Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

dimanche 12 novembre 2006

Ségolène Royal s'en prend aux profs



Cette vidéo pirate a été prise lors d'une d'une table ronde de Ségolène Royal avec des militants socialistes à Angers le 21 janvier 2006. Dans cette vidéo, elle lance un pavé dans la mare de l'Education Nationale.

Voici le texte intégral de ses propos :

"Il va falloir être assez révolutionnaire dans les propositions que l'on va faire. Moi j'ai fait une proposition - par ailleurs je vais pas encore la crier sur les toits parce que je veux pas me prendre des coups par les organisations syndicales enseignantes.

Je pense qu'il faut un pacte, pendant la préparation du programme du PS, avec les organisations syndicales. Il faut un pacte avec elles pour que si on arrive aux responsabilités on soit immédiatement opérationnels.

Et je pense qu'un des noeuds de l'échec scolaire se joue au collège. C'est à dire que les enfants arrivent en 6ème, 5ème, et là s'ils décrochent on sait déjà ceux qui n'iront pas jusqu'au baccalauréat, ou ceux qui seront en situation de décrochage scolaire.

Moi je pense qu'une des révolutions, c'est de faire les 35 heures au collège, c'est à dire que les enseignants restent 35 heures au collège. Et dans ce paquet global il y a des cours, mais ils ne quittent pas le collège quand ils ont fini leurs cours, parce qu'on est dans un système où finalement les parents qui ont les moyens ou même ceux qui se saignet aux quatre veines lorsque leurs enfants sont en difficulté, qu'est-ce qu'ils font ? Ils donnent des cours de soutien scolaire individualisé. On est quand même dans un système absurde où aujourd'hui en France on a maintenant des entreprises cotées en bourse de soutien scolaire, Acadomia, etc, qui donnent droit à des déductions fiscales, et ceux qui font cours dans ces entreprises, c'est les profs du secteur public ! Donc, comment se fait-il que des enseignants du secteur public aient le temps d'aller faire du soutien individualisé payant et ils n'ont pas le temps de faire du soutien individualisé gratuit dans les établissements scolaires ?

Je pense que si on ne fait pas un pas, y compris pourquoi pas avec les nouvelles générations d'enseignants, si les autres nous disent ben non, droit acquis, on fait nos 17 heures de cours et puis on s'en va…


Sègolène veut faire bosser le mammouth ! Ca, ça devrait plaire à Patrick ! Hé hé ...

Bon, plus sérieusement, cette vidéo, mise en ligne apparemment par un proche de DSK dans le cadre des coups bas de la campagne interne du PS, ne fait que confirmer la démagogie de Ségolène Royal. Qu'il y ait des problèmes à l'Education Nationale, c'est l'évidence même. Qu'il faille s'attaquer de front à cette faillite d'un système complètement inadapté et qui a des dimensions proprement pharaoniques (1.200.000 salariés !), on est tous bien d'accord. Mais la solution n'est pas "de faire bosser les profs 35 heures". Ca c'est de la démagogie pur jus : on accrédite le fait que "les profs ne foutent rien", et hop, y a qu'à les faire bosser et le problème est réglé !

Quand j'étais étudiant, pour arrondir mes fins de mois, j'ai donné des cours de maths dans un collège privé. Depuis, j'ai la plus grande sympathie pour les profs qui se retrouvent face à une classe d'élèves plus ou moins attentifs et plus ou moins dissipés. (Et encore, à l'époque, je ne risquais pas de me prendre des coups de couteau en plein cours !) Eh bien, je peux vous dire que, 17 heures de cours dans la semaine, il faut se les faire ! Je rappelle quand même que, pour une heure de cours, il y a une demi-heure de préparation, une demi-heure de correction de copies, et une bonne demi-heure pour s'en remettre !

Ségolène Royal, qui a pourtant été Ministre déléguée à l'Enseignement scolaire du 4 juin 1997 au 27 mars 2000 est censée bien connaître le sujet. Même pas !

A force, le simplisme et le populisme des solutions proposées par Ségolène Royal, ça finit par faire un peu peur, vous ne trouvez pas ?

