Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

dimanche 15 mai 2005

Tony Blair le menteur



Le 16 mars 2003, Bush déclare aux Açores "the game is over".

Le 21 mars 2003, les premières bombes tombent sur Bagdad.

Le 23 juillet 2002, huit mois avant, donc, lors d'un meeting secret au 10, Downing Street, Tony Blair décide de faire plaisir à son copain Bush et de se lancer une action militaire pour attaquer et envahir l'Irak. Le seul problème, c'est qu'il faut trouver un prétexte plausible. Et vraiment ils n'ont pas d'arguments convaincants.

Je cite un extrait du rapport de ce meeting : "The Foreign Secretary said he would discuss this with Colin Powell this week. It seemed clear that Bush had made up his mind to take military action, even if the timing was not yet decided. But the case was thin. Saddam was not threatening his neighbours, and his WMD capability was less than that of Libya, North Korea or Iran. We should work up a plan for an ultimatum to Saddam to allow back in the UN weapons inspectors. This would also help with the legal justification for the use of force."

Ce à quoi Blair répondit (je cite toujours) : "The Prime Minister said that it would make a big difference politically and legally if Saddam refused to allow in the UN inspectors."

Donc, en clair :
(1) Tony Blair a décidé d'attaquer l'Irak avec Bush dès juillet 2003, et quoi qu'il arrive.
(2) Comme il n'y avait pas de prétexte plausible, la stratégie décidée a été de demander des inspections par les inspecteurs de l'ONU, en espérant que Saddam refuse.
(3) On connaît la suite : Saddam a accepté, Hans Blix a déclaré qu'il n'y avait pas d'armes de dectructions massives. Et donc, Bush Blair et Aznar ont décidé lors d'un sinistre meeting aux Açores le 16 mars 2003 (voir photo) que "the game is over", et que ils allaient attaquer l'Irak, même s'ils n'avaient pas pu trouver de prétexte plausible. Evidemment, ce jour où le mensonge va permettre le déclenchement d'une guerre qui va faire des dizaines de milliers de morts est appelé par Bush "L'instant de vérité" !

Ce qui est intéressant, c'est de lire en parallèle les décisions secrètes du 23 juillet 2002 et les discours officiels aux Açores du 16 mars 2003.

C'est ce genre de lecture qui vous fait réaliser à quel point on vous prend pour des cons, et à quel point la liberté de la presse est précieuse.

Pour en savoir plus :
1. Baghdad, le 21 mars 2003 (Chez Luc)
2. Tony Bliar a été réélu (Chez Luc)
3. The secret Downing Street memo (The Sunday Times)
4. Blair planned Iraq war from start (The Sunday Times)
5. Indignation Grows in U.S. Over British Prewar Documents (L.A. Times)
6. Monday "Moment of Truth" for World on Iraq (The White House)
7. Bush critics' ire builds over British reports on runup to Iraq war (The Boston Globe)
8. The Downing Street Memo (site citoyen à propos de ce memo)

Libellés :

20 Comments:

Blogger Patrick said...

Tiens, à te lire, on a l'impression que ton ire envers le respectable W. Bush se commue petit à petit en ire envers l'honorable Tony Blair... Est-ce que c'est une allergie aux Anglo-Saxons ? Pourtant, depuis l'Entente Cordiale, ce sont censés être nos amis !

dimanche, 15 mai, 2005  
Blogger Luc said...

Ben oui, les Anglais c'est nos amis. Les Américains aussi d'ailleurs.

Mais bon, Bush a été réélu, j'ai été estomaqué, et je me suis dit : "Au moins, les Anglais, ils ne rééliront pas Blair." Eh bien si ! Mais ça, j'en avais déjà parlé.

Et puis vient cet article du Sunday Times qui étale au grand jour que Blair avait décidé d'y aller 8 mois avant. J'ai voulu d'abord mettre un commentaire à la suite de "Tony Bliar a été réélu", et puis je me suis dit que cette nouvelle scandaleuse était tellement importante qu'elle méritait bien une nouvelle note.

Ceci dit, Blair est un homme sympathique, comme Bush quand il sort ses vannes à deux balles, et comme Saddam quand il jouait avec le petit garçon anglais à la télé pendant la première guerre du golfe (tu te souviens ?). Ils sont sympas, tous ces gens-là. Il y a même un bout de film célèbre où on voit Hitler se taper sur les cuisses sur la terrasse de son nid d'aigle en Bavière.

