Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

vendredi 26 septembre 2008

The American Dream...



Or donc, je lis que l’état américain – c’est à dire le contribuable – va être invité à cracher 700 milliards de dollars pour sauver telle ou telle méga-banque en état de faillite et éviter la déconfiture totale du pays. Bien. Rappelons, pour situer un peu les choses, que le budget total de la France en 2008, c’est 350 milliards d’euros - soit dans les 500 milliards de dollars. Donc la faillite du système économique américain coûte au bas mot l’équivalent du budget de la France (et sans doute plusieurs fois ce budget si on cumule les sommes mobilisées pour les sauvetages sous forme de nationalisation de méga-banques). Certes, les USA, c’est grand, mais seulement 6 fois plus grand que la France en termes de population. Le trésor américain va évidemment faire tourner à plein régime la planche à billets - et de préférence 24h/24 - 700 milliards de dollars, faut quand même les imprimer – et bonjour l’inflation et les désordres économiques et sociaux qui vont en résulter, y compris dans la zone euro !

Bref, le système économique américain idolâtré par « Sarko l’américain » montre sa vraie nature et ses défaillances. Est-ce bien le modèle que nous devons suivre ? Notre système "à la française" ménageant à la fois une part de libéralisme et une part d’état (notamment pour les grandes infrastructures) n’est-il pas très nettement meilleur – moyennant évidemment les nécessaires réformes d'adaptation qui auraient dues être faites depuis au moins 20 ans (genre régimes des retraites) ?

14 Comments:

Blogger Jack said...

La guerre en Irak, combien à ce jour?

samedi, 27 septembre, 2008  
Blogger Jack said...

Rien de bien nouveau sur ce grand pays, faut-il rappeler que la dernière grande crise financière (1929)nous venait déjà d'Amérique.
L'"Américan Dream" c'est aussi "les raisins de la colère" et la misère la plus noire : pour ma part je ne suis pas surpris. Souvenons nous que c'est la seconde guerre mondiale qui mis fin à cette crise : espérons donc que l'histoire ne bégayera pas pour une fois.
Je pense comme toi que le rôle de l'état est de prendre en charge les conditions du développement économique et donc l'ensemble des grandes infrastructures, ferroviaires, routières, distribution d'électricité et télecoms et contrôle du système bancaire . Il y a juste un petit problème : l'ensemble de ces réseaux doivent être désormais gérés au niveau européen ; et là ça n'est pas gagné.

samedi, 27 septembre, 2008  
Blogger Patrick said...

En matière de guerre salvatrice, il semble que Sarah Palin a déjà désigné un adversaire tout désigné : l'URSS (elle n'a pas bien saisi que c'était devenu la Russie, mais bon). Il suffit de fomenter deux ou trois incidents ça et là (genre Géorgie), et le monde sera à feu et à sang. Et l'économie de guerre pourra faire oublier les sub-primes...

L'ennui, c'est qu'on sera juste entre les deux belligérants.

Je plaisante. Bien sûr. Evidemment.

samedi, 27 septembre, 2008  
Blogger Patrick said...

L'état qui donne les conditions du développement, et le secteur privé qui s'épanouit dans ce décor, c'est tout à fait ça que je souhaite. Et bein sûr au niveau européen. C'est bien pourquoi il faut aller vers une Europe réellement opérationnelle sans états d'âme. Vite.

samedi, 27 septembre, 2008  
Blogger Patrick said...

Jack, ta remarque sur la guerre en irak m'a intrigué.

Les chiffres semblent être du même ordre : 1 000 milliards de dollars ? Mais au moins, la guerre en Irak consomme des productions américaines (avions, missiles, armes en tous genre) ce qui fait tourner l'industrie militaro-spatiale américaine.

Mais les 700 milliards pour sauver les banques, c'est presque en pure perte, ce me semble...

samedi, 27 septembre, 2008  
Blogger Luc said...

@ Patrick : Tu as raison. Le système français est bien meilleur que le système américain. D'ailleurs, l'administration américain qui nationalise AIG pour un montant de 85 milliards de dollars pour lui éviter la banqueroute, voilà une démarche bien "française".

Ca nous rappelle un peu la débâcle du Crédit Lyonnais en 1993, suite aux opérations hazardeuses de son patron, Jean-Yves Haberer, nommé là par Pierre Bérégovoy. C'est le contribuable français qui a dû payer pour renflouer les caisses de la banque (15 milliards d'euros, quand même), avec l'affaire "Executive Life", la Metro-Goldwyn-Mayer et Adidas. D'ailleurs, on continue à payer aujourd'hui avec les 400 millions d'euros à rembourser à Bernard Tapie.

Tout ça pour dire que Bush, avec sa proposition de racheter les créances pourries ("junk bond") des banques américaines et de faire payer ça au contribuable américain, il me semble bien franchouillard dans sa démarche.

C'est pas "Sarko l'américain" en ce moment, mais c'est "Bush le français".

D'ailleurs le TIME publie cette semaine un article assez drôle avec un titre plutôt explicite, je trouve : How We Became the United States of France.

dimanche, 28 septembre, 2008  
Blogger Philippe.Piriac said...

La question est elle :

Le coùt de la Guerre en Irak est elle du meme ordre de grandeur que les 700Md$ à réinjecter dans l'économie ( sachant que la VA corresponsante donne lieu à du PIB)
ou

La politique monétaire initiée par M. Bush pour financer sa guerre en Irak ( ou la rendre plus socialement acceptable par les Américains, ou financable par du déficit etc...) est elle pour partie significative/majoritaire dans la crise actuelle?

