Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

dimanche 25 février 2007

Avignon a sa ZFU

ZFU

Soit sa Zone Franche Urbaine :
Ques aquo ? : c’est une zone où beaucoup des taxes que toute entreprise paye habituellement, ne sont pas dues. C’est donc de supers cadeaux fiscaux pour les entreprises qui s’y trouvent.
Et à quoi ça sert :
On nous explique que c’est pour développer l’emploi dans des zones ou règne un chômage massif, des zones défavorisées comme ont dit.

Moi, chaque fois que l’on fait des cadeaux aux entrepreneurs pour créer des emplois, je suis suspicieux.
Je sais bien qu’on ne créera pas une entreprise juste parce que c’est plus facile, si on veut créer quelque chose qui ressemble à une entreprise il faut toujours les mêmes ingrédients :
- un projet.
- des clients
- des sous.
Et ce n’est pas une ZFU qui forme ces trois conditions initiales, alors çà sert à quoi : et bien a déplacer des projets qui se seraient fait de toute façon mais ailleurs. Il y a même un expression pour cela : « l’effet d’aubaine ».
Et surtout çà augmente les impôts pour tous les autres, car tout ces allégements : il faut bien que d’autres les paient.
J’ai eu à connaître à de très nombreuses reprises l’impact réel de ces allégements sur les entreprises, dans aucun cas je n’ai vu créer des emplois : souvent j’ai vu des entreprises et des entrepreneurs se « gaver » comme on dit en français d’aujourd’hui, des emplois crées ici plus tôt que là et c’est tout.

Donc voilà encore une fausse bonne idée, je connais bien ces quartiers pour les avoir souvent traversés, j’y ai aussi des amis : ce sont déjà des quartiers très affranchis de tout un tas de lois de la République, comme le code de la route ou le code pénal, faut il une franchise de plus ?
Les 35% de chômeurs qui habitent cette zone, vont-il trouver du travail dans les entreprises qui vont s’y installer : franchement ?

Alors si : j’y vois un avantage, avec tous ces gens qui auront un boulot et seront obligés de venir dans ce quartier, les caïds qui y règnent en maître aujourd’hui devront se faire plus discrets et qui sait peut-être changer de quartier... à moins qu'ils y voient un nouveau marché pour leur "petite entreprise".

Pour en savoir plus :
Le Rucher


Crédit photo : La Provence

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8 Comments:

Blogger Paul said...

A chaque fois que je lis vos pensées ayant à voir avec l'économie ou la société, je me dis la même chose : comment se fait-il que ce gars là puisse souhaiter la victoire de Sarkozy ?

dimanche, 25 février, 2007  
Blogger Luc said...

@ Jack : Je sais que tu as une grande expérience des multinationales qui délocalisent en Chine. Par contre, comme beaucoup, tu méconnais la réalité des PME/TPE.

Dans un "quartier" défavorisé, il y a bien sûr la racaille dont on parle beaucoup, mais qui ne représente qu'une infime minorité. Il y a surtout beaucoup de gens biens qui aimeraient vraiment s'en sortir, et qui seraient prêts pour cela à prendre le risque de se mettre à leur compte.

Seulement voilà, dans la France d'assistés qu'on a hérité de plus de vingt années de socialisme, les charges sont telles qu'ils n'osent pas se lancer. Ils sont complètement découragés.

Une ZFU, c'est l'occasion pour ceux de la zone qui veulent s'en sortir de tenter leur chance. Si tu as bien lu Les zones franches urbaines (ZFU), dont tu as donné le lien dans ton article, tu as remarqué que, pour bénéficier des avantages fiscaux proposés, tu dois, entre autres, remplir les conditions suivantes :

- "avoir un effectif, tout établissements confondus, ne dépassant pas 50 salariés équivalents temps plein" (ce qui élimine les multinationales)

- "avoir au minimum un établissement situé en ZFU." (il s'agit bien de monter sa boîte dans la ZFU et pas ailleurs)

-"un cinquième des salariés doit résider dans la ZFU." (c'est pour donner du travail dans la ZFU en priorité).