La question n'est pas : Est-il sympa ?
Elle est : Nous prend-il pour des cons ?

Tu vois, c'est pas la même question.

Mais, comment dire, il y a différents niveaux. Nous prendre pour des cons pour le lundi de pentecôte, c'est une chose. Le faire pour déclencher une guerre, c'est est une autre. Tu ne trouves pas ?

Et encore plus quand il s'agit de (bons) copains.

Je trouve.

dimanche, 15 mai, 2005  
Blogger Patrick said...

Je suis un peu d'accord avec toi. La manière que Bush puis Blair ont choisi pour justifier leur intervention est hautement critiquable. Mais franchement, je me demande si grand monde a cru à cette histoire d'armes de destruction massive ? Moi, en tous cas, jamais. Et on peut s'interroger sur l'attitude d'un Chirac qui, n'étant quand même pas un demeuré, savait que tout ça était du pipo, mais faisait quand même mine d'y croire, en disant qu'il fallait laisser faire le travail de désarmement des inspecteurs des Nations Unies...

La vraie question, c'était de savoir s'il y avait ou non un devoir d'ingérence en Irak, en raison de son régime politique et de son pouvoir de nuisance envers son peuple et envers l'équilibre mondial. On a estimé qu'il y avait un devoir d'ingérence en Serbie et en Afganistan. Mais les avis sont de toute évidence partagés pour ce qui concerne l'Irak et ce d'autant plus que Saddam ne comptait pas que des ennemis en Europe : "Vous êtes mon ami personnel", lui avait affirmé Chirac en 1974 en lui vendant le réacteur nucléaire Osirak - le même Chirac qui est le seul chef d'état Occidental à avoir serré la main de Saddam et plutôt deux fois qu'une - à Paris et à Bagdad... et Saddam était le principal sponsor de l'association "Amitié Franco-Irakienne" présidée par... J.P. Chevènement. Et on nous dit que Saddam inondait de barils de pétrole nombre de politiques français (ou d'hommes de paille)...

Ce qui est sûr, c'est que cette intervention a lamentablement foiré. Décidément, les USA, c'est plus ce que c'était lors de WW2 !

dimanche, 15 mai, 2005  
Blogger Jack said...

Devoir d’ingérence ? Belle formule !
Ce devoir est partout, en Afrique (dans de trop nombreux pays), en Corée du Nord, au Tibet…et j’en oublie beaucoup.

Saddam est un des trop nombreux tyrans que porte cette terre, son tort et d’avoir rappelé les promesses que les USA lui firent pour attaquer l’Iran, en envahissant brutalement le Koweit, pays fabriqué de toute pièce par l’occident comme son gros voisin l’Arabie Saoudite. Invasion qui fut durement réprimée par Bush père avec l’assentiment et la collaboration internationale.

L’autre tort est de ne pas obéir à l’occident tout en controlant une importante réserve pétrolière. Le prochain tour est celui de l’Iran évidemment.

L’organisation du M.O. telle qu’elle est aujourd’hui est une création de l’occident, (et de nos amis britanniques en particuliers) c’est sans doute pour cette raison que certains, ce sont cru investis du pouvoir de corriger Saddam. « Le devoir d’ingérence » comme dit Patrick

C’est pour ces mêmes raisons que nous intervenons en Afrique, pas toujours à temps, souvent trop tard et soutenons d’autres tyrans.

Espérons que l’Histoire avec un grand H, donnera l’éclairage qui convient au conflit irakien, un jour.
Tout comme elle devra rendre compte, de nos « glorieux » exploits en Algérie et au Ruwanda, « exploits » au sujet desquels le silence est assourdissant.

lundi, 16 mai, 2005  
Blogger Luc said...

Ah oui ... le "devoir d'ingérence". Le "bon" prétexte, sorti du chapeau à portériori pour justifier la tuerie et la mise à sac de l'invasion.

"On est venu pour libérer les ch'tites n'enfants du vilain Saddam Hussein bien sanguinaire et tout et tout" : imparable !
Si on avait vu force films et photos du peuple Irakiens accueillant leurs "libérateurs" avec fleurs et drapeaux, ça aurait été plus convaincant. Mais les Irakiens ont accueillis les Anglais et les Américains pour ce qu'ils étaient : des envahisseurs.

Plus sérieusement, et loin de ces pantalonnades post-désastre qui ne sont pas crédibles une seule seconde, le sujet du "devoir d'ingérence" est un vrai sujet, et il mériterait peut-être un post à lui tout seul.

