Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

vendredi 30 mars 2007

Un peu de tenue mesdames et messieurs



Lorsque les voyous se mettent au centre du débat électoral au mépris de la très grande majorité des citoyens.

Deux événements occupent en ce moment la une en France :

L’incivilité de quelques voyous dans le métro.

La nième prise d’otage des dockers CGT à Marseille.

Que le débat soit séquestré par ce genre d’événement est indigne d’une élection présidentielle et les candidats qui exploitent ce genre d’événement se montrent indignes de la législature suprême.

Vous remarquerez que je mets les dockers au même niveau que les voyous : lorsque l’on confond pouvoir de nuisance et légitime revendication, recherche-conservation de monopole et syndicalisme on est passé dans la catégorie des mafieux.

Quand je vois saccager encore une fois la réputation du port de Marseille pour le plus grand profit des ports du Nord, je suis hors de moi. Cela fait 35 ans que les grèves de dockers désorganisent le transport maritime du port de Marseille et c'est bien cela qui légitime de recours de GDF à son propre personnel, peut-on confier notre dépendance énergétique à une poignée de fous furieux?

Quelques liens pour vous documenter:

1. Mer et Marine
2. La Provence
3. Chez Luc (brève de comptoir) (Le mythe de l’état Providence.)

Crédit photo : Mer & Marine

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5 Comments:

Blogger Philippe Piriac said...

D'accord avec toi Luc. Trop de violence ou d'extrémisme tue la crédibilité éventuelle de la revendication

La ou il y a de la concurrence par exemple , dans le transport des containers, une grève de quelques jours fait perdre très vite et pour longtemps des parts de marché.Là, on est calme et en plus l'automatisation a supprimé la discussion. En plus les pays bas ont un tel hinterland que la partie est mal barrée pour les ports français.

Lorqu'il s'agit de prendre la main sur un fret dontla destination d'atterissage est moins substituable(type LNG), le rapport de force est plus violent et frontal, la prise d'otage plus facile.

Dis toi pour te rassurer qu'on aura bientôt d'autres terminaux LNG en France, moins latins et marseillais, moins dans l'historique de 35 ans de conflictualité

Serrons la machoire et votons.

vendredi, 30 mars, 2007  
Blogger Luc said...

@ Philippe : Euh ... cette note a été écrite par Jack, qui contribue pas mal au blog ces temps-ci d'ailleurs. Patrick aussi a écrit 19 articles depuis le début. Toi, je sais, tu n'en as écrite qu'une seule (et encore c'est moi qui a publié le texte que tu m'avais envoyé par mail). Tu te fais très rare, c'est ça qui fait le prix de tes interventions ... :-)

samedi, 31 mars, 2007  
Blogger Luc said...

@ Jack : Pour souligner l'absurdité complète de ce conflit, rappelons les faits suivants.

- Il s'agit d'un travail bien précis qui concerne le branchements et débranchements des bateaux méthanier au futur terminal que Gaz de France est en train de construire. C'est un process à haut risque, impliquant la manipulation de gaz à une température de - 163 degrés. D'après Gaz de France, cette opération doit être mise sous la responsabilité de techniciens spécialisés de Gaz de France. C'est l'évidence même.

- Cela fait 37 ans que Gaz de France expoite un autre terminal à Fos-sur-Mer, avec son propre personnel pour effectuer cette même opération.

- Cette opération représentera sur le nouveau terminal une charge d'environ mille heures par an, presque l'équivalent d'un poste à temps plein.

- Pour essayer de s'approprier un poste, la CGT nous plante un conflit dont la facture atteint déjà 20 à 25 millions d'Euros.

Cherchez l'erreur ...

Pour en savoir plus : La grève à Marseille fait craindre la panne d'essence.

samedi, 31 mars, 2007  
Blogger Philippe Piriac said...

1. Jack
je te prie de bien vouloir excuser cette erreur malencontreuse
Pour une fois que je n'étais pas en désaccord trop diamétral avec Luc sur une analyse sur des comportements de voyous ! :)

2. Luc: OK ,
j'ai bien noté que je suis au fond de la classe. je vais essayer ( je dis bien essayer) d'y rémédier. Merci pout ta mansuétude à mon égard sur le prix de mes interventions, mais la valeur et la fréquence ne sont pas inversement proportionelles; ton blog en est la preuve, notamment la qualité de vos articles, et la qualité des commentaires des visiteurs fréquents.