Pour en savoir plus :
1. La vidéo de Royal suscite la polémique au sein du PS (Le Nouvel Obs)
2. Royal s'attaque aux profs dans une vidéo (Le Figaro)
3. une avalanche de réactions aux propos injustes de royal (Bellaciao)

Le dossier Ségolène Royal :
1. Le populisme de Ségolène Royal (Chez Luc - 12 octobre 2006)
2. Les jurys populaires de Ségolène Royal (Chez Luc - 25 octobre 2006)

Crédit vidéo : Jules-ferry

Libellés : ,

12 Comments:

Blogger Jack said...

Je ne sais pas si c’est du populisme que de s’attaquer à l’échec scolaire, en tous cas c’est gonflé, politiquement parlant car les enseignants font clairement partie de la clientèle du partie socialiste. Et avec le monde présent à cette réunion, ses propos de pouvaient en aucun cas rester secrets.
Elle a sans doute gardé les méthodes du son ministre de l’éducation national : Claude Allègre, qui confond toujours action et incantation...

Je ne sais pas si le niveau peut être relevé en demandant 35 h de présence aux professeurs des collèges, mais il est certain que la baisse de niveau est unanimement constatée, et que quelque soit la couleur du gouvernement qui sortira des urnes, c’est un enjeu majeur.

J’ai fait ma scolarité dans une petite ville de l’est de la France, en ce temps là tout le monde ne passait pas en 6ième, la grand majorité passait le fameux certificat d’étude.
Dans mon petit collège en sortant de l’étude à 18h30, on pouvait voir l’instituteur de fin d’étude (la classe du certif) qui s’échinait jusqu’à 7h du soir, pour mettre à niveau les polonais et autres italiens fraîchement débarqués avec leurs parents, venus travailler dans les mines.
A cette époque, dans le primaire la classe durait 7 heures par jour (en comptant les récrés) 4,5 jours par semaine.
Cet instituteur se cognait certainement 60 heures de boulot par semaine (en comptant tout)et visait 100% de réussite au certif.
Cette homme là exerçait un sacerdoce, il était heureux de faire ce qu’il faisait même si c’était dure, car il avait la satisfaction de voir le résultat de son travail et il pouvait en être fier.
En dehors des périodes de vacances la quasi-totalité de son temps éveillé était consacré à son métier.

Je ne crois pas que la baisse de niveau vienne seulement d’un manque d’efficacité de notre éducation nationale, je pense même que les causes majeures sont ailleurs. Parents non disponibles, enfants campés devant la télé ne sont pas fait pour facilité la tâche des enseignants.

Beaucoup de jeunes enfants savaient lire en entrant à la maternelle en ce temps là, combien de nos jours.

Luc :
Donner des cours c’est épuisant : surtout lorsque l’on en a pas l’habitude.
Pour être honnête seul le cours est fatiguant, le devoir surveillé c’est plus calme, et seule l’alternance de ces deux activités permet de tenir le coup.
Eh ! 35h à prendre des coups de couteaux, c’est bien trop long, même 17 h et même 3 h, c’est trop long !

dimanche, 12 novembre, 2006  
Blogger Paul said...

J'en discutais hier avec un copain prof en lycée. Au départ il était assez consterné par la supposée démagogie du propos, qui peut en effet être compris comme "les profs ne foutent rien".

Ceci dit, en creusant un peu,il se disait finalement assez favorable à un réforme qui irait dans le sens d'un "plein temps" sur le lieu de travail, le lycée en l'occurence, si au delà de l'effet d'annonce il y avait les moyens qui vont avec.
En effet, dire aux profs de bosser 35h par semaine sur place, il faut aussi leur en donner les moyens : un vrai bureau pour travailler et pas un coin de table en salle des profs, et l'équipement qui va avec (ordi, etc. - et formations), des salles de réunion et de travail pour rencontrer parents/ collègues/ élèves et faire le fameux soutien scolaire, etc.
A cette condition, cela permettrait aux profs d'être en effet plus présents auprès de leurs élèves, mais aussi des parents et des confrères, et de s'investir plus dans la vie du lycée ; et cela pourrait leur donner un confort de travail accru en coupant plus clairement la journée professionnelles(fini les copies à corriger le soir)et en leur donnant un rapport différent avec leur travail, trop souvent solitaire.

Mais évidemment tout cela aurait un cout pharaonique : un bureau équipé par prof dans les établissements scolaires, à l'échelle nationale,sans compter le refonte de l'organisation desdits établissements...

Il semblerait (selon la transcription intégrales des propos de SR mise en ligne depuis) que ce soit précisément dans le cadre d'une réforme de ce genre qu'elle plaçait cette proposition.