Sur ce sujet, la charte des Nations Unies est claire : il précise "le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes", et il est interdit à un pays d'en attaquer un autre, sauf pour se défendre. Vu que, depuis 1991, l'Irak l'a attaqué personne, et de plus il n'est une menace pour personne, l'attaque Anglo-Américaine de mars 2003 était totalement illégale, et tout le monde le sait.

Ceci étant dit, on se dit parfois quj'il y a des choses qu'on ne peut pas laisser faire, du genre le génocide des Hutus par les Tutsis. Il faudrait donc créer un "droit d'ingérence" dont les règles devraient être clairement définies pour pourvoir intervenir, par exemple, en cas de "crime contre l'humanité".

Mais on voit bien que, même dans ce contexte, la justification de renverser le régime de Saddam Hussein est plutôt légère. En effet : Que le régime de Saddam Hussein soit criticable, on est bien d'accord, mais sur quels critères ?

Cela n'est pas une question anodine.
(1) Selon nos critères de moralité et de démocratie de l'Europe de l'Ouest, combien de régimes sur Terre nous paraissent acceptables ? A commencer par les Etats-Unis qui n'ont toujours pas aboli la peine de mort.
(2) De quel droit serions-nous les détenteurs de la vérité unique ? Je pense que la Russie Soviétique a au départ promulgé la "dictature du prolétariat" en pensant sincèrement que c'était le système politique le plus juqte et le plus équitable. Pensons-nous aujourd'hui que le Bushisme est le modèle de civilisation à imposer à la planète entière ? Et que donc tout pays qui ne suit pas ce modèle est susceptible de subir une invasion qui semer la mort et la destruction dans le pays "pour son bien" ? De quel droit avons-nous imposé aux aborigènes la notion de propriété individuelle ? Cela leur a-t-il apporté le bonheur ? Ce genre de démarche est d'ailleurs ce qui a été à la base de toutes les colonisations qui ont détruites un nombre incalculable de cultures parfois très anciennes.
(3) Il faudrait donc peut-être ériger un organisme indépendant, du genre Amnesty International, qui surveillerai ce qui se passe. Et quand le peuple d'un pays est soit l'objet d'un génocide, soit subit des souffrances du niveau par exemple de ce qui se passe actuellement au Darfour ou en Corée du Nord (des millions de morts de faim chaque année qui passe), alors on décide de faire quelque chose.

Comme tu vois, ce n'est pas un problème simple du tout.

Ce problème d'ailleurs se pose de la même façon pour la vie privée. La vie privée est inaliénable et est protégée. Mais n'y a-t-il pas un "devoir d'ingérence" qui devrait forcer le voisin à dénoncer la famille où les enfants sont violés et prostitués ? Là aussi, la réponse spontannée est "oui bien sûr", mais où s'arrêter. Question assez pesante dans un pays où la dénonciacition des Juifs était pratiquée pendant l'occupation ...

Où tracer la limite de l'inacceptable, et selon quels critères ???

lundi, 16 mai, 2005  
Blogger Luc said...

Dans le memo de Downing Street, il y a quand même un passage assez ahurissant :

"Bush wanted to remove Saddam, through military action, justified by the conjunction of terrorism and WMD. But the intelligence and facts were being fixed around the policy."

C'est écrit noir sur blanc : les "faits" ont été trafiqués par Bush pour justifier l'attaque de l'Irak !

Alors, l'impeachment de Bush, c'est pour quand ?

lundi, 16 mai, 2005  
Blogger JR said...

