Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

samedi 4 octobre 2008

Bush nationalise les dettes pourries de Wall Street



Eh bien voilà : Bush a nationalisé les "junk bonds" (dettes pourries) des banques d'affaire américaines. Le "plan Paulson" injecte 700 milliards de dollars pour racheter les créances pourries de Wall Street.

Wall Street s'en est mis plein les poches pendant des années, et là, à cause de la crise des Subprimes, c'est l'état américain qui prend les pertes abyssales de Wall Street à sa charge. Et donc, qu'on le veuille ou non, c'est bien le contribuable américain qui va se faire pomper l'argent nécessaire pour combler le trou.

Alors, les différentes questions qu'on peut se poser sont les suivantes :

(1) Comment c'est arrivé ?

L'idée, c'est de vendre à des gens qui n'ont pas les moyens de les rembourser des maisons à 1 million de dollars, en se disant que, s'ils n'arrivent pas à rembourser, on récupère la maison. Et, comme le marché de l'immobilier est en hausse constante, on va en plus se faire du fric à la revente.

Sauf que, les gens qui n'ont pas pu rembourser se sont comptés par milliers et même par dizaines de milliers. Ils ont été expropriés, leurs maisons se sont retrouvés à la vente mais il n'y avait personne pour les acheter. Donc le marché de l'immobilier s'est effondré, et les banques qui avaient misé sur cette spéculation aussi.

Tout ça est très clairement expliqué dans l'excellente bande dessinée traduite en français dans Rue89 : Le B.A. BA de la crise des Subprimes

(2) A qui la faute ?

On est en plein période électorale, alors tout le monde se rejette la faute. Un article de Newsweek explique qu'en fait c'est un peu la faute à tout le monde.

Moi, j'aurais tendance à dire que si l'économie américaine est à genoux, Bush il est pour beaucoup. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder l'évolution de la dette nationale américaine depuis l'après guerre à aujourd'hui, exprimée en pourcentage du PIB :



On voit que la dette américaine, qui était évidemment colossale au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale a été réduite régulièrement par les gouvernement successifs, y compris pendant la guerre du Vietnam. Seuls Reagan, Bush père et Bush fils on remis l'économie américaine dans le rouge !

Et puis la crise, on ne peut pas dire qu'on ne l'a pas vue arriver ! Voici ce que disait le journalise Jim Cramer sur CNBC en août 2007, à propos de la banque Bear Stearns, qui sera la première banque de Wall Street à s'écrouler, en mai 2008, près de neuf mois plus tard :



(3) Est-ce que le Plan Paulson va résoudre le problème ?

Même pas ! Plus de 150 économistes américians, dont trois prix Nobel d'économie ont écrit une lettre au congrès pour leur demander de ne pas voter la première version du texte qui leur était proposée. Ce qui a été fait, d'ailleurs.

Ils considèrent que ce plan :
- n'est pas juste.
- n'est pas clair.
- et a de lourds effets à long terme sur les générations futures.

Je ne suis pas prix Nobel d'Economie, mais je suis assez d'accord avec eux.

Certains économistes que je connais m'on dit qu'il aurait mieux valu que Wall Street s'effondre une bonne fois, et puis après on serait reparti sur des bases plus saines. Beaucoup de manifestants dans les rues de New York étaient d'ailleurs aussi de cet avis :



Pour en savoir plus :
1. Who Caused the Economic Crisis? (Newsweek)
2. Subprime mortgage crisis (Wikipedia)
3. List of bankrupt or acquired banks during the subprime mortgage crisis (Wikipedia)
4. Le B.A. BA de la crise des Subprimes (Rue89)
5. Les économistes se montrent très critiques (Le Monde)

Crédit dessin : All Hat No Cattle

37 Comments:

Blogger Bruno du grand sud est said...

j'ai peiné pour essayer de comprendre ce merveilleux montage.même avec la BD pour les nuls.
qui a donc empoché les 700 milliards hein?
sont où les sous?
je suis écoeuré par tous ces virtuoses qui achètent et revendent du vent dans ce casino géant.dommage que cette fabuleuse énergie ne soit pas mise au service du plus grand nombre.
Mon Dieu je deviens communiste!

samedi, 04 octobre, 2008  
Blogger Alexandréa said...

