
Le soir du deuxième tour des législatives, Ségolène n'a pas été rue de Solférino haranguer la foule au cri de
"Tous ensemble ! Tous ensemble ! Tous ! Tous !". Elle a procédé différemment.
D'abord, elle a annoncé qu'elle virait son mec, François Hollande. Et avec la manière. Elle a demandé
à deux journalistes de l'AFP :
«Si vous pouviez éviter, dans vos dépêches, de présenter François Hollande comme mon compagnon… Ce n’est plus le cas». L'information est sortie dimanche soir, sur les plateaux de télévision, en pleine soirée électorale. Et lundi matin,
sur France Inter, elle expliquait dans une longue interview :
"J'ai proposé à François de vivre sa vie de son côté et il l'a accepté".
D'ailleurs tout le monde était au courant des problèmes du couple Royal-Hollande. Quand, le 17 janvier sur Canal +, Arnaud Montebourg lâche
"Ségolène Royal n'a qu'un seul défaut : son compagnon." , il ne fait que dire tout haut ce qu'on murmure, toute la journée, au 282 boulevard Saint-Germain, siège de campagne de la candidate.
Voici cependant
ce que Ségolène Royal déclare le 27 mars 2007 à propos de sa relation avec François Hollande :
"Oui, nous sommes toujours ensemble et oui, nous vivons toujours ensemble." Et ensuite elle confirme qu'elle a rêvé de l'épouser l'an dernier, à Tahiti:
"Cela aurait été follement romantique, un mariage en pirogue et à l'autre bout du monde! L'entourage de François l'en a dissuadé, par crainte du spectacle et sans doute du ridicule. Moi, je crois que la crainte du ridicule, il faut s'asseoir dessus quand on a envie de saisir un bonheur inattendu [...]." .
Elle nous a menti avec un aplomb incroyable.
Et en plus, elle ne nous a pas menti que là dessus.
Mercredi, elle déclare sur "
Questions d'info LCP-Le Monde-France Info" :
"Il faut en particulier remettre en cause certaines choses comme le smic à 1 500 euros, qui était une idée phare de Laurent Fabius, ou la généralisation des 35 heures, a-t-elle affirmé. Ce sont deux idées qui étaient dans le projet des socialistes, que j'ai dû reprendre dans le pacte présidentiel, et qui n'ont pas du tout été crédibles. Moi-même j'avais un doute là-dessus." Alors là, stupeur dans les rangs : Ségolène a été obligée de défendre des idées auquelles elle ne croyait pas, et qui venaient
des socialistes !
Elle nous avoue tout simplement que, les idées qu'elle a défendu dans sa campagne n'étaient pas
"crédibles" (ça, on était déjà au courant), et donc, qu'elle n'était pas sincère dans ses discours et ses débats (ça, on l'avait remarqué).
C'est quand même assez énorme, je trouve.
D'ailleurs pas mal de personnalités de gauche ont aussi trouvé ça énorme :
Jean-Luc Mélenchon, sénateur PS :
"C'est de sa part la preuve d'une très grande duplicité. Nous sommes dans le domaine de la pure et simple provocation consternante. Est-ce que ça signifie que si elle avait été élue, après les avoir promis, elle ne les aurait pas appliqués ?" (bonne question !)
Jean-Pierre Brard, député apparenté communiste :
"Ainsi, deux des principales mesures sociales de son pacte présidentiel n'étaient donc que des leurres destinés à berner d'abord les militants socialistes (...) et ensuite les électeurs de gauche". Après s'être "fortement engagé" en la faveur de Royal entre les deux tours de la présidentielle, Jean-Pierre Brard ressent "le sentiment amer d'avoir été trompé".
Et vendredi, Ségolène nous annonce tranquillement qu'elle sera probablement candidate à la présidentielle de 2012. Mais, comme, apparemment,
les socialistes, ça la gonfle, elle n'ira pas au conseil national du PS qui se tient aujourd'hui à Paris, officiellement "pour cause d'obligations régionales".
Comme
l'écrivait Maureen Dowd, du New York Times, dimanche dernier :
« Le problème avec Ségo n'est pas qu'elle est une femme. Le problème est que sa seule vision de la France, c'est elle-même : d'où son surnom, "Egolène". ».Pour en savoir plus :
1.
Ségolène Royal adoucit son image (Le Temps - 27 mars 2007)
2.
Royal-Hollande Vie privée, vie publique (Le Monde)
3.
Pour Mme Royal, la généralisation des 35 heures et le smic à 1 500 euros ne sont pas "crédibles" (Le Monde)
4.
Ségolène Royal irrite à gauche sur le Smic et les 35 heures (La Tribune)
5.
PS : Jean-Luc Mélenchon accuse Ségolène Royal de "duplicité" (Le Nouvel Obs)
6.
Ségolène Royal "probable" candidate en 2012 (Le Nouvel Obs)
7.
Ségolène Royal esquive le Conseil national du PS (L'Express)
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