Ouais, je suis vraiment dubitatif quand on met dans le même sac Bush, Blair et Saddam, et franchement j'ai grimacé quand j'ai lu "Que le régime de Saddam Hussein soit criticable, on est bien d'accord, mais sur quels critères ?". Je ne peux te suivre dans ce relativisme. Pour moi la démocratie, la liberté sont des valeurs universelles et tous les peuples y aspirent. Le "Bushisme" n'est pas un système et même si ces deux dirigeants sont coupables (à tes yeux) de mensonges et de malhonnéteté il n'y a aucune commune mesure entre les démocraties américaines et anglaises (avec leurs failles et leurs défauts) et un régime dictatorial.
La question est de savoir si on doit aller défendre par la force les valeurs de la démocratie ou si ont doit aller sauver les peuples de leurs dirigeants et parfois d'eux-même. Là je suis pour le droit d'ingérence par la force, quand il y a un péril grave et imminent pour les peuples en questions. C'est pourquoi j'ai approuvé les interventions en Bosnie, au Kosovo et en Afghanistan. Je souhaiterais que l'on se penche avec plus de volonté sur le cas du Darfour, par exemple. Pour l'Irak je ne suis pas sûr qu'il y avait péril grave et imminent quoique le régime Irakien était particulièrement haïssable et sanguinaire, et, doutant de la gravité et de l'imminence, je ne suis pas certain dès lors que l'intervention était moralement justifiée, mais je m'interroge sur les motifs de l'apreté de la France à s'y opposer avec tant de véhémence et d'activisme. Et j'ai du mal à désapprouver la démise d'un dictateur sanguinaire. Tout en déplorant la manière avec laquelle on a tenté d'entraîner les opinions publiques occidentales et surtout la façon dont a été géré, coté Américain, l'après-guerre.

lundi, 16 mai, 2005  
Blogger Luc said...

Cher Jean,

Je sais que, comme Patrick, ton amitié (que je partage) pour les Américains et les Anglais t'incite à leur pardonner beaucoup de choses.

Je savais que c'était un commentaire délicat. Ce que voulais exprimer simplement c'était un point de vue qui prenait un peu plus de recul. Et c'est à dessein que je posais la question "sur quel critères?"

Cette question n'a aucun but de "provocation". Elle est tout simplement à mes yeux primordiale et au centre du débat.

Si on va virer Saddam sous le prétexte que sa tronche nous revient pas, c'est un peu court. Donc, il faut définir un peu mieux les critères.

Il est évident qu'un régime dictatorial et sanguinaire de moins sur Terre ne peut qu'être applaudi. Mais à quel prix ? (y compris pour la population du pays concerné!)

Je vais reprendre tes arguments en essayant de ne pas les trahir : "La question est de savoir si on doit aller défendre par la force les valeurs de la démocratie ou si ont doit aller sauver les peuples de leurs dirigeants et parfois d'eux-même. Là je suis pour le droit d'ingérence par la force, quand il y a un péril grave et imminent pour les peuples en questions."

Eh bien, qu'attendons nous pour renverser "par la force" les régimes des pays suivants :
- l'Arabie Saoudite
- la Chine
- la Corée du Nord
- Haïti
- le Laos
- le Myanmar (Birmanie)
- la Sierra Leone
- le Soudan
... juste pour citer les plus criants ?

Donc, on va aller bombarder tous ces pays dans la joie et dans la bonne humeur ?

Comme je le soulignais, je pense qu'une telle action est légitime si le peuple lui même appelle au secours. C'est vraiment un minimum il me semble.

Alors, en ce qui concerne l'Irak : A-t-il appelé au secours ? Et a-t-il accueilli les Américains avec des fleurs et des petits drapeaux ? Non, bien sûr.

Ah, mais c'est vrai, tu as dit "aller sauver les peuples de leurs dirigeants et parfois d'eux-même."

C'est plutôt sur le côté "on va vous sauver de vous même contre votre gré" que, tu vois, notre avis diverge. Le côté : "On rase votre pays et on le met à feu et à sang, mais c'est pour votre bien". Alors les Irakiens : "Mais, on n'avait rien demandé, nous !". Alors Bush : "Taisez-vous, on sait mieux que vous ce qui est pour votre bien !"

Je caricature, c'est vrai, mais si on cautionne ça, alors qu'est-ce qui va empêcher, par exemple, l'Inde d'aller "libérer" le Pakistan. Ou la Chine d'aller "libérer" Taïwan. Ou la Corée du Nord d'aller "libérer" la Corée du Sud ? Hein ?

Bon, je sais, tu vas me dire que je compare les Etats-Unis et l'Inde et que c'est pas bien.

Je sais. Mais alors, seul les Etats-Unis auraient le droit d' "aller sauver les peuples de leurs dirigeants et parfois d'eux-même" ?

Pourquoi ? Sur quels critères ?

Y a-t-il des choses que seuls les Etats Unis on le droit de faire parce que c'est une démocratie ?

Si on cautionne ce précédent totalement inacceptable, on prend un risque invraisemblable devant l'histoire.

Je pense. :-)

lundi, 16 mai, 2005  
Blogger Luc said...

Jean, tu dis "Tout en déplorant (...) surtout la façon dont a été géré, coté Américain, l'après-guerre..

