Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

mardi 27 novembre 2007

Un accident de Piwi


lien direct vers YouTube


La PW80 de chez Yamaha, est une mini moto dont le surnom est "Piwi". Elle est vendue comme "moto pour enfant" est n'est pas homologuée pour rouler sur route ou dans la rue. Elle n'a d'ailleurs ni éclairage ni immatriculation.

Mais elle est très marrante à conduire, surtout de nuit en ville, comme vous pouvez le constater sur la vidéo ci-dessus. Une fois débridée, elle permet de faire de grosses pointes de vitesse. Mais elle est très instable, surtout quand on monte à deux dessus.

Dimanche après-midi, un peu avant 17 heures, Moushin (15 ans) et son ami Larami (16 ans) foncent dans les rues de Villiers-le-Bel (93) sur leur Piwi 80, sans casque. En arrivant sur la place de la Tolinette, ils grillent la priorité à une voiture qui arrivait de la droite à vitesse normale. La mini moto vole dans les airs et les deux ados percutent la voiture de plein fouet et se tuent dans l'accident.

Ce fait divers tragique aurait dû normalement faire vingt lignes en page quatre du quotidien régional concerné. Seulement voilà : la voiture qu'ils ont percuté n'était pas n'importe quelle voiture :

la voiture.jpg

C'était une voiture de police qui faisait sa ronde dans le quartier, tranquillement, à faible allure, sans gyrophare ou quoi que ce soit.

le Piwi.jpg


Alors, bien sûr, quand les jeunes du quartier on vu le Piwi par terre et ont appris que leur copains étaient morts, il n'ont pas imaginé le quart de la moitié d'une seconde qu'il s'agissait d'un banal accident de la circulation. Accident provoqué par l'imprudence des deux jeunes, qui plus est.

Donc, bien évidemment, la racaille en profite pour "mettre le feu" aux banlieues. Et c'est reparti pour un tour, comme en novembre 2005.

la racaille est de sortie.jpg

Et puis, comme d'habitude, les cibles sont la bibliothèque Louis Jouvet, des écoles, bref tout ce qui menace la jeunesse des banlieues ...

Ayons une pensée pour ceux qui vivent en banlieue parisienne. Après avoir dû endurer les grèves de la SCNF et la RATP, voici qu'à présent la racaille est de sortie ...

Pour en savoir plus :
1. PW80 (Yamaha)
2. Villiers-le-Bel: les premiers éléments de l'enquête corroborés (procureure) (Le Monde)
3. Violences après la mort de deux jeunes dans un accident impliquant la police (AFP)

Crédit photos : Reuters, SIPA et AFP

12 Comments:

Blogger Patrick said...

La racaille est de sortie ? Ah, bon ? Je croyais que l'ancien Ministre de l'Intérieur nous en avait débarassé... Ce n'était donc qu'une rodomontade ? Il n'avait donc rien fait du tout ?

mardi, 27 novembre, 2007  
Blogger Betty said...

Oh je ne comprends pas !? pourtant la Police de proximité à bien été supprimée (ben oui la police n'est pas là pour faire de la prévention avait dit le ministre de Sarko à l'époque) et puis le travail en coordination police-service sociaux - service éducatif est inexistant. De même que les aides aux divers services culturels éducatifs, associatifs. Et le super programme du ministre de la ville ?? la super idée qui parlait de "mixité sociale" de "déghettoïsation" avec des logements super sympa partout pour tout le monde ? ...

C'est marrant les mêmes effets ont les mêmes conséquences partout mais ça étonne tjs le bon peuple !

Donc l'équation est simple : abandon des cités = pain bénie pour des groupes extrémistes divers et variés = bordel assurés
Mais pourquoi les pouvoirs politique ne font rien si c'est si simple ?
Surement que ce n'est pas si simple !
Ca coûte beaucoup d'argent et ce n'est pas populaire en plus c'est un vrai travail de fond absolument pas visible au journal de TF1 !
Et une france qui a peur = vote de droite = Fond de commerce de notre super président...

Message perso à Nicolas : faut que tu changes ta stratégie, maintenant que t'es élu tu ne peux plus nous faire le coup du c'est pas moi c'est l'autre...

mercredi, 28 novembre, 2007  
Blogger Patrick said...

Ni le coup du : "Ah, oui, mais je n'ai pas le pouvoir, c'est Chichi, donc il faut m'élire et là vous verrez ce que vous verrez"...

Ceci étant, Betty a raison : entretenir un fond de violence dans des banlieues sensibles, c'est excellent pour l'électorat de droite... Une flambée par ci et par là, une déclaration ferme (du genre "les casseurs passeront en cour d'assise"), et le baromètre de popularité du Président remonte d'un point ou deux - et il peut alors passer à autre chose...

mercredi, 28 novembre, 2007  
Blogger Patrick said...