A noter deux choses pour défendre Ségo :
- difficile de la taxer de démagogie anti-prof puisque justement ces propos n'avaient pas vocation à être publics.
- si toutes les idées "agitées" lors de réunions de travail internes étaient ainsi publiées, on en entendrait sûrement bien d'autres.

lundi, 13 novembre, 2006  
Blogger Patrick said...

Que Ségo se préoccupe de l'éducation des petits français est excellent.

L'éducation, c'est la chose la plus importante pour notre pays. Pour maintenant, pour demain, pour après demain. Tout le reste devrait passer après. Or, force est de constater que notre système éducatif coûte très cher, et son efficacité semble décliner au fil des ans. Quand Claude allègre avait suggéré de "dégraisser le Mammouth", je pense qu'il voulait le rendre plus agile, plus efficace - certainement pas juste en réduire les crédits...

Or, dans ce domaine, c'est le système qui est à améliorer, et le simple fait d'injecter de l'argent n'y fera pas grand chose...

La proposition de Ségo est sans doute maladroite, mais sur le fond, a-t-elle tord ? Si une telle mesure était de nature à améliorer la qualité de l'enseignement, je serais personnellement d'accord pour payer un impôt supplémentaire pour le financer. Voilà un impôt que je serai content de payer.

En revanche, ceux qui n'osent rien dire - et rien faire sur le sujet - ne me séduisent guère.

Mais c'est sûr que ce genre de proposition ne va pas lui attirer beaucoup de voix socialistes... Ca avait déjà coûté son poste à Claude Allègre...

mardi, 14 novembre, 2006  
Blogger Jack said...

Patrick, nous sommes au moins d’accord sur les priorités et également sur le fait que c’est moins une question d’argent, qu’une question de méthode.
Plus d’argent avec de mauvaises méthodes ne peut qu’encourager les mauvaises méthodes. (*)
J’ai oublié de vous dire un « détail » important, à propos de l’instituteur : dans cette petite ville de lorraine peuplée de « calotins » cet authentique républicain était respecté de tous.
Il est toujours écrit sur nos pièces de monnaie « Liberté, Egalité, Fraternité » mais on a du oublier ce qu’égalité signifie : c’est d’abord l’égalité des chances, il appartient à l’école de la République de la restaurer.

L’éducation des enfants reste le domaine des parents, s’ils sont élevés comme les petits cochons, la maitresse ne peut pas tout redresser.
Il faudrait donc commencer par le commencement, pour bien faire et ce n’est pas à l’école que tout commence.
Ensuite organiser le soutien scolaire pour ceux qui en ont besoin et faire en sorte que ce ne soit pas une question de moyens des parents, me semble être du domaine de l’Ecole de la République. (Ségolène dans sa vidéo aborde cet aspect des choses)
Enfin considérer que l’on n’est pas déshonoré, si son fils embrasse une carrière manuelle, qui peut lui apporter au moins autant de satisfactions et d’argent que de longues études ne débouchant sur rien.
(* je parle ici de la méthode) Remettre l’apprentissage en vedette, en finir avec les collèges professionnels « parking ».

J’ai regardé la semaine passée avec intérêts Capital, le reportage sur les 10% admis à Science Po, sur dossier en choisissant des lycées de quartiers « défavorisés ». Chacun semblait séduit par la méthode, par cette forme de « rattrapage ».
Personne ne se demande ce qu’en pensent les élèves éliminés au concours juste après les derniers admis, et qui ont bossé tout autant.
Cette méthode n’est simplement pas juste, et s’il faut recourir à ce subterfuge pour que les fils d’émigrés entre à Science Po, c’est justement le signe que la machine éducation nationale ne fonctionne pas. Cette mesure compense une injustice sociale, mais elle est inique et ne résout pas le problème au fond.

mercredi, 15 novembre, 2006  
Blogger Guillaume Cingal said...

Je trouve les idées de Son Altesse Royal excellentes.

D'abord, si elle permet réellement aux enseignants du secondaire de passer 35 heures dans leur établissement (en leur fournissant donc matériel, bureau, etc.), sans qu'aucun enseignant ne travaille plus jamais à domicile, tout le monde sera d'accord. Actuellement, les professeurs font des semaines moyennes de 48 heures (en tenant compte des feignants, qui font baisser la moyenne). Ne doutons pas que la perspective de travailler enfin aussi peu que les autres fonctionnaires ne manquera pas de réjouir les professeurs, qui n'ont pas vocation à rester sur le bord de la route jolie des loisirs et la culture de l'oisiveté.