Le plus dur, c'est pas de gagner la guerre, c'est de gagner la paix.

Aucune paix ne sera jamais gagnée par une guerre illégitime. C'est aussi simple que ça.

Les Américains n'ont donc aucune issue en Irak, parce qu'ils n'y ont aucune légitimité. Donc, ils sont parfaitement incapables de gérer l'après-guerre par définition même. Il faut qu'ils quittent l'Irak, et le plus vite possible.

C'est une évidence.

La seule question c'est : combien de morts et d'infirmes à vie faudra-t-il encore pour que les responsables de cette boucherie réalisent cette évidence ?

lundi, 16 mai, 2005  
Blogger Patrick said...

Luc, tu voudrais que Bush soit démit pour avoir menti. A ce régime, rare sont les politiques qui ne devraient pas être démis ! Je soupsonnerai même qu'il faille aussi démettre le Pape ! Certes, il s'agissait d'une entrée en guerre, ce qui n'est pas précisément une circonstance atténuante.

Mais j'en reviens à ma question : si on raconte un bobard que personne ne gobe, a-t-on vraiment menti ? ? ?

lundi, 16 mai, 2005  
Blogger Luc said...

Pfff ! Je ne sais plus quoi dire ...

Ah, si : "Vous reprendrez bien un peu de kouglof ?"

lundi, 16 mai, 2005  
Blogger Patrick said...

Non, merci, pas de Kouglof. Mais une petite part de Kouign-Amman, peut-être...

Au fait, Luc, pour mettre les choses au point, sur cette affaire Irakienne, mon opinion était au départ qu'il était souhaitable d'évincer Saddam qui narguait l'ONU (et les USA) et jouait un très mauvais jeu pour le moyen orient (et pour le peuple Irakien). J'étais très en faveur que l'ONU décide de faire cesser cela. Malheureusement, ce qu'il faut bien appeler les amis de Saddam (amis "personnels" ou pas) ont manoeuvré pour rendre cela impossible.

Donc, c'est vrai, j'étais en faveur d'une intervention en Irak, ce qui ne fait pas de moi un inconditionnel des ricains !

Je ne sais pas si ça se serait mieux passé avec l'ONU – à la lueur de ce qui se passe en ce moment, sans doute pas, quoi que les Irakiens auraient peut-être moins mal accueilli la chose... Au moins ça aurait eu plus de légitimité...

Ce que je crois, c’est que le monde est de plus en plus interdépendant, et qu’il est de moins en moins raisonnable de laisser faire n’importe quoi par n’importe qui. Dès le début des années 30, Hitler préparait la seconde guerre mondiale. En 1936, le Congrès de Nuremberg ne pouvait laisser aucun doute à ce sujet. Et le monde a laissé faire. Ce laisser-faire a coûté 45 millions de morts.

Un des exemples que tu cites mérite considération : est-il raisonnable de laisser le régime dictatorial de la Corée du Nord accéder à l’arme atomique ? Est-ce une menace pour le monde dont nous devons nous préoccuper très sérieusement, ou juste une affaire intérieure Nord Coréenne qui ne nous concerne pas ? Si les efforts diplomatiques en cours échouaient, qu’est-ce qu’il faudrait faire ? Rien ?

D’autres exemples que tu cites sont moins convainquants, parce que justement, on fait des choses : par exemple l’ONU se préoccupe de la situation au Soudan, et c’est bien.

Non, vraiment, pas de deuxième part de Kouign-Amman, j’ai très bien mangé, merci.

lundi, 16 mai, 2005  
Blogger Luc said...

Si vous voulez voir le quotidien des Irakiens suite au "devoir d'ingérence" Anglo-Américains, c'est ici : Uncensored News Pictures - Daily Updates.

jeudi, 19 mai, 2005  
Blogger Patrick said...

Oui, ce n'est pas mauvais de se faire rappeler ce qu'il y a derrière des mots un peu abstraits...

Ceci étant, il y a un grand paradoxe sur cette question : je suis vraiment persuadé que les ricains n'ont qu'une envie, celle de rentrer chez eux. Ils rentreront dès qu'ils auront le sentiment que la situation est quelque peu apaisée. Or, paradoxalement, les multiples attentats-suicide vont exactement dans le sens contraire, et retardent le départ des ricains... A croire que c'est en réalité ça que les auteurs des attentats souhaitent : que les ricains restent... S'imaginent-ils que les ricains ont vraiment l'intention de rester ? Je ne le crois pas. Je pense que ce qu'ils veulent vraiment, c'est le chaos généralisé, et qu'ils ne font qu'exploiter la présence des ricains à cet effet...

