Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

mercredi 4 février 2009

Newsweek : le dernier modèle viable c'est la France



Cette semaine, Holger Schmieding, chief European economist à la Bank of America, a écrit un article dans le magazine américain Newsweek expliquant que, tout compte fait, c'est le modèle économique français qui est le plus efficace face à la crise. C'est le seul qui tient encore la route face à la crise. Tous les autres ont échoué.

Il explique que le modèle anglais qui dope l'activité avec des emprunts excessifs ne tient pas la distance. Le Royaume Uni va atteindre en 2009 un déficit de 10% de son PNB.

Le libéralisme forcené de l'Amérique de Bush a donné les résultats que l'on sait.

Des pays comme le Danemark, qui avait une économie florissante, ont dû faire appel à l'aide de la Banque Centrale Européenne.

Au milieu de cette déroute tous azimuth, le pragmatisme français, et sa défiance viscérale pour le "tout libéral", a préservé le pays contre la déferlante économique.

... Et ce journaliste américain conclut en disant que l'interventionnisme pragmatique de la France est devenu un exemple pour tous les autres pays !

Quand on subit quotidiennement les diatribes des journalistes français, ça fait tout drôle de lire ce qu'on pense de nous à l'étranger !!!

Pour en savoir plus :
1. The Last Model Standing Is France (Newsweek)

Crédit photo : Hôtel Pôle 2000

17 Comments:

Blogger Patrick said...

Ben, c'est bien ce que je pense aussi.

L'idée de prendre l'Amérique pour seul modèle (suivez mon regard) n'est pas une bonne idée. Des réformes, certes, le pays en a grand besoin, mais ne prenons pas tous nos modèles outre-atlantique.

Par exemple, le modèle des Universités Américaines privées est-il vraiment à reproduire en France ?

Faut-il aussi calquer notre Justice sur le modèle dépeint soir après soir dans les feuilletons américains dont TF1 nous bassine ? Je n'ai jamais entendu dire que la justice des USA était exemplaire - elle me semble coûteuse, dure pour les pauvres - "à la chaise électrique" - et compréhensive pour les riches - il est où, Madoff ?

Et on a échappé de justesse à la combine des sub-primes qui avaient séduit le candidat Sarkozy... Ouf !

La plupart des maux qui nous accablent aujourd'hui (notamment la logique de la finance qui a pris le pas sur la logique industrielle) sont venus des USA, depuis une vingtaine d'années. J'ose presque dire (au risque d'être traité de Marxiste) "logique du capital" qui a pris le pas sur la "logique du travail"...

Nous pouvons avoir des réponses originales aux défis et aux nouveaux besoins - et ne nous privons pas aussi de piquer des idées gagnantes aux voisins. Par exemple, ça fait au moins 20 ans que le statut d'auto-entrepreneur a été mis en place en Grande Bretagne avec succès, et c'est seulement maintenant qu'on y vient en France - mieux vaut tard que jamais...

mercredi, 04 février, 2009  
Blogger Jack said...

Tout à fait, ce n'est pas parce que les cancres disent qu'il faut copier sur nous que nous devons nous prendre pour des génies...(si vous voulez bien me passer cette métaphore scolaire)

mercredi, 04 février, 2009  
Anonymous Anonyme said...

..d'où l'intérêt de vouloir tout réformer.

mercredi, 04 février, 2009  
Blogger Luc said...

Le 12 septembre 2008, le magazine américain TIME avait déjà annoncé la couleur avec l'article suivant : How We Became the United States of France !

jeudi, 05 février, 2009  
Blogger Luc said...

@ Patrick : "Par exemple, le modèle des Universités Américaines privées est-il vraiment à reproduire en France ? "

T'as raison. Il suffit de consulter la liste des top 100 World Universities pour s'en convaincre ...

jeudi, 05 février, 2009  
Blogger Jack said...

Ah oui...c'est quoi au juste les critères de classement?

jeudi, 05 février, 2009  
Blogger Luc said...

@ Jack : C'est expliqué là, mais c'est en chinois !

Alors, tu peux consulter cette autre liste qui, elle, est en anglais, ainsi que les critères de classement.

jeudi, 05 février, 2009  
Blogger Patrick said...

Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

jeudi, 05 février, 2009  
Blogger Patrick said...

Ce que je reproche aux Universités Américaines, c'est qu'elles s'adressent essentiellement aux riches. Quand on sait que le prix d'un MBA à Harvard, c'est 77 150 dollars par an soit 154 300 dollars pour les deux années de scolarité, on comprend que ce n'est pas à la portée de tout le monde. Certes, il existe des bourses - souvent ce ne sont en réalité que des remises sur le prix - sauf évidemment si on est un champion de basket-ball, auquel cas on ne paye rien !

Au passage, je me demande comment Obama a pu s'acheter une si bonne éducation (il est diplômé de la faculté de droit de Harvard) !

Le système français me semble beaucoup plus juste (même si ce sont encore trop souvent les enfants des classes favorisées qui intègrent les meilleures écoles).

Le système américain est plutôt basé sur l'argent, le système français est plutôt basé sur le mérite. Je préfère le second.

Quand au classement, les universités américaines sont certes plus cotées (rien que le fait qu'elles soient ricaines et qu'elles causent en anglais leur donne un gros "plus" pour le classement). Mais sont-elles vraiment "meilleures" pour cela ?