Merci pour cette explication très claire et très bien faite... et effrayante, mais ce n'est pas très surprenant. A force de trop tirer sur l'élastique, un jour il va céder véritablement et cela va faire beaucoup de dégâts je pense.

samedi, 04 octobre, 2008  
Blogger Patrick said...

Il semble bien que le génial système des subprimes a été mis en place par l'administration démocrate Clinton au milieu des années '90... Mettre tout sur le dos de Bush est un peu excessif. D'ailleurs, le premier à soutenir le plan Paulson, c'est le camp démocrate, pas le camp républicain !

Ce système génial de subprimes avait séduit notre Nicolas qui l'avait mis dans son programme lors de l'élection présidentielle. Fort heureusement, ça n'a pas été suivi d'effet...

Bruno se demande où tout cet argent est allé... Des milliers de spéculateurs se sont servis, mais au premier chef les banques elles-mêmes (celles qui ont monté la combine mais aussi celles qui ont acheté ces titres aux folles promesses de rendemant), et à travers elles des petits épargnants ordinaires qui ont vu leur plan d'assurance-vie fructifier avant de s'effondrer... Comme dans toute bulle spéculative, ceux qui ont gagné sont ceux qui sont sortis de la combine à temps. Les autres ont perdu (et "les autres", c'est souvent les petits épargnants)...

Ca m'amuse qu'on cherche à faire porter le chapeau à quelques dirigeants et leurs parachutes dorés. Il y en a vraiment qui nous prennent pour des c**s !

samedi, 04 octobre, 2008  
Blogger Patrick said...

Ces panneaux "mort à Wall Street" m'amusent. Car, sans bien s'en rendre compte, ce sont les porteurs de pancartes qui ont alimenté le système. Tous ceux qui ont mis de l'épargne en banque ou sur des contrats du genre assurance-vie ou fonds de pension et qui avaient acceuilli avec grande satisfaction de confortables taux d'intérêts tant que la combine fonctionnait comptent parmi les acteurs de la crise.

samedi, 04 octobre, 2008  
Blogger Patrick said...

L'histoire de creuser les déficits, c'est apparemment vrai des républicains Bush père et fils et Reagan - mais c'est aussi la politique choisie par Nicolas... Etait-ce bien raisonnable ? C'était un sujet de débat lors de la campagne présidentielle, mais on a vite mis tout ça sous le tapis : la dette se creuse de plus en plus, et notamment du fait d'un budget bâti sur un taux de croissance de +3% complètement irréaliste (on parle plutôt de moins quelquechose, de nos jours)...

Mais, bon, on en est plus là. Tout de suite, maintenant, il y a le feu partout, et il faut essayer de l'éteindre... Ce qu'essaye de faire Nicolas - souhaitons-lui plein succès dans cette "mission impossible"...

samedi, 04 octobre, 2008  
Blogger Patrick said...

Bruno se demande qui va empocher les 700 milliards ? A mon avis, en premier lieu tous les clients des banques en question - qui sans cela PERDENT 700 milliards !

samedi, 04 octobre, 2008  
Blogger Bruno du grand sud est said...

Alors bravo à tous les "Jérome Kerviel"qui ont réussi leur braquage légal de 700 Milliards.
en parlant de parachute doré.
j'ai vu cette délicieuse interview dans laquelle la journaliste de la RTBF se trompe (?) de somme sur les indemnités d'un départ éventuel d'Axel Miller (3000 euros au lieu de 3 millions ) il lui répond dans l'hilarité générale :
"on est pas à la RTBF madame ! "
ce grand dirigeant ne se rend même pas compte du grotesque de son personnage.

le cas de Sanofi-aventis est gratiné aussi .

- bénéfices du groupe : 7 milliards et des poussières de millions .

- ancien président M Le Fur :
2.7 M de parachute,200000 stock-options (2.3M) + un salaire de conseiller et indemnité mensuels pendant 3 ans (les sommes sont en centaine de milliers d'euros donc insignifiantes .

- nouveau président Chris Viehbacher :
3.5 M/an (en comptant les 200% de primes bien sûr), cadeau de bienvenue 2.2M , 65000 actions (à la louche 4 M) et 200 000 stock-options.