Ensuite, il faudra doubler la surface des lycées et des collèges en construisant des dizaines de salles supplémentaires (et même des vingtaines si on fait des salles d'étude pour les devoirs entre six et huit). Le BTP va fonctionner un max (et les Conseils Généraux et régionaux seront ruinés, mais ce n'est pas grave, car il n'y aura qu'à quadrupler les impôts locaux).

Par ailleurs, de façon générale, je pense qu'une solution connexe de cette histoire de devoirs à l'école serait de supprimer le peu de devoirs qui restent. Comme l'objectif est d'atteindre 80% d'analphabètes bacheliers, et comme nous n'en sommes déjà pas loin, la suppression pure et simple des devoirs serait une méthode efficace. Cela permettrait ainsi aux parents irresponsables (formule souvent pléonastique) de laisser leurs enfants jouer à la Playstation sans le moindre remords et de partir en week-end du vendredi soir au dimanche soir sans avoir à se préoccuper de ces superficialités que sont les devoirs, hein? (On pourrait aussi supprimer toutes les interrogations le lundi et le vendredi, pour permettre aux parents de partir en week-end plus longtemps, quand ils ont des RTT.)

Enfin, écoutons cette merveilleuse et fine analyste de la situation sociale qu'est Mme Royal. Vive Elle !

jeudi, 16 novembre, 2006  
Blogger Axel said...

Guillaume: "Actuellement, les professeurs font des semaines moyennes de 48 heures (en tenant compte des feignants, qui font baisser la moyenne)."

Je dirai même plus, allez, 87 heures, au pif.

tout ça pour dire, c'est quoi cette stat, ça sort d'où ? D'un syndicat de profs ?

vendredi, 17 novembre, 2006  
Blogger Patrick said...

J'ai entendu à la radio Emmanuel Todd (anthropologue, démographe, historien, sociologue et essayiste), ma foi fort brillant sur les questions politiques - et inventeur de l'expression "fracture sociale" largement reprise par Chichi, considérer que la candidature de Ségolène était "absurde".

Sans doute, mais enfin, elle fait son chemin, l'absurdité...

vendredi, 17 novembre, 2006  
Blogger Luc said...

La vidéo complète complète, c'est ici.

jeudi, 30 novembre, 2006  
Blogger Luc said...

Voici un e-mail reçu de Laurent à propos de ce billet :

"Chers tous,

N'ayant pas envie de descendre au café du commerce, je m'accoude à coté de vous.
Les 35 h de Melle Royal ! Nous en avons parlé dans les salles des profs, avec aussi des potes instits, ma grand mère (87ans) m'avait même découpé dans un journal gauchiste, Nice Matin, l'analyse de la "bavure" et qui concluait "Sarko, Royal, Bonnet blanc, bonnet blanc" suivant en cela Kahn du nouvel Obs...
Et ben on peut dire que les copains socialos n'en n'ont que très peu parlé...
Mais moi, comme d'autres, si je lache mon sac au bout de 35 h et bien je dis chiche ! Chaque fois que je corrige, fais des recherches... je pointe ! Et j'ai besoin d'un ordi, de bouquins, des stylos (car quand je vais les acheter je ne travaille pas.) Une étude du ministère a prouvé que nous travaillons environ 39 h. Surtout quand j'étais en Lycée où je ne m'arrétais que le dimanche après midi et encore...
Donc non seulement des économies sur tout(fourniture, electricité, carburant...) mais en plus réduction du temps de travail. Vivent les 35 h ! vive Melle Royal !

Mais cette vidéo pirate a tout de même un génial avantage, avoir dit des choses mais sans les dire...
Comme son ami Allegre, elle dit, sous entend que les profs ne travaillent pas assez, qu'ils s'écartent de leur noble mission pour aller travailler dans le privé, les malhonnètes. Le premier n'expliquait que notre fainéantise, la seconde y ajoute notre malhonneteté. Nous devrions parler ici de nos salaires et du cout de la vie... mais ne nous écartons pas du sujet.
On a souvent dit que Ségolène faisait du populisme et bien nous y sommes justement. Il est très bien vu et depuis des années et la mode est montante, de cracher, au figuré, comme au "propre" sur les profs ... Et bien nous y sommes.
Cela a du faire plaisir à combien de parents ? La vidéo a du faire écraser une larme aux camarades profs mais qu'importe... la fin ne justifie t-elle pas les moyens ?
Et enfin toujours le populisme, quand on parle de démocratie participative et qu'on évite avec soin les réunions génantes et ce juste aprés avoir demandé l'exclusion de ceux qui disaient "non"...

