Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

dimanche 18 mars 2007

Si Maurice Papon avait été Polonais ?

A la libération deux alternatives se présentaient à nos responsables politiques, purger ou fermer les yeux.

La purge auraient décimé notre administration, notre police largement collaboratrice et quelque fois avec zèle du gouvernement de Vichy et de l’occupant. Très rapidement donc De Gaule, avec sagesse mit fin à l’épuration et à ses excès, avec dénonciation tous azimuts, exécutions sommaires et séances affligeantes de boule à zéro pour les femmes ayant eu de « coupables » rapports avec l’occupant.

Nos amis Polonais semblent avoir optés avec beaucoup de retard pour l’épuration.

On exige donc que tout « journalistes, enseignants, recteurs des universités, directeurs d'école, diplomates, avocats ou notaires nés après 1972, à déclarer s'ils ont ou non collaboré avec la police secrète de l'ancienne Pologne communiste. »

Dans un premier temps ceux qui refuseront de remplir cette déclaration ou qui confesseront leur collaboration perdront leur emploi.

On imagine qu’ils pourront ensuite exiger d’eux qu’ils portent une étoile jaune ?

Les années de plomb sous le régime communisme militaire ont été terribles pour les Polonais. Elles furent incomparablement plus longues que l’occupation en France. J’imagine que la plus grande partie des Polonais rêvent d’oublier cette période.

Seraient-ils sortis d’un fascisme pour tomber dans un autre ?

Si Maurice Papon avait été Polonais, il n’aurait probablement pas terminé sa carrière comme ministre de l’intérieur. Mais je préfère tout de même la méthode De Gaule, même si on peut regretter ce compromis, qui confine à la compromission, ce qui permit à Papon de faire une longue carrière « d’exécuteur zélé des basses besognes » sous tous les régimes.

Après de si longues années et de tels états de service il était sans doute devenu un expert indispensable...

On n’est pas obligé de faire la chasse aux sorcières, mais le pouvoir peut-il se passer de salauds ?


Pour en savoir plus :
1. Fenêtre sur l'Europe
2. Libération
3. Maurice Papon (Wikipedia)

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4 Comments:

Blogger Patrick said...

Jack, j'admire ton courage à trouver du mérite à M. Papon. Mais, comme tu le dis, l'état a besoin d'exécuteurs zélés des décisions du gouvernement (on appelle ça les grands commis de l'Etat). Je n'ai jamais eu de sympathie pour M. Papon, mais quand il disait qu'il payait pour tous les autres, je n'étais pas loin de penser qu'il y avait du vrai...

Pour la Pologne, c'est en effet un peu effrayant... et même très effrayant. N'imaginons surtout pas que ce genre de choses est réservé à ce genre de pays. Si nous n'y prenons pas garde, nous pourrions un jour y être exposés...

mardi, 20 mars, 2007  
Blogger Luc said...

@ Patrick : J'allais le dire ...

(en fait, pour être totalement honnête, je ne savais pas trop quoi dire, là ...)

mardi, 20 mars, 2007  
Blogger Jack said...

@Patrick : tu déconnes où quoi ? Je trouve des excuses à De Gaule, à la rigueur, pas à Papon qui est un authentique et très sincère salopard.
J’attendais plutôt une réaction sur l’actuelle chasse aux sorcières en Pologne, je n’ai sorti Papon de l’oubli que pour oser une comparaison...

mardi, 20 mars, 2007  
Blogger Patrick said...

C'est vrai, Jack, tu n'as pas trouvé de mérite à Papon - sauf d'être un serviteur très zélé de l'Etat...

Mais c'est toujours un peu comme ça. Quand on reconstruit un état après un chamboulement, il faut bien des hommes, et ceux qui ont un peu de compétence ont forcément servi l'état précédent. Ainsi, en Russie "démocratique", de nombreux postes sont tenus par d'ex-communistes. Dans l'état Irakien, il y a de nombreux ex-Baasistes... Et dans la haute administration de la France des années 50 et 60, il y avait forcément de nombreux collaborateurs...

Heureusement, il y a eu de grands commis de l'état qui ont sauvé l'honneur - comme le Préfet Jean Moulin...

mercredi, 21 mars, 2007  

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