- Prévisions du groupe :Licenciement de 900 personnes (à la louche encore une fois, ils sont tellement petits ces cons).

- petit calcul à moi pour 1 an :
900 personnes payées 3000 euros = 2,7M . cette somme indécente je le concède correspond au cadeau de départ de l'ancien président.

je pense vraiment que l'on est arrivé à un point où le monstre mange ses propres excréments.
on est pas entré en récession mais en décadence .

samedi, 04 octobre, 2008  
Blogger Patrick said...

Franchement, Bruno, les parachutes dorés, c'est mal, mais c'est vraiment pas le problème !

Dans le billet initial, il est suggéré qu'il vaudrait mieux que "Wall Street" s'écroule pour de bon et reparte sur de nouvelles bases. Voyons voir. Ca veut dire que par effet de domino, toutes les bourses du monde s'écroulent. Ce qui veut dire que toutes les banques du monde s'écroulent. Ce qui veut dire que l'économie mondiale s'arrête. Ce qui veut dire aussi que mes (modestes) économies que j'ai confié à ma banque sont instantanément vaporisées. Est-ce bien une perspective souhaitable et raisonnable ?

C'est d'ailleurs ce que certains sénateurs républicains ont failli faire en refusant dans un premier temps le plan de sauvetage de 700 milliards... La capitalisation de la bourse de New York a soudain perdu 6 % - ce qui représente une perte d'environ 1 500 milliards de dollars. Comme toutes les bourses mondiales ont chuté d'autant, c'est au bas mot 3 000 milliards de dollars qui se sont évaporés en quelques heures !

Non, vraiment, cette idée de remise à plat ne me semble pas très souhaitable...

samedi, 04 octobre, 2008  
Blogger jojo said...

Tout à fait Patrick.
Les réaction par rapport aux parachutes et autres montrent à quel point la france a encore une fois un train de retard dans ce qui se passe et se perd dans des réactions populistes. La crise actuelle est la conséquence d'une idée socialiste qui a dérapé par manque de régulation.
Il faut bien comprendre que si une banque comme UBS en Europe par exemple fait banqueroute, premièrement personne ne pourra la sauver, car bien trop grosse pour un pays comme la Suisse et deuxièmement toutes les autres banques tomberaient par effet de domino. Le courtier américain Lehman Brothers avait été estimé pas assez gros pour nécessiter d'être sauvé. Or le séisme qui a suivi depuis 3 semaines est une conséquence immédiate de cette décision. Personne n'avait anticipé la puissance des effets collatéraux de cete décision. Si Lehman avait été sauvé, Fortis et Dexia n'auraient par exemple pas eu besoin d'être nationalisées, or Fortis et Dexia sont bien plus gros que Lehman. C'est simplement une conséquence de l'effet domino.
Donc oui, pour protéger les emplois en France, ce plan américain devait passer non pour sauver Wall Street mais pour arrêter la spirale infernale.

Par contre, là ou le plan peche, c'est dans son contenu puisqu'il propose de racheter les obligations soit disant "pourries".
Ce n'est pas les créances pourries qu'il faut racheter mais les bonnes.

Je m'explique :
les créances pourries achetées à 100 sont aujourd'hui valorisées à 20 par les banques , alors que les soit disant bonnes créances sont encore valorisées à 95 ou 100.
Or la crise a atteint un tel niveau que le risque n'est plus de perdre les "mauvais" 20 qui en relatif ne sont pas si nombreuses mais de commencer à avoir des pertes sur les 95 ou 100 qui pour le coup sont bien plus importants.

samedi, 04 octobre, 2008  
Blogger Bruno du grand sud est said...

il suffit de racheter que les bonnes créances ,pourquoi n'y a-t-on pas pensé plus tôt !
les banques et leurs hordes de traders parasites et spéculatifs ont tondu le mouton ,il n'y a plus rien !
le gentil contribuable va se serrer un peu plus la ceinture.mais faut pas dire des choses pareilles ,c'est excessivement vulgaire et populiste.
Alors oui,j'aimerai que ce système perverti implose,toutes les pommes et le verger sont pourris.

samedi, 04 octobre, 2008  
Blogger jojo said...