Pour conclure, je suis personnellement très reconnaissant à mon pays de m'avoir fourni une bonne éducation primaire et secondaire sans jamais demander si mes parents étaient riches ou non, puis une bonne éducation supérieure où c'est mon mérite qui a primé sur toute autre considération, et où les frais d'inscription couvraient tout juste le coût des polycopiés ! Et je souhaite aux français des générations futures de bénéficier d'un système éducatif aussi accessible et de même qualité (ce qui n'exclue évidemment pas des réformes d'adaptation). Et je suis content qu'une partie de mes impôts passe à financer cela.

jeudi, 05 février, 2009  
Blogger Patrick said...

Je viens de lire l'article du TIME du 12 septembre 2008. Un peu exagéré, mais écrit avec beaucoup d'humour ! J'aime bien les remarques du style "The average American is working two and a half jobs, gets two weeks off and has all the employment security of a one-armed trapeze artist."

On y lit d'ailleurs : The French retire before their kids finish high school, and they don't have to save for $45,000-a-year college tuition, because college is free, ce qui nous ramène au propos précédent !

jeudi, 05 février, 2009  
Blogger Jack said...

Patrick, comment ne pas être d'accord avec toi, cependant il me semble que désormais notre système éducatif commence à ressembler furieusement à celui qui règne outre atlantique, voir ce que coutent les inscriptions dans les écoles de commerce, pour un enseignement pas toujours à la hauteur des attentes. En fait d'école de commerce, il s'agirait plutôt de commerce d'école...

jeudi, 05 février, 2009  
Blogger Patrick said...

C'est vrai, Jack, les grandes écoles de commerce françaises ont pris le pli depuis pas mal de temps - mais ça ne les fait pas pour autant monter dans le classement mondial ! Mais le lycée, les grandes écoles scientifiques et l'Université (Droit, Médecine, Sciences, etc.) sont encore quasiment gratuites en France...

Encore une fois, réformes d'adaptation, oui, bien entendu. Abandon du secteur éducatif au privé, non. Et de mon point de vue, l'autonomie des Universités est le premier pas dans le mauvais sens !

vendredi, 06 février, 2009  
Blogger Patrick said...

J'ai consulté avec attention le classement "Top 100" des universités mondiales.

Il faut arriver à la vingtième place pour trouver une université non anglophone (Tokyo 1). Paris 6 (Pierre et Marie Curie) est en 46ème position, Paris 11 (Paris-Sud) en 61ème, Strasbourg 1 (Louis Pasteur) en 92... et l'Ecole Normale Supérieure (Normale Sup') qui regroupe l'élite de l'élite de l'élite française (autant en sciences qu'en lettres) se retrouve en 93ème position...

Strasbourg au niveau de Normale Sup' ? Je m'interroge sur la validité de ce classement... Ou alors, c'est que Strasbourg a vraiment beaucoup changé ces derniers temps...

Aucune "Grande Ecole" française (genre X ou Centrale) n'y figure - elles sont sans doute exclues du classement en raison de leur statut extra-universitaire. Encore une fois, ce classement a-t-il un sens ?

vendredi, 06 février, 2009  
Blogger Patrick said...

Décidément, je trouve que l'école qui a "produit" des Edouard Herriot, Jean Perrin, Georges Pompidou, Paul Langevin, Hubert Curien, Jean Jaurès, Henri Bergson, Alfred Kastler, Louis Pasteur, Raymond Aron, Jean Paul Sartre, Simone Weil, Victor Duruy, Charles Péguy, Gabriel Monod, etc. etc. etc. mérite un peu mieux qu'une 93ème place...

Mais, c'est vrai, on cause sans doute davantage le français à Normale Sup' que l'anglais...

vendredi, 06 février, 2009  
Blogger Vivi said...

@ Patrick : Oui, mais ça, c'était avant l'accroissement pléthorique du nombre de professeurs !

vendredi, 06 février, 2009  
Blogger Patrick said...

Je reviens sur ce classement des Universités... De toute évidence, ce classement concerne les seule "universités". Or, notre système français est ainsi fait que l'élite de l'élite n'est pas formée dans nos universités, mais dans nos "grandes écoles". Or, celle-ci ne sont d'évidence pas prises en compte dans les classsements. Est-ce à dire que notre système, basé sur le mérite et le travail plutôt que sur l'argent, est "inférieur" ? Je ne le pense pas. Je le tiens même pour meilleur. Mais ça, les ricains ne veulent pas en entendre parler, eux pour qui leur système basé sur l'argent est "évidemment" le meilleur...

samedi, 14 mars, 2009  
Blogger Padraig said...

Février 2010. Profitant de son statut d'autonomie, Paris-Dauphine veut faire passer certains droits d'inscriptions de 231 euros à à 4 000 euros par an. On est encore loin des prix américains, mais l'orientation est donnée. Nicolas le cow-boy sera content... Est-ce que ce sera le gage d'un enseignement de meilleure qualité ? Paris-Dauphine se hissera-t-elle dans le sacro-saint classement de Shanghai ? Quoi qu'il en soit, il me semble que la diversité sociale à Paris-Dauphine va en prendre un sacré coup - alors qu'on prône par ailleurs des quotas pour minorités ! ! !

mardi, 02 février, 2010  

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