Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

lundi 19 février 2007

La science et la foi

Science


Voici le processus d'une méthode scientifique : on a une idée, puis on mène une expérience pour vérifier si l'idée qu'on a eu est vérifiée. Si oui, on crée une théorie, qu'on va ensuite utiliser pour mieux comprendre l'univers.

La science a par définition la capacité à se remettre en question en permanence. Elle recherche même la contradiction, source de progrès.

Mais le processus de la foi suit un tout autre schéma :

Faith


C'est tout simple : on a une idée, on ignore les preuves qui vont à l'encontre de cette idée, et cette idée est conservée pour l'éternité.

C'est exactement sur ces deux bases de raisonnement que s'opposent par exemple l'évolution et le créationnisme. Alors, après l'offensive créationniste des évangélistes intégristes américains, voici l'offensive du créationnisme islamique qui nous arrive en France : début février, la plupart des universités, lycées et collèges de France ont reçu un livre luxueux, intitulé l'Atlas de la Création, écrit par un certain Harun Yahya, de nationalité turque, qui réfute sur 770 pages très richement illustrées le darwinisme et la théorie de l'évolution.

En ce moment, l'obscurantisme fait feu de tous bois, on dirait ...

Pour en savoir plus :
1. Science & Faith (wellingtongrey.net)
2. Bush veut faire enseigner le créationisme à l'école dans les cours de science (Chez Luc - 7 août 2005)
3. Museum of Earth History (Chez Luc - 9 août 2005)
4. The Flying Spaghetti Monster (Chez Luc - 27 août 2005)
5. L'Intelligent Design au tribunal (Chez Luc - 24 septembre 2005)
6. L'Intelligent Design est interdit à l'école (Chez Luc - 21 décembre 2005)
7. Offensive du créationnisme islamique en France (Le Figaro)
8. Attaque ciblée contre la théorie de l'évolution (Libération)

Crédit diagrammes : Wellington Grey via BoingBoing

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15 Comments:

Blogger Jack said...

On voit tout de suite que la vie est plus simple avec la foi du charbonnier chevillée à l’esprit.
Tout remettre en cause tout le temps, c’est fatiguant à la fin et c’est sans doute pourquoi les créationnistes ont la conviction qu’il leur est permis à eux aussi de tout remettre en cause.

lundi, 19 février, 2007  
Blogger Julien said...

Les scientifiques ne sont pas exempt de tous reproche dans la façon de dresser leur théories mais disons que la méthode pour les batir est plus strictement établie....

Connais-tu Luc le Chat de Shrodinger ? Présentation :

Un chat est enfermé dans une boite hermétique et opaque. Un appareil délivre au hasard une décharge électrique capable de le tuer. Mettons une seconde l'appareil en marche, puis arrêtons le. Est ce que l'appareil a lâché sa décharge mortelle? Est ce que le chat est encore vivant? Pour un physicien classique le seul moyen de le savoir est d'ouvrir la boite et de regarder. Pour un physicien quantique il est acceptable de dire que le chat est à 50% mort et à 50% vivant. Tant qu'on n'aura pas ouvert la boite, on considérera qu'il y a à l'intérieur une moitié de chat vivant.

lundi, 19 février, 2007  
Blogger Julien said...

Luc ... tu supprimera mon premier commentaires ? Merci ... J'ai honte... J'écris cela en écoutant ton amie Ségolène

(C'est un peu ch... pour écrire un commentaire ... j'étais obligé de créer un blog pour laisser ce com')

lundi, 19 février, 2007  
Blogger Luc said...

@ Julien :

Oui, bien sûr, je connais le paradoxe du chat de Schrödinger. C'est ce qui différentie la physique quantique de la physique relativiste, et depuis tout le monde planche sur une théorie unitaire qui pourrait arriver à réconcilier les deux.

J'ai supprimé ton premier commentaire (ce qui fait que ton deuxième commentaire actuel ne veut plus rien dire ... encore un paradoxe !)

Et ah bon, toi aussi tu écoutes ma copine ?

Bon, c'est la fin de la pub, j'y retourne ...

lundi, 19 février, 2007  
Blogger Patrick said...