Donc il faut que j'ecrive plus. C'est commme le sport, plus on enfait; mieux on se sent.

3. Sujet Marseille/CGT.

Il me semble que l'objet de revendication de la CGT ( au prétexte d'un nombre limité de jobs sur GDF/LNG) était surtout de prendre date pour pouvoir ensuite, en cas de "victoire" revendiquer par "jurisprudence" des jobs dans les nouveaux terminaux à venir.( il y en aura beaucoup des jobs à ce moment là) . En effet les armateurs souhaitent y disposer de leur propre personnel sans recours aux dockers PAM.( ce qui tendra à fragiliser la poids de la CGT dans ce secteur à Marseille)
Le hic est que les dits armateurs vont probablement se demander si ils ont envie d'investir dans un port où on peut déclencher une guerre nucléaire pendant plusieurs semaines et y bloquer 39 navires, et is peuvent aller voir ailleurs ( notamment pour les containers)

Cela me semble d'ailleurs en partie expliquer la tonalité peu tonitruante de la CGT à la sortie de la grève : ce serait contreproductif.
Fort à parier par contre qu'on en reparlera une fois que les investissements seront lancés etdevenus couteux en frais fixes.

Ne faut il pas s'attendre à un nouveau bras de fer type SNCM ( qui lui a couté, en gros, sa compétivite..)? .

4. Ce type de conflit est-il encore réprésentatif?

A mon avis non.
c'est la fin d'une époque. Ce genre de stratégie n'est plus la tendance lourde syndicale ( et ce même a la CGT). les syndicats ( et les dirigeants) évoluent vers un mode de concertation plus créateur de valeur mutuelle ( cf avancées à la RATP, cf stratégie de CFDT, ...) parce que pour partager un gateau, il faut d'abord le créer mieux que ses concurrents

5. La question est donc en fait plutot de faciliter cette transition.
En fait le jour ou on aura 30% ou 40% de salariés syndiqués on aura progressé.
Peut etre faut il ragarder pourquoi les pays qui ont favorisé un syndicalisme de "service" ( gestion paritaire de services sociaux services aiux adhérents,,..modèle NL,etc..) parlent mieux que ceux qui ont un syndicalisme de "lutte"

6. je me dis que nous devrions ici plutot mettre en avant les avancées dans les syndicats et chez les dirigeants qui amorcent cette transition vers une nouvelle époque plutôt que de fustiger les conflits caricaturaux du passé.
Aidons les réformateurs plutôt que fustigeons les conservateurs. Les réformateurs ont besoin d'être soutenus tant les vieux réflexes des appareils ( syndicaux ou patronaux) doivent les freiner

A quand un observatoire du Dialogue Social dans ce blog?

tiens, pour revenir au point 2, je l'ai peut être mon angle éditorial sur ce blog! : )

samedi, 31 mars, 2007  
Blogger Jack said...

Philippe : J’accepte tes « reproches », tu es toujours aussi consensuel et chercheur de solution.
Toutefois lorsque je parle de 35 ans de grèves des dockers, je fais référence à ma propre expérience professionnelle, confronté à des commandes bloquées sur les quais, des clients asiatiques qui hurlent...et l’incapacité totale d’établir un pronostic de fin de grève.
Les bateaux prévus qui ne s’arrêtent même plus etc. etc...
Et le discrédit jeté non pas seulement sur le port de Marseille, mais sur le pays tout entier !
Les discours sur le syndicalisme responsable, c’est bien ... Mais ici nous sommes à Marseille con !
La situation géographique de ce port est exceptionnelle, mais plombé par un syndicalisme irresponsable, qui continue son action néfaste alors que les effets négatifs de son action sont MESURABLES et bien REELS.
Les 64 navires en rade sont visibles de tous...
Il s’agit moins d’être un « syndicalisme de lutte » que d’organiser un scandaleux monopole, (voir aussi un autre scandaleux monopole les NMPP... avec les mêmes tiens ? )

dimanche, 01 avril, 2007  

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