- premièrement tu peux dire ce que tu veux, ya pas de soucis, c'est le principe fondateur de la démocratie dans laquelle on vit et que tu sembles vouloir faire tomber.
- deuxièmement, le problème est qu'il y aura justement beaucoup moins de gentils contribuables qui pourront se serrer la ceinture, là est bien le problème.
Les dérives que tu cites sont certes pour certaines déplorables. Mais pour autant souhaiter la fin du système relève effectivement d'un mal français qui consiste à systématiquement tout vouloir casser en se disant qu'il y aura forcément un plan B même si on a aucune idée de ce qui vient derrière (à la Fabius). Essaie de développer plus de 2 lignes sur comment tu imagines le lendemain de ton big bang, et comment la transition à ce monde meilleur peut se faire, ça m'intéresse.
Si ton monde meilleur c'est tout pareil mais sans les les parachutes, oui c'est du populisme.
Sinon, les derniers exemples dans l'histoire de ce genre de théorie révolutionnaire ne sont pas les plus glorieux.

troisièmement, les "bonnes" créances sont celles de toutes ces petites entreprises qui ont toujours été rentables, ces particuliers qui ont toujours remboursé jusqu'au dernier centime leur emprunt et qui aujourd'hui sont en risque.
Ce n'est absolument pas faire un cadeau aux banques puisque ce sont ces produits qui engendrent tous les bénéfices.
Non seulement figure-toi que plein de gens y ont pensé, mais c'est aussi la solution la moins chère et moins risquée pour le gentil contribuable.

dimanche, 05 octobre, 2008  
Blogger Bruno du grand sud est said...

je peux dire ce que je veux,j'en suis fort aise.
si démocratie veut dire :je vire 900 bidochons et je paie un monarque plusieurs siècles de SMIC par an , il faut vite rouvrir un dico, un peu de sémantique s'impose.ce système s'apparente davantage à une oligarchie je crois.

populiste : qui prend le parti du peuple contre les élites, ça me va.

ces "dérives pour certaines déplorables" comme tu dis ,concrètement c'est des milliers de familles qui n'ont plus rien.ils sont physiquement dans la rue ,ce n'est pas un concept ou une vue de l'eprit.ils sont dans la rue.
Remettre sur pieds à coup de billions de dollars cette machine infernale à fabriquer des faillites et des millionnaires ça me révulse parce que tout recommencera comme avant avec son chapelet de drames humains,mais pourquoi pas après tout.possible que ça réveille enfin cette populace qui se fait tondre une deuxième fois avant que le poil ne se rétracte.

dimanche, 05 octobre, 2008  
Blogger Greg2007 said...

Mais rassurez-vous. La France ne connait pas la crise, ce ne sont que des rumeurs de pauvres.

La preuve, le budget de l'Élysée va augmenter de 12 millions d'Euros. Après une hausse de 70 millions d'Euros l'an dernier.

Est-ce vraiment nécéssaire?

Oh oui oui oui. Rien n'est trop bon pour notre monarque.

Greg, Union des Masochistes de France.

Pour info:
Il s’agit de la dotation que le chef de l’Etat s’attribue à lui-même, avec l’approbation passive du Parlement. Ces sommes sont destinées au fonctionnement de l’institution présidentielle et aux frais personnels du Président, selon une répartition dont le détail n’est pas publié.

lundi, 06 octobre, 2008  
Anonymous michèle said...

Aujourd'hui
Revue des blogs
Bonne journée
Mes amitiés

mardi, 07 octobre, 2008  
Blogger Patrick said...

La dernière illustration de ce billet montre une pancarte "JUMP, you fuckers". Je trouve que la BNP et Orange ont fait très fort en matière de publicité pour leur carte Visa JUMP !

jeudi, 09 octobre, 2008  
Blogger Patrick said...

Là, si j'en crois Nicolas qui parle dans le poste, c'est 300 milliards d'euros rien que pour la France ! ? !

Euh, voyons, 300 milliards, ça nous fait 300 000 000 000 d'euros. Ou encore 2 000 000 000 000 de francs... Après milliards, c'est billion (en français) ou billion (en anglais). Donc, 2 billions de francs. Mazette !