Intéressant, ce schéma du processus de la foi... Il existe pourtant des sujets pour lesquels le processus "scientifique" n'est pas applicable.

Par exemple, le cas de Dieu lui-même. Rien ni aucune expérience ne peut prouver son existence ou sa non-existence...

Ou encore le cas des extra terrestres "lointains". On y "croit" ou on y "croit pas", mais nulle expérience ne peut trancher le sujet...

Sous le prétexte que l'existence de ces extra terrestres ne relève pas du processus scientifique, faut-il jeter l'anathème sur leur supporters ?

samedi, 24 février, 2007  
Blogger Luc said...

@ Patrick : La beauté du processus scietifique est que, justement, il peut s'appliquer à tous les sujets, y compris ceux que tu évoques. Le problème, en général c'est l'étape 2 : faire une expérience (qui peut confirmer ou infirmer l'hypothèse).

Dans le cas de petits hommes verts, par exemple, on a trouvé des expériences qui, si elles marchent, pourront nopus amener à l'étape 3 : est-ce que la preuve confirme l'hypothèse ? Une de ces expériences est le SETI.

Quant à la preuve de l'existence de Dieu, c'est un vaste sujet, débattu depuis des siècles. Tu as l'argument ontologique débattu par Anselme de Cantorbéry au dixième siècle, puis chez Descartes et Spinoza.

Maintenant, si tu veux une démonstration par A + B de l'existence de Dieu, tu peux te pencher sur la preuve ontologique de Gödel.

Mais évidemment, l'existence de Dieu fait l'objet d'un vaste débat, parce que d'abord, il faut bien sûr s'entendre sur ce que c'est que Dieu et quels sont ses attributs et pouvoirs. Comme déjà là dessus personne n'est d'accord, ça devient compliqué de prouver quoi que ce soit ...

Donc, à mon avis, dans le cas de Dieu, il faut déjà répondre à la première question : Dieu, c'est quoi ? Après seulement, on pourra essayer de monter une expérience pour essayer de prouver si il existe ou pas ...

samedi, 24 février, 2007  
Blogger Luc said...

@ Patrick : Tu peux te pencher aussi sur les trois preuves de l'existence de Dieu développées par Kant dans sa Critique de la raison pure.

samedi, 24 février, 2007  
Blogger Patrick said...

Donc, d'après Luc, le processus de la foi est simplement la première étape du processus Scientifique...

Quand aux "preuves" de l'existence de Dieu, aucune n'est convaincante, puisque nos sociétés occidentales vont plutôt dans le sens de la négation. En revanche, d'autres sociétés vont plutôt dans l'autre sens, me semble-t-il...

Et pour les extra terrestres, la recherche acharnée par SETI ne vaut pas mieux que les efforts acharnés des mathématiciens, logiciens et philosophes : l'absence de preuves ne prouve rien !

samedi, 24 février, 2007  
Blogger Luc said...

Patrick : "d'après Luc, le processus de la foi est simplement la première étape du processus Scientifique."

Hé hé ...

Je n'ai évidemment pas dit ça, vu que la première étape du processus scientifique, une fois qu'on a eu une idée, c'est de concevoir une expérience qui va nous permettre de vérifier si on avait raison ou pas, étape qui est évidemment inexistante dans le processus de la foi.

Ou alors voulais-tu dire simplement que la première étape commune c'est "j'ai une idée" ?

Là, oui, je suis d'accord. Et c'est à partir de là que ça diverge :
- Le scientifique va tout faire pour démolir son idée afin de voir si son idée tient la route ou pas.
- Le croyant va refuser tout ce qui peut remettre en question son idée, c'est ce qu'on appelle le dogme.

samedi, 24 février, 2007  
Blogger Luc said...

@ Patrick : "Quant aux "preuves" de l'existence de Dieu, aucune n'est convaincante."

Je suis d'accord avec toi. Pour l'instant me semble-t-il, on n'a pas fait la preuve que Dieu existe. Ni que Dieu n'existe pas, d'ailleurs.

Sur un plan strictement scientifique, le doute subsiste donc.

samedi, 24 février, 2007  
Blogger Luc said...

