Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

mercredi 9 mars 2005

Les américains flinguent les journalistes en Irak



C'est ce qu'affirmait Eason Jordan, le redacteur en chef de CNN (rien que ça!) pendant le forum économique mondial de Davos. Vu que, aux Etats-Unis en ce moment, il est interdit de critiquer l'administration Bush (vous avez dit "liberté de la presse" ?), il a dû démissionner suite à ces propos.

Eh bien, si l'on en croit l'ex-otage italienne Giuliana Sgrena , les amécicains qui ont tiré sur sa voiture et l'ont blessé avaient bel et bien l'intention de l'éliminer.

Donc, peut-être, finalement, Eason Jordan avait raison ?

Remarque, si le rédac'chef de CNN est mal informé, alors qui peut l'être ????

Pour en savoir plus :
1. A propos de la puissance montante des blogs (Chez Luc)
2. L'ex-otage italienne Giuliana Sgrena accuse les Etats-Unis (Yahoo news)

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10 Comments:

Blogger Patrick said...

Non, décidément, je ne peux pas y croire du tout. Il faudrait qu'on me prouve que ceux qui ont tiré avaient des ordres et qu'ils savaient qui était dans cette voiture. Plus simplement, ils ont tiré sur une voiture non annoncée qui fonçait vers eux à 70 km/h comme toutes les voitures-suicide. A leur place, j'aurai sans doute aussi tiré pour sauver ma peau. Et puis, si la chose était prouvée, il n'y aurait plus une seule personne au monde à soutenir les ricains... Non, ils ne sont peut-être pas très futés, mais ils leur reste certainement un peu de bon sens. Que la journaliste Italienne fasse ce genre de déclaration à chaud ne me semble pas très objectif - qu'est ce qu'elle en savait ? ? ?

D'ailleurs, elle vient de se rétracter : """ROME - La journaliste italienne Giuliana Sgrena, blessée par des tirs américains peu après sa libération de captivité en Irak, a déclaré mardi ne pas avoir accusé les Américains d'avoir voulu la tuer. Elle a plutôt voulu parler de "mécanique d'une embuscade"."""
voir ici : SgrenaComme le disent les ricains, c'est absurde. J'espère que lors de la libération de notre journaliste à nous, on prendra quelques précautions et on s'annoncera à l'avance pour éviter ce genre d'accident monstrueux...

mercredi, 09 mars, 2005  
Blogger Jack said...

Ce que tu dis Patrick semble frappé au coin du bon sens.
Il semble qu'un petit problème subsiste, puisque les autorités italiennes disent avoir averti les autorités américaines.
Alors c'est juste un peu le bordel dans la chaîne de commandement, ou les américains font peu de cas de leur alliés et vrais amis dans ce conflit.
Sachant qu'effectivement chaque poste de contrôle est une cible potentielle pour des attentas suicides, un signe de reconnaissance pour circuler dans ces conditions semble indispensable. Non?
Autre hypothèse, les Italiens se méfieraient-ils de leurs alliés au point d'oublier de les mettre au courant tout en disant qu'ils l'ont fait : pas clair tout çà.
Le plus vraisemblable est qu’une certaine désorganisation, pour ne pas dire panique règne dans l’ARMY . Qui a dit que la guerre est une chose trop sérieuse pour la confier aux militaires ? Je confirme, j’ai fait l’armée en temps de paix, çà laisse imaginer ce que çà peut faire en temps de guerre…)

mercredi, 09 mars, 2005  
Blogger Luc said...

Mmmm ... Je ne sais pas si on saura jamais toute la vérité sur tout ça ...

Effectivement, Giuliana Sgrena s'est rétractée. A-t-elle eu des pressions ? On sait pas. En attendant, le récit qu'elle a fait au Guardian est assez explicite, me semble-t-il.

Et puis, Berlusconi est effectivement très clair sur le sujet : les italiens avaient l'autorisation des américains pour négocier la libération de Giuliana Sgrena. Ils étaient donc parfaitement au courant ...

Ceci étant dit, Patrick, plein de trucs abjects on déjà été prouvés (Abu Ghraib, etc ...) et .... effectivement il n'y a plus une seule personne au monde à soutenir les ricains... (à part toi, peut-être ?)

jeudi, 10 mars, 2005  
Blogger Patrick said...

D'après J. Sgrena, ils ont appelé l'ambassade d'Italie en Irak quelques minutes avant d'arriver devant le poste de contrôle américain. De toute évidence, il n'y avait pas de communication entre l'ambassade et les ricains du poste de contrôle (comment diable l'auraient-ils fait en si peu de temps)...

Quand à l'opinion internationale, je lisais il y a quelques jours un éditorial de Claude Imbert (Le Point), qui fut un ferme opposant à la guerre en Irak, et qui tient maintenant des propos plus nuancés... D'ici à ce qu'il loue les ricains, il n'y a qu'un pas !

jeudi, 10 mars, 2005  
Blogger Luc said...