Laurent.

samedi, 02 décembre, 2006  
Blogger Patrick said...

Les réactions des intéressés sont bienvenues pour éclairer la question... Dans une institution de 1 300 000 fonctionnaires, il est évidemment idiot de généraliser. Il y a là-dedans des gens admirables et totalement dévoués, des gens qui font bien leur travail, des gens qui en font un peu moins, et des glandeurs. Il y a des saints, des gens ordinaires, et des criminels. Comme dans toute grande administration ou grande société privée. Ni plus ni moins.

Juste une remarque, néanmoins. On parle ici de 35 heures (ou de 39 heures) hebdomadaires. Ne serait-il pas plus raisonnable de ramener la mesure sur l'année, en considération du régime particulier du corps enseignant en matière de vacances ?

P.S. : Claude Allègre avait proposé de "dégraisser le mammouth". Je n'ai jamais considéré ça comme insultant. Quand votre médecin vous suggère de perdre un peu de poids, ce n'est pas pour vous insulter, c'est pour votre bien... Personnellement, je me suis dégraissé récemment d'une dizaine de kilos, et je m'en porte vraiment très bien. Plus de tonus, moins de fatigue, plus d'allant, et quelques années d'espérance de vies en plus. C'est tout le bien que je souhaite à l'Education Nationale et à ses personnels...

dimanche, 03 décembre, 2006  
Blogger Patrick said...

Il y a quelques semaines, je suis allé à Paris pour un congrès. Un matin, je me suis retrouvé devant le lyçée où j'avais passé huit ans il y a "quelques années", et où je considère avoir reçu une bonne éducation - tout au moins sur le plan scolaire ! J'ai eu envie de voir en quoi tout ça s'était dégradé.

J'ai donc poussé la grille et je me suis promené dans les quatres cours, la cour d'honneur, et j'ai regardé à travers les vitres ce qui se passait dans les salles de classe. J'ai lu les panneaux d'affichage. A l'heure de l'interclasse, j'ai regardé ce qui se passait dans la cour.

Mon observation est que rien n'a changé. Bien sûr, il y a maintenant un grand gymnase sous-terrain qui n'existait pas de mon temps. Et certains bâtiments sont en cours de rénovation (à l'identique) - tant mieux, c'était déjà vétuste de mon temps. Dans les salles de classe, il y a des ordinateurs. Et beaucoup de filles - de mon temps il y en avait 2 ou 3 % seulement ! Les élèves ressemblaient aux élèves de mon époque - aux blue jeans près. Pas de graffitis aux murs. Le calme dans la cour. Des panneaux d'affichage propres, avec des professions de foi en vue des élections des représentants d'élèves, et le programme du ciné-club. Et pour ce que j'ai pu voir, tout se passait tranquillement dans les salles de classe. Ca me donnait presque envie d'aller m'installer au chaud là où j'ai usé mes fonds de culottes pendant tant d'années...

Bien sûr, ce n'est pas un lycée d'une banlieue "sensible" dont on nous rabâche les travers avec insistance dans les journaux télévisés...

Voici ce que j'ai ressenti : ce n'est peut-être pas le système éducatif qui s'est dégradé dans certains lieux, mais c'est peut-être la clientèle qui a singulièrement changé en certains endroits... Il m'est apparu lors de ma visite que les systèmes, les méthodes et l'équipe éducative qui font merveille dans cet excellent lycée feraient un fiasco total dans une banlieue "sensible".

Dans certains endroits, peut-être y a-t-il une très grande inadéquation entre les méthodes, les objectifs et la population visée...

Voilà, c'était juste un témoignage et une réflexion...

mercredi, 13 décembre, 2006  
Blogger Jack said...

On na parle jamais des trains qui arrivent à l'heure, c'est comme çà.

mercredi, 13 décembre, 2006  

Enregistrer un commentaire

<< Home