C'est pas le bourbier du Viêt-Nam, mais c'est un bourbier quand même...

jeudi, 19 mai, 2005  
Blogger Luc said...

Patrick : "je suis vraiment persuadé que les ricains n'ont qu'une envie, celle de rentrer chez eux".

Ben oui, c'est sûr que les G.I. n'ont qu'une envie, c'est de rentrer chez eux. Il n'y a qu'un petit problème, c'est que cette décision ne dépend pas d'eux. Elle dépend de George W. Bush, qui n'en n'a rien à foutre (il n'a jamais assisité à une seule cérémonie d'inhumation d'un des 1630 américains tués à ce jour en Irak) : il joue au golf, ou fait du VTT, comme le jour de l'alerte au Cessna paumé à Washington ! Et les G.I. iront se faire flinguer en Irak tant que cela sera son bon plaisir.

Point final.

vendredi, 20 mai, 2005  
Blogger Patrick said...

Si c'est comme tu dis, je me serai fourvoyé sur toute la ligne... Et ce sera la première fois que les USA envahissent un pays pour l'occuper durablement... Ils n'ont guère une histoire de colonisateurs (sauf, bien entendu, sur le plan économique, mais c'est un autre registre)...

vendredi, 20 mai, 2005  
Blogger Luc said...

Je pense que les Américains vont malheureusement rester en Irak pour un bon moment, et les généraux Américains sont de mon avis. Dans l'article du New York Times d'hier Generals Offer a Sober Outlook on Iraqi War, on peut lire : One officer suggested Wednesday that American military involvement could last "many years."

Pour en savoir plus sur ce qui se passe en Irak :
1. Iraqis Endure Worse Conditions Than Under Saddam, UN Survey Finds
2. The end of secularism in Iraq
3. Shiites Stage Mass Anti-U.S. Protests

Maintenant, pour la liste des invasions Américaines depuis la deuxième guerre mondiale, c'est ici :
1. VICTIMS OF UNITED STATES INVASIONS SINCE THE END OF WORLD WAR II

vendredi, 20 mai, 2005  
Blogger Luc said...

A propos du "devoir d'ingérence", il faudrait peut-être renverser le régime actuellement en place aux Etats-Unis. Ils pratiquent la peine de mort et la torture d'une façon totalement barbare.

Un exemple : les Américains viennent de torturer à mort, dans des conditions dignes du régime de Saddam Hussein, deux prisonniers dans une prison en Afghanistan. Evidemment, l'un des prisonniers, mort dans des conditions atroces, était innocent. C'était un simple chauffeur de taxi qui est passé près de la base Américaine au mauvais moment.

Je dis "évidemment", parce que les Américains, on le sait bien, appliquent la politique du "on tire d'abord, on pose les questions ensuite", chère aux vieux westerns.

Pour en savoir plus sur le comportement du "pays de la liberté" :
1. In U.S. Report, Brutal Details of 2 Afghan Inmates' Deaths (The New York Times)
2. Afghan prisoners were 'tortured to death' by American guards (The Independent)

samedi, 21 mai, 2005  
Blogger Patrick said...

T'as raison, avec des considérations humanitaires, on s'égare.

Les ricains ont le besoin vital d'un accès "amical" au pétrole irakien, et la mainmise des Chinois, Russes et Français sur ledit pétrole mettait en péril leur approvisionnement. Il fallait donc intervenir avec pour prétexte euh, voyons voir, j'y suis - les WMD. Bon. Maintenant que Russes, Chinois et Français sont dehors, et qu'il y a un gouvernement vaguement amical aux USA et que ce sont des compagnies US qui s'occupent du pétrole irakien, les ricains vont pouvoir rentrer chez eux et faire tourner leurs usines et faire rouler leurs bagnoles. Et les 25 000 morts, c'est juste du "collateral damage"...

samedi, 21 mai, 2005  
Blogger Luc said...

Patrick > "les ricains ont le besoin vital d'un accès "amical" au pétrole irakien"

Euh ... je ne suis pas sûr que l'amitié se gagne au bout du canon avec des G.I. très "trigger happy".

Je ne crois pas vraiment que tout ça va se terminer par un copinage entre l'Irak et les U.S. ....

samedi, 21 mai, 2005  

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