Bon, c'est pas vraiment le sujet, mais franchement, ces engins de mort que les japonais fabriquent pour nos enfants, on devrait les interdire - point barre. Donner une moto de 74cm3 à un gosse, c'est de la démence absolue, non ? Les constructeurs proposent même des motos de 49cm3 "à partir de 4 ans". On croit rêver. Je suis (presque) sûr que ces engins sont interdits au Japon. Pourquoi les laisse-t-on entrer en France ? D'interdire ça, Nicolas, il pourrait le faire, non ?

mercredi, 28 novembre, 2007  
Blogger Paul said...

L'histoire s'est elle vraiment déroulée telle que tu la racontes ?
Pas si sur. Une vidéo amateur visionnée par Le Monde contredit partiellement la version de la police.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-983236,0.html?xtor=RSS-3208

mercredi, 28 novembre, 2007  
Blogger Betty said...

@ Paul : d'accord avec toi, mais ça ne justifie pas la flambée de violence et l'usage d'armes.

Enquete sur l'accident ok c'est normal mais attention à l'arbre qui cache la forêt. Le probléme de fond n'est pas traité une fois de plus !

mercredi, 28 novembre, 2007  
Blogger Jack said...

Comment expliquer que le moindre accident dans ces quartiers dégénère en bataille rangée avec la police où les pompiers, alors que justement c'est dans ces quartiers que chacun peut constater que les comportements à risque sont la norme...
Il n'y a pas si longtemps,prés d'ici, les pompiers ont étés pris à parti car il n'ont pu sauver deux jeunes accidentés de la route encastrés dans leur voiture sur une route limitée à 50 km/h.(vu l'état de la voiture ils avaient du mettre un 1 devant le 50...)
Dans ces mêmes quartiers, j'étais il y a quelques semaines arrêté à un feu à côté d'une voiture de police : un quad chevauché par 2 jeunes tête nue est passé, circulant aussi bien sur les plates bandes, que les trottoirs ou la chaussée.
J'ai regardé les policiers, ils secouaient la tête, impuissants.

La responsabilité de ses actes, ils n'en ont jamais entendu parler... la police ne pourra jamais remplacer les parents et compenser l'absence d'éducation!

Tout est permis.

mercredi, 28 novembre, 2007  
Blogger Patrick said...

J'ai entendu l'interview de Nicolas ce 30 novembre sur TF1, sur le sujet des banlieues chaudes. Pathétique. Un triste constat d'échec. Le Président s'est fait refiler une sacrée patate chaude de la part de l'ancien Ministre de l'Intérieur qui avait juré de tout régler... Maintenant il veut mettre des hélicoptères de police avec des projecteurs comme à Los Angeles... Et il en est réduit à menacer de cour d'assise les délinquants (ce en quoi il n'a pas tort, mais c'est bien un constat d'échec). Le prochain coup, de quoi les menacera-t-il ?

Notez bien, je pense qu'il n'y a guère de solution autre que celle que le gouvernement met en place : l'arrêt de l'immigration de masse. Les problèmes qu'on a nous viennent en grande partie de la politique d'ouverture des frontières des années Mitterrand (qui prônait la richesse du mélange des cultures). Malheureusement, la richesse n'est pas au rendez-vous, loin s'en faut ! Néanmoins, les mesures prises aujourd'hui ne produiront leur effet que dans 20 ans.

En attendant, Nicolas parle encore de tout répressif... Un jour, peut-être comprendra-t-il les mérites du préventif...

vendredi, 30 novembre, 2007  
Blogger Betty said...

@ Patrick : méler politique d'immigration et violence en banlieue c'est vraiment du bourrage de crane de droite ça !!..
et croire que la repression est la solution est une idée trés répendue et qui fait recette, mais totalement FAUSSE.

Le tout répressif engendre la violence on le sait ont en connait le mécanisme depuis des années c'est valable partout à toute les époques et dans tout les pays !!

Mettre des mineurs en prison ne fait que leur confirmer qu'ils sont des délinquants !! ça ne sert à rien ! c'est avant d'en arriver là qu'il faut agir !!..


je vous conseille de lire ce rapport de la ligue des droits de l'homme :
http://www.ldh-france.org/docu_rapports3.cfm?idrapport=597

en voici qq extraits:

"certains d'entre eux, auteurs de violences, sont issus de l'immigration mais la grande majorité sont de nationalité française. Il faut condamner l'association délinquance et étranger, thème récurrent de la droite et de l'extrême droite ;
(...) ce qui a pour effet d'accentuer encore plus les inégalités à l'égard de populations déjà démunies.

Ces amalgames, favorisent et justifient les politiques les plus réactionnaires qui ne font que renforcer chez les populations concernées, le sentiment d'exclusion, de guerre et conforte chez les uns les solutions de survie « hors normes », et chez les autres le bien fondé des politiques répressives. On est enfermé dans ce cas dans le cercle vicieux bien connu, violence - répression - violence."
(...)
Dans le court terme, une politique de moyens est indispensable. D'abord une politique massive d'investissement financier, ensuite une politique de moyens humains, pour recruter des travailleurs sociaux, pour prendre en charge les mineurs en difficulté, pour développer des centres d'accueil provisoires."