C'est grosso modo la moitié du budget de la France. J'ai le vague sentiment qu'on va tous payer très cher et longtemps cette lamentable histoire...

Je me plais à imaginer ceux qui ont profité de la combine - pas les malheureux patrons qu'on livre à l'opprobre en ce moment - je parle des financiers-gangsters de haut vol qui ont réellement empochés des milliards de dollars... La vie va-t-elle être douce pour eux ?

J'espère quand même qu'après ce gigantesque hold-up planétaire dû au fait qu'on a laissé tout faire en matière de finances quasi-frauduleuses sans le moindre contrôle, on ne va pas recommencer comme avant...

J'espère qu'au moins en matière bancaire le libéralisme effréné, dérégulé, débridé et sans contrôle a vécu...

Le communisme, ça ne marche pas, on en a maintenant la preuve. Et on a maintenant la preuve que la seule loi du marché, ça ne marche pas non plus.

Finalement, grâce à ces expériences, on progressera peut-être vers un système équilibré qui fonctionnera !

lundi, 13 octobre, 2008  
Blogger Patrick said...

Ah, zut, je me suis trompé. C'est 360 milliards, pas 300...

Je pense que, de nos jours, il faut se mettre à parler en millards. Le "t'as pas dix balles" a vécu. Maintenant, il faut dire "t'as pas 100 millards ?"...

mardi, 14 octobre, 2008  
Blogger jojo said...

le plan ne "coute pas" 360 milliards comme le racourci est fait trop souvent.

Chaque fois qu'une banque va emprunter de l'argent dans ce fond, l'état francais va y gagner plein d'argent puisqu'elle pretera de l'argent beaucoup plus cher que ce qu'elle emprunte. Ensuite, si les actions de ces banques baissent au cours des 3 prochaines années, l'emprunt sera simplement remboursé. Sinon si les actions montent l'état prend une participation aux bénéfices en plus.
Donc oui les chiffres de l'emprunt sont vertigineux mais ce n'est pas un coût !

Pour ce qui est des rémunérations, ce que les chiffres astronomiques publiés dans les médias ne disaient pas, c'est que la majorité de cet argent est payé en actions qui ne sont pas débloquables avant 4 ou 5 ans.
les employés de lehman détenaient par exemple plus de 30% de la société. (donc 10 milliards de rémunération des 3 dernières années qui sont parties en fumée).
Ensuite toutes les banques qui participent au plan auront des quotas sur les rémunérations.

mardi, 14 octobre, 2008  
Blogger Jack said...

C'est bien de préciser qu'il s'agit de garanties. Donc toutes ces explications parfaitement documentées montrent que le domaine de la finance est celui du virtuel...
Tout comme était virtuelle la garantie de percevoir au moins la mise de fond en prêtant à des gens qui n'avaient pas les moyens de le faire...Il s'agissait en fait de paris. Et c'est de là que tout est parti.
Mais les financiers sont des magiciens, tout comme les organisateurs de jeux et autres loteries.
Ils ne jouent pas eux mêmes.
Ils organisent les paris et vendent les tickets...avec un substantiel bénéfice.
On m'avait appris, déjà tout petit, que dans tous pari, il y avait au moins un con et un malhonnête.

mardi, 14 octobre, 2008  
Blogger Jack said...

Et si nous revenions à un principe simple : celui de prêter l’argent qu’on a et rien d’autre.
Le prêt hypothécaire trouve sa garantie sur une valeur supposée du bien, le crédit d’une manière générale participe d’une démarche spéculative.
Au Monopoly la valeur hypothécaire d’un bien n’est qu’une fraction de celui-ci. Il faudrait sans doute introduire les règles du Monopoly dans la pratique du crédit. Ce qui revient à exiger un apport personnel conséquent à tout demandeur de prêt. En effet pourquoi un établissement de crédit ferait-il confiance à quelqu’un qui ne met pas lui-même une partie substantielle de sa fortune dans l’acquisition: n’est-ce pas du simple bon sens.
Nos ancêtres paysans avaient le crédit en horreur et ne concevaient pas que l’on achetât un bien sans avoir les moyens de le payer.
Sans doute allons-nous revenir à ces temps plus purs.

mardi, 14 octobre, 2008  
Blogger Patrick said...

