vous en connaissez beaucoup, des ex-dirigeants français qui sont allés à l’étranger et qui ont été accueillis à bras ouverts comme des messies ? En revanche, des chercheurs payés misérablement en France et qui sont partis, ça, oui, on en connaît… Alors je courbais l’échine.

Mais voilà que le verdict est tombé. Tout ça était mauvais. La seule logique du capital et de l’argent ne peut pas conduire à un développement raisonnable de nos sociétés.

Alors permettez-moi de pousser quelques coups de gueule contre les principes foireux qui nous ont entraînés où nous sommes, et contre ceux qui ont profité outrageusement de ces principes.

lundi, 02 février, 2009  
Blogger Jack said...

Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

lundi, 02 février, 2009  
Blogger Jack said...

Oui Patrick, nous avons assisté à cette lente dégringolade "du pouvoir de l'ingénieur face au financier", qui a l'évidence n'apporte pas la "moindre valeur ajoutée" à l'entreprise. Je parle de valeur au sens premier: de celles qui restent dans l'entreprise, même après le départ de l'homme.
Mais c'est oublier un peu vite que ce changement de pouvoir n'a été possible que parce que notre culture d’entreprise beigne dans une profonde immoralité. (Et ce ne sont pas les comités d’éthique, qui ont fleuri ici et là dans les grandes entreprises, qui vont y changer quoique ce soit, car on voit bien qu’ils sont surtout là en tant que faire valoir, pour impressionner l’actionnaire)
Reste à savoir comment remettre de la moralité dans les affaires : au point où nous en sommes ce n'est pas gagné

lundi, 02 février, 2009  
Blogger Véronique S said...

@ Patrick : Je ne trouve que tu pousses des coups de gueule infondés, bien au contraire! C'est rassurant de te lire. J'aime beaucoup ta clairvoyance et ton sens de ce que devraient être les valeurs morales des gens à qui nous confions notre argent.
Les grands argentiers de la planète sont bien des escrocs pourris.
Il n'y a que ceux qui n'en ont pas encore peur qui restent aveugles devant l'évidence.
Perso, ils ont bousillé bien des personnes autour de moi et moi y compris.
Ce n'est pas normal qu'on devienne encore plus pauvre parce qu'on a fait confiance à une banque, quelle qu'elle soit.
Alors oui, Patrick, tu as raison de te mettre en colère et ça fait du bien de te lire.
On se sent moins seul...
;-)

lundi, 02 février, 2009  
Blogger Luc said...

@ Patrick : "Je suis furieux d’avoir été manipulé et mené en bateau depuis 20 ans au bas mot. Pendant ces 20 dernières années, j’ai vu l’arrivée de tous les maux qu’on pointe aujourd’hui du doigt : abandon de la logique industrielle pour la logique financière ; hégémonie du cours de bourse sur tout autre indicateur ; stock-options réservés à l’élite dirigeante ; parachutes dorés ; salaire des dirigeants multiplié par 10 ; accélération de l’usage des paradis fiscaux pour les entreprises et leurs dirigeants… "

Sache que, sur ces points-là, je partage ta sainte colère !

lundi, 02 février, 2009  
Blogger Vivi said...

Ségolène aussi, elle en a marre , marre ... Et alors ! En quoi ça nous met du beurre dans les épinards? Au lieu de se plaindre , Il faudrait peut être " mettre de son bois au feu , au lieu de pleurer sur les cendres."

vendredi, 06 février, 2009  
Blogger Patrick said...

On peut maintenant lire la liste des clients de l'escroc Madoff.

Parmi ceux-ci, la BNP Paribas (page 14 du document). Et devinez où est domiciliée cette BNP Paribas ? Bingo ! Au 23, avenue de la Porte-Neuve, L2085 Luxembourg !

samedi, 07 février, 2009  

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