Donc, un gars de la ZFU qui se lève tôt et qui veut y arriver, on lui donne le coup de pouce qui fait qu'il va avoir le courage de se lancer. Et la ZFU va devenir à nouveau un lieu de vie et d'action, au lieu d'une zone de non-dropit livrée aux dealers de tous acabits.

Tu vois, c'est tout le sens de l'action proposée par Nicolas Sarkozy, et c'est diamétralement opposé à l'assistanat généralisé proposé par Ségolène Royal.

"Aide-toi, le ciel t'aidera." (ça vous dit encore quelque chose ?)

@ Paul : Je pense que ces réponses à l'article de Jack éclairent un peu ta lanterne ... ;-)

lundi, 26 février, 2007  
Blogger Jack said...

@Paul : first of all, Luc c’est Luc et moi c’est Jack.
@Luc : je sais que nous sommes en campagne électorale, mais même si le sujet des ZFU est un sujet éminemment politique, je ne crois pas que l’opinion que j’exprime ait une quelconque connotation « Sarkozienne » ou « Royaliste ». Quand je parle d’entreprise je ne parle pas que des grosses : j’ai aussi un excellent ami qui a une PME de l’autre côté des Alpes (15 personnes) et qui a été dispensé d’impôt sur les sociétés pendant 10 ans juste parce qu’il se trouvait dans une zone de montagne avec des lois favorisants l’implantation des entreprises sur la zone. Je sais pourtant de source sure que ce n’est pas cette incitation qui est à la base de la création de l’entreprise, ni de son développement. (une vraie aubaine pour lui, une perte sèche pour l’état italien)
Que je sache tu n’es pas dans une ZFU et même avec les avantages inhérents tu ne songes pas à déménager ton entreprise ?
Tout cela pour prendre des exemples bien concrets coté entrepreneur.
D’ailleurs dans l’article de la Provence qui est l’objet de ce post on prenait l’exemple d’un garçon qui allait bénéficier de la mesure mais qui avait déjà lancé son petit commerce de reportage-mise-en-scène de mariages ailleurs.
Je site la conclusion du journaliste « Il n’empêche, si Najim peut profiter de ces avantages après lesquels d’autres courent en pensant plus à eux-mêmes qu’au quartier, il aurait tord de s’en priver » ...

Du côté du réservoir potentiel de « travailleurs » de la ZFU :
Je sais que dans les quartiers défavorisés il y a une majorité d’honnêtes gens.
Je sais aussi que lorsqu’on a un métier et l’envie de travailler on trouve aussi plus facilement l’entreprise qui t’embauche, mais pas forcément en face de chez soi. Toi et moi n’avons jamais craint de déménager et de nous déplacer de plusieurs centaines de kilomètres, voir des milliers pour travailler, non ?
Si tu n’as pas de formation, si tu ne cherches pas de travail, tu augmentes sensiblement la probabilité de rester chômeur, surtout si çà paye et que tu as des opportunités pour te débrouiller dans une économie parallèle ou souterraine.
Enfin parlons sérieusement du rôle de l’état :
Ce qui revient de manière indiscutable à l’état et de créer les conditions du développement économique en prenant à sa charge toutes les infrastructures nécessaires au fonctionnement de l’économie et au développement social.
Les routes, les télécom, l’énergie, tous les réseaux, l’ordre public, la justice y compris sociale et enfin l’éducation sont à mon sens les domaines où l’état a le devoir de garder la haute main.
Je constate par contre que très souvent l’argent placé directement dans les entreprises, pervertit complètement l’économie et ne produit généralement pas les effets qu’il est censé produire, en particulier sur l’emploi.
Cet argent serait généralement mieux employé ailleurs.
Pour être très concret, c’est dans la formation des habitants de ces zones qu’il faudra investir, je parle de vraie formation qui débouche sur un travail, pas de formation parking et aussi y rétablir la loi républicaine, cela pourrait aider le travail d’éducation...
Les zones franches, c’est comme les quotas de fausses solutions à de vrais problèmes.

mardi, 27 février, 2007  
Blogger Patrick said...

A mon avis, ça ne se discute pas, ça se mesure. Si ça marche dans la plupart des cas, il faut continuer. Si ça foire dans la plupart des cas, il faut faire autre chose.