Jojo se veut rassurant - comme notre premier ministre : les 360 milliards, c'est juste des billets de Monopoly, c'est pour rire, et en plus ça va nous rapporter de l'argent. A l'en croire, l'état devrait faire ça plus souvent !

Je pense malheureusement que le chiffre n'est pas sorti d'un chapeau. Il est apparu à la sortie de la réunion de Nicolas avec les banquiers français. C'est donc l'ordre de grandeur d'un trou bien réel qu'il faut combler...

Jack, tu parles d'or. Mais l'ingéniérie fiancière créative, c'est pas du tout, mais vraiment pas du tout ça !

mercredi, 15 octobre, 2008  
Blogger jojo said...

ben oui c'est assez magique, c'est le principe de la signature. Une société ne vaut pas la même chose en fonction de qui est le propriétaire...
C'est exactement ce que l'état avait fait avec Alsthom...

jeudi, 16 octobre, 2008  
Blogger Patrick said...

Jack, tu rêves d'une société où on achète juste ce qu'on peut payer.

Je me souviens que chez mes grands parents, en Angleterre, le compteur à gaz comprenait un monnayeur. C'était une demi-couronne pour tel volume de gaz. Quand on avait consommé ce volume, il fallait remettre une pièce. Il y avait un bol avec quelques pièces à côté du compteur pour payer le gaz (et on était prié de conserver les pièces d'une demi-couronne et de les mettre dans le bol). Et l'employé du gaz venait "récolter" l'argent du compteur tous les mois. Avec ce système, pas de risque d'endettement, et quelle incitation aux économies d'énergie !

Mais le monde a bien changé. Nicolas ne reprochait-il pas aux français, lors de la campagne présidentielle, de n'être pas assez endettés ! Il disait qu'une société qui ne s'endette pas ne croit pas en son avenir ! Un peu surréaliste à la lumière des évènements récents, non ?

vendredi, 17 octobre, 2008  
Blogger Patrick said...

On apprend que la Caisse d'Epargne déplore un "incident boursier" de 600 millions. Seulement ? Un malheureux demi-milliard ! J'ai toujours pensé que la Caisse d'Epargne jouait petit jeu...

Jojo va encore nous dire que c'est de l'argent de Monopoly ;-)

vendredi, 17 octobre, 2008  
Blogger jojo said...

ben oui on arrête les emprunts...
ya en marre de ces pauvres qui empruntent de l'argent pour s'acheter des maisons. On a pas idée !!
Ils avaient qu'a naitre riches et attendre tranquillement leur héritage.

vendredi, 17 octobre, 2008  
Blogger Patrick said...

Jojo indique que l'état va gagner dans ces prises de participation. C'est aussi ce que dit le gouvernement. Mais ça commence plutôt mal : les 3 milliards investis dans Dexia à un moment où l'action valait 9,90 euros ne valent plus que la moitié de leur valeur, puisque l'action est depuis tombée à 5 euros... Voilà donc quand même 1,5 milliards qui se sont réellement volatilisés en quelques jours !

samedi, 18 octobre, 2008  
Blogger jojo said...

Non
j'ai dit que l'état ne participait qu'à la hausse de l'action.
Sinon l'emprunt est purement remboursé.

Donc pour l'instant rien ne s'est volatilisé.

samedi, 18 octobre, 2008  
Blogger Patrick said...

Jojo semble mieux comprendre la combine que moi. Donc l'état joue à "pile je gagne, face tu perd".

