
La confiance est le ciment de toute vie sociale.
Elle semble désormais l’apanage des "imbéciles" et des petites gens.
La confiance est en pleine déroute alors qu’on nous révèlait simultanément que Denis Gautier-Sauvagnac se retirait du MEDEF avec 1.5 millions d’Euros après en avoir évaporé 19 Millions d’Euros, dans des opérations tellement « honorables » qu’il s’agissait de liquide... et que le responsable du CE de VW, Klaus Volkert était corrompu par la direction de la firme, pour d’autres montants astronomiques.
J’avoue en avoir pris un sacré coup sur la tête. Moi qui pensais qu’en Allemagne le syndicalisme était exemplaire et que la corruption dans ce pays n’avait rien à voir avec celle qui règne dans le reste du monde.
Encore un mythe qui s’effondre.
Depuis nous avons appris que pas mal de monde planque son fric au Lichtenstein et pas seulement des allemands.
En écho, il me vient l’envie de vous narrer le récit qu’un vieil oncle me fit autrefois.
Au sortir de la Grande Guerre, alors que la France était exsangue, que les plus grands sacrifices avaient déjà été demandés aux français : rien moins qu’un gros trou dans la courbe démographique, les caisses de la banque de France étant également vides, et les réserves d’or au plus bas, il fut demandé au français dans un nouvel élan de patriotisme de DONNER, leur or !
A cette époque la convertibilité de la monnaie papier en or était encore de mise : c’était cette convertibilité qui donnait confiance en la monnaie papier, d’où l’expression de monnaie fiduciaire (confiance, tient encore elle).
Ils donnèrent en masse, qui sont alliance, qui ses Louis, qui ses Napoléons, qui une chaine...
J’insiste et précise qu’il s’agissait de dons volontaires, car de tels gestes semblent aujourd’hui simplement inimaginables.
Et savez-vous ce que firent les députés français dans l’année qui suivit : ils s’attribuèrent une belle augmentation.
La confiance en avait déjà pris un vilain coup, on comprend sans doute mieux le peu d’enthousiasme des Français à se précipiter dans la seconde guerre : 20 ans c’est peu pour oublier un tel massacre et de telles trahisons.
Je continue à défoncer des portes ouvertes en me demandant comment faire sans confiance pour :
- avoir des amis.
- se marier.
- faire des enfants.
- entreprendre.
- prêter.
- commercer/échanger.
- voter.../...
C’est bien simple la confiance c’est comme l’air que l’on respire : indispensable à la vie en société.
Pourtant l’histoire et la littérature sont pleines de trahisons, parce que la trahison rapporte le plus au traitre ponctuellement, dans l’immédiat. Depuis que les individus se déplacent très rapidement et très loin la trahison devient une stratégie gagnante au niveau individuel, au contraire de l’époque où les hommes étaient moins mobiles, et donc plus soudés et solidaires.
Nous sommes donc de retour au temps des hordes barbares : se servir, piller et partir...
La parade que nos sociétés modernes trouve au développement de la trahison est le tout juridique : comme si les contrats et le papier timbré pouvait remplacer la morale personnelle, la parole donnée et le civisme. En fait c’est une nouvelle trahison au second degré.
J’ai souvenir d’une conférence de Le Comte Sponville sur la morale et le business, pour résumer ce que j’ai retenu : « nous avons tord de vouloir appliquer des règles morales au monde des affaires, car celles-ci n’appartiennent pas à cette sphère là, le monde des affaires est régit par des rapports de force, amoral donc »...
Comme s’il était possible de considérer le monde comme une somme de sphères sans relation les unes avec les autres ?
Crédit photo : Figaro.fr
Libellés : futur antérieur, politique, société, utopie