Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

mardi 24 juillet 2007

Une vielle tradition barbaresque.

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La prise d’otage avec rançon est un « sport national » depuis des siècles sur tout le rivage de la méditerranée.

Les attaques barbaresques dans cette région ont longtemps gêné le commerce en méditerranée, elles donnèrent prétexte aux attaques venues d’Europe et plus tard à la colonisation de cette région. Car à cette époque elle n’avait guère d’autre intérêt que stratégique.

Tous les ports de cette côte furent des repères de pirates vivant de razzia et de rançon, à un moment ou à un autre.

L’épisode des infirmières bulgares qui voit enfin sa conclusion, après huit années de calvaire, s’inscrit dans cette tradition. Le fait que huit longues années furent nécessaires est la lumineuse démonstration de notre faiblesse vis-à-vis de ce régime de brigands.

Comment expliquer que la Libye, un pays de 6 millions d’habitants puisse tenir en échec la communauté internationale pendant 8 ans si ce n’est grâce à la faiblesse et aux divisions de cette dernière. Souvenez vous que Mitterrand refusa l’autorisation de survol aux avions américains, partis de Grande Bretagne pour aller bombarder le palais du dictateur.

Saluons donc cet heureux dénouement, mais surtout souhaitons que la Libye cesse enfin d’utiliser le racket en guise de diplomatie.

Seules l’union et la fermeté face à ces pratiques sont efficaces, car cette conclusion, heureuse pour les victimes ne doit pas nous faire oublier, qu’encore une fois la rançon fut versée.

Aussi, je trouve toute cette diatribe au sujet du rôle de la femme de Président totalement accessoire et permettant surtout de ne pas aborder le fond du sujet.

Pour en savoir plus :

Lire sur Wikipedia : la guerre Tripolitaine.

Crédit photo : Wikipedia

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14 Comments:

Blogger Luc said...

Aujourd'hui, les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien condamnés à mort par le régime de Khadafi ont été libérés et ont atterri à Sofia. Ces otages de la Lybie ont été ramenés en Bulgarie par un avion français et grâce à l'action concertée de la communauté européenne et de la France.

Dès leur arrivée sur le sol bulgare, les "condamnés à mort" ont été immédiatement graciés par le président Georgi Parvanov.

Ni l'UE ni la France n'ont versé "un euro" au régime libyen, a assuré Nicolas Sarkozy, laissant en revanche entendre que le Qatar, médiateur de la dernière minute, l'avait fait.

Pour ceux qui se demandaient ce que faisait l'émir du Qatar assis à la droite du président lors du défilé du 14 juillet, vous avez à présent la réponse.

J'avais déjà écrit un article en décembre 2005 décrivant dans quelles conditions ce simulacre de procès avait eu lieu, reflet d'une barbarie d'un autre âge très bien décrite par Jack dans son article.

Tout est bien qui finit bien, grâce au travail de fond effectué depuis des années par l'Union Européenne, et grâce à l'impulsion et la détermination de la présidence française.

Je laisserai le mot de la fin à BBC news : "Vive la France, who helped us liberate the medics !"

Pour en savoir plus :
1. La fin du cauchemar des infirmières bulgares (Le Nouvel Obs)
2. Libération des infirmières et du médecin bulgares: chronologie (La Tribune)
3. Bulgarian joy at medics' return (BBC news)
4. 5 infirmières bulgares condamnées à mort en Libye (Chez Luc - 4 décembre 2005)

mardi, 24 juillet, 2007  
Blogger Patrick said...

Bravo à tout le monde, et à Mme Sarkozy qui s'est positionnée de façon surprenante sur cette affaire. Même si tout était préparé, il fallait quand même le faire. Chapeau.

Quand est-ce qu'elle part pour la Colombie ?

Ceci étant, je ne me prononcerai pas sur le fond de cette affaire, car je suspecte fort que les informations qui nous ont été servies en occident depuis des années sont tout à fait partiales. Tout comme l'ont été les points de vue Libyens... J'avais d'ailleurs lu il y a deux ou trois ans un article du Professeur Luc Montagnier en défense des infirmières qui ne m'avait pas vraiment convaincu. Je pense donc que je ne sais rien.

P.S. : Luc , c'est Libye et pas Lybie !

mardi, 24 juillet, 2007  
Blogger Patrick said...

A propos des moeurs des barbaresques, on reverra avec émotion Michèle Mercier dévoiler ses charmes dans le film "Angélique et le Sultan"...

mardi, 24 juillet, 2007  
Blogger Paul said...

Et qui c'est qui va avoir une belle usine nucléaire française ? C'est Khadafi.

Mais rassurez vous, c'est juste du civil.

jeudi, 26 juillet, 2007  
Blogger Patrick said...

En vendant sa centrale nucléaire, M. Sarkozy semble (à vérifier) avoir eu le bon goût de ne pas serrer la main du tyran, et de ne pas le gratifier d'un "vous êtes mon ami personnel" - comme un autre Président de sinistre mémoire (alors premier Ministre) l'avait fait en vendant une centrale à Saddam en 1975... En trente ans, on a donc fait du progrès, semble-t-il... Encore 30 ans, et le Président français refusera tout de go de livrer une centrale à un tyran !

