Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

dimanche 23 octobre 2005

Le kakapo va peut-être s'en sortir



Pendant des millions d'années, la Nouvelle Zélande était peuplée seulement d'oiseaux. Seuls les oiseaux pouvaient atteindre cette île éloignée de tout. Il n'y avait pas de prédateurs, pas de chiens, de chats, de furets, de rats qui pouvaient mettre la vie de ces oiseaux en danger. Et donc, certains oiseaux, qui étaient arrivés en volant, on cessé de voler. Ce n'était plus nécessaire. Voler est fatigant et consomme beaucoup d'énergie. Il faut choisir entre manger et voler.

Le kakapo avait choisi. C'est un gros perroquet incapable de voler. Pendant des millions d'années, cet oiseau n'a pas connu la menace.

"Le kakapo est un oiseau hors du temps. Si vous en contemplez un, son visage rond et brun-vert a une expression d'incompréhension serène et innocente qui vous donne envie de le serrer dans vos bras et de lui dire que tout va bien se passer, bien que vous sachiez que ce n'est propablement pas vrai."

Douglas Adams, "Last Chance to See" 1990




Quand l'homme blanc est arrivé en Nouvelle Zélande, il a amené dans son sillage toute sortes de prédateurs (autres que lui-même) qui ont scellé le destin du kakapo. En 1995, il n'en restait plus qu'une cinquantaine. Heureusement, grâce à l'action du gouvernement de Nouvelle Zélande, un programme rigoureux de conservation a été mis en place. Deux îles sancuaires ont été réservées au Kakapo.

Ce qui est unique en ce qui concerne le kakapo, c'est son mode de reproduction. Le mâle se place en haut d'une falaise, et pousse des cris qui ressemblent à un profond battement de coeur. Vous pouvez entendre son cri avec ce fichier realaudio. Ce son porte à des kilomètres. Il pousse son cri pendant des jours, des semaines. La femelle alors essaye de le retrouver et s'accouple avec lui et pond de un à quatre oeufs.

Mais la femelle n'est en chaleur qu'une fois tous les deux ans,

En 1990, il y avait 25 kakapos sur l'île sanctuaire de Codfish Island, dont seulement 5 femelles. Mais les efforts du gouvernement de Nouvelle Zélande ont portés leurs fruits, et cette année, il y a eu 10 oeufs fertiles.

C'est bien. L'espoir renaît. Après tout, le plus ancien de tous les perroquets ne va-t-il pas subir le même sort que le Dodo ...

Pour en savoir plus :
1. Kakapo (Wikipedia.fr)
2. Kakapo (Wikipedia.english)
3. Kakapo (New Zealand Department of Conservation)
4. Kakapo Recovery Programme
5. The Fabulous Kakapo Parrot
6. Breeding success for rare kakapo (BBC news)
7. Last chance to see (Amazon.fr)

Crédit photos : Department of Conservation

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7 Comments:

Blogger Patrick said...

Ah, très bien, le cri du kakapopo ! Enfin, oui, c'est bien de protéger les espèces...

Mais, juste histoire de lancer le débat : ça sert à quoi, le kakapopo ? En d'autres termes, est-ce bien utile de conserver toutes ces espèces vaguement inconnues et qui ne servent à rien ? Et à bien y réfléchir, et si on détruisait toutes les espèces qui ne nous sont pas directement utiles - on garderait donc les vaches, les cochons, les poules (quoique, les poules, ça attrappe la grippe et ça nous coûte cher...) ? On garderait aussi les chiens et chats pour nous tenir compagnie. Le reste, ouste !

Qu'en pensez-vous ?

dimanche, 23 octobre, 2005  
Blogger Philippe Piriac said...

Bon pour répondre à ta question Patrick et après avoir écouté le cri du Kakapopo, je propose qu'on les réimoorte en Europe et qu'on en fasse des cornes de brume, vu que ca en a le bruità la bonne fréquence et que ca vit bien en haut des falaises.
On pourrait commencer à titre expérimental par Ste Evette et la pointe du Castelli à Piriac. le risque est évidemment qu'on les confonde avec une bouée nord ( 12 éclats)

dimanche, 23 octobre, 2005  
Blogger Jack said...

Voici un commentaire volontairement provocateur pour faire réfléchir et alimenter le débat, comme seul Patrick sait le faire. Mais quelles espèces nous sont-elles vraiment utiles… ?
Mao avait décidé de supprimer les vilains oiseaux qui se nourissaient les récoltes des vaillants paysans chinois ! Il paraît qu’ils eurent quelques problème d’insects.
D’un autre côté c’est vrai que si Coock avait évité de débarquer, ce paradis terrestre en serait encore un et le kakapo pourrait continuer d’y prospérer.
Mais il aurait fallu trouver un autre endroit pour tourner le seigneur des anneaux.
Corne de brume, c’est une bonne idée pour le kakapo.

dimanche, 23 octobre, 2005  
Blogger Patrick said...

Philippe a parfaitement raison. Il importe de sauver le kakapo qui est une espèce potentiellement très utile en tant que corne de brume écologique.

dimanche, 23 octobre, 2005  
Blogger Jack said...

Pour rester sérieux, allez faire un petit tour ici, pour prendre des nouvelles des espèces en danger, plus prés de chez nous.
LPO,
remarquez que la grippe aviaire n’est pas un événement de premier plan pour la LPO.

lundi, 24 octobre, 2005  
Blogger Patrick said...

J'ai lu dans les pages de la LPO l'article sur le SAMU des oiseaux (en cas de mazoutage). J'ai par ailleurs entendu le point de vue des pêcheurs, qui trouvent qu'il y a bien assez d'oiseaux comme ça, et qu'on ferait mieux de dépenser cet argent pour favoriser la pèche...

Comme quoi, il y a toujours des avis divergents selon les points de vue...

mercredi, 26 octobre, 2005  
Blogger Patrick said...

Je repensais à ce pauvre kakapo, et me souvenais que, dans la nature, en cas de modification de l'environnement, la règle, c'est l'extinction, et l'exception, c'est l'adaptation par l'évolution Darwinienne... Paradoxalement, en sauvant le kakapo, on va à l'encontre de dame nature...

mardi, 08 novembre, 2005  

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