
Un débat présidentiel a surtout une vertu : celle de révéler la vraie personnalité des candidats. Et il faut dire que hier soir, on a été servis !
Nicolas Sarkozy s'est montré sincère, compétent, courtois, pondéré, responsable.
Ségolène Royal s'est montrée hautaine, colérique, incontrôlable, agressive, brouillonne.
Sur le plan du programme, Nicolas Sarkozy a été clair, précis, pédagogue. Il a exposé simplement et directement quelle serait sa politique s'il était élu président. Il n'a éludé aucune question et est resté dans le cadre du plan prévu pour ce débat.
Ségolène Royal a été brouillonne, ne respectant en rien le planning prévu, partant dans tous les sens, et disant à la fin du débat le contraire de ce qu'elle avait dit au début, entres autres sur les 35 heures.
Les Ségolinades de la soirée : Hier soir, on a eu droit à un véritable feu d'artifice ! En voici quelques-unes, en vrac et dans le désordre.
Le nucléaire : Voulant piéger Sarkozy, et se prenant sans doute pour l'inénnarrable Jean-Jacques Bourdin de RMC, elle pose une colle à Sarkozy :
"Quelle est la part du nucléaire dans la consommation d'électricité en France ?". Nicolas n'a pas le chiffre exact en tête, alors il élude. Elle insiste, hautaine et cassante
"Vous ignorez la part du nucléaire ?" Sarkozy répond
"la moitié de notre électricité est d'origine nucléaire". Et Ségolène Royal sort cette énormité :
"Non, 17% seulement". Bon, en fait, le chiffre exact, c'est 78%. Alors, moi je dis, quand on veut faire son intéressante et qu'on veut piéger son adversaire, on se débrouille au moins pour avoir des fiches à jour, sinon, on passe pour une
bouffone incompétente, ce qui est le cas !
Le baby-sitting des fonctionnaires : Prenant pour exemple des faits divers récents de l'actualité, pour bien frapper les esprits, elle propose comme mesure, tenez-vous bien, de faire raccompagner les fonctionnaires le soir chez eux après le boulot par d'autres fonctionnaires ...
Les handicapés à l'école : C'est sur ce sujet, sensible il est vrai, que Ségolène Royal a pété les plombs en direct-live, pour se laisser aller sur le plateau à "une saine colère", selon ses propres paroles. Alors que Nicolas Sarkozy expose ses propositions pour l'insertion des enfants handicapés à l'école, Ségolène Royal explose littéralement et se laisse aller à des invectives diverses et variées en montrant du doigt Nicolas Sarkozy et en déclarant
"On atteint le summum de l'immoralité politique". Pourquoi ? Parce que la droite avait oser toucher au programme Handiscol qu'elle avait lancé en 1999. Oui mais voilà : la droite l'a en fait remplacé par la loi du 11 février 2005 a donné obligation à la totalité des établissements scolaires d'accueillir les enfants handicapés qui le souhaitent, et le résultat, c'est que 160.000 enfants handicapés ont été scolarisés à la rentrée 2006, contre 90.000 en 2002. Une fois de plus, quand on veut se la jouer "saine colère", on choisit bien son sujet ...
... et ça a été comme ça pendant toute la soirée. Elle n'a répondu à aucune question. Sur chaque grand sujet critique, elle a répondu que cela serait résolu par une concertation entre les partenaires sociaux. La cinquième République, on la remplace par la Sixième. Ca va être quoi ? On va voir, on va faire des forums participatifs ... Et comment on va financer tout ça ? Une seule réponse : "la croissance". Ah, bon !
Nous voilà en pleine "autogestion" chère à Edmond Maire. Ca y est, j'ai enfin compris son slogan de campagne "La France Présidente" : ce ne sera pas elle, la présidente, ce sera vous et moi, le peuple français, la France ...
Y a-t-il un pilote dans l'avion ? Dans ce qui attend notre pays dans les cinq prochaines années, il y a intérêt à avoir un capitaine à la barre. Si c'est elle qui passe, ça fait franchement peur !
Pour finir, un petit mot des tricheries opérées pas la gauche chaque fois qu'elle a pu le faire. Il est maintenant de notoriété publique que, lors du dernier débat Mitterrand / Chirac, Mitterand avait fait exprès de faire fabriquer une table trop basse de façon à ce que Chirac, plus grand que lui, soit obligé de se tourner sur sa chaise tout au long du débat, ce qui a été le cas. Cette fois-ci, cette tricherie n'a pas été possible. Alors, qu'a fait Ségolène Royal pour tricher quand même lors du débat ? Eh bien Patrick Poivre d'Arvor l'a révélé ce matin : Vous avez eu l'impression que, pendant les deux heures et demies du débat, Ségolène Royal regardait Nicolas Sarkozy droit dans les yeux. Ce n'est pas vrai. Elle regardait droit dans les yeux un point juste à côté de Nicolas Sarkozy pour faire croire au téléspectateur qu'elle le regardait dans les yeux, et pour tenter de le déstabiliser. Pas mal, hein ? On sent bien un personnage franc du collier, hein ?
En tous cas, si on en croit le sondage Opinionway publié aujourd'hui, les vingt millions de téléspectateurs qui ont regardé ce débat ne s'y sont pas trompés : 53% on trouvés Nicolas Sarkozy "plus convaincant", et 31% ont trouvé Ségolène Royal "plus convaincante". 31% ... c'est moins que ce que la gauche a récolté au premier tour ...
Pour en savoir plus :
1.
Le débat Royal-Sarkozy, l'intégrale en vidéo (LCI)
2.
Deux heures d'accrochages à vif (LCI)
3.
Mme Royal "assène des contrevérités" selon le ministre de la Santé (La Croix)
4.
Opinionway : Sarkozy jugé plus convaincant par 53% des sondés (TV5)
5.
Sarkozy stays ahead after TV debate (swissinfo)
6.
Royal-Sarkozy: choc des titans (Un homme en colère)
Crédit photo : AFPLibellés : élections présidentielles 2007