Oui, c'est vrai qu'il y a un nouveau courant de pensée en ce moment qui dit que, peut-être Bush avait raison, et qui attribuent à l'action de Bush en Irak les discussions de paix en Israel, les élections en Arabie saoudite, etc ...

Bon, je t'expliquerai une autre fois pourquoi, à mon avis, ceux qui disent ça ils ont tout faux !

En attendant, j'ai au moins trouvé un mobile aux Américains ? Pourquoi auraient-ils voulu éliminer Giuliana Sgrena ?

Beacause elle a dénoncé l'usage de napalm par les américains lors de l'offensive sur Fallujah. Et, évidemment, ça n'a pas plu !

jeudi, 10 mars, 2005  
Blogger Luc said...

Patrick : "Et puis, si la chose était prouvée, il n'y aurait plus une seule personne au monde à soutenir les ricains...".

C'est marrant, un de mes (nombreux) amis américains m'avait affirmé l'année dernière :"S'il est prouvé qu'il n'ya avait pas d'armes de destruction massive en Irak, Bush ne sera pas réélu. Impossible!"

Hein, comme quoi ...

samedi, 12 mars, 2005  
Blogger Luc said...

Patrick : "une voiture non annoncée qui fonçait vers eux à 70 km/h "

Je cite Gianfranco Fini, le ministre des Affaires étrangères Italien : "Fini affirme au contraire que la voiture «ne dépassait pas les 40 km/ heures et qu'elle était illuminée de l'intérieur pour faciliter les contrôles et permettre de passer des coups de fils». «Lorsque une lumière forte, comme un projecteur, s'est allumée à une dizaine de mètres de la voiture, celle-ci a ralenti jusqu'à s'arrêter quasiment et les coups de feu sont partis», a précisé le ministre, qui a aussi raconté que les Marines s'étaient répandu en excuses auprès des passagers de la voiture après la fusillade mortelle. Sa version confirme celle donnée dès dimanche par Giuliana Sgrena."

Pour plus de détails : L'Italie veut «punir» les responsables de la mort de Nicola Calipari
(Libération)

samedi, 12 mars, 2005  
Blogger Patrick said...

En fait, je ressens ce genre de situation pour avoir été à Belfast aux temps très chauds (pour rendre visite à une entreprise française installée là dans l'ancienne usine De Lorean). Je me souviens que j'étais dans une voiture avec un irlandais (du nord) et il m'avait donné des instructions fermes de comportement. Pas de mouvement brusque dans la voiture, qui circulait à environ 25 ou 30 km/h. Pour le cas où on serait arrêté pour contrôle, avoir mon passeport déjà à la main, pour éviter tout mouvement suspect (genre chercher dans la poche du manteau). Et, en traversant la ville, je voyais sur le sommet des HLM des mini-fortins avec sacs de sables et mitrailleuses lourdes pointées vers les voitures en dessous... De plus, mon conducteur m'avait dis "pour me rassurer", qu'il avait une arme soigneusement cachée sous son siège... Ambiance... Nous avons bel et bien été arrêtés, et le fait d'avoir été mis en joue par des soldats armés de mitraillettes m'a fait "une certaine impression". J'ai d'ailleurs senti que mon passeport français n'était pas vraiment très apprécié en Irlande du Nord...

A une autre occasion, j'ai passé la frontière entre l'Eire et l'Irlande du Nord, en passant en zigzagant à travers un "no man's land" (la route zigzagant pour ralentir les voitures) - sachant que des panneaux indiquaient que les bas-côtés étaient minés. Arrivés au poste de contrôle, on était accueilli par des soldats armés de mitraillettes, et juste en face, à 10 mètres, une mitrailleuse lourde visait directement la voiture. Ambiance, vous dis-je. Je me souviens clairement que je m'étais fait la réflexion qu'un geste malheureux pouvait facilement engendrer un vrai massacre...

samedi, 12 mars, 2005  
Blogger Luc said...

Eh bien dis donc, tu as dû avoir peur ! Enfin, moi à ta place, j'en aurai mené pas large !

J'espère que ta boîte à l'époque t'as donné une prime de risque pour t'envoyer dans des missions aussi périlleuses !

dimanche, 13 mars, 2005  
Blogger Patrick said...

En fait, je me suis fait un peu pièger. Je travaillais à l'époque en Angleterre, et il fallait aller visiter cette usine à Belfast en Irlande du Nord. Mais aucun de mes collaborateurs anglais ne voulait y aller, ils avaient tous un bon prétexte (mariage, enterrement, maladie subite). Alors, bêtement, j'y suis allé moi-même. Et j'ai compris... C'est pas vraiment pareil quand on voit des choses à la télé et quand on y est vraiment...

dimanche, 13 mars, 2005  

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