Mais alors, à ce prix-là, pourquoi ne pas mettre plus d'argent encore !

samedi, 18 octobre, 2008  
Blogger jojo said...

c'est pour cela que ce genre d'intervention n'est en general pas autorise. Pour Alsthom l'etat avait eu beaucoup de mal a faire passer la pilulle a bruxelles.
La limite du systeme, c'est que si tu le fais pour une plus grande quantite, ben c'est la solvabilite de l'etat qui rentre en jeu, et donc cet "arbitrage" ne marche plus.

dans le cas des banques. on est dans une nouvelle dimension pour eviter une crise systemique, et tu pointes du doigt le vrai probleme que cette crise rend criant : l'economie est mondiale mais les lois sont encore locales.
Il est absolument impensable que ce soit l'etat francais qui sauve une societe privee.
Car, par cette operation, dexia et la france y gagnent (tant que les pertes ne sont pas tellement gigantesques que l'etat francais lui meme soit en faillite), mais toutes les societes qui ont gere leur argent en "bon pere de famille" y perdent, puisqu'au bout du compte elles ne recuperent pas la part de marche qui leur est due suite a l'echec de dexia.

Donc , a tous les niveaux , il s'agit de creer des organismes internationaux qui aient autorite pour creer des regles et les faire appliquer. Finis les Liechtenstein, Suisse etc, possibilite de tracer tous les flux financiers quel que soit l'origine et la destination, meme regles fiscales etc...Si sauvetage il doit y avoir c'est cet organisme international qui doit pouvoir trancher, desosser Dexia, et partager les "restes" entre ceux qui ont visiblement mieux gere la crise.

Oui, il y a un enorme besoin de regulation, de remise a plat si vous voulez, mais ce n'est pas simplement en brocardant "Wall Street" qu'on va s'en sortir. Des banquiers il y en a toujours eu, il y en aura toujours, probablemement meme bien payes.
Mais c'est une vraie reforme politique qu'il s'agit de mettre en oeuvre. Et la j'avoue avoir grand espoir parce que j'ai l'impression que si Obama se fait elire, on va avoir une brochette inedite de dirigeants internationaux competents et capables de faire bouger les choses.

dimanche, 19 octobre, 2008  
Blogger Patrick said...

Donc, si je lis bien, creuser le déficit national, c'est pas bien.

Ca tombe bien de le faire remarquer, parce que c'est justement l'époque du vote du budget en France. Je suis sûr que le budget présenté sera excédentaire - ou au pire à l'équilibre ?

Nota : ça me semble mal parti, avec une hypothèse de croissance de +1% en 2009, là où on sera à moins quelque chose......

mercredi, 22 octobre, 2008  
Blogger Jack said...

Patrick : tu m'accorderas que la fortune que l'on possède et l'argent que l'on va gagner sont 2 choses bien différentes.
(Voir Pérette et le pot au lait)
S'il est vrai que le crédit dynamise la consommation, porté au paroxysme comme aux USA revient à laisser chacun fabriquer de la monnaie.
De même les budgets en perpétuel déséquilibre sont une façon fictive de produire de la valeur.
Cette crise trouve son origine dans la spéculation tous azimut.
Reste à définir ce qu'est la spéculation: c'est espérer que la valeur acquise X sera revendable X+Y un peu plus tard en ne faisant rien d'autre qu'attendre que Y croisse.
On voit aisément que cette "génération spontanée" de valeur ne crée rien et soustrait au contraire.
Une question me taraude:
Si la bourse baisse, c'est qu'une majorité d'acteurs vendent : que font-ils de l'argent des actions vendues?
Et dans le même temps on nous parle de crise du crédit, c'est à n'y rien comprendre?
Nos grands argentiers ne seraient-ils pas un poil schizophrène?

mercredi, 22 octobre, 2008  
Blogger Patrick said...

Malgré la tourmente, notre gouvernement tient le cap des réformes importantes : par exemple de taxer les sacs en plastique dans les supermarchés de 15 cents (ou 10 cents pour les sacs destinés aux fruits et légumes).

Ouf ! On sent que le gouvernement ne cède pas à la panique et garde la tête froide en n'oubliant pas les choses vraiment importantes...

mercredi, 22 octobre, 2008  
Blogger Patrick said...

Jack se demande où va l'argent des gens qui vendent des actions. Intéressante question, et je pense qu'il y a plusieurs niveaux de réponse selon qu'on parle d'un petit porteur, d'un titulaire de gros portefeuille ou d'un trader de banque...

Pour les petits, ils vont remplir leur bas de laine, remplir leur livret A, acheter de l'or, mais peu dépenser de peur d'avoir un besoin vital de cet argent plus tard...