Mais comme je vous le disait plus haut, ces mesures sont couteuses, elles ne sont pas populaires, encore moins spectaculaires car elles ne sont efficace qu'a long terme.

Les qq municipalités qui ont fait ces choix ont d'excellents résultats ! Mais qui en parle ? ...

vendredi, 30 novembre, 2007  
Blogger Patrick said...

Betty, je sais que c'est choquant et politiquement incorrect de parler d'immigration. Sujet tabou. Mais ouvrons les yeux... Bien sûr que la grande majorité de ces jeunes sont français par le sol puisqu'ils sont nés en France...

Mais voyons les choses en face : je lis dans la presse que le corps de Moshin Cehhouli, 15 ans, accompagné de sa famille, devait être acheminé vendredi au Maroc où les obsèques sont prévues. Celui de Lakami Samoura sera transféré samedi au Sénégal. Ces deux malheureux étaient français par le sol. Mais on doit se poser la question des conditions qui ont "généré" Moshin et Lakami qui faisaient du rodeo dans la nuit sur un véhicule dont l'usage est interdit, et de surplus sans porter de casque, le tout dans une banlieue chaude... Et des conditions qui ont généré les jeunes casseurs de Villiers (sans doute tous français par le sol)...

Moshin et Lakami n'étaient donc ni étrangers ni immigrés. Pourtant, on sent bien qu'il y a un problème. Est-il donc interdit de remonter d'un cran (aux parents, donc), et de s'interroger sur les conséquences d'une immigration non maîtrisée et non accompagnée ?

Je n'ai rien contre l'immigration, à condition qu'on mette les moyens pour l'accompagner. Mais si on ne l'accompagne pas, alors il faut la tarir, sous peine de laisser se créer des ghettos de violence et de non-droit...

vendredi, 30 novembre, 2007  
Blogger Jack said...

Des français que l'on choisit d'enterrer au Maroc et au Sénégal ne sont en effet français que sur leurs papiers, leur parents en tout cas bien que vivant sur notre sol ne se considèrent pas comme des citoyens français à tord ou à raison. Il faut en finir avec la langue de bois, nous sommes d'accord là dessus Patrick.
Par contre accuser Mitterrand d'avoir ouvert grandes les portes de l'immigration est historiquement inexact. Je crois vous avoir raconté ici mes débuts professionnels dans une fonderie de haute Marne en 1967, où nous avions une main-d’œuvre émigrée d’AFN. Cette main d’œuvre était aussi sous-payée qu’inefficace (*), mais avait le mérite aux yeux de notre patronat local de combattre l’inflation des salaires...nous étions sous Giscard.
Ensuite sont venues leurs femmes, et ils ont fait de nombreux petits français. Beaucoup se sont parfaitement intégrés, sont de grands travailleurs et souffrent terriblement de l’amalgame que les gens ne manquent pas de faire, ils disent « c’est sûr quand on me regarde on voit bien que je ne suis pas suédois... »
D’autres au contraire appliquent les méthodes et styles de vie qui ont cours de l’autre côté de la méditerranée, crache sur notre culture, profitent sans rien apporter... Ceux là devraient retourner chez eux ou changer de programme.

Pas facile de faire le tri, mais il faut le faire. Et arrêtons avec les moyens financiers, on a que cela à la bouche , comme si tout pouvait se régler avec de l'argent...du temps par contre c'est vrai qu'il en faudra!

* Nous sortions de la guerre d’Algérie : l’ardeur au travail de beaucoup d’entre eux ressemblait à celle que pouvaient montrer les prisonniers français dans les camps en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale...

samedi, 01 décembre, 2007  
Blogger Patrick said...

Jack a raison, l'immigration de masse avait commencé dès les années De Gaulle. Ces immigrés-là étaient souhaités par la France pour assurer son développement (grands travaux, bâtiment, industrie, etc.). Ca a continué sous Pompidou et sous Giscard. Mais après, la splendide croissance de la France s'est singulièrement ralentie, les besoins de nos industries ou du bâtiment on régressé, et pourtant l'immigration a continué. C'est en cela que je dis que Mitterrand a continué d'accueillir alors qu'il n'y avait plus de travail à proposer aux immigrés, et qu'il n'a rien fait pour ralentir cette immigration - bien au contraire...

Nous pouvons être reconnaissants aux immigrés des années 60 et 70 pour avoir aidé la France à progresser comme elle l'a fait. Nous pouvons d'ailleurs être un peu honteux de la façon dont nous les avons traité.

Mais ces temps bénis sont révolus, et il ne me semble pas scandaleux d'ajuster notre politique d'immigration en fonction des réalités du moment...

samedi, 01 décembre, 2007  

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