Et si c'était là la victoire de Alquaida sur le monde occidental: Avoir provoqué une sur-réaction par un président américain qui avait besoin d'un ennemi visible, fut il bidon( L'Irak) ett qui se retourne contre le monde occidental: Le sytème se tue de l'intérieur faut de savoir traiter ses propres faiblesses: le libéralisme outrancier

Le résultat des élections est loin d'etre neutre sur le mode de traitement.

dimanche, 28 septembre, 2008  
Blogger Patrick said...

Luc, le cas du Crédit Lyonnais, c'est exactement ce qu'il ne faut pas faire : laisser tout un système bancaire sans contrôle. Que Jean-Yves Haberer ait été nommé par un gouvernement ou par un conseil d'administration ne change rien à l'affaire : on ne doit pas laissser les finances d'un pays sans contrôle. L'état français a fauté en laissant la bride sur le cou à Jean-Yves Haberer. De toute évidence, la finance américaine était complètement en roue libre... Et cette faute va nous coûter très cher (même Sarko nous l'a dit)...

D'ailleurs, suite au discours de Toulon, je lis dans les journaux les commentaires sur le virage "à gauche toute" de Nicolas, au point de faire de l'ombre au petit facteur - une boutade, certes, mais il semble bien que - réalisme oblige - Nicolas ait pris de la distance avec le libéralisme à tout crin. Et que sa "plume" Henri Guaino jubile, lui qui prône un certain Gaulisme où l'état tient un rôle important (Gaulisme social)...

dimanche, 28 septembre, 2008  
Blogger Patrick said...

Philippe, je pense quand même que Bush et ses conseillers croyaient vraiment à une guerre courte en Irak, à l'image de celle menée en 1991 ou encore à l'affaire Kossovare. Il s'agissait juste de redorer le blason terni des USA après le 11 septembre (et de consommer au passage quelques armes) - et aussi de se donner un plus libre accès au pétrole irakien concédé par Saddam à la France, la Russie et la Chine (dans le cadre du programme pétrole contre nourriture)...

Là où Al Quaida a gagné, c'est en provoquant l'enlisement. Et alors, la question que tu poses devient pertinente.

On lit ça et là que la crise des sub-primes est une séquelle de la bulle internet. Je trouve qu'il y a peut-être du vrai, car l'économie virtuelle de l'internet a inauguré le concept de fausse économie (des sociétés sans chiffre d'affaire et sans employés qui valaient une fortune en bourse). Quand cette bulle-là a éclaté, la finance a créé un marché presque tout aussi virtuel de crédits sans garanties. Et il n'y a eu personne pour contrôler cela.

En tout cas, ça me conforte dans mes convictions de "bon père de famille". Il y a des bons plans solides (exemple : un produit, une production, des clients, un chiffre d'affaire, des employés, des salaires, des bénéfices), et il y a des plans foireux basés sur du vent (économie virtuelle sans clients, sans chiffre d'affaires, etc.), et qui ne peuvent que s'écrouler.

Peut-être va-t-on revenir aux bons plans solides...

dimanche, 28 septembre, 2008  
Blogger Jack said...

Je reviens à ma question du début, donc l'état américain s'apprête à injecter dans le système bancaire une somme équivalente à celle investie dans un conflit foireux avec l'Irak nuisible pour l'Amérique .
Ce n'est sans doute pas le même objet, mais c'est le même qui paie :le contribuable américain. De même dans les deux cas il s'agit de payer pour une sottise. Alors système libéral trop libéral à lui préférer un système gaulliste?
Et quel système nous préserverait-il des cons?

dimanche, 28 septembre, 2008  
Blogger Jack said...

Et des malhonnêtes...

dimanche, 28 septembre, 2008  
Blogger Patrick said...

A propos des "responsables" de la crise : Nicolas assure que les "coupables" seront démasqués et punis - et il y va d'un couplet sur les parachutes dorés - couplet très applaudi par la claque UMP à Toulon... Va-t-on bruler vifs les anciens dirigeants au cours de joyeux autodafés auquel le petit peuple sera convié ?

En d'autres temps, on avait désigné les juifs. J'espère seulement que cette fois-ci, ils ne désigneront pas les barbus un peu chauves et aux yeux bleus !

Trève de plaisanterie, c'est évidemment tout le système américain qui est en cause. Il serait souhaitable d'en tirer de bonnes conclusions pour l'après-crise plutôt que de se lancer dans une stérile chasse aux sorcières...

dimanche, 28 septembre, 2008  
Blogger Jack said...

Pour revenir au commentaire n°2 à propos de la crise de 29, finalement l’histoire doit bégayer quelque part...

lundi, 29 septembre, 2008  
Blogger Patrick said...

Une fois n'est pas coutume, je vais aujourd'hui dire que le Président de la République est, à mes yeux, en train de justifier son salaire.

Là où son prédécesseur se serait barricadé à l'Elysée et se serait fait mettre aux abonnés absents, Nicolas fait feu de tout bois et nous fait encore sa démonstration d'ubiquité. Ce matin ici, à midi là-bas, ce soir ailleurs...

Je suis bien incapable de porter jugement sur le fond, c'est à dire sur la pertinence des mesures prises (qui me semblent quand même un peu décidées dans la précipitation, mais la situation l'impose sans doute pour créer un "choc de confiance"). Mais au moins il essaye de faire quelque chose pour circonvenir une crise dont on ne peut raisonnablement pas le tenir pour responsable.

Je ne suis donc pas mécontent de cette suractivité (que, pour une fois, je ne qualifierai donc pas de "vibrillonnaire").

vendredi, 03 octobre, 2008  

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