En tous cas, vu le problème, il faut des mesures "d'exception", que ce soit en matière d'éducation civique et scolaire, de maintien de l'ordre, de travail, etc. Nos méthodes républicaines "ordinaires" ne sont pas adaptées à traiter ce genre de situation...

mardi, 27 février, 2007  
Blogger Jack said...

@Patrick : et bien parlons en, qui est maire d’Avignon ? Qui délivre toutes les autorisations nécessaires pour créer une ZFU ?
Réponse 1 : une excellente amie de Jacques Chirac.
Réponse 2 : Le gouvernement, car plusieurs ministères sont concernés par ces dispenses de charge.

Ce pourrait bien être d’abord un cadeau électoral.

Mais si tu as des infos sur le résultat de ce genre de mesure, je t’en prie, fait nous profiter. Mais ce n’est pas simple de trier les vrais création d’emploi de effets d’aubaine.

mardi, 27 février, 2007  
Blogger Jack said...

J’aimerai porter aussi à votre connaissance un autre exemple sur la base d’infos recueillies au cours de mes récentes années de travail. J’ai vu un cimentier irlandais créer de toutes pièces des verreries irlandaises avec des subventions européennes. Cet irlandais a mis aisément à genoux ses concurrents britanniques et provoqué la fermeture de ces derniers. Situation assez banale et je n’y verrais aucun inconvénient si ces subventions n’était pas offertes avec nos impôts.
J’ai souvent était témoin de compétions entre différents sites d’implantation d’un même projet entre différents pays limitrophes, à coup de subvention là aussi, alors que le projet n’est basé que sur l’existence d’un marché, qui lui ne doit rien à personne.
L’état, les états ne doivent pas intervenir dans les processus économiques, ils ont ensemble un seul est unique devoir harmoniser leur politique fiscale de manière à établir une SAINE concurrence. (Je pense bien sûr d’abord à l’Europe). Il s’agit ici de grande industrie multinationale, mais la perversion est pire encore lorsqu’elle s’applique dans un même pays.

mardi, 27 février, 2007  
Blogger Patrick said...

Vraiment, je n'ai aucune information objective sur le fait que ce genre de mesure a un effet positif ou pas. Et ce ne sont pas un ou deux reportages à la télé qui vont nous renseigner...

Je comprend très bien les arguments de Jack. Pourtant, dans ce cas particulier, peut-être y a-t-il place pour des mesures d'exception, tant est grand le problème à régler... Certes, ça coûte de l'argent au contribuable, mais de toute façon ça coûtera. Et ça coûtera peut-être plus cher encore si on n'essaye rien... C'est un peu comme le sujet de l'éducation : tu dis que c'est par là qu'il faut commencer - et je suis d'accord - mais ça coûte des sous aussi...

mardi, 27 février, 2007  
Blogger Jack said...

Bien sûr que cela coûte, mais l’éducation dans notre pays fait partie des fonctions majeures de l’état, mais encore une fois je parle de formation pas de LEP parking, ce qui suppose aussi que l’enseignement primaire soit apte à donner les bases nécessaires.
Mais je crois que nous étions également tombés d’accord sur le fait que notre enseignement n’a pas besoin de plus d’argent, mais surtout d’être plus efficace, n’avons-nous déjà pas l’enseignement le plus cher d’Europe ?
Peut-être trop de non enseignants dans l’enseignement, par exemple.

Et il y a aussi une chose que je voudrais dire à propos des quartiers, j’y ai moi-même habité dans ces quartiers, en HLM, quand j’avais 25 ans lorsque j’ai débarqué avec mon déménagement de ma lointaine Lorraine, pourquoi sont-ils devenus ce qu’ils sont aujourd’hui ? Est-ce réellement un problème de quartier ?
Pourquoi n’y suis-je pas resté, me direz-vous ? C’est bien là que se trouve la réponse, parce que je ne m’en suis pas contenté, que le changement ne m’effrayait pas. Mais j’ai trouvé très commode d’en disposer lorsque j’en ai eu besoin.

mardi, 27 février, 2007  

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