Je suspecte néanmoins que cette centrale ne sera jamais installée - et quand bien même on commençait à l'installer, il se trouverait bien, j'espère, quelqu'un qui aurait le courage d'aller la bombarder, comme les israéliens l'avait fait en 1981 pour l'Osirak de Saddam...

jeudi, 26 juillet, 2007  
Blogger Paul said...

Ps installée ? Et pourquoi la france refuserait elle quelques petrodollars pour sa magnifique industrie atomique ? Après l'Iran et l'Irak, je ne crois guère aux scrupules de notre complexe nucléaro industriel en matière de coopération avec les pires régimes du monde... Enfin, c'est sur, on peut toujours compter sur les américains pour aller bombarder les Libyens dans quelques années, voilà qui est rassurant !

jeudi, 26 juillet, 2007  
Blogger Betty said...

Ben oui Paul bienvenue dans l'économie de marché mondialisée !!
On vend des centrales nucléaires un peu partout, ensuite on vend des armes et des avions de guerre pour les détruire. C'est formidable !

J'ai appris il y a peu que dans la guerre des malouines les missiles Argentins étaient vendu par la France et c'est les services secret français qui ont "formés et informés" nos alliés Anglais pour leur donner les moyens de détruire les fameux missiles.

Enfin ce n'est pas nouveau, les Américains avaient bien armés les Iraniens ET les Irakiens...
C'est la guerre, c'est ignoble immoral et abjecte.
Faut il encore s'en émouvoir et s'insurger ?!

Vous aller me trouve cynique mais ce qui me rassure c'est que l'homme finira par s'auto détruire et ce petit virus n'aura été, à l'échelle de l'univers, qu'une petite miette insignifiante que l'on balaye d'un revers de main.

A part ça la vie est belle, j'aime tjs autant la mer, les oiseaux et le rire des enfants...

Une petit part de clafoutis Luc ?

jeudi, 26 juillet, 2007  
Blogger Jack said...

Luc : je suis heureux comme toi que cette affaire se termine bien, mais au contraire de toi, je ne trouve pas que nous devions nous en glorifier et ceci pour deux raisons :
Cela a demandé bien trop de temps : 8 longues années dans les geôles libyennes sont une ignoble torture !
Nous avons cédé sur toute la ligne, en gardant la face certes, mais c’est tout de même le triomphe de méthodes « barbaresques »

Donc : profil bas.

jeudi, 26 juillet, 2007  
Blogger Patrick said...

Un peu plus haut, je saluais l'absence de poignée de main entre Sarkozy et le tyran Khadafi. J'ai parlé trop vite... Dommage...

samedi, 28 juillet, 2007  
Blogger Luc said...

@ Patrick : Sur la photo, il a un sourire un peu plus crispé que celui de Blair ou de Chirac, pour ne citer que ces deux-là ...

dimanche, 29 juillet, 2007  
Blogger Jack said...

Sapé comme un maquereau marseillais des années 50...ce clown m'est insupportable, merci Patrick de documenter ce petit sujet.

dimanche, 29 juillet, 2007  
Blogger Betty said...

Sarkozy a annoncer avec beaucoup d'aplomb, que le projet de vente de centrale n'avait absolument aucun lien avec la libération des infirmières..... !!!.....
On lui décerne la palme du plus beau mensonge de l'année ou on attends encore un peu ?

lundi, 30 juillet, 2007  
Blogger Greg2007 said...

C'est pas tout Betty, en plus du nucleaire, le Fils Kadhafi (Saïf Al-Islam Kadhafi) detaille un contrat d'armement entre Paris et Tripoli.

(Il ne s'agit pas du fils qui fait des exces de vitesse a contresens sur les Champs Elysees sans jamais se faire arreter, mais celui qui a travaille pour l'indemnisation des victimes de l'attentat de Lockerbie.)

Ah c'est "vilains barbares"... C'est bien dommage qu'en plus Sarko leur fournisse les armes...
C'est a se demander qui est le plus barbare...

Cette fois, on dirait bien qu'il a fait pire que les autres.
Utiliser des otages pour vendre une centrale et des armes et ensuite passer pour un heros...

Ah j'allai oublier: Sarkozy ne ment jamais!

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3212,36-940890@51-915550,0.html

mercredi, 01 août, 2007  
Blogger Luc said...

Reuters - Samedi 4 août 2007 :

Les contrats d'armements portant sur la vente à la Libye de missiles antichar et d'un système de communications radio européens ne sont pas liés à la libération des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien, déclare le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

"Le contrat d'armements signé par la Libye (...) n'avait pas pour contrepartie la libération des six", a déclaré Saïf al Islam, qui a joué un rôle central dans les négociations. "La date est une coïncidence. Cette libération est une question humanitaire qui ne peut faire l'objet d'un échange."

(...)

Saïf al Islam a souligné samedi que les négociations sur les contrats d'armements avaient débuté il y a 18 mois et qu'elles n'étaient assorties ni de conditions libyennes ni de conditions françaises.

"Les gens qui règlent leurs comptes avec Sarkozy pour sa contribution à la libération des infirmières le font par jalousie", a-t-il estimé.

dimanche, 05 août, 2007  

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