Pour les gros porteurs, le Luxembourg ou la Suisse sont un hâvre de paix pour leur argent...

Quand aux banques, ce qu'elles gagnent un jour, elles le perdent le lendemain, c'est le Grand Casino !

En résumé, je crains que peu de cet argent aille à la consommation. Par exemple, celui qui envisageait de changer sa voiture va la faire durer encore un an ou deux... Ca va être ça, la vraie crise : une forte chute de la consommation de biens manufacturés, entraînant fermetures d'usines, chômage, troubles sociaux, etc.

jeudi, 23 octobre, 2008  
Blogger jojo said...

tu oublies un dernier cas :

ceux qui ont emprunté pour acheter des actions.
Et ils sont très nombreux : banques, entreprises (participation croisée, acquisitions)
Les prêteurs veulent bien preter a condition d'etre surs qu'a tout moment la valeur des biens est largement supérieure à l'emprunt.
Quand ce n'est plus le cas , ils forcent la vente et l'argent récolté sert à éponger les dettes.
Donc plus ça baisse plus il faut vendre.
D'où l'accélération aussi rapide du moment

C'est d'ailleurs l'idée de Sarkozy qui pour le coup est complètement ridicule : il veut faire emprunter 100 milliards au "marché", pour acheter des parts dans les sociétés françaises.
La vraiment il me fait peur parce que ça voudrait dire qu'il n'a rien compris à ce qui se passe.
Et pour le coup on n'est plus du tout dans la même logique que le pret aux banques, où il suffisait d'assurer la solvabilité.
Si les 100 milliards d'actions achetées baissent à 50, le "marché", je peux vous garantir qu'il viendra réclamer son pognon. Et donc il s'agira bien d'un endettement supplémentaire de la France.

vendredi, 24 octobre, 2008  
Blogger Patrick said...

J'ai découvert une petite chose qui me choque (y'a pas que ça, mais quand même...).

Le respectable Alan Greenspan, ancien Président de la Réserve Fédérale, a pris sa retraite en 2006. Enfin, pas tout à fait, puisqu'en janvier 2008, il s'est fait embaucher comme conseiller chez Paulson & Co, un des plus important Hedge Funders. En 2007, John Paulson, surnommé «le sultan des subprimes» a personnellement empoché environ 3 milliards de dollars de commissions sur ses produits financiers pourris.

Moi, ça me fait tout chose... Un peu comme si un ancien ministre de la Justice "respectable" s'engageait, après son mandat, dans le gang des postiches...

Alan Greenspan a peut-être bien décortiqué le système financier frelâté à la Réserve Fédérale, et ensuite il s'est dit qu'il prendrait volontiers une part du gâteau !

jeudi, 30 octobre, 2008  
Blogger Patrick said...

Encore un petit détail au sujet des pertes de 751 millions d'euros des Caisses d'Epargne... Ca s'est passé début octobre, lorsque la bourse - disons le CAC 40 est passé brutalement de 4000 points à 3500 points. Bien. Pour perdre 751 millions d'euros dans ces conditions, il faut avoir joué environ... 6 milliard d'euros... Or, les fonds propres des Caisses d'Epargne sont de l'ordre de 20 milliards ! Alors, comme ça, on joue au casino de la bourse plus du quart de ses fonds propres - c'est à dire l'argent des déposants ? ? ? C'est pas une démission qui devrait être exigée, c'est les travaux forcés à perpétuité au bagne de Cayenne !

Je ne suis pas sûr qu'on nous ai bien expliqué ça dans la presse...

mardi, 04 novembre, 2008  
Blogger Jack said...

C'est amusant ton commentaire, Patrick, je m'étais fait la même réflexion sans faire le calcul...
Ce que font les banques avec l'argent est décidément très opaque (pour le moins).
Mais sans doute sommes nous trop stupides pour comprendre, seuls les financiers de haute volée qui font la pluie et le beau temps à Wall Street comprennent comment tout cela fonctionne. Moi j'avais en mémoire que la Caisse d'Epargne avait pour vocation de soutenir l'activité nationale...à travers la caisse des dépôts?
Bravo pour ton nouveau look!

mardi, 04 novembre, 2008  

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