@ Patrick : "Et pour les extra terrestres, la recherche acharnée par SETI ne vaut pas mieux que les efforts acharnés des mathématiciens, logiciens et philosophes : l'absence de preuves ne prouve rien !"

Bien sûr. SETI ne sera une expérience convaincante qu'en cas de succès. Sinon on ne pourra rien dire. C'est une expérience qui a pour but de prouver qu'une civilisation extra-terrestre existe, pas qu'il n'existe pas de vie extra-terrestre.

samedi, 24 février, 2007  
Blogger Patrick said...

Encore une petite remarque relative au "Processus Scientifique". Il s'applique d'autant plus facilement et directement que la question est simple. Genre Cause -> Effet unique. Or, la nature (l'Univers) ne me semble pas relever de la simplicité mais au contraire de la complexité (chaos) : un monde où une même cause peut avoir de multiples effets tous plus imprévisibles les uns que les autres *. Et pourtant, c'est un monde réel...

Des choses qui nous concernent directement relèvent plus du chaos que de la science : La sociologie, l'économie, la climatologie...

Il y a certes des gens qui travaillent sur la théorie du chaos, mais je doute que la "méthode scientifique" y soit applicable.

Je crains qu'on érige la science en dogme comme on a un temps érigé la religion en dogme. L'Univers est autrement plus complexe que ça...

* Je viens de lire un intéressant article dans "Le Monde 2" : En 1999, les USA envoient une floppée de missiles de croisière sur Belgrade pour déloger le tyran. De fait, Milosevic est finalement arrété et la paix s'installe. En 2003, les USA envoient une floppée de missiles de croisière sur Bagdad pour déloger le tyran. Il s'incruste, et il en résulte bourbier et guerre civile... La fameuse "méthode scientifique" est-elle bien applicable à ces choses qui nous touchent de près ?

samedi, 24 février, 2007  
Blogger Luc said...

@ Patrick : A propos des floppées de missiles de croisières et des tyrans qui sont délogés, on a simplement mis en évidence que "il suffit d'envoyer une floppée de missiles de croisière sur une capitale pour déloger un tyran" n'est pas une théorie scientifique confirmée par l'expérience.

On est bien d'accord là dessus !

samedi, 24 février, 2007  
Blogger Jack said...

Voici ce qui s'apelle un raisonnement sommaire en effet.
Le missile de croisière en tant qu'unique remède aux tyrans, c'est très sommaire...
Le domaine de la foi est celui du dogme, il arrive aussi aux scientifiques de donner dans le dogme, nul n'est parfait.

samedi, 24 février, 2007  
Blogger Patrick said...

"Le scientifique va tout faire pour démolir son idée afin de voir si son idée tient la route ou pas."

Je crains que ça ne se passe pas toujours comme ça. Bien souvent, et pour de multiples raisons, le "scientifique" auteur de la théorie initiale va tout faire pour consolider son idée afin de démontrer que son idée tient la route. Dans les cas extrêmes, il "fabriquera" des preuves, par exemple en trafiquant des chiffres ou en sélectionnant les expériences (éliminant ainsi les résultats contraires)... Ce seront plutôt d'autres "scientifiques" qui chercheront à invalider la théorie du premier...

Et puis il y a l'effet d'entraînement, de mode. Aujourd'hui, un scientifique honnête qui présenterait des données contraires à la théorie du réchauffement climatique par effet du CO2 serait vite baillonné... En revanche, peu importe qu'un autre scientifique présente des données partielles ou bidonnées, du moment qu'elles vont dans le sens du moment... Et ce sont ces derniers qui passeront à la télé et qui verront leurs budgets de recherche augmentés - et leurs salaires aussi...

Je me souviens d'avoir lu dans un ancien numéro de "Pour la Science" qu'environ 30% des "scientifiques" avouaient avoir au moins une fois bidonné leurs conclusions. Mais l'article faisait remarquer que les plus grands bidonneurs n'avaient sans doute pas avoué leurs forfaits !

Les "scientifiques" sont aussi des humains, ne l'oublions pas !

samedi, 24 février, 2007  

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